ODE XIX
Tirée des psaumes xiii, xxxvi, \lvii, m,
(28) Doctriiia mnla ilescrcnti vium lilœ. {Prov. XV, 10.)
(/u Mire de lu Sutjast et d'autrei lirret de
t'I'crilure.
AI'iCl Mi:.NI'. I.*liipr.><liilllc5 »l.'iil du e<rw. On ont cnrronipu ivaiit (pic il'^tri' linpio. Miilii (lorlriiui deieniiii viam rilir. yii.ni I un s'cil i'-iinirili sur |i s ilaniicrt dil'ulitrr >ii-. lin m- |lOll^o qu'il m- iriulri' liciirciix djin Cflli'-ri. l'iiis lin ri'iioncc aiix hiin» r-KTin-ls, plus un ii'uli:inil'inii(* ans plaisirs des sriis, li riiiiiliilinii, .'i !:■ nr pidili'-. Df IJ rcllrii.Viiljle corriipUon de» Ih'niini's; l'iiisuli'iico di'S riihes ôl dis |.T;iniN, riippiissinii îles pail- \ri'S l't di-s piMiis. roini di! niii'nrssuiu rcligiou. l'uint d'Iiuiiunlli'; ni ilu jusUre s:ins ina-urs.
Dieu n'esl piinl, dil l'impie, il n'est point, H la icno A'Iori- tin Lire nul, par la ptiir encensé; La peur fnij^va sun iiiailie au seul bmil irnri Inn-
[nenu Qu'il n'a janiaiï lancé.
.\ ce cri de révolte, à ce cri de démence. Dieu jcilc sur la terre un regard de douleur ; Il la parcouri, il (.lurclie un reste de prudence. Va ne tiouve qu'ern-ur.
Il BC trouve qu'ingrats, armés contre leur pcra , Mais dansées noirs accès d'un siècle nnllieiireu*, Ce n'est point la raison, c'est le cueur qui profère Ces blaspliènies aflïejx.
Telle est du vice impur la puissance empestée. Des moeurs, de la vertu l)ieu venge ainsi l'aff/oni. La doctrine h son tour est bienlùt infectée Quand le cœur se corrompt (iS).
Il ne supporte plus les reproches terribles (?,!>]. Dont il est foudroyé par la divine loi, Et cherclie à surmonter par des transports horribles Les remords cl l'elTroi.
Des bras du Créateur il tombe au sein des vices. L'ardente soif de l'or, l'amour des voluptés, Le désir des honneurs, ses pcticliants, ses caprices Sont ses divinités.
Méprisons, dira-t-il, les pleurs des misérables. Persécutons la veuve, opprimons l'orphelin. Et dans les maux publics prodiguons sur nos taLlcs Les paifiims et leviii.
Le vice et la vertu sont des noms arbitraires ; Le plaisir, l'intérêt, la f rce fait nos droits. Laissons aux malheureux, laissons aux coeurs vu -
[ijaires Les autels et les lois.
Quand la mort l'a frappé (lUC reste-t-il de i'Iiont-
[me î
?<otre esprit est un souffle, et le temps une fleur.
Que ce temps préL-ieux dans les jeux se consomme,
Et mourons sans douleur.
Tu mourras en effet, mais non comme lu penses ; Ce souffle prétendu survit à son trépas. C'est une ame immortelle, et le Dieu des vengeancoi Ne l'anéantit pas.
Cid) Qui increpationet odil, morielut.i,lbid,)
ri47 ŒllVRES RELIGIEUSES DE J. J. I.
Le frèrealo:s n'est point raclielé par le fM-ic ; L'Iiomme ne peut pour i'iioinrne obienir île faveur. Le tribunal du ciel ne met point à l'enchère Les arrêta du Seigneur.
Ilcinnie ép' is de toi même, enflé de ta fortune. Te crois-tu dans la vie exempt des coups du sort ? Crois-tu dans ce haut rang, malgré la loi commune, T'affranchir de la mort ?
Tout meurt. Le fou, le sage également périssent ; Au faite des honneurs l'impie est parvenu : Sa race dispaiaii, et ses biens enrichissent Un mortel inconnu.
Il pensait dans son cœur que jusqu'aux derniers
[âges Seg palais par le temps ne serai! nt point frajipés • Il nommait de son nom les vastes héritages Qu'il avait usurpés.
L'ambitieux s'abuse, et jamais n'examine Où nièneiil les grandeurs, où Unira Uur cours. H vit comme la brute, et comme elle il termkie Ses désirs et ses jours.
Ne murmurez donc pas quand un riche s'élève ; Tout seconde, il est vrai, ses orgueilleux efforts. Mais qu'inipoi te ? attendez que sa course s'achève. Et prononcez alors.
Ces titres si pompeux qui vivront dans l'histoire. Ses biens le suivront-ils au delà du trépas '! Non : rien ne r.iccompagne ; il expire, et sa gloire S'éclipse entre ses bras.
Sous sa fortune illustre un peuple entier se range. Du respect des humains son ànie se nourrit : Il aime ses flat eurs; que dis-je? leur louange Est tout ce qu'il chérit.
De lui seul occupé, ])longé dans l'abondance, Il se repaitdc vœux, de projets superflus. Ëncor quelqii s moments, et de son cx'stence Les traces ne sont plus.
En contemplant le juste et sa cause éprouvée. Il grince en vain des dents, il Irémit nuit et jour. Inutiles transports ! son heure est anivée. Et Dieu rit à son tour.
EFRANC, M.XRQUIS DE POlIPIGN.i.N. 1118
Il lit du désespoir où ce monstre se noie. Que fera-t-il enfin cet insigne pécheur ! Les dards qu'il aiguisait, le glaive qu'il déploie. Percent son propre cœur.
Dans ses sanglantes mains l'are éclate et se brise. Sa chute sert d'exemple aux mortels effrayés ; L'innocent qu'il poursuit, le pauvre qu'il méprise. Le foulent à leurs pies.
Les remords, les revers sont la suite cruelle Des trésors que l'impie entasse en ses pali-is ; La médiocrité voit régner autour d'elle Le bonheur et la paix
Honneurs, biens passagers, vous êtes le partage Desgranils, du publicain làclie et voluptueux. Héritage éternel, lu seras l'apanage Du pauvre vertueux.
La pauvreté du juste est un tiésor duiable Qui devient, quand il meurt, son plus solide appui. La dépouille du riche est un bien péiissable Qui parle contre lui.
Ainsi dans l'innocence et l'exacte justice Fortifions notre âme, affermissons nos pas. Que le succès du crime tt le bonheur du vice Ne nous affligent pas.
Laissons les cours des rois dans l'ivresse assoupies Voir les malheurs publics d'un œil indifférent ; Laissons aux grands du siècle, aux tyrans, aux
[impies Leur triomphe apparent.
De ces heureux mondains voyez l'heure dernière. L'effroi, le désespoir annoncent leur destin. La paix conduit le juste au bout de sa carrière. Et couronne sa lin.
Seigneur, ton jour viendra pour ceux qui le mau-
[dissent; Le leur sera passé sans espoir de retour. Ton jour viendra. Seigneur, pour ceux qui te bé-
[uissent, El ce sera leur jour.