‹ Œuvres completesChapitre 130 sur 232 · VII. CANTIQUE DE DAVID · texte numérisé non relu

VII. CANTIQUE DE DAVID

Dominus peiru mea el rohur meum. ( II Reg. XXII, 2.)

ABGUMENT. — Ce cantique a été mis au nombre des Psaumes, dont il est le dix-septièine ; avec cette différence que le psaume commence par ce verset DiiigamW, Domine (orliludo mea, qui n'est pas dans le canliq le. David y célèbre les miracles que la providence divine a opérés en sa faveur ; cl il rend grâces ii Dieu de toutes les victoires qu'il a remportées sur ses ennemis.

Tu fus la roclie inaccessible, Seigneur, qui défendit mes jours; Tu fus ie guerrier invincible Par qui je triomiihai toujours.

C'est dans le Seigneur que j'espère, lia terminé ma misère , Et dons mes droits il m'a remis.

M'.l l'IU MU KK TAUTIK. l'OF.SIF.S SACREKS KT l'Illl OStHMIIQl F.S. CANTIQIKS. 1IC2

lui seul iiiPrile iii.i l<iuaii|;o ; S;i iiKiiii itic (It^livrc cl me venge Di" nii'S in'iliili'S iMiiiernis.

I.'implacablo mort sur luii loto LîUK^ait ses regards di-voraiils.

I.'iinpiiUô ijuu rien u'iiiitîlù, M't''|>miv;inliiit doses lorrenls Dans lus douleurs et les ravages.

Trouille de ces noires images , A'ers mon Dieu je poussai des cris Kt sur moi leliruildoma plainte, Du haut de sa demeure sainte Attira ses yeux attendris.

Soudain sa colère allumée Cause d'allreux einlirasements.

Des monts entourés de l'umée Il soulève les fondements.

Sous ses coups l'univers chance.'le; Son front do iurem- étincelle, Contre un |iouplo séditieux.

Devant lui uiarche son tonnerre, Kl pour descendre sur la terre Sous ses pieds il courbe les cicux.

De la vengeance qu'il médite

Les instruments sont dans ses mains.

Sur les vents il se précipite,

Il monte sur les chérubins.

Un tabernacle obscur le couvre,

£l des calaractes (|u'il ouvre

L'eau s'élance de toutes jiarts;

Il y joint des Ilots de bitume;

Tout s'enllaujuie, tout se consume

Au feu brûlant de ses regards.

Sa voix grande au sein des nuages Pour effrayer les imposteurs.

Ses traits, sa foudre et les orages Ont tlétruit mes persécuteurs, 'i'oul conspire à punir Ifurs crimes; Jusqu'au fond de leurs noirs abîmes Les tlots émus se sont ouverts.

El dans leur cavité profonde Des remparts ébranlés du monde Les fondements sont découverts.

I^Iais dans ce désordre effroyable Dieu me dérobe à tant de maux , Malgré la haine impitoyable Dont me poursuivent mes rivaux.

Leur force écrasait ma faiblesse, Quand dans les jours de ma tristesse Il guida mes pas incertains.

Jedois le bonheur de lui plaire.

Je dois ce précieux salaire A la pureté de mes mains.

J'ai toujours gardé la justice Au milieu de mes passions ; L'impiété ni la malice N'ont point souillé mes actions.

Son équité douce et sévère, ; Ses jugements que je révère,' M'onl rendu docile à sa voix.

Ainsi le Seigneur récompense Ma droiture, mon iiinocence , Mon amour constant [lOiir ses lois.

OEVVKES COUPI.. DE LEFUAJiC DE POMPIGN

Si'i;:nf'ur. les nmrlels (jui |i>'ir(J>inni-nt. De le lli'-cliir sont toujours sOrs.

Tes bienfaits abondants couronnent Los cunirs sans fraude, les co-urs purs. Avec les lions, doux (d sensible, Lnvers les méchanis inilexible, l'ri)ieclcur du |)auvro abattu :

Ce n'est qu'un jeu de ta (luissanco Que d'humilier l'arrogatico Et d'élever riiumijle vertu.

Sous ton tlaniboau dans ma carrière

Je n)arclie avec sécurité.

Nous ne sommes sans la lumière

Que ténèbres, qu'obscurité.

C'est Dieu qui gagne les batailles:

C'csl Dieu qui franchit les murailles

Où les rebelles avaient fui.

Leur ligue vaine est dissipée;

Il est le bouclier, l'épée

De ceux qui n'espèrent qu'en lui.

Eh! quels autres dieux lui ressemblent!

Puissant, infaillible, parfait.

Quand mes ciitiemis vaincus trend)len(,

C'est sa force qui les défait.

Sur les monts il m'ouvre un asile;

D'un soufle il me rend plus agile

Que le cerf léger ou le daim.

Aux combats il daigne m'instruire.

Et mon bras qu'il aime ô conduire,

Brise avec lui les arcs d'airain.

Mon pouvoir, mes honneurs, ma gloire,

Seigneur, sont plus grands que jamais;

C'est ton ouvrage, et la victoir

M'a rendu le trône et la paix.

Tu m'élargissais le passage

Par oîi je portais le ravage

Chez mes ennemis effrayés.

Après leurs déroutes funestes

Je poursuivais leurs derniers relies,

Et les immolais sous mes pies.

Ton esprit a rempli mon âme.

Ta force a passé dans mes bras.

Par toi d'une révolte infime J'ai puni les auteurs ingrats.

Tu méprisais leurs douleurs feintes; ils t'osaient adresser des plaintes.

Mais tu n'écoutais point leurs ciis Leur ruine entière me venge; J'ai rougi la {)Oudre et la fange Du sang de ces mortels proscrits.

Les propres enfants de mes pères Mes sujets ont trahi mes droits.

Quand des nations étrangères Venaient se ranger sous mes lois.

Déjà ces enfants intidèles De leurs factions criminelles Prétendaient consommer l'horreur) Mais des richesses usurpées, Ni des retraites escarpées N'ont point dissipé leur terreur.

Vive le Dieu qui me protège.

Et que partout il soit béni.

Le conspirateur sacrilège Parce Dieu vengeur est puni Il défend tues 'ours, il m'élève; A",'. II. 37

(«UVKES RELIGIELSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAJS.

Je t'invoque, ô Seigneur 1 achève, Tu m'os choisi, lu m'as fait roi • A tes yeux si j'ai trouvé grâce.

Daigne aussi, grand Dieu, sur ma race Verser tes dons comme sur moi.

Vin. CANTIQUE DU MÊME.

Hcec aulem snnt verba David novissima.

{II Rcg. xxiii, 1.)

ARGUMENT. — Ces dernières paroles de David sont cei'lainement un cantique. 'Si ce n'est pas un poëme en vers, c'est au moins de la poésie. L'exorde en est intéressant et singulier. Les deux personnages du tableau sont David et Saùl; car on ne peut guère douter que ce dernier ne soit désigné par les expressions de prévaricaleur et de Bélial.Dans ce poëme instructif, le but du Prophète est d'encourager les bons princes et d'intimider les tyrans ; de mettre eu contraste les bénéiliclions de Elieu sur les rois selon son cœur, et ses malédictions sur les souverains qui le servent mal.

Voici l'instruction dernière D'un monarque choisi de Dieu :

Voici dans son dernier adieu Son cœur, son âme tout entière.

C'est le monument solennel Par oi^ termine sa carrière Li^ pro| hète, le chantre, et le roi d'Israël.

Ma science en Dieu seul se fonde; Le sort d'Israël m'a parlé.

Kcoutez re qu'a révélé Son intelligence profonde.

Que l'équilé commande au roi.

Et qu'un dominateur du monde Soit lui-même à son tour dominé par la loi.

Lorsqu'elle est par lui respectée, Son règne est aussi radieux Que l'astre pur qui hrille aux cieux, Quand la tempête est écartée.

Dieu secondera ses projets.

Et des eaux du ciel huniectée Sa terre enrichira ses fortunés sujets.

Je méritais peu l'alliance Que tii avec moi le Seigneur.

Je dus à lui seul mon bonheur, Mon salut et ma confiance.

J'ai craint, j'ai fait régner ses lois; 11 a guidé ma prévoyance.

Appuyé mes desseins, couronné mes ex-

[ploits.

Mais si les lois sont violées Par le prince ou ses favoris.

Il succombe sous les débris De ces mômes lois immolées.

Victime des maux qu'il a faits.

Ses provinces sont désolées, Et de sa longue erreur il ressent les effets.

Il verra donc de sa puissance Tomber le colosse abhorré.

Ce roi qui s'est déshonoré Par le crime et la violence; Et le ciul qui fut son appui, Exlerniine dans sa vengeance Et le monarque injuste et sa race avec lui.

Tel périt ce buisson perfide Que la main n'oserait toucher.

Mais que le fer vient arracher

Des entrailles d'un sol aride.

On brûle ce tronc odieux.

Et le vent d'un souffle rajiide En disperse la cendre, et la dérobe aux yeux.

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