‹ Œuvres completesChapitre 131 sur 232 · IX. CANTIQUE DE TOBIE · texte numérisé non relu

IX. CANTIQUE DE TOBIE

Magnus es. Domine, in œternum, et in omnia sœcula regnum luum. {Tob. xiii, \.)

ARGUMENT. — Tobie, de la tribu de Nephthali, captif chez les Assyriens, s'élant endormi au pied d'une muraille , il lui tomba de la, fiente d'hirondelle sur les yeux, ce qui le rendit aveugle. Ce "vertueux Israélite soutint son malheur avec une patience que l'écrivain sacré compare à celle de Job. Mais Dieu ne voulait que l'éprouver. Pour comble de bonté, il guérit le père par les mains du fils. Le jeune Tobie, revenu dans la maison [paternelle, appliqua sur les yeux de son père le fiel du poisson qui avait voulu le dévorer pendant qu'il se lavait les pieds dans le lléuve du Tigre. Le saint vieillard recouvra aussitôt la vue. Quelques jours après Il composa ce cantique d'actions de grâces, dans lequel il annonce le rétablissement et la gloire future de Jérusalem.

Bénissons dans nos cantiques Le Dieu de l'élernité.

Et les œuvres magniliques De son règne illimité.

Sous sa main tout pouvoir plie; Tour à tour sur noire vie Versant les biens et les maux, 11 récompense et châtie, Ouvre et ferme les tombeaux.

Israël, rends témoignage Au législateur des rois; Du sein de Ion esclavage Ose réclamer ses droits.

Instruis tes superbes maîtres, Parle, et qu'aujourd'hui les traîtres Apprennent en frémissant.

Que le Dieu de leurs ancêlres Est le seul Dieu loul-puissanl

Quoique sa mainno'JS frappe, il nous plaint, eitious

[aime.

A veiller sur nos jours il s'abaisse lui-même. Il observe i.ospas, il compte nos instants Craignez donc, adorez, servez le roi suprême

Pour moi que ce divin Père Punit par excès d'amour, Sur celle rive étrangère Je l'invoque nuit et jour. Les décrets de sa vengeance Ont proscrit le peuple inmiense Qui nous accable aujourd'hui ; Vous objets de sa clémence, Pécheurs, revenez à lui.

Mon cœur tressaille de joie En présence du Seigneur; Ames fermes dans sa voie, Vous partagez mon bonheur.

Du Dieu que ton crime irrite Cité toujours favorite, Pour(iuoi Iraliis-tu sa loi?

Ton inconstance mérite Les iiiaux qui fondent sur loi.

Mais tu peux l'apaiser par de nouveaux bornages.

U05 lUKMlKKK PAHTIK.

Oue de* l'IiiiiaU luiiituiiis. <i"0 île ifs bord» s;iii-

[vagfs, Il rjp|>«lle en li's imir> w* nouibreui cilo\eii» ; Qu'il rekWe son lemple, el jusqu'aux dcruiers ài!t« Te ounible de ses biens.

Ton niailie terriblo et juste T'uriatlie à les ftmemis; Jérusalem, ville auguste, Que il'lioimi'urs le sont |iriiniis!

J'enleutis Irs vœux i]u'on l'aiiressc; L'univers entier s'em|iresse D'honorer dans le saint lieu Ces murs consacrés sans cesse Par In présence de Dieu.

Tous les (irincos do la lern' Viendront cliez toi le flécliir; Les |>nrriinis, l'or (ju'elle enserre Sont créés pour l'eniicliir.

Quel abiine de supiilices Ksi creusé pour les complices De les vils blasphémateurs; Kt (]uel trésor (ie délices S'ouvre ù les adofateurs !

Triomphe, tes enfanls sortiront d'esclavage ,

Le Seigneur les rassemble, et n'en craint plus d'on-

[tnige, Du sort qui les attend mes yeux sont élilonis. Qu'il est doux de t'ainier ! trop heureux qui partage Les biens dont lu jouis!

Grand Dieu, mon àme attendrie Bénit l'œuvre de tes mains.

Jérusalem ma patrie, Renaîtra pour les humains :

L'impie en vain la menace; Son sort changera de face, Je meurs content, si du moins Des rejetons de ma race En sont un jour les témoins.

Plus de tristes funérailles.

Plus d'etfroi, ni de soupirs; Ses portes et ses murailles Seront d'or et de saphirs.

Que de pierres précieuses De leurs couleurs merveilleuses Frappent déjà mes regards 1 Que de voix harmonieuses Font retentir ses remparts I

Elle invite à sa cour tous les peuples du monde De célestes plaisirs source à jamais féconde. Pour elle chaque jour est un jour solennel. Béni soit le Seigneur ! c'est sur elle qu'il fonde Son royaume éternel.

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