X. CANTIQUE DE JUDITH
Incipile Domino in tympanis, cantate Domino in cymbalis. {Judith, svi, 2.)
ARGUMENT. — Holopherne, gijnéral de Nabuchodonnsor, avait mis le siège devant Bélhulie îJudilh conçut le dessein de la délivrer par une action qui n'a point d'exemple. C'était une veuve riche, belle, et irèsvertueuse. Après avoir imploré le secours du ciel par une
firière également tendre et sublime, elle quitta son ciice et ses Babits de deuil, se couvrit d'or et de pierreries, s'habilla même voluptueusement, employant le fard, les parfums, et lous les charmes de la parure, pour
'OKSIF.S S.VCRI.KS Kl l'illl.OSDl'IlIQliKS. — OMIQUrS- MO
inspinT df l'aiiMiur !i lloliiphorne, et ré|{f)rKer euiutle de M'% priipri's niauis; ce qu'elle enécula. T.a mort ilii K'-iiéral é|i<)uvanta l'annéi- ennemie. I.e» UraélJtes la taillèrent en pièces, et Judith chanta ce cantique au
SriglliMir.
Que du bruit des tambours nos villes retenlisieni. Que la trompette sonne, et que nos voix s'unissent, Keiiduns au l)ieuvi\ant un immortel honneur; Il brise quand il veut le glaive de la guerre :
Des cieux el de la terre
C'est l'unique Seigneur.
Au milieu de son peuple il a dresse sa tente : C'est de là qu'il répand sa lumière éclatante. Que des rois conjurés il repousse relluri ; Et que son bras couvert de (lanune et de fumée.
Lance sur leur armée
Le tonnerre et la mort.
Assur environné de nations altières
Vers les rochers du nord a percé nos frontières;
Il a brûlé nos bois, dévoré nos sillons ;
Et ce peuple innombrable épuisait dans ses courses Les torrents et les sources, Qui baignent nos vallons:
Les cruels s'avançaient, et de la Palestine
Dans leurs vastes desseins achevaient la ruine.
Les fers élaicnl forgés, le glaive était tout prêt.
Mais Dieu livre à la mort leur conducteur infâme, Et la main d'une femme Exécute l'arrêt. ' Ce n'est point la brillante élite De nos combattants généreux, Qui de la race Israélite Détruit l'ennemi dangereux; Ce n'est point un géant horrible Qui renverse d'un coup terrible Ce chef dans les combats nourri :
Immolé de ses propres armes.
Il est mort vaincu par les charmes De la tille de Mérari.
Elle a quitté l'habit funèbre
Ce n'est plus une épouse eu deuil ;
C'est une héroïne célèbre
Qui nous arrache du cercueil.
Des parfums reprenant l'usage,
Elle colore son visage
Pour exciter de tendres vœux ;
Et sa main avec art déploie
Les diamants, l'or, et la soie
Sur les boucles de ses cheveux
Ses voiles flottants, sa chaussure
Du barbare ont séduit les yeux;
Il conçoit dans son Ame impure
Les désirs les plus furieux.
La main qu'il adorait, le frappe ;
Il expire : Judith s'échappe
D'un camp qu'elle a rempli d'horreur.
Ninive tremble sur son trône;
D'Ecbatane el de Babvlone
Les murs frémissent de terreur.
De hurlements épouvantables Les camps d'Assur nul retenti.
Au bruit de ces voix lamentables Israël en foule est sorti.
ŒUVRES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN
Diou qui nous couvrail de ses ailes, Contre des peuples infidèles A daiiinâ coniliallre avec nous Sa présence a (rouble leurs âmes.
lit les enfauls des jeunes femmes Les onl jiercés de mille coups.
Cf'lébrons le Seigneur par de nouveaux canllqnos : li a rempli pour nous ses promesses antiques ; Jcliovah ! Dieu des dieux! que ton pouvoir estgra''d ! A les divins décrets qui fera résistance ?
Tu détruits la puissance Des plus superbes rois, du plus fier conquérant.
Que les cieux sous tes pieds, que la terre flécliisscnt Qmc 1rs êtres divers à tes lois obéissent, Ton esprit a créé l'onde, l'air, et le feu; 11 tira du néant l'espace cl la matière,
El d'nn peu de poussière Son souille enfanta l'homme, image de son Dieu. Les monts épouvantés Jt ton aspect chancellent: Ta voix émeut les eaux que leurs voûtes rocclh'iii, Sous ton char embrasé les rochers sont dissous ; La terre s'en ébranle, et les astres s'éteignent.
Mais de ceux qui te craignent, Que les deslins sont beaux ! que le bonheur e^t doux '.
Car tu ne tberches pas l'odeur des sacrifices. Que l'importent ces boucs, ces nombreuses génisses Qui nagent dans le sang, au pied de les autels? Homages fastueux des àmcs les plus viles,
Dont les tiibuls servîtes Ne fixeront jamais tes regards iii;morlels.
Malheur aux naiioiis qui combaltionl la tienne : Il n'est point contre loi d'appui qui les soutienne. Ta sévère équité les condamne à périr; El leuis corps au milieu des serpents et du soufre.
Plongés au fond du gouflre Se sentiront sans cesse et renaître cl mourir. XI. CANTIQUE d'in juif dans les fers.
miserere nostri,Deus omnium, el respice in noK, (i vstcnde nobis lucein miferationum Cua- 7-um. (Lccli. xxsvi, 1.)
aRGL'JIENT. — L'auteur implore la protection de Dieu pour les Juifs. Ce peuple était alors laptif el dispersù (iaus l'Kgvple, dans la Syrie, el dans plusieurs provinces au delà de l'Eupbrale. Jérusalem même était exposée aux incursions des inDdèles, el souvent envahie par les rois voisins.
Dieu souverain de tous les êlres, Dieu bienfaisant, reçois nos vueux ; Toi qui protégeais nos ancôlres, N'abandonne point leurs neveux :
Que ton ange arnjé du tonnerre, Des peuples qui le font la guerre Déconcerte le fol espoir; El dans leurs villes foudroyées Contrains leurs bouches effrayées A reconnaîlre ton pouvoir.
Sur les nations étrangères.
Seigneur, appesantis ton bras; Détruis les grandeurs passagères Ue tant de monarques ingrats.
Cent fois leurs yeux et leurs oreilles Ont été frappés des merveilles Qui nous révèlent tes secrets :
Romps les charmes qui les séduisenl, Et que tes œuvres les instruisent De les adorables décrets.
Qu'ils sachent qu'en toi seul l'homme fidèle espère; Que pour tous les humains il n'est point d'autre père.
Ni d'autre Dieu que loi.
De ion juste courroux que les signes renaissent. Que la terre en tressaille, et que les cieux s'abaissent
Sous les pas de leur roi.
Enfante aujourd'hui des prodiges Inconnus aux siècles passés.
Anéantis jusqu'aux vestiges De nos ennemis terrassés.
Quand publirons-nous ta victoire?
Quand viendra ce règne de gloire Dont tu veux encore nous priver?
O des siècles auguste maître, Ordonne aux jours de disparaître, Et commande aux temps d'arriver.
Que ceux dont l'orgueil nous écrase Soient précipités de leur rang; Que le feu du ciel les embrase, Si le glaive épargne leur flanc.
Frappe, extermine ces impies.
Que tes vengeances assoupies N'entraînent point à les genoux , Et qui disent : a C'est nous qui somme.. Les vrais dieux qu'adorent les hommes, II n'en est point d'autre que nous. »
Rassemble de Jacob les tribus vagabondes ; Qu'elles ouvrent les yeux à tes clartés fécondes.
Et proclamenl tes lois.
Qu'à toi seul désormais adressant leur hommage. Nos frères réunis rentrent dans l'héritage
Qu'ils eurent autrefois.
Grand Dieu, jette un regard propice Sur des enfants selon ton cœur.
Dieu redouté, sous ton auspice Israël fui toujours vainqueur.
Viens terrasser l'idolâtrie :
llépaii'is sur ma sainte patrie Les bienfaits qu'elle a mérités; C'est la demeure oii tu reposes, Le sanctuaire où lu déposes Le trésor de les vérités.
Que de ta parole éternelle Sion goilto enfin les douceurs; Confonds l'audace criminelle De ses farouches oppresseurs.
Aux nations qui te révèlent, Aux fidèles qui persévènint Assure un desiin glorieux; Et ne démens point tes prophètes, Ni les antiques interprèles De tes serments mystérieux.
D'un peuple à qui la voix a promis tant de grâci s. Exauce les désirs et dirige les traces
Suivant ton équité.
Terre, objet de ses soins, reconnais les ouvra^'t^s
iiu'.i i'Ui:Mih:nb: tautik. poesiks sA(.iit;i;s
D'un Dieu i|iii ibii!i >u main lioiit Id livri'ilen A^ust, L( ili- IVicriiilL^.