XIV. CANTIQUE DISAIE
Urbs fortiCudinis nostrœ Sion, Salvator poneinr in ea mur us et antemurale. [Jsa. XXVI, l.J
ARGUMENT. — Dans ce cantique, suite immédiate du précédent, le peuple juif rend à Dieu des actions de grâces pour l'exallalion des justes, et pour l'iiumiliation des impies; mais c'est surtout une prédiction claire et formelle de l'établissement de l'Eglise, de la résurrection des morts, et du jugement dernier.
Sion, d'un peuple heureux l'inviolalile asile. Des sièges, des combats ne craint point le hasard. Le Seigneur qui la rend si belle et si tranquille. En est le mur et le rempart.
L'erreur n'exerce plus son aniique insolence; La paix ramené ici le calme et le bonheur. Israël s'est toujours fondé sur la puissance, Et sur la force du Seigneur.
D'un monarque insolent et de sa cour altière L'orgueil et le pouvoir seront humiliés. Le pauvre et l'indigent, sortis de la poussière. Les écraseront sous leurs pies.
A l'exemple du juste, affermi dans sa voie, Dans tes sentiers. Seigneur, nous l'avons attendu. Tu reparais eidin : l'espérance et la joie, Le bonheur, tout nous est rendu.
Mes yeux n'ont pour objet que tes faveurs suprêmes Je te cherche la nuit, je te cherche le jour. Signale la justice, et les mortels eux-mêmes Deviendroni justes à leur tour.
Mais sans fruit aux méchants ta clémence pardonne; Leur dure impiété s'accroît par les bienfaits. Dans la terre des saints leur rage s'abandonne Aux plus exécrables forfaits.
Ils ne le verront point. Seigneur, et s'ils te voient. Que du sort d'israél ils soient enfin ja'oux. Qu'ils rougissent de honte, et que tes mains fou-
[droient Ces victimes de son courroux.
Tu finiras nos maux; c'est toi, c'est ta vengeance Qui nous chargea de fers, et qui frappa nos rois L'étranger sur ion peuple usurpa la puissance. C'en est assez, reprends tes droits.
Des tyrans qu'au tombeau tu forças de descendre, Que l'empire à jamais demeure enseveli.
Tu vins pour les détruire, ils ne sont plus que cen-
Et leur nom même est aboli.
Tu reçois de Jacob le tribut el les fêles, Tout volages qu'ils sont nos peuples te soûl chers. Leur gloire fait la tienne, et leurs vastes conquêtes Embrasseront tout l'univers.
Les maux qu'ils ont soufferts ne se peuvent dé-
[crire.
Telle une femme en proie à des tourments affreux. Annonce par des cris dont l'effort la déchire. Sou enfantement douloureux.
Dans ces moments cruels, dans cet état horrible Oui, nous avons conçu, nous avons enfanté. Mais d'un si long travail la lin triste et pénible N'est qu'un fruil sans maturité.
INos barbares voisins ont gardé leurs asiles. Tu sauvas cependant les enfants de ta loi; Ils reverront leurs champs, rentreront dans leurs
[villes, Et ne vivront plus que pour toi.
Et vous que du trépas le noir sommeil enchaîne. Levez-vous, secouez la poudre du cercueil. Chantez dans ce beau jour la force souveraine On la mort trouve son écueil.
Le ciel s'ouvre, il répand sa brillante rosée. Présage du réveil tant promis aux humains. Déjà des fiers géants la puissance est hrisée, El leur sceptre est mis dans vos mains.
Va, cache-toi, mon peuple, et toujours plus fidèle Attends que dans les airs l'orage soit passé. Dieu quitte sa demeure, et sa vengeance appelle Les mortels qui l'ont offensé.
Le sang des malheureux sort du sein de la terre; Les morts percés de coups s'élancent des tombeaux, El d'un cri lamentable invoquent le tonnerre Contre leurs indignes bourreaux.'