‹ Œuvres completesChapitre 126 sur 232 · CANTIQUE DE DÉBORA · texte numérisé non relu

CANTIQUE DE DÉBORA

ET DE BARAC.

Cecineruntque Dehora et Harac filiiis Ahiiiocm, in illo riie, dicciUes : Qui spoiUe oblulistis de Israël animas vrslrns ad peiiculum, benedicile Domino. {Judic. v.)

ARGUMENT —Sisara, général des Chananéens, ayant élé défait par Barac, s'enfuit k pied jusqu'à la teiilè de Jahël, épouse de Haber le Ciiiéen, y but du lait qu'elle lui présenta dans une outre, et s'eiidoi-mit. Alors Jabël ayant pris un des grands clous qui servaient à soutenir sa leule, le mit sur la tempe de Sisara, et d'un coup

f.oiioz le Dji'ii (li's linl.iillrs, N'iiiis r|iii coinltallL'Z (loijr lui.

I't'ii|il('S, loin iJo vfis iniir.nillus l.a yucire el la mort ont fui.

Ml vii'loire vous relève; Dt'ljorn charge du glalvn I.n main qui hiiso vos fors, llois, soldais, (|iio l'on m'écoiilo.

Dëjh In cul(.'sie voùlo S'ouvre au biuil de tues concerts.

Sur les monts de Séir, aux champs de l'Idiimée Ta te couvris. Seigneur, d'une épaisse fumée. Tu joignis l'eau du ciel à tes foudres brillants : Les rochers de Sina sous tes pieJs éclalèreiil,

Et leurs débris tombèrent Dans les feux redoublés qui sortaient de leurs nar.c».

J'ai vu la ligue f.ilalo

Des ennemis d'Israiil,

l'orler sa fLircur brutale

Jusfiu'aux teilles de Jaliël :

J"ai vu tous nos champs incultes

Abandonnés aux insultes

De brigands audacieux,

l'^t nosti'ibus consternées

Par des roules détournées

Se dérober à leurs yeux.

Une femme s'oppose à leurs progrès funestes ; Mère de sa patrie, elle eu sauve les restes. Qui des fers d'un tyran ne pouvaient s'échapper. Dieu s'ouvre à la victoire une nouvelle voie :

Le chef qu'il nons envo.ye, A combattu sans arme, et vaincu sans frapper.

Vous (li>nl les lois me sont chères, D'int les succès stinl les miens, Vous, magistrats de vos frères, ^■(lus soldais et citiij'cns ; ViMiez, le Dieu des vengeances Brise les chars el les lances De vos l^-rans èloufles.

Quel retour de sa justice!

Quels coups de sa main propice !

Il combat, vous Iriompliez.

Rentrez, peuple vainqueur, rentrez sous vos por-

[liques ; Léve-:oi, Debora, commence des caniiqii. s; Vers ton Dieu bienfaisant prends un sublime essor. Et toi, Darac, mon lils (50), ornement d;i nos léies,

Achevé tes conquêtes. Poursuis, charge de fers les habitans d'Asor.

Le cruel Ama'ec tombe Sous le fer de Josué ; L'orgueilleux Jabin succombe Sous le lil.s d'Abinoé.

Issachar a pris les armes.

(30) Quelque* auteurs, cnîre autres saint Ambroise, ont cru que Barac éiait fils de Déliera.

1155 (ElVlxES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN. 1156

Calmez, répond alors l'épouse du barbare, Calmez l'indigne crainte où votre ànie s'égare; Voire fils, mon époux est vainqueur aujourd'hui. Sans doute en ce moment, entouré de captives.

Dans leurs troupes plaintives Il choisit les beautés qu'il réserve pour lui.

Zabuloii courlaux alarmes, Neplitali marche avec eux.

Ruben, ton bras se re()0sel Pourquoi (rahis-lu la cause De tes frères malheureux?

Lâche voisin de Tyr, peuple amoureux de l'onde, Azer, quand surnos bords le ciel s'allume et gronde, i.i soif de l'or t'enchaîne au sein de tes vaisstaux ; Les rois des nations menacent la patrie ;

Mais malgré leur furie.

Des torrents du Tabor leur sang grossit les eaux.

Cachez-vous, tribus oisives.

Faibles tribus, cacliez-vous; Gnrdez-vos porls et vos rives, Les cieux comballeiit pour nous.

La lrom(>elte et le tonnerre.

Des vils entants de lu terre Annoncent le triste sort. Pour nous pleine de tosée, Sur eux la nue embrasée Vomit la foudre et la mort.

Les débris de leur camp sont épars dans la plaine. Le torrent de Cison dans ses gouffres entraiue Les cadavres impurs dont ses bords sont couverts : Sous cet horrible poids sa course est arrêtée,

El son onde infectée Hèle des flots de sang à l'écume des mers.

Mnllieur à vous, troupe vile,

Ingrats peuples de Méros, Qui voyez d'un œil tranquille Les périls de nos héros.

Béni soit l'heureux courage, (Jui d un tyran plein du rage A déconcerté Ttllort !

A notre ennemi barbare La main de Jalicl prépare Le lail, la couche el la mort.

Pour la dernière fois il a vu la lumière;

Les ombres du sommeil ont couvert sa paupière.

Je vois lever le fer, et j'entends le marteau :

Le géant (31) se débat sous les pieds d'une femme.

Mord la poudre et rend l'àme Dans les tristes horreurs d'un supplice nouveau.

De sa mère qui l'appelle

L'écho répète les cris :

Dieux d'Azor, grands dieux, dit-elle,

Quand me rendrez-vous mon fils?

lin vain ma vue iircerlaine,

ICrrant au loin dans la plaine

Cherche ce lils glorieux;

Je ne vois |)oinl la poussière

Voler sous la marche ailièie

De son char victorieux.

1! destine pour nos fêles, Leurs plus riches vêlements; Il sèmera sur nos tèles Leurs perles, leurs diamants.

Que nos ennemis gémissent, Mais que ces lieux retentissent Des exploits de nos guerriers; Q.ie pour des têtes si chères Les épouses et les mères Kntrelassent des lauriers.

Elles parlent ; la mort tenait déjà sa proie. Meure ainsi loul morlel que la haine foudroie; Grand Dieu, ton peuple seul est fait pour la grao-

[deur.

Qu'aux yeux des nations de sa gloire étonnéea,

Ses vertus couronnée»

Du soleil qui se lève égalent la splendeur.

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