CINQUIÈME DIVISION
Seigneur, j'ai chéri la justice, Défends-moi de l'iniquité.
Ne [lermets pas que le caprice, Ni que la force me ravisse Le repos -que j'ai mérité.
Je sens une langueur morlelle Dans mes yeux à pleurer coaslants.
ŒUVrj:S RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS VE POMPIGNAN.
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Éclnire un serviteur fulèle Victorieuse par mou zèle, Que la loi (laile, il en est temps.
On la méprise, et je l'estime Plus que la to[)aze et que l'or.
Elle a fermé mon cœur au crime, lit son instruction sublime Vers toi dirige mon essor.
Tu feu que tes discours répandent fa parole m'a pénétré; Par lout ses rayons purs s'étendent Les petits, les simples l'enlendeui, Et mon cœur en est alléré.
Oui, lu vois d'un œil favoraliie Les adorateurs de Ion nom.
Confonds l'ennemi qui m'accable, El de tout sentiment coupable Guéris mon âme el ma raison.
Illumine enfin les pensées Du dernier de tes serviteurs.
Sur mes transgressions passées, Toujours à mes yeux retracées.
J'ai versé des ruisseaux de pleurs.
Dieu pour modèle nous propose L'équilé de ses jugements ; Ei le zèle ardent de sa cause Me consume, liélas! quand on ose Profaner ses commandements.
Seigneur, tes paroles sont pures Comme l'argent sorti du feu.
J<' suis faible, en butte aux injures; J\Iais que m'importent ces blessures Si je remplis l'œuvre de Dieu?
Car la justice est élernelle, El la loi c'est la véril('.
Je meurs, mon angoi^se est cruelle ; Mais si je suis trouvé liiJèle, Je vivrai dans l'élernilé.
SIXIÈME nivisiox.
Aux cris perçants de nia prière Accours à ninn aide, ù Seigneur; Que la doctrine dans mou cœur Par les soins se conserve entière.
Mes iristns yeux qui dans la ruit Ne ferment jamais leur paupière.
T'adressent leurs regards sitôt que le jour
[luit.
Seul au'eurde mon espérance, Voici mes ennemis forcenés.
Par la suif du crime entraînés, Fuii', s'éloigner de ta présence.
Mais tu le lapproclies de moi, El ton équité récompense Mon resuect, ii;ou amour, mon zèle pour
[la loi.
Considère mon infortune; Tu sais que dans mes maux seerels.
L'observance do les décrets Ne me fut jamais importune.
Je mels ma cause entre tes mains.
Avec la tienne elle est commune; Sauve à la fois mes jours, et les droits les
[p'us saints.
Livrés à ta haine implacable.
Le sninl est loin des pécln'urs.
Jlais pour les justes, tes faveurs Sont un trésor inépuisable.
Sauve-moi donc par Ion appui ; Plus d'un persécuteur m'accable, Et de leurs noirs complots l'etfort m'a [toujouis nui.
Toutefois malgré ces obstacles Je l'offiais des hommages (lurs.
Je séchais quand des cœurs trop durs Se refusaient à les miracles.
Je chéris les soins paternels, Et je te dirai que tes oracles Sont comme loi Seigneur, vrais, justes,
télernels.
l'ar ces puissances reooutées Qu'injustement je sois haï.
Je ne crains que d'avoir trahi Les lois par ta bouche dictées ; Moi qui préfère leur douceur Aux ilépouiltes ensanglantées v,>u'cmiiorte sur son char un sujieibe vnin-
Iqueiir.
Pour l'imposture rien n'égale El mon horreur et mon mépris.
Je chaule avec tes favoris Ta justice aux méchants falale.
Heureux qui l'adore à jamais !
11 n'est point pour lui de scandale.
Son âme est le séjour du calme et de la
[paix.
J'allends, Seigneur, que lu pourvoies Au sort d'un mortel attiisté.
Tes ennemis ont résisté Aux ordres que tu nous envoies ; Avec ardeur je les remplis.
Car tu connais toutes nos voies, Et du cœur des humains tu perces les rc-
[plis.
Que ma prière dégagée Des liens d'un terrestre effroi, Monte et s'ariôte devant loi Par tes serments encouragée.
Ciand Dieu, qui vois les aggresseurs Par qui mon âme est ravagée. Etends sur moi ta main confonds mes np-
(nrssseurs.
Dans ta justice et la sagesse Quand tu m'auras initié, A les élus associé.
Mes hymnes te luûront sans cesse.
Tu daignas écouter ma voix, Lorsqu'au milieu de ma tristesse l'invoquais ton secours en méditant tes lois.
Dieu puissant, ta grâce féconde Retentira dans n)es concerts.
J"ai longtemps fui dans les déserts Comme une brebis vagabonde; Tu suivis mes pas égarés.
Et guéri des erreurs du monde.
Je t'iqiporte des vœux à toi seul consacrés
lui IIUMIKUK PAUTIi:.
ODlî XIV.
l'irùe liu |i$autiic i:\ik : Ad Domitntm cuin Iribuiurer cluinitvi.
AKCt MKNT. — l> piaiiiiii' l'sl le nroiiilor de* quinze appelcs ^racluelt oii îles degrés. I.aiileiir, quel qu'il soéI, y |irie le Seigneur de le délivrer de lu Ijugue meurtrière et de» Molemes de ses ennemis. l'Iusieurs l'éres de l'Kgllse el d'Iiutilles iiiler|irèlÉS imnlerneH eiil cru jpereeviiir dans ces quiiiie psaumes les gémissemeuts des eaplif» de lbli\lnne, el les eluiils de jolo ilc c«iix qui relouriièreul il Jérusalem.
Dieu vciigoiir de rinnoci'iicc, Dans l'i-xcès do ma souHr.uico Jo l'iippello à 11)011 secours.
Détends mon ihiie oppriiiiùo Qu'une langue envenimée Décliire dans ses discours.
Dis-moi, langue léiuéraire,
Ouel sera donc lo salaire
Do les traits nccoulumés?
Je vois dans cJes mains luiissanlos,
Je vois des tlèchi-s pcrganles
Et des charbons allumés.
Quel exil ! quel esclavage !
D'un peuple injuste et sauvage J'ai longtemps suivi le cluir.
Victime toujours mourante, Je traînais ma vie errante Dans les plaines de Cédar.
O Céder I affreuse terre 1 Je rends la paix pour la guerre A les citoyens sans foi.
Entant de la paiï, je l'aime, Mais, hélas 1 ma douceur même Les irrite contre moi.