I.KTTRKS A i:.N KVKQUi:, ETC. i-.i
(■iri) inces^ninineiU de retour. I.o concjlp ordonne s.ir ce'los-l.'» iiu'elli's no durent pas ()(» suite, ou par iiiiervalles, au dcdà cjedonx. ot tout au plus de trois mois » dans uiid année. Non qu'il le permette' iiiiléliniinenl, mais il les exemple d'uni! notilicalimi antérieure au mi;lroiiolilain ou h rarnioii siilfrat^anl, et de la nécessite [iréalahle d'idflc'iir leur approbation |>arécril. D'ailleurs il exign que ci'S courtes absences aient « une caiiso légilime, » et n'occasionnent » aucune perle? pour le troupeau ; sur quoi il renvoi^! clnupio évO(iuo « à sa conscience, » esfiérant qu"(die sera pénétrée de la «crainte de DiiMi,» éclairée par la « religion, » et faisant assez, connaître que les plus courtes absences, si elles ne sont pas pesées au poids du sanctuaire, ne trouveront pas de gnlci; au tribunal du souverain Juge. Ici l'évêque csi le seul interprète pour lui-même de la volo'ilé divine; il n'en est que plus obligé ii une, extrême circonspection. Mais, dans le second cas comme dans le premier, jamais une autorité humaine ne délie le nœud quo Dieu a formé. En commaiidaiit la résidence, il y a lui-môme préfiaré des exceptions fiossihlfis, et si, lorsqu'elles sont réalisées, on veut les nommer des dispenses, c'est du iégislale'ur qu'elles viennent. Les hommes qui les approuvent ou qui en usent ne font que les reconnaître et les appli(iuer.
Je pense, Monseigneur, qu'à la lumière des principes ci-des*us établis il ne sera pas diflicile d'éclairer tous les limites qm; vous entendez élever contre l'obligalioii étroite de la résidence.
On dit d'abord qu'elle n'est pas enfreinte par des places honorables ou des emplois de confiance à la cour, qui ne permettcnl à un évêquo de passer dans son diocèse qu'une frès-pelite partie de cliaque année et l'en éloignent (pieliiuefois des années entières [lar des ambassades qui le transportent pour longleinps en des p't>s étrangers, par une îidministration temporelle doit les fonctions niultit^liées lui laissent à peine quelques momenis ra|)ides pour embrasser de loin en loin son épouse. Ne trouve-t-on pas ei tout cela celle « évidente utilité de l'Egliso ou de l'Elat » comidée par le concile de Trente au nombre des causes légitimes de l'absence des préla'.s?
Non, on ne l'y trouve pas. Mais observons avani tout que, par la disjom tive de l'utilitû de l'Eglise ou de celle de l'Etat, le concile n"a pas prétendu égaler l'une à l'autre. La [) éférence due parles prélats, et djns l'exercice de l'épiscopal, aux affaires s.nriluelles sur les séculières sera, selon vos ordres, discutée dans une autre lettre. En attindaiit nous pouvons la su|iposer ici et conclure qu'il faut d'autres conditions pour qu'un évêque soit en droit de vaquer hors de son diocèse à des em|ilois ou h des soins séculiers, que si des affaires de religion I en faisaient sortir.
La première de ces conditions est uun vocation spéciale à un genre iroccupaîion si étranger parlui-inême au ministèro éiiis-
ŒL'VUES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
copai. Lrs évêques n'en onl pns l)esoin pour s'occuper, même loiti de leur diocèse (yuand les inlérêls de l'Eglise rexig''nl),des aîraires de religion. Une mission générale les y Rutorise. Comment dislinguer ces vocations particulières h des cccupalions lemjiorelles? Le concile de Trente en reconnaît une dans les charges ou fonctions publiques attachées à des évêchés : Propter aliqttod munus aiit ofpcium relpublicœ episeopatus adjunctwn. Telle esl, par exeniple, l'entiée des évêques aux assemblées des élals do leurs provinces, et les dépnlalions h la cour qui en sont les suites; telle a été dans les élals généraux du royaume Tassislaiice des jirélals élus pour y voter pour le clergé de leur département; telle pourrait être, dans une circonstance importante, la séance sur les fleurs de lis de ceux qui jiar leur siège sf)nt membres d'un parlenK-nt, ijuoique leur résidence en soit éloignée. Ce serait encore une vocation bien maripiée que le choix d'un souverain qui, connaissant les qualités personnelles d'un piélat, le jugerait plus I ro[)re qu'aucun autre de ses sujets à gérer une alfaire,à remfilir une commission intéressante pour la république : cependant il faudrait que cette commission fût passagère et ne formât pas pour l'évèque qui en serait chargé un engagement contraire au devoir essentiel de la résidence: ce devoir est de droit divin ; il l'emporte sur des affaires lera- Jlorelles,quelqueutile^qu elles puissentôlre.
Pour s'en mêler il faut à des évêques une vocation légitime; si on la trouve dans les «•xemples qui viennent d'être cités, il n'y en a certainement pas pour des places à la cour, pour des administrations séculières lecheichées avec ardeur, stUicitées avec instance par le prélat, qui s'en fait un litre pour se dispenser de la résidence. 11 les «loit aux démarches de son ambition. Un vice coiidaiLuable dans tout chrétien , et beaucoup plus dans un miiiistre des autels, :ie justitjeia jamais l'inexécution d'un comibandement exprès de Jésus-Christ.
]\lais, d'ailleurs, où sont les services rendus à l'Etat dans (juelqnes-nnes des iilaces dont les fonctions apjiellent des prélats à la lour, et les approchent de la jiersonne des jirinces? On connaît ces services : peuventils être mis en parallèle avec les biens dont ;ine résidence exacte fournirait l'occasion et la matière à un évèque? Je révère autant que je le dois, l'auguste digniié des princes; je sais qu'on en fait consister une partie dans les rangs et les titres des principaux ûfDciers qui les servent: cette étiquette s'étend jusqu'aux fonctions ecclésiastiques exercées auprès d'eux. Mais, sans examiner si la prérogative de leur dignité soull'rirait «dans celte partie quelque déchet véritable, «quand ils ne seraient pas servis par des évêques chargés d'un diocèse, je [)uis dire que de ces deux services de ces prélats, l'un à la cour, l'autre dans leur diocèse, celui-ci est le principal, celui-là n'est que l'acces- ^oil■e pour eux. C'est la moindre préférence qu'on duive accorder à l'exercice Uu mins-
lère épiscopal sur un service Iionorifique de cour, an droit et au précepte divin sur des insiiliitions humaines. D'après cette règle inviolable, les princes peuvent juger quels sont les prélats susceptibles des charges ecclésiastiques de leur maison; les prélats peuvent reconnaître s'il leur convient do les accepter, et comment il leur est permis de les remplir.
Il est pourtant certain que des évêques peuvent occuper à la cour des [ilaces de la plus grande imporlance pour l'Fglise el pour l'Etat. Je no parle [ as de celles qui les rendraient ministres et dé|)Ositaires de la puissance royale ries exemples n'en sont pas communs, et ils ne seraient pas moi'is soumis que les autres à la règle d'opter entre deux choses aussi incompatibles que legouvernemenl d'un Etat et la résidence, sans laquelle un diocèscne peut être bien gouverné: il y anrail même iieu de demander, au grand élonnement de p!n-ieurs, si un prélat capable de ces deux gouvernements et légitimement appelé à l'éjuscopat ne devrait |ias en continuer lidèlemeni l'exercice plutôt que d'entrer dans les conseils des lois et de monier sur les degrés du trône pour y déployer ses lalenls |>oliliques. Je parle d'autres places de confiance à la cour, tju'il est plus ordinaire de confier à des ecclésiastiques et qui conviennent mieux à leurélat; telle est, |>ar exemple, l'inslruction de l'héritier [irésomplif de la couronne et de ses frères ; tel est le déparleuienl de la feuille des bénéfices.
Quant à la première de ces deux places, il est d'un usage constant, dei)uis qu'on y emploie des évêi|ues, qu'ils se démellent de leur évôché s'ils no s'en étaient [uis démis auparavant. On a senti avec raison (]U8 des éducations de celle importance demandaient un homme tout entier, (]u elles étaient de Ions les jours et ne poiivaien' s'allieravec dis ab-i'iices piVio liijnes on avec 'es dislractio'is d"nn aune emploi. Ainsi, so;t que Us préte(iteurs des jirinces aient pri^i d'euxmêmes ce paili, soit qu'on l'ait exigé d'eux, ils n'ont eu jusqu'à présent que le titre d'évêque. Leur aijdication avait fait cesser pour eux le devoir de la résidence; aTjiaremmeril il en sera de même dans la suite.
Le (lépaitement de la feuille des bénéiices n'entidine pas des soins également assidus, également journaliers ; il laisse des in.tervalles libres pendant lesquels on peut, avec la (lermission du souverain, s'éloigner pour quelque temjis de sa personne et vaquera d'autres occu|Kilions. 11 est à désirer sans doute qu'un ecclésiastique en soit toujours chargé, et, dans l'ordre ecclésiastique, un homme autorisé par la dignité épiscopale. Toute!ois j'aurais beaucoup de peine à convenir (]ue celte fonciion, de la plus haute impoilance, et plus intéressante même pour la religion que l'exercice du ministère épiscopal, admelle la retenue d'un siège dont on demeure encore titulaire. Je meis à p.pl les considérations de politique ou d'itilérêl (jui I euvenl la conseiller. En ne in'allaclianl qu'aux principes, je vois que les soins d'une
411 l'AUT. V. Tlli;OL. MOr.AI.E. - I.F.TTIIKS \ UN EVIvjUE. ETC. 2i3
pin-eillo iiloco sont trop miiltiplii^s i«l ln'|) si(VI.'s no sont pus (l.<poiirviis dV-xcmpl..
fréiiiii'nts. ipioi.prils puissent (Mro eonptVs <!•! ni<>tn() i^iMnv. Il est vr.ii que la cliuiilé
pur lies iiilcrvall.ss.pours'ncLMirdcr nv(M- l'ad- pasloiald i-t le /île de la religion y ont éulat(i,
minlslralion d'un dionSo : eellu-ci demando autant et (dus encore- .pi'un dévouement lé-
inco-ite-diibUMnent un lioinino qui ne soit «Hune à des inienMs lompoiels. Mais les
point p;nlat;6. La résidence, duo par un ii">lil'>^ Ips i-Ius reh^nui n'uuraienl pas fait
ôvtViue .>! son dio.-èse, no so bornorn pas à »crepter h do si sainls prélats des ambiis-
des apparilions rares et nionienl.in.^es : on sades ordinaires, on d une durée iiidi-lerini-
ne satisferait point par Ifi aux devoirs de la née. Ils niiruient ern sacrilier uneiL-uvro,
plupart des admiiiisiratl..iis êfahlirs par los 'l'iu Dieu les pressait d aenomplir persomiel-
ii(Miiuies. Coiidueii moins lorsouNI s'a'^it lenieiit, coiiinie étant le devoir de leur étal,
d'une institution divine et de i'ohli-îiiion <'» "n iiulre (pi'il ne deninndflit pas d'eux.
qui en est iiisépaïahle? Pour la roinplir il Aussi le Saint-Siétie est-il en usaço d'en-
faul une résidenee habiiu Ile et qui, in'>mo vo.ver dans les rours des nouées (lui n aient
.1..., . > ;..» I ; . .. . »: : ,i \ e r.' iw^iiil i\;ii' In lllrnili» leur (''V*^rln'' (leifiM-
Uld-
dans ses inteiruplions, témoigne tant à IK- l"'iiit. P'"' le lUro de leur evéelie. de
gliso eiitiùre (ju'aii propre troupeau d'un côso ù t^ouverner. Mais qu aiinnl a faire un
évoque qu'il fait son eapilal du service do <5v<^(iue, choisi par son souverain, pour une
son diocèse, qu'il n'en est éloi-né qu'à pareille coiiuiiission , qu'il n'aurait ni bri-
n-gret et nialgro lui. Enlin l'amour de la b'i'ée, ni même désirée? Ce serait h lui a
résidence est l'une des premières ipialilés délihérer entre la délcrence h ce choix im-
qu'un ministre de la feuille des bénéliccs prévu et l'exercice du mioislère épiscopal.
doit chercher dans les sujets qu'il propose Si le premier de ces deux partis l'emportait
au roi pour l'éiiiscopnl. 'Onand ils v sont dans cette délibération , il y en resterait nu
élevés, il n'est pas leur supérieur, et (•cpen- troisième à prendre, d'une obligation ii;-
danl sans l'être, s;;ns en prendre le ton, (iis|)eiisable , savoir, de renoncer à son
nui réussirait mal, Inulorilé de sa place si'^o'G' PO""" 'l"'"' '"'''' remis à un autre qui
donnerait assez de poids à ses représenta- n'aurait pas les mêmes enqiéchemens à uin;
lions; mais en osera-t-il faire sur un point résidence assidue.
oïl il a lui même besoin d'excuse? S'il l'ose, ^elte doctrine est puisée dans le concile
h (jnelles ré[)onses doit-il s'attendre? Com- «le Trente. Il indique, comme des causes
ment persuadcra-t-il au souverain (jue la légitimes d'absence (4C), les devoirs de la
résidence est indispensablemeiit nécessaire, charité chrétienne, chrisCiana churitas ,
et que son devoir, '■onuue son droit, est do ""« nécessité urgente, vrgcns nécessita!:,
la faire observer? Je ne puis donc m'cmpê- l'obéissance qu'on est obligé de r,^ndre, di'lii-
cher de croire que cette importante place, '" ubedientia, une évidente utilité de \'ii-
confiée à un évèipie, déviait , comme lin- glise ou do l'Ktat, ne eyû/pns Zfcc/fs/œi-e/ rci-
struction des enfants de France, supposer ;jM6/icœ itii7(7as. Ces causes , ajoute-t-il , exi-
ou déterminer l'abdicalion de l'épiscopal. gent de ipielques évêques , qu'ils s'absen-
II ne suliit donc pas, pour l'accomplisso- lent i\uv\i\[i!.'jiti'{s. Alignos noniiunqnain abes-
nient du précepte divin delà résidence épis- se postulant et exignnt. Voilà deux resîric-
copale, que les absences aient des causes lions, l'une pour les personnes, aliquos ,
justes. Elles doivent de plus être de nature parce que les causes ne sont pas communes
à ne pas durer trop longtemps, et annoncer à tous les évoques, ni mêmes à la plupart;
par leur objet les bornes lie celte durée. C*"^) l'autre [lour le temps, nonnunquam ,
Ainsi l'on ne pourrait qu'être édifié do voir parce que ces absences ne doivent jamais
un évêqne, chargé |)ar ses concitoyens, par être asse: longues, pour préjuilicier à ia
une province entière, par son souverain, résidence habituelle, et que d'ailleurs cette
d'une all'aire pressante d'où dépemlrait le résidence deviendrait illusoire, si les absen-
salut l'es peu[iles, l'oidre et la tranquillité ces, quoii|ue courtes en prenant chacune
publique, SOI tir de sou diocèse pour exécu- d'elles sé|iaréme!it , étaient si fréquentes,
■ ter cette ctmimission, y retourner après s'en que le temps réuni de leur durée lût aussi
être acquitté. Nous en avons d.ins l'aiillipiiié long, ou même plus long que le temps pas-
dilliisli-es exemples. Qui ne connaît les voya- se dans le diocèse. Ce texte nous dispense
ges de Flavieii , patriarche d'Antioche, à la àe remonter à dos décrets plus anciens. Il
cour do ThéoJose; do s.iint Aiiibioise et de en rassemble, il en renouvelle les disposi-
saint Martin à celle de l'usurpateur Masiiiie, tions et l'esprit. 11 ne nous laissée souhailer
de saint Léon au-devant d'Allila, de saint que de voir cette règle aussi accréditée dans
Germain d'Auxerro, pour obtenir le sonla- la pratique qu'elle l'est dans la théorie, gemenl des peujiles accablés? Les derniers L'attrait versla capitale est, eu Franco, le
(iC) Ses. XXIII, Décret, de reform., c:ip. 1. limilée au leinps p.issé (Inns le concile, on a toii-
(47) La convocalloii à un concile œ( uiiiéniqiie jours vu les conciles génér.uix les plus iioiiil)reiix
sérail iiiiti cause (l'aljseme , coniiiiniic à Imis les laisser dans leurs pro\inces et dans leurs iliocèses
é\èipies, Hl en même temps la plus légitime île nu très-grand nombre li'évèques , releiius par l'âge,
tomes. Il n'y a point d'évéïpie qui ne put alors ali.in- les inliriuilés, par d'antres causes, et qui envoyaient
donner son diocèse, pour se reiulie an concile, à ;i titiir place des ecilésiasliqiies de leur clergé, ou
nioins (l'un liesoin extraordinaire et pressant qui cliargeaicnl quelques-uns de leurs collègues d'opi-
l'en déiournàl ; il n'y en a point qui ne le di'lt, s'il ner au nom de Icu^. était liliie ■ mais, oiilre que celte absence sonU
CEUViiES COMPLETES DE LEFUANC DE rOJlPlCNAN.
plus dangerptix ennemi de la ri^sidence des (jvêques ; il n"en est [)as loiil h fait de même en d'autres pays. Quelque jugement qu'on porte de celte ditTérence, nous savons quel était le roncours des [nélats de l'Eg'ise orientale à Cnnstantinople , depuis qu'elle était devenue la nouvelle Uoine et le séjour des empereurs. Ce concours élait si fréquent et si nondjieux, qu'il donnait lieu à ces conciles sédei}taires, ainsi nommés, parce qu'on ne convoquait pas des évoques de loin jiour y assister , mais qu'un les formait de ceux qui déjà se trouvaient à demeure dans la ville impériale : l'Eglise eut à se louer de quelques-uns de ces conciles; d'autres n'eurent pas le même succès. Les évoques de Conslantino|ile y tenaient le premier rang. La faveur de leur résidence, confondue avec celle des souverains , avait procuré de bonne iieure à leur siège des jirérogatives distinguées dans l'ordre ecclésiastique. Leur proteclion , utile h leurs confrères dans 1rs affaires qui attiraient ceux-ci li la cour, ne contribuait pas peu h augmenter de jour en jour ces piérogdlives, J/inienlion des empereurs forliliait ces dispositions; lel!e tut rorit;in(; de ce patriarcat, agrandi successivement et par degrés. 1! commença par n'être qu'un titre d'honneur, (I acquit erjsuiie toute l'autorité patriarcale dans un déparlement très-élendu. Il finit par être rendu supérieur contre les anciens usages de l'Eglise, contre le décret du concile de Nicée, contre la plus forte résistance des papes , aux palriar'ccts d'Alexandrie et d'.\ntioclie. Il ne fallut plus, aprèsceia, surlesiégedeConslanlinople, que des piélats aussi ambitieux el aussi habiles que Pholius, aussi opiniâtres, aussi pleins de fiel que Michel Cérularius, pour ouvrir et pour consommer le schisuie des Grecs. L'allluence continuelle des prélats dans la (•a[)ilale de l'empire, avec toutes les suites qu'elle enlrai;iait, avait frayé les voies à ce déplorable événement. On ne doit pas craindre, à moins que les idées présentes lie soient bouleversées , que l'Eglise gallicane veuille se créer un patriarche dans le jirélat de la capitale du royaume. Ce n'est pas son crédit à la cour,' |ilu,s ou moins grand selon les circonstances, quelquefois faible, cpji appelle des évoques el qui les retient à Paris : ils s'y rendent par la néces- ."■ilé de leurs aff^dres ; voilà le motif qu'euxmêmes allèguent. Nous devons les en croire, et nous les croyons volontiers sur leur parole, lorsqu'elle n'est pas démentie par des faits évidents. A Dieu ne plaise que nous imitions, vous et moi , la maligniié qui les suppose tous, sur la seule atiparence, attirés par l'ambition, la cupidité , ou l'amour des plaisirs. Nous ne pouvons que gémir de celle im|iutation scandaleuse, et en prendre droit de penser que les causes du séjour des prélats à Paris devraient en général être aussi cjunues que ce séjour même, pour iju'nn n en soupçonnât pas de mauvaises.
C'est donc pour des alfaires que plusieurs fréi|uentent la capitale; il faut avouer qu'on
en a fait, par la forme actuelle de l'administration publique, le centre et le théâtre des grandes affaires, souvent même des |>etiles. La cour de nos rois en est voisine ; on peut y voir les ministres , les magistrats du conseil , les principaux commis des uns el des autres ; on a la facilité de les aller chercher près de la personne du souverain. Il faut également avouer qu'une partie intéressée traite elle-même ses affaires avec plus de diligence et d'espoir de succès, sur les l.eu\, que par lettres ou par dos agents : combien d'obstacles néanmoins, co-mbien de retardement n'é|irouve-t-on pas? que sera>;-ce si l'on demeurait tranquillement chez soi, pour y attendre la conclusion? Dans ces conjonctures, dit-on , les évêques sont plus à plaindre qu'à blâmer. Ce n'est pas leur faute si le retentissement continuel des provinces à la capitale porte dans celleci leurs affaires; ce ne l'est pas non (ihis, si la marche en est si tardive, que des années entières ne suffisent pas pour les terminer.
Qu'il n'y ait jias en cela de leur faute, je le veux. En est-i! moins vrai que le pasteur est longtemps, et souvent, séparé de son troupeau ? Ces séparations sont autant de brèches à l'accomplissement du préce|)te divin : rien de plus triste que ces extrémités; et peut-on croire qu'fp s'y réduisant, on obéisse à la loi de Dieu et de l'Eglise, on satisfasse aux obligations indispensables du ministère pastoral ? Il faudrait, avant que de s'engager dans une all'aire qui peut amener cette extrémité, en peser devant Dieu toute la valeur, comparer la nécessité do l'entreprendre, ou de la soutenir, avec la néce-silé de la résidence, les avantages ([u'on en espère avec les inconvénients certains d'une absence longue et réitérée. Peul-êire y aurait-il bien peu d'occasions où cet examen, sérieux et de bonne foi, ne lit |iencher la balance du côté de la résidence ; [icut-ètre la plu|)art des affaires qui se piésiiilent, perdraient-elles beaucoup d'e leur valeur, ou ne conserveraient que celle qui laissant un évoque dans son diocèse, lui permettrait de lus traiter de loin; à la vérité, il les traiterait alors avec moins de force et d'activité, mais d'une manière plus édifiante pour le ()ublic, plus sûre pour sa conscience, et, après tout, sans l'impuissance ou le désespoir d'y réussir, pourvu que la Providence les approuvât et les bénît; autrement, il n'importe pas qu'elles échouent, et il est facile de s'en consoler.
Je n'entre pas dans le détail de ces affaires, qu'on peut regarder comme des suppléments aux fonctions priuiilives de l'épiscopat, quoiqu'ils n'y sciient pas étrangers et qu'ils en dérivent. Parmi ces affaires, il y en a aussi dont le projet et l'exécution décèlent jilus d'envie de faire parler do soi, de signaler son |)ouvoir et son crédit, de per[)éluer sa mémoire dans un pays, d'innover sur ses prédécesseurs, en un mot, (ilus d'ostentation el d'inquiétude d'espiit, que d'amour du bien et de véritable zèle pour
•^5 lAlU. N. IIIKUI.. MOllALt. -LUIUKS A L.N l.VliUL'K. tlC. »!•
la rolisioti. Si c'est ninsi (lu'on ciilrepri'iiil niun. Qnu ilU-j.;? ils Ir.ivnilk-nii.rit pltis uli-
.jes.ilïiiires, et (iim, |.our les suivre, 011 sort li-mofil |ii.iir ces iiilérMs, iriCiim tliiii» la
ikMh.zsoi.eJi.-s n'fXiUM-iili.iisli'SHiloiiil.s cii|.il!i:..' , fi s'y nioiilr.ml |ieii, et rn n.ii-
.(..iiiiéfs à la rési.itMic.'. Kll.'s no les excu- seivai'l, pur leur (nt's.'nci-, lu bon ordre .lans
sent pas non plus, iionol.stanl tout I.- bien Icuis diorùsi-s. On ne Innl pas complo, h
iin'elles pioine llonl. (pian.l ell.-s (.L'UVi-nl so Paris, d.- l/i rûsidonci: on prélat diociisain ;
.on. ilier av.'i- i.i.e résul.-nco lidèlcuioiil yar- on n.; lui s;nt j-mù .ine df ses v.;rlus oi d«
dco, ou rarenifi.t ul l.riôvL'uifnl inlerrnni- ses travaux. Mais si tous, ou provrpio Ions
pue : c'est ce qui ne parait pas aussi dilli- les autres pr.'l.ds du rowiumi; oljserv.ucnt
tileiui'on le pens.! communément. (Juel(pio la même résideme, autant ipie la dillerenne
désir qu'on ait .l'altirer tout ii Taris .'t h la «les situations le permet, l'épiscopal serait
c.Mir, linéique o.ciip.^ qu'on v soit, je pré- plus ros|)eeté .'i Paris et h la cour : la vn;
sume qu'on v expédierait plus prompiement qu'ils y môiient, quelque religiouso qu on la
des év<>.iues', mémo aljsenls. qui ne propo- suppose, ne saurait jamais y produire les
seraient que des allairos justes, qui no mêmes Iruils d'édilualion et de salut (lue
lali^u.Taient pas lo gouvonioment ou lo tiaiis leurs diocèses, où Uieii attache un.j
.•on^ell lie leurs demandes. (|ui seraient bénédiction spéciale à l'exercice personnel
connus pour aimer leur diocèse, et y résider de leur ministère, [.a honno odeur de Jésus-
avec fruit. Et qui sait s'il n'arrive pas .luel- Christ. ié|KiiMiur par eux clans les [)rovin-
qnelois qu'on traîne leurs alTuires en Ion- ces, parviendr.nt jusiiu'à la capitale; elle
gm-ur, dans la persuasion ([u'eux-iuôiues ne circulerait de là dans tout 1.; royaume; et
siml pas pressés de les voir tinir? celtelieureuso.'ommuiiicnlion.hien opposée
C'est ici le lieu de rappeler un propos à celle cpie nous redoutons aujourd'hui, sc-
que vous conixai^sez, Monseijjneur, et ()uu rait en France lo plus fort appui de la
j'ai aussi entendu tenir. Un évé.iue, dit-on, religion.
doit faire de-leuqis en temps des vova;.^es à Si les causes de non-résidence, dont nous Paris; il y voit l'état de la religioiï. \\ le venons do parler, no liennont pas contre voit; mais le rend-il meilleur par sa pré- les principes, que jienserùiis-nous des proseine'/ au contraire, il l'empire, en grossis- ces? Il serait élraiigo qu'une pratique, saut la foule des prélats dont le séjour y iiominément inlenliie aux évètpies par \'\esl pour le monde une niatièie de censure pôlre, fût pour eux une dispense légitime et de raillerie; il voit ce qu'il eût pu siilli- de résider. Les procès, dont le nom est samiuent savoir sans aller à Paris : tout ce «dieux à tout vrai chrétien, doivent l'être qu'il y ajoulo pour le un. ment consiste en l)ien davanlai^e à un évèipie : son devoir des nouvelles ou des anecdotes, plus ou est d'exhorter leux qael'intérôt ou la haine, moins certaines, et dont la connaissance et souvent l'un et l'autre, divisent, à épuiser immédiate ne le met pas plus à portée de les voies de conciliation; il lui convient, servir utilement la religion. Le concert beaucoup mieuxqu'àqui quecesoit. de préentre les (irélats, rap|)rocliés les uns des venir ou de terminer ainsi, quanJ il le i>eut, autres, est quehpie chose de plus important ; les atTaires même les plus justes qui le reon en a autrefois recueilli des avantages, gardent. Mais n'y a-t-il pas des procès nésur lesquels on n'a pas lieu, liepuis long- cessaires pour un évoque? llarement, et temps, de compter. En tout élat de cause, Irès-raremeni, à mon avis, comrue demanje préférerais, [lour le bien de la religion, à deur, c'est-à-dire pour revendiquer ce qu'il des assemblées fortuites d'évêques, habi- ne possède pas; quelquefois, je l'avoue, tants de Paris, des assemblées réglées, comme défendeur, lorsqu'on veut opiniâtretelles que les assemblées générales oij toutes ment lui enlever des droits dont il n'est les provinces du clergé de France envoient que le déposilaire. Dans l'un ei l'autre cas, leurs députés; encore plus, des assemblées un procès porté devant un tribunal, peut hiérarchiques, telles que les conciles, dont ôlre sullisaminenl instruit et jugé éiiuitablenous ne pouvons trop déplorer la cossalion. • ment, sans que l'évêque, obli;^é de la sou- Des hommes superficiels, quoique ver- tenir, passe des temps considérabli^s sous lueux, s'imaginent que tous les intérêts de les yeux de ce tribunal. Quelles occupations la religion sont concenlrés, pour la France,, pour lui que de longues et fréquentes conilans la capitale, comme d'autres y concen- férenees avec des avocats et des procureurs! Irent tous ceux de l'Ktat ; l'erreur l'St ma- que des visites assidues à ses juges! Sil est nifeste quant à la religion, qui est ici notro forcé de subir cet esclavage, combien doil-il unique objet. 11 y a partout le même Evan- eue pressé de s'en dégager, pour repren.liu gileà prêcher, les mêmes sacrements àcon.- des fonctions |)lus dignes de lui, plus conlërer, la même foi il maintenir dans sa pu- formes à son ministère? On a beau dire quo reté, des âmes d'un aussi grand prixà sauver, les gens d'atlaires demandent à être sur- C'est pour être les inslrumenls ou les mo- veillés, quu les juges désirenl. soit coniiiio délateurs de ces bonnes œuvres, que des hommage, soit autrement, d'être sollicités évèques sont établis dans les diocèses qui ou instruits par les clients eux-mêmes; laiscomposent le reste du royaume : il ne leur »jns tenir ce laivgage, sans esaminer jusqu'à est pas iiermis d'abandonner, ou de coin- quel |inint il est vrai, par des plaideurs .pu mettre à d'autres ce soin, pour aller cher- défendent leur patrimoine, leur lortune, cher à Paris le spectacle de ce qui s'y passe leur honneur, les inlérèls de tout ce qu iLs Voucliant les inlérèls génévaux de la reii- mit au m&ade de plus cher : [lOur nous, a.u-t:
ŒUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
.•ivons un rôle tout difTt5renl à jouer dans ce triste métier, si une nécessité inévitable nous y engage, ajons assez de confiance dans les démarches que le commencement ou lu fin d'un procès peut exiger de nous, pour ne pns Siicrifier à une poursuite continuelle, des années entières de résidence. Remettons les soins d'une instruction plus ample à des agents fidèles et éclairés, l'événement, à la justice des magistrats et à la Piovidence. Celte conduite ne gâtera pas notre cause, et ne nous nuira pas auprès de nos juges : si, par malheur, il en résulte la perte de quelqu'un de nos droits, Dieu et l'Eglise ne nous le reprocheront pas.
La boussole d'un évoque, en cette matière, après le droit ou Je précepte divin, est l'importance des devoirs qui l'appellent dans son diocèse quand il n'y est pas, et l'y retiennent quand il y est. Il doit, suivant le concile de Trente, connaiire ses breliis, oves iiias agnoscere, odYir pour elles le saint sacrifice, pr'o lus sacrificiuin o(]'erie, leur prêcher la parole de Dieu, leur administrer ii.'s sacrements, leur donner Texomple de toutes bonnes œuvres, verbi divini prœdicaiione, sacnimcntorum adminislruliune ac bonorum omnium operum exemplo pascere, prendre un soin (laternel des pauvres et des i autres personnes affligées, pauperum alia- 'ruinque miscrabiliiim pcrsonarum curam ge- 'rere. Tous ces devoirs ne peuvent s'accom- !plir sans une résidence habituelle.
Qu'un évèqnequi réside ait une connaissance générale des mœurs et des usages de son diocèse, cela (leut èlre; mais cette connaissance, toujours intérieure à celle qu'il acquerrait dans le même genre par un long séjour et un commerce ordinaire, ne sullit pas. On lui deman'de une connaissance de ik'lails qui embrasse les lieux et les personnes : les lieux, il les connailia par des visites plus souvent renouvelées, et dont la durée soit plus longue où sa présence est plus nécessaire, par son atlciUion à parcourir le reste: les [lersonnes; on sent bien qu il lui est impossible, surtout dans un iJio èse de quelque étendue. Je les connaîire toutes par leurs nom et surnoms, par leurs qualités profires, par des conversations particulières. Si pourtant sa résidence est exacte, si l'acuès auprès de lui est aussi facile qu'il doit l'ôrre, il en connaîtra un très-grand nombre, ou par des cominuniculions directes, ou i)ar des rapports d'affaires, ou sur les témoignages ((u'on lut en rendra. Et quelles ressources ne tirera-t-il pas de celle connaissance [lour la conduite de son troupeau'? Mais là pariie qu'il est le plus obligé d'en connaiire est le clergé dont il est le chef, et qui, sous ses auspices, s'enrôle ou combat déjà dans lu milice sacrée : ce sont lesjeunes ecclésiasiiques sur lesquels il ne doit imposer, ou laisser imposer les mains, qu'après s'être assuré de
(1.8) Le gros des lliéologiens iléciile, contre le seiilinicnt de quelques-uns, qu'un siiuplc piélre , siieiiiduiiiciii el valableiueiii délégué, peul devenir
leurs vertus et de leurs talents. Ce sont les prêtres qu'il ne d"oil appliquer aux fonctions du ministère, que lorsqu'il les en a reconnu capables, ou ne les y continuer qu'avec une semblable assurance. Ce sont les pasteurs du second ordre, dont il doit encourager le zèle, protéger le travail, ou corriger les défauts et réparer les torls. Des mémoires qu'on lui enverra de loin sur tous ces objets, ne suppléeront jamais à ses propres notions acquises sur les lieux : ils ne l'éclaireront pas des mêmes lumières ; ils n'inspireront pas, dans son diocèse, la même confiance: son devoir, comme saint Grégoire, pape, l'a si bien développé dans le troisième livre de son Pastoral, est de proportionner ses avertissements, ses exhortations, ses réprimandes, toutes les démarches de son ministère, aux diverses disjiositions des personnes dont il est chargé : il faut bien les connaître, pour parler, pour agir dans cette proportion. Les connaîtra-t-il ainsi? comment lour persuadera-t-il qu'il les connaît, s'il passe une partie de sa vie hors du pays qui est le leur, et qui était devenu le sien?
Le pasteur doit connaître ses brebis; il doit aussi en être connu, non pas seulement de vue, mais par les secours etleclifs qu'elles reçoivent de lui. Il doit leur prêcher la parole de Dieu ; cette obligation sera traitée à part : il doit leur dispenser les sacrements. Le ministère épiscopal n'est pas nécessaire pour tous; il y en a qui ont d'autres minislres : cependant, pour ceux-là môme, on ne pourrait que louer le zèle d'un évèque de s'y pré!?r avec choix et discernement, s'il en avait l'attrait et le loisir : ce serait même un devoir cour lui en cerlaines occasions. Quant à la Confirmation, il en est le ministre unique pour ses diocésains (48], et tout évèiiue ne peut le remplacera cet égard dans son propre diocèse, que de son consentement. Qu'arrive-t-il donc, si ses absences sont longues el fréquentes? c'est que, dans un diocèse où il n'y a ni suffraganl ni coadjuleiir, la nlus grande partie des fidèles vit el meurt sans recevoir la Confirmation.
Ceux-là seulement n'en sont pas privés, qui lieuvent |irofitur du passage d'un évèque éi:ang?r, autorisé par l'Ordinaire, ou de l'apparition d'un évoque voisin dans des paroisses limitrophes. Ce sacrement n'est jias , il est vrai, de nécessité de moyen, comme le Bafitêiue et la Pénitence; mais, puisque Jésus-Christ l'a institué i)Our les lins salutaires que personne n'ignore, qui jieut nier que ce ne soit un désordre dont un évoque demeure responsable à la justice divine, si son éloignement soustrait à ses diocésains l'occasion de le recevoir.
Il doit donner à son jieuple l'exemple do toutes sorles de bonnes œuvres. Celui-ci n'est obligé île croire à cet égard que ses yeux. Il a droit de suspecter dans son prélat
luinislre extraordinaire de la Cnufirniaiion; mais ceUe (iécisiuii n'a pas d':q>plicalion à r>>pécc doiilil s'^:git dans le texte.
l'Aur. V. iiii.oi,, MouAi.K. - i.i:nui:s a in KVKyuK. etc
nhseiit, .'nus tin'il sncho puiirquoi, Ins bontics •l'iivres dont il ii'i-st piis lo ti^iioin, iiiiliuit iHrH fH'iit l'ôlie; il n'tin est pus iMilit'. Kilos 110 hii iillrt-nl aucun olijet il oucouriii;i'iuoiit t'( iriiniinlion.
iùilin ri'vtV|uo est li- pi^ri' cl lo tutfur drs I>nuvrcs, (1(1 tout ci'c|ui -(tullrc cl jj;i'niit d.ius >oii (lio(;(''se. Jo vcu\ i|iie ilo loin il y i.issK dislritiucr d'nliondaiiU's (luuiAiics , ([u'il rendu scrviro h des iii;illu'urt'ux (\m il'cI.iiiiciil sa |iii)tcctii)ii : cela est »\Lellenl, lorsi|u'il est l'Iriiytio pour lIo li(jniies raisons, ul (|ue CCS raisons sont connues. Mais si sou éloigneinent esl habituel, outre les inécouiples (pi'oti iMi doit craindi'i , et les otnissions en grand noudiro, il uianipie h ses hient'aits deux conditions essentielles :rinl(!'rôl tondre nu sort de ses enlanls, la consolation (pio portent dans leur cœur la |irésence et les paroles du pèro (pii les soulage.
Qu'on mette tous les devoir? de l't^piseopat, insL^paraliles delà résidence, à ciMé Jt; tout ce que peut faire un évc^qiie qui abandonne son diocèse, jugerat-ou qu'il choisisse la meilleure [lart? ou plul(jt ne verra-t-on pas clairement, que si des motifs tout à l'ait [uolanes ne renlraînont fias, il so livre h des illusions? Celui ([ui aime son diocèse, et qui a élé forcé de le quiller, entend sans cesse au fond de son cœur une voix secrète (jui l'y rappelle. Il ne pense pas, sans de vifs rcgn ts , au bien qu'il pourrait y faire par sa présence. Il n'apprend pas le mal (pii s'y commet, qu'il ne se le reproche, comme étant causé [)ar son absence. Il attend impatiemment (pie sa liberlé lui soit rendue; et, dès qu'il l'a retrouvée, il retourne à sa destination. Elle ne l'est [las moins de celui qui demeure tranquille durant les longues interruptions de sa rési- '«ence. Sa sécurité ne change rien dans les comptes terribles qui se préfiarent contre lui au Iriliuiiai de Dieu. Souhaitons- lui assez de Iroiible et de remords, pour qu'il prenne le parti de remédier, eu ne sortant plus de son diocèse , à ses négligences passées, ou <ie renoncer à un état dont il ne croit pas pouvoir remplir les obligations.