IV. CANTIQUE D'ANNE
MÈRK m- SAMUEJ.
Exsulluvil cor meuin m Domino, et exalUtlum est cornu incum in Deomeo. (/ lieg. ii, 1.)
ARGUMENT. — Ekr.n^, lévite de la famille de Caath, avait deux femmes, Anne el l'héncniia. La première demeura longtemps stérile, et pendant que sa rivale augmentait la famille de snn époux, elle avait la douleur de ne lui poml donner d'enfants, .^près plusieurs années de stérilité, Anne, pleine de eonliance en Dieu, alla seule se présenler (lovant la porte extérieure du tabernarle. lille y versa un torrent de larmes, adres-^a au Seigneur la prière la plus fervente, et fut exaucée. Elle conçut, el mil au momie un fils ((u'elle nomma Samuel. Celle sainlc femme remercia Dieu par un cantique dont sainl Augustin admire l'excellence et l'élévation.
Le ciel enfin m'envoie Les biens qu'il m'a promis.
Mon âme est dans la joie.
Et l'œuvre du Seigneur confond mes etine-
[mis.
Le Dieu que je réveille, Le Dieu sainl, le Dieu lort Ouvre b mes cris l'orei Je, Et de mes envieux anéantit l'ellort.
Tu croyais, femme altière, M'enlever ses laveurs.
Sa divine lumière A Lientùl pénéiié les rcjiiis de nos cœurs.
Il a lu mes pensées, Il a vu ton org'jcil.
(31) L'Ecriture ne dil point foinielliMncnt que Sisara fin un géant; mais il c.ail Cliaiiaiicen, ut l'on sait que la l'alesluie, pays lertile eu géants, prise dans un sens étendu, couiprenaii toute l.i lene [iro- HjMsft, tant en drçà qu'au d.là du Jourdaiir. l) ailleurs les Septante iraJuisen; queliiiufo s par ijiijai
le mot hébreu gibbor, qui à la lellre ne signifie iprun homme puissant. Dans la Ce: èse, pour calarlériser .Ncmrod qui fut le preiiiici' r.ii, on dit qu'il commença à clr^; puissant, ijibbur, sur la tetre.
11(1 Miim l'AKiii:. - i't»i;siF.s s.vr.ni:i:s i i uni <»m>1'IIIoi F.s. - cantioi K'^ »i.'»s
l'es ^^illulL>llr!t renvcisi^es An |ioil do la loiluiio oui IfiiuviS leur
Ainsi noire sort cli.in^'o, l.i< viiiii(|uoiir osl viiiniMi, Kl Dieu inOiiiu nous ven^o Itis maux il ilo roji|'rol)iu où nous avons
[vécu.
Par ses lois souvorniues L'escl.ive cs-l iillr;iiulii, Le luaiiiu Vil dans les chaînes, 1." riche esl indiginl, le (lauvro esl enri-
[(•hi.
J'ai vu briller l'auroro De ma fécondilé ; La terre voit éclorc Le fruit, le tondre Iruit que j'ai tant
Isouliailt^.
Trop ioUrtlcnips méprisée J'ai langui dans les pleurs.
Ma rivale éfiuiséo De la stérilité touiiaîtra les horreurs.
C'est le Seigneur qui règne, Il élève, il ilétruit.
Que tout l'aime et le craigne; Il parle, la mort vient; il comman le, ede
[fuit.
Du plus puissant royaume Il dispose à sou choix ; Kl jusque sous le chaume Sa main prend les rivaux et les vainqueurs
[lies ruis.
Il a placé la terre Sur d'épais fondements; Kl tout ce (ju'elle enserre Croît, multiplie, agit par ses commande-
[uients.
Humhlode cœur, le juste l!ivo(juc son appui.
De son secours auguste L'impie Ose médire et se tait devant lui.
Il n'est point de sagesse.
Seigneur, hors de la loi.
L'iiomme n'est tjue faiblesse, Sa force, son repos, son bonheur vier.t do
'toi.
Us mourront d'épouvante Tes ennemis pervers ; Ta foudre dévorante De leurs crimes affreux purgera l'univers.
Dans ce jour de victoire Où nous seronsjugés.
Tu couvriras de ghjire Ceuï que les grands du siècle ont le plus
[ytiligés.