V. PROPHÉTIE D'ABDIAS
ibdias reproche aux Idumécns les inhumanités fju'ils ont exercées contre ceux de Juda, leurs frères, en se joignant aux étrangers qui ravageaient leur pays, ctqui jetaient le sort sur Jérusalem. Jl leur annonce la punition exemplaire que Dieu leur destine; et prédit à la fin le retour des .Juifs, et leur nouveau régne après la captivité, suivi immédiatement du rèanc de Jésus-Christ.
Le Seigneur a parlé : son ordre nous assemble. Les rois des naiions ont vu ies envoyés. Marchons, leur a-t-il dit, et combattons ensemble; Les étendards du ciel sont déjà déployés.
C'est loi qu'il faut que je dompte.
Peuple lâche (38), objet d'horreur ;
J'ai manifesté ta honte.
Tu faiblesse et ta terreur.
Tu jouissais de tes crimes
Sur des monts remplis d'abîmes
El dans des creux de rocher;
Fier de ton asile infâme.
Tu l'écriais dans ton âme.
Qui pourra m'en arracher ?
Quand pour mieux braver ma puissance, Tu suivrais l'aigle qui s'élance Jusqu'à la source des éclairs.
Le souffle seul de ma vengeance T'anéantirait dans les airs.
Par des larrons, dont vos richesst. , Ont attiré les mains traîtresses,
n'min maliiravit mcssis; venile et descendue, quia ptoium est torcular {Joei. ni, 13), et ailleurs, commedans Isaïe, dnusJérémie, dans saint Mallhicii, dans VApocalypsc.
(58) Les huliitants de . nnimcc.
(805 l'KKMlF.UF. l'AUni l'OKSIKS SACllKI
Vos l'oycrj no soni poml tlMlniils ; Et celui qui s'ouvre un |>iissaiîf Dans letlioaux lanliiis iju'il Mvago, N'en omporlo pas luus lus fruits.
Mais des luiiiislres do ma linine, La rago est liien plus inliiiiiiaiiio, Kl le courroux plusélcndu ; Ils ont dépouillo riios vicliuies; Edoiu (|uit'uit, a tout pordu, Il uo lui reste que ses crimes.
Dans son royaume consterné Des ennemis partout lui naissent; Ses alliés le nu'conn;iissont, Ses amis l'ont aliandonné.
Frappé îles craintes les plus vives Il u éprouve que trahisons ; Et ciux ijui furent ses convives, No lui servent que dos poisons.
Je les ai confoudus ces sages si célèbres ;
Le jour, dit le Se'giieur, n'est pour eux que téné-
[bres, J'ai puni leur orgueil d'un supplice imprévu. 0 braves deTliéman, quel effroi vous accalile! Ils ont fui dans la plaine au bruit épouvantable Du sang qui ruisselait des rochers d'Esaû.
Esaû, lu péris : Théman, la mon t'appelle ;
Tu sers contre Jacob l'idolùlre rebelle,
Tes sacrilèges mains dépouillent le saint lieu.
Cruel persécuteur de ma ciié cliérie,
Sion, Jérusalem éprouvent ta furie,
El tu jettes le sort sur les biens de ton Dieu.
A 1 aspect des rigueurs où Juda fut en proie, Devais-tu, malheureux, l'accabler de ta joie. Toi dont il atlendait des regards con^olanl^ ! Devais-tu, peuple ingrat, au jour de ses alarmes.
Insulter à ses larmes
Par des ris 'nsolents !
Dans des sentiers trompeurs, tes embûches funestes De Jacob fugitif enveloppaient les restes. Pour les frapper du glaive, ou les charger de fers. Ces îemps sont disparus; et le jour vient d'éclore
Où le Dieu qui t'abhorre,
Se montre à l'univers.
Les cruautés où lu te livres Retomberont enfin sur toi.
s II- l'IlILOSOPIIlUlKS. - PKOI'IIF.T. lio« Ma nxipi! est prête, et tu l'enivres l)(!s eaux de vorliKo i-l d'cllroi :
Comme les races Idumées, Les rois, les peuples, les armées En hoivent tous avec transport ; Et leur fureur se ilésaltèrc Dans ces vasos de ma colère Où leur bouclio puiso la mort.
O Sion, règne sans partage.
Ta enfants sont victorieux ; <
Jacob a conquis l'héritage ,
De ses maîlves impérieux.
Tremble, Esaû, J;icob s'avance ;
Les traits embrasés qu'il te lance
Dévorent tes peuples méclianis ;
Comme en été la llamine agile
Consume lo reslo inutile
Des épis qui couvraient nos cliamps.
Des dépouilles (30) de tant de prince Son empire s'est at;randi.
Edom, tes antiques [irovinccs Boni pour les tribus du midi :
De laboureurs troupe aguerrie, Sous vos îois rangez Samarie, Elles cités du Philistin; Dans ses victoires éclatantes, Benjamin dressera ses tenlcs Au delà des bords du Jourdain.
Je livrerai la Phénicie
Aux captifs deSalmanazar
Les dominateurs de l'Asie
En esclaves suivront leur char.
Du haut de la montagne sainte,
Israël régnera sans crainte
Sur Esaii son oppresseur ;
Et Lévi (iO) jugera ses frères
Jusqu'au jour prédit à leurs pèr«3S,
Où Dieu sera son successeur.
Vl= PROPHÉTIE DE NAHUM (ki)
CONTRE NIMVE.
Chap. L — Dieu vengeur, patient, mais terrible, protège ceux qui le servent, nunit ceux qui le méprisent.
Le Seigneur est jaloux, il aime la vengeance, Il liait avec fureur l'ennemi qui l'offense, Sa haine est sans pitié, son courroux est ciuel ; il est lent à punir, mais c'est en Dieu qu'il frappe ;
Et nul crime n'échappe Aux coups inattendus de son glaive éternel.
(39) C'est ici une division géographique, dans .aquelle le prophète désigne en. particulier les divers cantons qui seront occupés par les Israélites après leur retour.
(40) La Yulgate dit : Ceux qui sauveront le peuple, Salvatores. Le plus grand nombre des coinnientalturs entend par ces sauveurs qui monteront sur la montagne de Sion pour juger Esaù, les Machabces (|ui réunirent le sacerdoce et l'auloriié souveraine. Ils étaient de la première des vingl-quaire familles saeenloiales. Le prophète finit par ces mois : Et erit Domino regnum, i et le règne, le roijaume demeurera au Seigneur. > C'est-à-dire, Nos primes auront Dieu pour successeur; idée ailmirable, et de celle espèce de sid'liine qu'on ne peut irouvcr que dans les livres saints.
(41) La prophétie de Nalium, dont les trois chapitres ne présentent que le même objet, et ne composent qu'un seul discours, annonce le siège de Ninive, formé parNabopolassar, père de Nabuchodonosor, et de Cyaxare roi des .Mèdes. C'est la description la plus vive et la plus poétique d'une ville assièi^ée, prise et déiruiie par ses vainqueurs. Le prophè:e nous apprend les principales circonstaiitcs du siège; l'inondation qui rompit les portes, renversa les murs, entraîna les ponts et les digues. Tout cela ne peut regarder que le second siège de Mnive, après lequel celle ville ne se lèlalilit plus. Sa dostruclion fut la fin de l'enipiio d'Assyrie, dont 1< s Bal)ylonicns et les Mèdes partagèrent les débris
ŒUVRES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRAXC MARQUIS DE POMPIGMN
Accompagné des venis, entouré des orages, Il iiiarclie sur la foudre et brise les nuages ; M T, lu le vois paraître, il te parle, et tu fuis. Tout fleuve est desséché, tout champ devient stén, e,
Bazan n'est plus fertile, Le Liban perd ses fleurs, et le Carmel ses fruits. Il renverse les monts, il dissout les collines, La terre a tressailli sous leurs vastes ruines, L'univers tremble au bruit de ses coups effrayants. Quel pouvoir bravera sa puissance invincible,
Et de ce Dieu terrible Quel mortel soutiendra les regards foudroyants? Sa colère esl un feu qui dévore la pierre, Un souille destructeur qui ravage la terre, Dépeuple les Etals, et détrône les rois ; Mais il p'aint ses enfants au jour de leur tristesse;
Et du mal qui les presse, Il guérit toiis les cœurs qui connaissent ses droits. 0 ville! ô lieu proscrit dont le sort m'épouvante! Dans tes murs renveisés par l'onde mugissante Les flots pendant la nuit apportent le trépas : Tes citoyens fuiront, j'entends leurs cris funèbres ;
Mais d'épaisses ténèbres Arrêteront leur fuite et tromperont leur pas. Quels éiaient vos desseins, troupe ingrate et rebelle? De vos festins impurs le spectacle l'appelle, Il vous frappe au milieu de'vos embrassements : Telle dans les buissons la flamme qui s'ailuiae,
En un instant consume Des rameaux dont la cendre est le jouet d;s vents. C'est vous dont les conseils ont formé ce barbare. Ce geerrici' qui m'insulte, et dont la main prépare Des traits contre Juda, des autels contre moi. Il forge avec ardeur l'iusirument dé sa perle,
Et sa ville déserte .Attendra vainement et son peuple et son roi.
Ll toi, peuple alUigé, peuple dont la misère Apprend au monde e'nlier l'excès de ma colère, Tu ne souffriras plus les maux dont tu te plains Jj suivi ai le tyran (jui se rit de ma haine,
El de ta propre chaîne Dans sou camp désolé j'enchaînerai ses mains. Mon courroux brisera sur ce roi qui t'opprime, La verge qu'il reçut pour châtier ton crime ; iNe crains point de malheur, ni d'opprobre nouveau. i interromprai le cours de ses honneurs frivoles,
J'abattrai ses idoles, El leur temple écrasé deviendra son tombeau. Je vois l'Ange de paix, il descend des montagnes, Il arrive, ô JuJa, rentre dans les campagnes, Présente au ciel tes vœux et Ion juste transport. Tes champs ne seront plus un pays de conquêtes;
Heconimence tes fêtes, 0 Juda, ton Dieu règne, et Belial est moi t.
Cliap. II. — Siège de Ninùe.
Tyrans, le vninqueur s'avnMcc:
J'aperçois ses pavillons :
■ Une multitude immense Ravage au loin vossiiJons.
Peuple saint, reprends'courage ; Cet épouvantable orage Gronde sur tes ennemis.
Le Seigneur parleurs alarmes Commence à venger les larmes, Et le sang de ses amis.
Au signal qui les appelle'
Les drapeaux flottent dans l'air;
Toute l'armée étincelle
De pourpre, d'or et de fer.
Des cris confus retentissent.
Les coursiers fougueux hennissent,
Quels bruits d'armes et de chars I
Le front du soldat s'entlamme,
Et la fureur de son âme
Eclate dans ses regards.
Au souvenir de ses pères Assur dédaignant la mort, Des phalanges étrangères Sur ses murs soutient l'effort.
Vainement son industrie Oppose à tant de furie De nouveaux retranchements; Les flots s'ouvrent une route, Le temple tombe, et sa voûte Ecrase ses fondements.
Que de captifs qu'on enchaîne Que de femmes dans les fersl O Ninivo, ô souveraine De tant de peuples divers I Sous les eaux ensevelie.
En vain ta voix affaiblie Demande encor du secours ; Sourds à ta plainle luourante, Tes enfants pleins d'épouvante T'abandonnent pour toujours.
Nations victorieuses, Arrachez de ses [lalais Ces richesses précieuses, Qu'elle dut à ses forfaits. O jour lugubre et funestel Tout meurt ou fuit : il ne reste Que des cœurs désespérés.
Que des fantômes stupides, Et des visages livides Par la peur défigurés.
Que devient le pâturage Des monstres de nos lorêts ?
Que devient l'antre sauvage Qui les cachait à nos traits?
Où sont ces lieux effroyables De lions impitoyables Repaires accoutumés, Où les lionnes sanglantes Nourrissaient de chairs vivantes Leurs lionceaux affamés?
Voici leDieu des batailles, Voici l'arrêt que j'entends :
« Je brûlerai vos murailles.
Vos chars et vos combattants ' Les éclats do mon tonnerre Disperseront sur la terre
i .t'J l'UKMlKllK l'AH m:. - HOESIKS SACIVE
Le déhris ilo vos graiulnurs ; l-:t lo liruit lie vus dis^rdues l'iloulïora l'.'S iiienacL'S Du vos liurs aaibassudours. »
<".liai>. III. — Cnidulés el prosliliilions de .Vi»iiff ; likliile de ses soldats ; fitibUsses de ses princes et leur punition.
Malheur, rnallieurà loi.ciiti làrliii et perfide, ('ilé de saiij; |>i'uiligiu>, et (le (résurs avide, lliiteiids le bniil des chars, le choc des boucliers, Les clameurs du suidai, bs coursiers (jui liéiiiisseiit,
Les cliaiiips i|ui ruleiilissriit
Sous les pas des courtiers.
Vois le glaive qui brille, et les IKelics qui voleiit, 'l'es uiurs el ton pays que les llauuues désolent, Tua peuple mis eu fuite après de vains eflurts ; DiS bataillons entiers qui suus le fer succombent,
Et des moulants qui tombent
Sur des monceaux de morts.
I.e ciel enfin sur loi se venge avec usure, Epouse criminelle, el couriisane impure. Qui te vendais sans cesse à les adorateurs'; Et ([ui par tes attraits, ou par tes artifices,
Du poison tie tes vices
Infectais tous les cœurs.
Je viens, dit le Seigneur, tremble, indigne adultère, Je viens de les forfaits dévoiler le mystère, Ti)n infâme bonheur retombera sur loi.
Tu serviias d'exemple, et ces rois qui t'honorent.
Ces peuples qui l'adorent
Reculeront d'effroi.
Ils diront : Dieu se venge, cl Ninivecst détruite. Mais dans l'étal funeste où lu seras réduiie. Tes maux ne trouveront que d'insensibles cœurs. Eh ! crois-lu l'eniporier sur celle ville allièie.
Dont la ruine entière
Annonçait tes malheurs?
A ses commandements l'Egypte éiail fidèle, L'Afrique la servait, et combattait pour elle. Son trône était bâti dans l'enceinte des eaux . Les fleuves l'eniouiaieni, el l'empire de l'onde
Des richesses du monde
Remplissait ses vaisseaux.
Cependant ses remparts sont brisés par la guerre. Ses enfants devant elle écrasés sur la pierre. Ses vieillards mis aux fers, ou traînés à la moit ;
El ses chefs loin des lieux qu'habitaient leurs ancè- Abandonnés aux maîtres [très,
Que leur choisit le sort.
Dieu répandra sur toi le fiel de sa vengeance ; Tu ne rougiras point d'implorer l'assistance De ceux dont ta fureur décriait les vertus ;
(42) Il est assez vraisemblable qu'IIabacuc a prophétisé dans les premières années de Joakim. avant l'invasion de la Judée par Nabuchodonosor.
Les ennemis ayant détruit Jérusalem, et s'cianl
ES ET I'IIILUSUI>IIIQI;ES. — l'IlOI'IlET. 1210
El tes murs tomberuiit sous (es vainqueurs féroces, CuiMuie des fruits précoces l'ar l'urage abattuo.
Que font les ciiuyens, plus lâches que des femmes î 'l'es portes, ton pays sont dévorés de» Damnies, Hâte-lui ; ne perds point de précieux numienls : Allume les fourneaux, pétris la molle argile.
Et d'un rempart fragile
(Creuse les londoments.
Malheureuse! où t'entraîne un superbe délire ! Du commerce et des arts lu gouvernais l'empire, El l'or des nations circulait dans les murs. Tout tremble, tout s'enfuit aux éclats de la foudre
Qui brûle et met en poudre
Tes magasins impurs.
Tes soldats te vantaient leur force inépuisable : Tel d'insecies légers un essaim nii''[irisalile Sur le déclin du jour se rassemble avec bruit. Mais au retour des feux qui chabscnt l'ombre liu-
La légion timide [mide.
Dans l'air s'évanouit.
Roi d'Assur, l'heure approche, et tes pasleurs
[sommeillent.
Tes chefs sont endorinis quand tes ennemis veilkn'; A quelles mains ton peuple était-il confié! Ce peuple que l'effiui dans sa fuile accompagne.
Errant sur la montagne
Ne s'est point rallié.
Tu lombes, roi cruel, lu meurs chargé de crimes ; L'univers si longtemps rempli de tes victimes. Triomphe de la chute, et rii de tes douleurs. Le Ûéau des humains, l'auieur de nos alarmes,. Fil couler trop de larmes Pour mériter des pleurs.
Vil' PROPHÉTIE DHABACUC (42.)
Chap. I.— Plainte du prophète contreles crimes des Juifs, et notamment contre les injustices des magistrats. Dieu se sert des Chaldéens pour punir ces désordres. Impiété de ce peuple.
Se peut-il que ma voix, Seigneur, vous importune ? Etes vous insensible aux cris de l'inforlune. Aux larmes d'un mortel qu'épuisent ses tourments? Ilélas! vit-on jamais des tyrans plus barbares. De plus durs magistrals, des riches plus avares. Et si peu de justice, et tant de jugements ?
Par d'indignes arrêts les lois sont violées. La candeur, riniiocence aux crimes immolées. Consultent sans succès un or.-tcle vénal. L'équiié toute en pleurs brise son trône auguste ;
reiircs,IIabacuc vint dans sa patrie où il se livra tout entier aux soins de l'agriculture ; occupation digne d'un philosophe et d'un saint.
Le mécliant donl la brigue a irinmphé du juste, Digne de l'échafaud s'assied au iributial.
Peuple vil, la trompette sonne , La guerre embrase l'univws:
Vois ces nations et frissonne Au bruit des chaînes et des fers.] ïu me braves, rien ne t'arrûle:
Le châtiaaent que je l'apprête , Nuls fléaux ne l'ont égalé ; Kt dans ta malheureuse histoire , L'avenir aura peine à croire Les maux qui t'auront accablé.
Pour détruire la race ingrate
Que je protégeai si longtemps.
Des bords du Tigre et de l'Euphrate
J'appellerai les habitants.
Nation terrible et féroce,
L'injustice la plus atroce
N'est qu'un jeu de ses cruautés;
Et son impétueuse rage
En un instant pille et ravage
Les royaumes épouvantés.
Les coursiersjfondent sur la plaine, Plus légers que les léopards; Couverts d'écume, leur haleine Souffle le feu de toutes parts.
Le vol de l'aigle est moins rapide; Dans la nuit sur un sable aride Les lions sont moins furieux ; Etjevois un [leuple innombrablo, Du roi qui l'enchaîne et l'eccable Suivre le char victorieux.
Par tout il laissera des marques
De ses eflVojahles transports;
Il se rira de vos monarques,
Vaincus dans leurs murs les plus forts.
Mais bientôt ce tyran superbe.
Abruti rampera sur l'herbe.
Errant et proscrit en tout lieu.
Seul monument de sa victoire,
C'est là qu'aboutira sa gloire,
El la puissance de son dieu.
Mais vous êies le mien, Dieu puissant que j'a lorc ; Vous le fûtes toujours, el le serez encore, Nous vivrons : Israël attend voire retour. Ce prince destiné pour punir nos offenses.
Ce ministre de vos vengeances
En sera l'objet à son tour.
Vos yeux sont purs, vos yeux sont effrayés du crime, Et vous souffrez, Seigneur, que l'idolâtre opprime Des hommes moins cruels, moins injustes que lui! Sous sa marche écrasés, comme d'humbles reptiles. Sommes-nous devenus des peuples inutiles, Rebut de l'univers, sans maître et sans appui ?
Ce farouche vainqueur autour de lui rassemble Des milliers de captifs qui gémissent ensemble. Qui tombent à ses pieds, ou meurent à ses j'cux. }| s'enivre d'orgueil en contemplani sa proie; , Et dans les vains (ranspoils de son horrible joie n'insulte la terre el provoque les cieux.
Aussi n'eui-il jamais de dieu que son épée. Ce fer, par qui la terre est si souvent frappée, Reçoit l'hommage impur de ses vœux satisfaits : C'esl par le fer qu'il règne ; et ce monstre sauvai. Rassasié de pleurs, engraissé de carnage, Boit le sang des mortels et vit de ses forfaits.
Chap. IL — Ordre au prophète d'écrire sa vision. Anathème à l'incrédule. Le juste vit de sa foi. Malheur aux ambitieux , malheur aux tyrans, aux alliés perfides . aux nations idolâtres.
Dans ces jours de sang et de larmes.
Au milieu du trouble et du bruit,!
Comme un soldat qui sous les armes, Veille en silence dans la nuit ; Je prête une oreille attentive, J'attends que le Seigneur arrive Aux lieux où j'ose l'appeler; J'attends qu'il frappe ou qu'il console, Qu'il fasse entendre sa parole, Et qu'il m'ordonne de parler.,
Mais il vient ; je l'entends : sa voix perce la nuf Ecoute, me dit-il, écoute, et sur l'airain Grave tous les objets qui s'offrent à ta vue.
Le Seigneur emprunte ta main Pour apprendre au.x mortels que son heure est ve-
'nuc
Ecris ce que j'ordonne, obéis avec soin.
Que de prodiges vonl cclore!
Le temps en est marqué, le jour n'en est pas U Mais il en est aussi que je diffère encore.
Et donl tu seras le témoin.
Sourd aux cris effrayants des sacrés interprèles, L'incrédule en fureur blasphème contre moi. Mais le juste en silence écoule mes prophètes,
Et vivra de sa foi.
Semblable au vil mortel qu'une liijueur perfide Met au rang de la brute el prive de ses sens. Le superbe endormi par son orgueil stupide, Perd ses honneurs naissants.
La triste ambition le rend impitoyable, Et dans un corps infâme il porte un cœur de fer, Un cœur plus dévorant el plus i.'isatiable Que la mort et l'enfer.
De ses sujets tremblants idole passagère, Lui-même s'associe à la Divinilé; Mais il pâlit de'honte et rugit de colère, Par ses propres captifs dans sa cour insulté. Pelisse le tyran dont la coupable usure] i. Confond dans ses trésors les richesses d'aulrui; Trésors pétris de sang, amas de fange impure. Que les foudres du ciel consument avec lui.
Insensé, quel sera-le fruii de les rapines? Les champs et les ciiés ne sont plus que ruines,
El que vastes tombeaux.
Mais de tous ces forfaits terribles représailles, Ceux dont tu dévoras les biens et les entrailles.
Deviendront tes bourreaux.
ii\i
rKKMIK.IU. l'AUlli:
i'()i:siis s.vciiKis 1.1 l'iiiLosoi'iiKM i:s.
Mallii'ur à tout iiiurtel i|ui sur sou avarico Fondu (le ta niaisou lu rru|;ile édillcc,
Et l'espoir sulioniour :
IK» céK'brfS reviTS il j;ros>.ira l'Iiistuire ; Uentré Jans le iiéaul, ce i|ii'il lit |>.>ur sa gloire
Tourne il son di'sliouiieur.
Esclave de ton lu\e, au sein de tes |ioriic|iics, K»i cruel, tu jouis des misères |iulilii|ues ; \'s parlent contre loi ces riches bùliiuenls, Oii la inaiu des llatteurs a gravé ton éloge; El ce sont les témoins que le ciel interroge Au jour fatal des chùtiinents.
Malheur au souverain barbare,
Dont la maguilicence avare Des larmes de sou peuple arrose ses palais.
Quelle main l'a mis sous le dais, Et dans ce rang superbe où son esprit s'égare ? C'est le Dieu «lui créa les hommes et le temps : Mais ses remparts maudits par ce Dieu qu'il oii-
Engloutiroiit leurs habitants. llrago,
L'ne guerre d'un jour, un feu de peu d'instants Des siècles et des rois anéanlil l'ouvrage.
Le Seigneur va combattre, et je vois ses drapeaux Franchir de l'orient les portes enflammées.
Le ciel lance tons ses carreaux,
La terre enfante des armées.
Et la mer vomit des vaisseaux.
Malheur à toi dont l'adresse Par un nectar dangereux, Causa la fatale ivresse D'un ami trop généreux.
Dieu témoin de ta malice, Te présente le calice Qui punit les faux serments; Tu bois l'eau de l'imposlure, Et tu rends ton âme impure Dans de noirs vomissements
Tes Etats sont au pillage; Tes peuples sont massacrés, En déplorant le carnage De leurs animaux sacrés.
Seuls fruits de tes perQdies, Le meurtre et les incendies Nous vengent de tes projets; Et nos frères se consolent Au bruit des maux qui désolent Ta famille et tes sujets.
Voilà donc les faveurs insignes Que vous recevez de vos dieux.
De ces divinités indignes, Mortels, vous remplissez les ciciix.
Des colosses jetés en fonte Sont l'objet d'un cuhe nouveau ; Et l'artisan troublé se prosterne sans honte Devant ce; dieux mucis, enfants de £on cisc:n
l'KOl'IlKT. lilt
Le Sculpteur a dit ù la pierre :
Sois uii dieu, je vais t'iniplurer.
Il a dit à ce tronc étendu sur la terre :
Lève-loi, je veux l'adorer.
I»'un bois rongé de vers, ou d'un marbre insensible
L'idolâtre fait son appui.' .nais le Seigneur habile un temple incorruptible ; (Juc l'univers se laise et tremble devant lui.
c;iia|). III. — Le prophcle décnC une partie des merveilles (/ne Dieu opéra aiilrcfuis en Jùjypte el dans le désert; mais sans observer l'ordre des temps, ni celui des événements.
Seigneur, do ta voix foudroyante J'entends les terribles éclats:
Tu m'apprends l'histoire elfrayanle Des puissants elTorls de ton bras. Veiige-toi du siècle où nous sommes.
Et recommence aux yeux des liomuios Tant de prodiges triomphants.
Mais, grand Dieu, que ton cœur do Des vils objets de ta colère [['ère
Distingue toujours tes enfants.
Je l'ai vu ce Dieu formidable
Suivi des légions du ciel,
Dans de vastes déserts de sable
Guider les tribus d'Israël.
Sur les montagnes Idumées,
Sa loi dans ses mains enflammées
De l'univers réglait le sort ;
Il châtia l'hébreu rebelle.
Et répandit sur l'intidèle,
Le nuit, la famine, et la mort.
11 s'arrête,'iil contemple et mesure la terre.
Le peuple qu'il disperse au bruit de son tonnerre.
Comme l'eau des torrents, soudain s'est écoulé •
Il brûle les rochersjusque dans leurs racines :
Il s'élance , sa course abaisse les collines,
Et les mon is éternels sous ses pas ont croulé.
Des coupables Ismaéliles J'ai vu tomber les pavillons; Des infâmes Madianites J'ai vu périr les balaillons.
Contre ces fleuves que tu brises, Contre ces mers que Indivises Pourquoi signaler ton pouvoir?
Dieu vengeur , que t'ont fait ces
onde.*-?
Dans leurs sources les plus profondes Pourquoi vas-tu les émouvoir?
Mais lu dissipes les alarmes [De les enfants épouvantés, Et lu ne prends en main les armes Que pour mieux remplir les traités.
Les monts s'inclinent et t.'imploreni, Les flots reculent et dévorent Les nations que tu maudis ; Et par des clameurs souterraines De les volontés souveraines ï °« triomphes sont aniilaudis.
ŒUVRES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC MARQUIS DE POMPIGNAIN
Du jour et de la nuit tu prolonges les heures,
Les deus flambeaux du ciel, du sein de leurs de-
[meures Eciaircnl, arrêtés, les œuvres de mon Dieu : lis reprennent leur marche au signal de ta foudre, Et les champs sont couverts de murs réduits en
[poudre ParJ'éclat de la lance et les flèches de feu.
La mort seule échut en partage Aux rois conire nous alliés; Vaincus dans leur propre liéritago Tu les écrasas sous tes pieds : Sur le palais d'un roi perfide, L'ange exterminateur rapide ?
De la mort imprima le sceau ; El dans la nuit ta main sévère, Confondant le ûls et le père.
Frappa le trône et le berceau.
Et tel fui l'adieu mémorable, Seigneur, que tu lis aux tyrans.
Quand ton ministre redoutable.
Armait nos aïeux conquérants.
Dans l'Egypte de sang trempée, Tu brisas le sceptre et l'épée D'un monarque trop endurci.
Qui sur nous déployait sa rage.
Plus impétueux que l'orage Dont un beau jour esl obscurci.
Des faux dieux de l'Egypie et de leurs dignes prê-
[ires.
De l'infidèle roi que fuyaient nos ancêtres,
Tu voyais les efforts, tu sava's les complots; Mais sur l'aile des vents tu descendis des nues, El ton peuple suivit les roules inconnues. Que ton char enflammé lui traçait dans les flots.
Au récit de tant de prodiges.
Grand Dieu, j'ai tremblé mille fois.
iLe seul aspect de les vestiges Sur mes lèvres éteint ma voix.
L'eEfroi dont mon âme est troublée Par son atteinte redoublée Corrompt la moelle de mes os; Mais tu finiras nos misères, El tranquille parmi mes frères, Je jouirai de leur repos.
Cependant la terre olHigéo Partage encore nos douleurs; La vigne inculte et négligée Languit sans sève et sans couleurs.
L'clivier n'a plus de verdure; Les maux que ma patrie endu.-e S'étendent jusqu'à nos vergers; El sous un ciel âpre et sauvage.
Nos troupeaux que la mort ravage.
Tombent aux pieds de leurs bergers.
Malgré tant de malheurs, j'espère au Dieu qui
[m'aime, Ma force, mon salut, ma joie est en lui-même , Que fera contre moi la ligue des méchants? 11 rendra pour les fuir ma course plus agi'.e, Et bieniôi à l'abri de leur pouvoir fragile. Des triomphes du ciel je remplirai mes chants.