TROISIÈME LETTRE
ADJIINISTRâTION ÉPISCOPALE.
Nous avons vu, Monseigneur, éclore de nos jours un nouveau plan d'administration épiscopale, que nos pères ne connaissaient pas. 11 ne tend à lien moins qu'à travest*.r l'éfiiscopat en une magistrature séculière. L'administraCion, ce terme devenu si commun, ne signitie plus, dans l'usage qu'on en fait, que l'administration politi((ue. L>e là est né, (lour les préials qui font jirofe.ssion de s'adonner à celle-là, le nom distinctif do prélats administrateurs.
La (piesiion n'est pas de savoir s'il y a des évoques à qui celte administration soit permise, pour qui même elle soit un devoir. C'en est un sans doute, el un devoir do
|d«c(!, niiiuid leur sié^o le» y nllache , coiniiio ibins nos provinces d'étals, où jiar un droit ancien, et digne d'être conservé, li's i'-v('^ipies sont au nombre des principaux administrateurs du pays. On ne deiii/mdi' pas non plus s'il plaisait au roi de multiplier ces adminislraltuns prnvinriitlen dont ou a tant parlé, ce que déviaient faire les piélals que Sa Majesté y appellerait; ils devraient oitéir aux ordres d<! leur souverain, et rendre ce service à leur patrie.
Mais il s'agit de savoir si les préials, chargés de ces administrations politii)ues, lieiiveiit en |iréférer, dans l'opinion ou dans la praliipii', les détails el les soins i\ ceux de leur administration spirituelle; s'ils ont pu, avant leur élévation, et si d'autres peiivenl, à leur exem|ile , mettre plus do prix h la dignité é[>isco[)alo , entourée do ces fondions temporelles, que lorsqu'elle en est entièrement séparée; si des prélats |)euveiil s'offrir d"eux.-mèmes, et sans nu choix qu'ils n'aient pas brigué, à un minislèio naturellement élranger au leur; eniin, s'il convient à ceux qui n'ont pas ce ministère par autorité publiiiue, de l'exercer de leur propre mouvement; se montranlà leurs diocésains sous un autre aspect que celui de pasteurs des ilmes, el |ircnant ainsi lo contre-jiied de celle maxime, qui faisait désirer autrefois ijue les olliciers du prince agissent dans Wni dé|iarleiiienl en évèciues plutijl qu'en magislrais et en juges.
Il est ét(mnant quo de |)areilles questions soii;nt proposées. Aurait-on oublié par qui et pourquoi l'épiscopal a été institué "? Il la été par Jésus-Christ, dont les institutions, souverainement respectables , ne peuvent être contredites ni altérées. Il l'a été pour continuer, au nom et par les pouvoirs de cet Homme-Dieu, l'œuvre de la rédemption. Je vous ai établis, a-t-il dit à ses apôtres, afin que vous marchiez. Une vie oisive est diamélralemenl opposée au miiiislère apostolique; afin que vous produisiez du fruit, et que votre fruit demeure. Ce n'est pas un fruit pour la terre, un fruit périssable, que Jésus-Christ désire et atleiid do ses ministres; c'est un fruit d'une éternelle durée, un fruit pour le ciel, d'où il est descendu, et oij il appelle les hommes. Je vous envoie comme mon l'ère m'a envoyé; non pour enrichir lo monde, pour augmenter ses prospérités temporelles, mais pour le rendre meilleur el pour le sauver (49). Allez, enseignez toutes les nations. Que leur cnseignerez-vous? l'agriculture, le commerce, les arts, les sciences humaines? tout cela n'est |)as compris dans la commission que je vous donne. Enseignez-leur à observer toutes les choses que je vous ai commandées ; baptisez au uum du Père, du Fils et du Saint-Esprit [Matlli. xxviii, 18) ; el, à la suite de ce preuiier sacremenl , dispensez-leur tous mes trésors spirituels que je vous confie.
L'évèque n'est donc |ias l'homme du roi ni de la république. Ces dénomiuatious
t49} Misit Dcus Fitium suitm ul salveiur muiiduf pcr ipium. {Joait. m , 17.)
conviennent à des dignités séculières : il est Yhomme de Dieu. Saint Paul le qualifie ainsi ; il est 1-liorame de Dieu, comnae Je prédicaleui-, l'interprète et le gardien de sa loi, comme le pontife de ses temples et de ses autels, comme le coopérateur de sa miséricorde. Si l'on veut qu'il soit aussi rhomme du peuple, il l'est sans doute, mais loutautieinent qu'on ne l'est dans ce siècle. Il l'est, comme chargé par son état dotlVir à Dieu les tjesoins et les prières des hommes, de Uécliir la justice divine offensée (lar leurs péchés, d'attirer sur eux les dons et les grâces du ciel. Voilà son partage : il est assez beau pour ne pas en envier uu autre.
Je conviens que ce partage n'est apprécié tout ce qu'il vaut, que par une foi vive et éclairée. Les accessoires de l'épiscopat, dus à des institutions humaines, tombent sous les sens. Ils font jjartio de ces biens de la vie présente, que les houimes, pleins de l'esprit riu monde, estiment avec excès, qu'ils désirent j)our eux, et dont ils sont éblouis dans les autres. Ce sont des richesses, instruments d'une magnilicence que les gens en place étalent volontiers, avec l'espérance, quelquefois trompée, qu'on leur en saura gré, mais avec la crainte mieux fondée qu'on ne leur fit un reproche de la supprimer. Ce sont des honneurs, établis par l'usage, reçus dans la société civile, qui en iaqjosent aux esprits vulgaires , et qui forcent même les sages, ou ceux qui prétendent l'être, à des respects extérieurs. Si uuo I)orlion de la puissance publique est jointe à ces avantages, si des évoques ont droit d'entrer d.ins rimjjosition et la répartition des tributs, dans la direction des travaux et ouvrages publics , dans la disposition des emplois qui concourent à l'administration politique , alors les désirs ou les besoins de ce monde les cheichent et s'empressent d'attirer leurs regards. On attend d'eux des bienfaits et des services qui répondeut à ces besoins ou à ces désirs. Un appréhende, par ce motif, de leur déjilaire; on cultive avec |)lus de soin leur bienveillance; on leur fait une cour plus assidue; et les relations temporelles l'emportent aux yeux du monde, sur le lien spirituel, formé par Jésus-Christ entre les pasteurs qu'il a établis, elles ouailles qu'il leur a soumises.
Je ne dirai pas que, pour ne laisser aucune prise à de si fausses idées, il faille réduire l'épiscoitat au dénuement où il était à la naissance et dans les premiers temps du christianisme. Ce serait une injustice criante, un avilissement inévitable, dans les dispositions où sont les hommes du ministère ecclésiastique, une porte ouverte à des révolutions funestes dans la religion , et l'une de ces opérations meurtrières qui tuent, sousprétexte de guérir. Mais il n'est pas juste non [ilus , que des évoques favorisent , \)nr leur projire fait, des préjugés sur leur dignité, que lu prudence de la chair, ennemie de la sagesse divine , inspire et qu'idle lomenle. Leur devoir est de les combattre tt d'y substituer, autant qu'ils lo peuveiil^
de meilleures notions sur la grandeur réelle de réfiiscopat. C'est bien assez que les hommes du monde pardonnent aux évêques.
successeurs des apôtres , des richesses et des honneurs dont ils usent avec modestie et désintéressement, un pouvoir qu'ils emploient lorsqu'ils en sont revêtus, pour le bien public et suivant les règles de la plus exacte justice. Des prélats doivent s'estimer heureux qu'on leur rende ce témoignage, et ils le sont en elTot de le mériter. Mais qu'ils attacheni eux-mêmes autant de valeur h ces prérogatives séculières que les amateurs du monde; qu'ils s'en expliquent par leurs actions et par leurs discours; que, se laissant égarer par des aveugles dont ils doivent être les guides fidèles, ils méprisent, à leur exemple, ce qu'il y a d'augusto et de divin dans leur dignité, en comparaison de ce que les hommes y ont ajouté du leur, c'est ce qui doit les décréditer auprès du monde même. Quoique toujours épris des objets de sa cupidité, il n'en estimera pas davantage les ecclésiastiques qui eu jouissent; et il les estimera d'autant moins, qu'il remarquera en eux ses propres sentiments. Il ne tardera pas à s'apercevoir , s'il n'3' a pas d'abord fait réflexion, que ces sentiments ne leur conviennent pas , que leur état y résiste, et qu'en les adoptant ils s'écartent de son institution primitive. Car le monde n'est pas longlemiis assez injuste, ou assez peu clairvoyant, pour connaître le mérite de l'état, et pour prodiguer ses éloges à quiconque en es! dé|ioiirvu , surtout à quiconque ose le paraître. A peine excuse-t-on dans un magistrat, dans un militaire , un goût déclaré pour des objets étrangers à ceux de sa proiession. On trouve bon qu'il s'y montre amateur et connaisseur. On ne lui [)asse pas d'être artiste, et de s'annoncer pour tel, à moins qu'il ne soit excellent ; encore veut-on qu'il ne le soit pas au préjudice des fonctions de son état» et qu'il sente que sa principale considération dépend de la manière de les remplir. Sous ce point do vue, l'état ecclésiastiquo forme-t-il une classe à part? est-il le seul où il soit reçu qu'on peut en sacrifier les fonctions essentielle et fondamentales à d'aulres d'une nature et d'une origine ditférenies? No nous y trompons pas : l'épiscopat a, dans l'esprit du monde même le plus profane, des caractères ineffaçables. On tente inutilement de les suppléer par des traits empruntés, qui pourraient servira peindre l'homme d'Etat, mais qui masquent et déguisent l'évêque.
Il y a eu, et il y a encore, des prélats singulièrement versés dans les princif>es et les détails de l'administration politique; les talents qu'ils y ont développés de bonne heu- K, les ont élevés aux premières places do l'ordre ecclésiastique. Des villes, des provinces applaudissent à l'heureux succès des l>roiets qu'ils ont conçus, des afl'aires qu'ils ont maniées. On vante la pénétration de leur esprit, la fécondité de leurs vues et de leurs moyens ^ l'activité et la suite de leurs
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l'AKT. V. TIIKOI.. MOUAI.K. - l
tlAinarclu-s, la faciliUi du luiir tilniMilion : clj ni^atnniiiiis , si, nu iiiiliL'ii clu (>inl clu >|iwiliu^ et lie Inivnut .'Sliiuahles, on no Iroiivo M vi'iUis épiscopiiles , ni oïerriro du mi-' iistùio saiiô , uno l'âcln'uso ri-stiiclitm li.'iniine Cb j)anég) i itiuc. On leur accoido loul, . f\i-L'|ilé lo mérite du leur iMul.
Mais L'uintiicn do copius manr|U(^es de eus! biilliinls (Il i^inaui? Plusieurs so llallonl, eu . entrant dans Li niôcie caii'ièro, dt' parvenir au int^uie tonne, cl, avec les niûiuc j^oûts, do ri trat er lus uiôuies talents. (.)iio t'aut-il eu ellet pour s'attribuer au;t)iird'liui uu rang parmi les administrateurs? Ou a essayé do réduiro cette prulVs-iion en art; on lui a emnposé un langage et une espùee lie tiicliuiinaire; stui eude est uu assemhiai^o de niaxinies, dont les unes ont été connues de tout temps, uuus qu'on se y,l<>rilie d'avoir créées ou ressuscitécs, parce tju'ou les dél)ile avec une emplia->e tmito nouvelle, et (ju'on [iroiiiel.dans leur applii'atioii jilus lieureuso i|uejaiuais, uu reiuede i:it'aillible à tous les abus des gouvernements, à tous les luaus do la société civile. D'auires masiuies accompai^uent celles-lù, plus douteuses , plus liasarilées, érigées pourtant enaiiùmes, ipii Il aJmellonl cliez (juoKpies-uns de nos admiuistraluurs aucune liuiilution. 11 ne s'agit donc que deréjiéter ces maximes et ce laiiga;ie. A lorce de (larler d'iuiporlatiou et d'exportation, de cultivateurs et de cousomiualeurs, de main-d'œuvre et de niutiôre premières, de branches de commerce et d'industrie , d'impositions et d'einpruiils , de chemins, de pouls, de canaux ( le loul sans laiie mention des mœurs, l'unique moyen de rendre les habilanls de la terre heureux, s'ils pouvaient I ôire ii:i-bus ), on vient à bout de se persuader qu'on possède la science de l'adminislralion politique, et qu'on est capable de l'exercer. Les discours qui louleiilsur elle coûtent peu, engénéral, à tout homme qui a le jargon de la conversation, et beaucoup moins à un ecclésiastique légèrement instruit des choses de son elal, que s'il l'aliait traiter des dogmes de loi, des cas de conscience, des (loints du discipline; d'ailleurs il trouve plus lacilemeni des auditeurs disposés à l'écouter. Les questions relatives à l'adminislralion t'ont le cuarme actuel des espriis; en les nommant, on est sur d'attirer l'altention et riulérèl. Mais ceux qui les connaissent vérilablameiit, et la plupart des hommes à la longue, ne soin pas dupes du ch.triatanisine des propos , ni des promesses mal exécutées ; ils tlécouvrent, à iravers ce voile imposteur, l'iusullisance ou la médiocrité ; ils mettent une grande dill'érence entio les modèles et leur taux ou faibles iuiilatcuis. La réputation el les succès des premiers avaient lourj né la tête aux secoiiiis. ils s'étaient engagés dans la même route, comme celle de la ' gloire et de la l'ortune. Peut-être doiveiil-ils au parti qu'ils ont pris leur avancement, et ce n'est [las leui luule s'il n'est pas plus considérable. Quant' à la gloire, ils se sont élrangeiuenl abuses; celle d'admiuislrateuis ha-
LITRLS \ l.N LVHilE. tlC. «♦
bilos les fuit. Il leur reste lo défc'Oilt , si la luscinalion do l'amoiii-propre ne les on dél'end pas. qu'on leur ri-fuso tout à la lois ol /e mérite ecclésia-tiquo au(piel ils ont ro- /iDiicé , el le inérilo politiipie dont ils onl voulu so pai-.'r.
Les prélat^ qui excellent dans l'aduiinii-- Iration séculière, onl uno erieiir comiiiunj avic ceux cpii marclient sur leurs liuces, mais à une longue disiaiice. Los uns et les antres s'imaginent (jue les préjugés réjtandus dans ce siéilo, ayant allaibli l'nniienne considération de l'épiscoiat, leur méihode est devenue l'unicpie, moyen de le soutenir el de lo relever. La mode n'est plus, dit-on, de recourir aux évéqiies, comme aux chefs de la religion, et d'nimor b dépendre d'eux sous ce rapport. Ils painîtrai<;iit bienlftt dans le monde, aussi inutiles que des religieux ou des chanoines , s'ils n'avaient ii distribuer que les biens elles secours spirituels. Il en faut d'autres plus rapprochés des principes qui ont pris le dessus ; ce sont les secours et hs biens que firocure une bonna administration dans l'ordre politi(pie. Par là, les évoques so rendront toujours utiles el nécessaires; ils forceront les hommes à désirer la conservation do leur dignité , et pré[)areront la voie au recouvrement eiitii.T de ses droits primitifs, lorsque , dans des temps plus heureux, la religion pourra ellemême reprendre les siens. Tel est le système de nos prélats administrateurs. Je suis bien loin d'en approuver l'usage el d'eu tirer les mêmes augures.
Que le dédain pour l'autorité siiirituello des évoques soil aujourd'hui un sentiment universel, il y aurait de l'excès et de l'injustice à le croire, de l'imprudence et de la témérité à le dire. On supposerait donc que la religion, dépossédée par riiicréduliié , n'a presque plus de sincères adhérents ? Ce serait confondre le vœu des incrédules avec son accom|ilissemenl, leur ton hautain et décisif, avec le don de persuasion el d'empire sur les esprits, rimpunité trop souvent accordée à des écrivains ou à des livres impies, avec une ap[)robaliou générale de l'impiélé. GrAces au ciel , nous n'en sommes (uis là. Indépendamment des pertes qui ont depuis peu diminué le créditde cette secle, et du refroidissement du public, las de liru et d'entendre des déclamations tant de fois rebattues conlro la religion, dans le lemiis même où elle élait attaquée avec [)lus d'audace el de scandale, lo nombre des vrais lidèles, d'une foi plus ou moins agissante., l'a toujours emporté sur celui des mécréants. L'incrédulité est sans doute un ennemi redoutable pour le ministère épiscopal, par la môme laison qu'elle l'est pour la religion. Mais il ne faut pas outrer les choses jusqu'au point d'assurer que cet ennemi est iiarveuu à détacher la plupart des hommes de ce qu'il y a de divin et de sacré dans l'un comme dans l'autre.
Laissons les faits el venons aux principes. Tout doit remonter à son origine , et se conserver par les mêmes moyens qui
OELYRES COMPLETES DE LEFP.ANC DE TOMPIGNAN.
l'ont f5labli : autrement, on crée un nouvel ordre de choses , on ne perpétue pas celui qui exislait. Le nouveau est-il meilleur que l'ancien? serait-il plus durable? Peut-ôtre , s'il s'agissait d'un élablisseiuenl humain, caduc (le sa nature , et quelquefois sujet à un bouleversement total , où il y eût à gagner. .Mais il n'apjiariient qu'à Dieu de toucher à un élablissement dont il est l'auteur. Aussi a-t-il abrogé la loi qu'il avait dictée è Moise, parce qu'il en avait prédit la fin? Seul U a pu la remplacer par une aulre plus parfaite : et pour rendre la supériorité de cette loi nouvelle sur l'ancienne, plus éclatante, il a voulu que le second lési>laieur fût son)proprû fi/s (oO),réj;nant avec lui dans sa maison , au lieu que le premier législateur n'avait été qu'«» serviteur fiièle dans cette maison. L'une des prérogatives de la loi de Jésus-Christ, est qu'elle subsistera jusqu'à la lin des siècles, telle que son fondateur l'a publiée. L'épiscopal, qui en lait partie, a la promesse d'une égale stabilité: il est inébranlable, et les portes de l'entVr ne prévaudront pas plus contre lui que contre l'Eglise. Où est donc la nécessité de lui chercher des appuis purement humains , comme s'il ne [louvait subsister sans eux? Mais en les conservant de celte manière, c est-à-dire, eu lui laissant son titre et en le dépouilkmt de ses attributs essentiels, lo véritable épiscojiat s'évanouirait ; on mettrait à sa place une diguilé toute dilférente. Kh, quel coup jilus funeste ses implacables ennemis pouriaient-ils lui porter ? On leur ouvrirait une voie plus favorable à l'exéculion de leurs desseins, que tout ce qu'ils ont pu faire jusqu'à présent pour saper Tédilice de la religion. Elle repousse leurs assauts, et la même défense en fait triompher ré[iisc()pat. Mais s'il se trouvait des évêques qui dénaturassent leur dignité, sous {»réle.\te d'y attacher les liomiues; si cet exemple, donné par des membres accrédités, gagnait tout lo corps, l'œuvie désirée par les impies s'avancerait d'elle-même, ils n'auraient [ilus besoin de s'en mêler; ils pourraient attendre que le lumps arrivât où, n'y ayant |)lus d'évêques que de nom , lo monde délibérerait sur le parti à prendre touchant ce fantôme d'épiscopat.
On craint que les hommes, subjugués [lar des préventions dominantes, ne se déguùtent tout â fait d'un ministère purement spirituel. Si on ne met pas de bornes à ces conjectures sinistres, elles démentent visiblement les promesses de l'Evangile. Si ou les restreint à quelques pays , elles peuvent
(50) El Moises quidem /idelis ernl in toa domo ejus , lanquam famulus , Chrislus veru laiiijuuin t itius in ilomo «««. (Heh. m, 5-0.)
(51) Celle décision élait fausse el souverainement inique ilans le sens oii Caiplie la prononça, et où le Sanhédrin l'eiUendil; mais Dieu voulut, pour honorer dans la personne de ce niéchanl lioninie la dignité de grand piélre de l'ancienne loi, el aussi pour tirer de sa louche , sans qu'il y pensât, la véritable cause de la mort du Sauveur, que su décision fût exprimée eu des tenues qui annoii<;aieiu
être réalisées : et ce n'est pas le lieu d'expliquer comment elles le seraient sans déroger à ces inviolables promesses. Mais cet événement toujours déplorable, quoiqu'il ne renversilt pas laconsislnnce immobile de l'Eglise (latliolique ni de l'ordre épiscopaU serait-il edicacemenl prévenu par la politique de nos administrateurs? Je soutiens que non ; elje crois plutôt ([ue. suivant lecours ordinaire, elle contribuerait à l'accélérer. C'est à peu [irès la même |)nlitique que celle du Sanliéiliin, lorsqu'il résolut de perdre Jésus-Clirist. Que l'erons-nous , disaient les prêtres et les pharisiens assemblés? Cet iionime fait beaucoup de miracles ( il venait de ressusciter Lazare avec le plus grand i'chii;. Quid faciemtis? quia hic homo uiulla siyna facit. Si nous ne nous opposons à ses progrès, tous croiront en lui. Si dimitlimits eumsic, omncs crederU in eum; et les Romains viendront, ils s'empareront de nos villes , ils détruiront noire nation ; 6f ventent Romani, et toilentnostrumlocum cl genlem. Ces docteurs du judaïsme hésitaient entre l'évidence des caractères du Messie dans la personne de Jésus-Christ, et la crainte d'être dépouillés parle? Romains de ce qui leur restait de possessions et de liberté. La décision de Caiphe, (tontife de cette année» tixa leur irrésolution. Il conclut à la mort d'un homme seul, pour sauver tout lo peu- \)\e. Expedit vobis ut unus moriatur homo pto populo, et non Iota gens pereat (51). Eu embrassant cet avis, les Juifs sacrifièrent les biens spirituels que le Messie leur apportait, aux biiiis temporels dont ils se llattèrent que la mort de Jésus-Christ leur assurerait la conservation. Quel fut le fruit de cette (lolitique? saint Augustin le remarque sur ce récit de suint Jean : Ils perdirent les uns (;t les autres-, utruinque amiserunt. Ils perdirent les biens spirituels |iar leur infidélité; ils perdirent les biens temporels par les armes de ces mômes Romains dont ijs avaient voulu se concilier la faveur, et qui ne furent, dans cette occasion, comme Titus leur général le reconnut lui-même, que les ministres de la vengeance divine. Or n'est-ce pas ce qui devrait naturellement arriver aux évoques assez jaloux des prérogatives temporelles de leur dignité, pour les préférer à ses fonctions spirituelles? ils cesseraient d'être évoques par celles-ci; lot ou tard ils ne le seraient plus, comme ils veulent l'être, par celles-là : car enlin, à quoi doivent-ils, je ne dis pas seulement les hommages extérieurs qu'on leur rend, les richesses qui leur sont confiées, le rang
ceUe cause : c'est pourquoi révangéliste ajoute (|u"il ne paila pas de lui-inéine; mais qu'élaiU ponlite lie celle année, ii propliélisa que Jésus devait mourir pour la nalion juive ; el non-seuleuienl pour elle, mais pour rassembler dans un même hercail tous les ent'auls de Uieii dispersés. Hoc aillent a semeiipso non di.xil , sed cnm esset ponlijex aimi illiiis , firoplieiavit i^uod Jésus niorituius erat pro gcnle ; el non tunlum pro ijenle , sed ul filios Dei , qui eranl dispeni , conijreqaiet in tinum. (Joait, x.t 49,50,51,5-2.)
rAIM. V. rill'OI.. MllIlM.K. —
nui Ifur est iltVornô dans la sdciêUl civile, mais fiicori! {'«iilorité loiiipoiolli', imnexiîo ?i plusii'uis sii^ges ô|ii^co|iiiu\, ccllo i|u'oii j. ur 11 oiîiiio il.'iiis It's L'(iililis.sciiii'r)ls ilo iiiuivclli's niliiiiiii^lrati()iis,i'ollt> iiiôiiitM|ii'on l.iissf (|uoli|ui'l'i)ls l'Xficer h dos préliils (|ui s'iiij;èreiil volontiers dans co t-'eiire d'iuTii- [Kitioiis? Ils doivent Iniit eula nu respect orisinniie des iieiiplis, des grands, des souvirains, pour la religion, dont ils Minl les pi incipaux luiiiislres et les chels. Voilîi le loiidcnient unique de tout ce (|uo le niundu •M l'ait pour l'épiscopat : s"il vieul à s'écrou- K'r, et do la eliute la plus liouteuse, causée par l'iuipulsidii do ceux uiôiiies en l'uvour desquels ce l'omleuionl avait été posé, tout rédiliee construit dessus doit touiber et se dissoudre. On ne respecleia plus, comme vicaires de Jésus-Christ, coaiine dispensateurs de ses mysières, des hommes qui, ji iraissanl inéconnaUi-e en eux-mêmes celle q'ialilé, déclarent que ce n'est [ilus par elle qu'ils j)rélendent se rendre utiles et néces- -•■aires. Ou les prendiu au mot, et l'on ne Verra plus en eux (jue des Mcujuats, cjue des J'odestals séiuWt:! s. Alors on deniamlera à (piel litre ils le sont, puisqu'ils {ibtii(juent celui par lequel ils ont commciicé à l'éln;, et sans lequel ils ne le seiaienl jamais dovenus. Dans les autres oi'^lres de 1 lilal, il ne maïKiueia pas de personnages capables d'exercer les mêmes l'onclions politiques; ceux-là, du moins, ne son! pas laits pour s'uccu|)er do toute autre cho^e. A quoi bon chercher, ou soulTrir des admiui^tiateurs parmi lesévèques? Ils pensent qu'on pourrail un jour se |)asser d'eux )>our les foric- . lions du ministère ecclésiastique; ils se sonldéjà fait justice à cet égard ; faisons-la leur entière : prouvons - leur qu'en peut également s'en passer |)our toute adaiinisl-r.iiion lemi'Oreile, el Otons-leur ce dernier fioslo dans lequel ils avaient mis leur [irincipaie conliance. ()uand je fuimo cesconjeclures pour un avenir, que je n'ai gardede supposer vraisemblable, et qui ne lest que dans le faux .«ystème que je combats , on m'avouera qu'elles sont i)lus justes , mieux fondées sur les règles de la [irévo} ancc humaine, que celles de nos |irélals administrateurs. Si l'on en était au point que la conservation de l'épiscopat dépendît, en France, de son mélange, ou (dutôt de sa confusion avec l'administration séculière, il'faudrail en conclure, non pas qu(i l'épiscopat subsisterait par l'adiuinistralion, mais que l'administration entre les mains desé\éques, périrait inévitablement aveu le véritable épiscopat. On dirait alors ce qu'on a dit des Juifs : Des prélats ont négligé le spirituel, da-ns l'espérance de sauver leur dignité par le temporel; ils ont perdu l'un etrauUe: L'iruiuque amiserunt. Ces deux perles auraient de commun avec celles des Juifs, d'avoir été méritées, et que la [.erle volontaire du bien le plus précieux, quoiquvMût
irii) Ul iloctrinam Salvatorii noUri Uei umenl in
VIIMIWU6. (I ii. Il , 10.1
i.EiTitis \ vs i.vi:oui:. ktc. ise
10 moins clior, nurnit déterminé la perle forcée du bien dont le prix était infiniment luoindre , mais (ju'on (hérissait davant.igc.
Chacun de nous. Monseigneur, a un moyen plus légitime, el j'ose le diri- infaillible, s'il était universel, ihf concourir au maintien de la dignité é|iis(;opalo dans le royaume : elley est, dit-on, décliiK;, com:iie ministère siuiiluel, de son ancienne considéraliijn. Je ne nie pas (pie les ()eriii(ieux progrès lie rincrédulilé n'iniluenl beaucoup sur I elle décadence. Le res/i-et pour l'éjiiscopat doit baisser dans la même piO|iortioii que celui qui est dû h la religion. Mais (piand nous dé|iliiroiis ce scandale de iKjlro siècle, nous ajoutons, et nous ne nous trompons pas, (pi 'il y eût été moins funeste et moins contagieux, si les inccurs des chrétiens étaient plus jiures , (il si ceux qui croient lémoignaionl plus U'allachemei.t à leur croyance. La dérèglement d'une part, et l'indilférence de l'autre, fontjilus de mal à la religion que tous h s sophisraes de l'impiété. Nous exhortons, en conséquence, les tidèles à remplir le double devoir dont personne n'est dispensé dans une cause (■(uiiiiuiiie h tous, celui de confesser do bouclie, avec zèle, ce qu'ils croient sincèrement de cœur, celui d'honorer leur foi par une conduite digne d'elle, Ainsi, saJniPaiil proposait, dans l'accouHilissem.nt de ces deux devoirs, le inolil de f.iire révérer à tout te monde la doctrine de Dieu, notre Sauveur (52), el, saint Pierre, d'imposer silence aux liom- Dits ignorants et insensés (53). Prenons pour nous l'avis que nous donnons aux autres, et a|ipliquons-le particulièremeiit à notre digniié. A Dieu ne plaise que je m'érige ici en juge et en accusaieur d'aucun de mes coidreres ; je les resiiecle tous : je sens trop combien la dignité dont je suis revêtu avtc eux, est au-ticssus de mes forces;elje dois [)lus trembler jiour moi que pour tout autre, dans la pensée du comple que Dieu nous en demandera. Mais l'ouvrage que j'ai entrepris par vos ordres, n'admet pas de retenue dont la vérité puisse soullnr. Convenons de bonne foi que pour rétablir le lustre de l'épiscopat, i! ne faut jias sortir de l'.enceinte que Dieu lui a tracée : demeurons-y; ce rétablissement est entre nos mains. Par oii le clirisiianisaie s'est-il attiré, dans ses cominencemeuts , la vénération du monde entier?Par la sainteté de ses prosélytes, par leur courage invincible à le prèclier, ou à le défendre, comme l'unique voie de salut.
11 ne doit (las moins à ces moyens sa rapide jiropagation; (leut-ôtre la leurdoil-il encore plus qu'aux miracles, alors si communs, opérés au nom de Jésus-Christ. Dans le même temps, la dignité é[)isco[iale lirait sa grandeur aux yeux des hommes, non des rrchesses, elle en élait dénuée, non des honneurs et de l'autorité du siècle, elle en elait également exclue, mais de la vie irréprochable des évèques, de leurs vertus éiiii-
(d5) Ut benefacienles ubmiileiccre [(iliiitis iiiif^rii- (.'fdliiim liuniinum igiiui:in'iatit. (l l'c r. il, to.j
ŒUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
nenles, et de leur application infatigable nnx fonctions du ministère sacré. Que r/iomme. disaient-ils, à l'exemple de saint Pa\i\, {oi) nous regardfi comme les minisires de Dieu et les dispensateurs de ses mystères. Ils n'avaient et ne voulaient avoir d'autre qualité; elle suiïisail pour leur concilier le respect des hommes, et non-seulemenl des chrétiens, mais de ceux d'entre les païens :qui, sans avoir renoncé à leur fausse reli- '^ion, conservaient néanmoins du discernement et de ré(juité. Lo lémoib'nago d'Ani- 'rnien Marcel lin en fait foi. Cet historien idolâtre parle avec admiration (55) des évoques que « la frugalité et l'abstinence de leur table. In simplicité et la pauvreté de leurs habits, l'humilité peinte sur leur visage , rendaient agréables à l'Etre éternel, et vénérables à tous ses vrais adorateurs. » Il les oppose, sous le nom de prélats provinciaux, anlistitum proi>i/ifia/iam, aux évèquHs des grandes villes et surtout de Rome, capit< le de lempire. Il décrit la magniticence avec laquelle ceux-ci vivaient selon lui, et quoiqu'ily ait une exagéralion manifeste, it uu levain de malignité anlichréliennedans cette description où le portrait des papes dece temps-là estdéliguré, oiî l'on reiirésente, avecdefaussescoul'eurs , les profonds homujages et les aumônes abondantes qu'ils commençaient à recevoir de la piété des fidèles, elle prouve toujours la dillérence qu'un païen éclairé faisait de l'éclat qui éblouit les yeux , à celui que la |vertu seule réjiand. Si c'est ainsi que l'épiscopat, dès son origine et dans ses progrès, a paru respectable, il ne recouvrera jamais (jue par les mêmes luojens, tout ce qu'il a pu perdre du côté de la considération et de la conliance. En vain objecte-t-on que les mœurs sont bien changées, et que les évoques, dans le môme état que ceux des premiers siècles, ne seraient pas aujouid'hui traités avec le rnèiue res|)ecl; cette dillicullé serait sérieuse s'il s'agissait d'enlever à l'épiscopal lesavantagesqui luiontélé accordés, depuis que le christianisme est devenu la religion des souverains et des [leuples : car il est certain que la dignité des évêquos n'acquerrait pas plus d'eslime, qu'elle serait même avilie, par un uépouilleinent dont on ne leur liendiait aucun compte, parce qu'il serait forcé. Cette situation ne ressemblerait pas à celle des lemiis aposlolic]ues ; d'ailleurs on ne peut trop lépéter que la violence et l'injustice gâtent tout et ne corrigent rien. Mais en laissant aux évoques le mérite devant les hommes, d'user saintement des accessoires temporels, acquis à leur dignité, et de les tourner au protit de la religion, je suis persuadé que, malgré le changement des mœurs, un pareil usage, aper(;u dans le grand nombre des prélats, donnerait plus de poids à l'épiscopal el le soutiendrait mieux contre ses ennemis , que radminislrali(jn [loliliquela plus.accréditée, el en même temps la plus applaudie. Je saisjusqu'où va l'insensibilité des âmes mon-
daines pour les biens spirituels, dont les évèques sont les principaux dispensateurs; I je sais que le ministère ecclésiastique est i ce que les impies haïssent le jilus dans la religion; et dans ce ministère, l'épiscopal ! qui en est le plus haut degré. Mais les chré- i tiens charnels méprisent-ils plus lés grâces | apportées par Jésus-Christ, que les païens d'autrefois? Ce qui n'a pas empêché que des évoques, dépourvus de tout pouvoir, de toutes richesses dans le monde; considérés par leur seule dignité , étrangère alors à la société civile, n'aient eu des admirateurs dans le paganisme. Nos incrédules sont-ils plus animés contre le ministère sacré , que les philosophes idolâtres, témoins des accroissements du christianisme? Et cependant il s'en trouvait d'assez équitables pour reconnaître dans les évèques les plus pauvres, les moins distingués par le théâtre sur lequel ils étaient [)lacés . un caractère de grandeur qui les ap|)rochait de la Divinité, ■ et les faisait révérer par tous ses vrais ado- I râleurs. S'il y a de nos jours , comme cela peut êti e, des nuances plus fortes, soit d'insensibilité pour les trésors spirituels, soit de haine, dans les impies, déserleuis du christianisme, contre Te clergé, croit-on qu'elles étouffassent entièrement l'impression des vertus, dont la multitude des prJlals offrirait le spectacle? Ne resterait-il pis, au milieu des plus grands désordres des passions, dans l'aveuglement même de l'incrédulité, de justes estimateurs d'un mérite qui est celui de l'état, et d'un état destiné à honorer Dieu sur la terre, 5 y détruire le règne du fiéché , à conduire les hommes au ciel ? Disons mieux, la vue de ce mérite, dans tous ou presque tous les évèques, serait un motif pressant de couversion pour les mauvais chrétiens, un argument filus victorieux que beaucoup d'autres à l'égard des incrédules : elle deviendrait le plus fi'rine rempart de leur dignité; en tout cas, elle ôteraii aux ennemis de répisco|)at un dangereux prétexte d'en demander l'abolition ; car il est moralement impossible de faire anéantir une dignité importante, fondée, pour ne point parler d'autres titres, sur une ancienne et aussi universelle possession, tant que la plupart des titulaires, s'orcupant sans relâche de ses fonctions primitives, les rem]ilissent avec fidélité. Toute conjuration pour sa ruine échouerait contre sa défense. Il n'en est pas de même, on l'a vu plus haut, des ressources cherchées dans l'échange des fonctions spirituelles de ré()iscopat contre une administration séculière. Au surplus, l'examen des moyens les plus propres ii maintenir la considération , et si l'on veut, l'existence de l'épiscopal dans ce royaume, est de surérogation quant à In question présente. Passons à nos adversaires de raisonner en hommes versés dans la science du monde. Ayons la complaisance d'adojiter leurs combinaisons de l'avenir avec le présent ; ils n'ont encore rien prouvé
(54) / Cor. IV, l.
(55) l.ib. xxvii.
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l'ART. V. TIIF.OI.. MORM.K. —
pour Pin ; il faiu ri'vemi- iui [iriiii'i|io l'uii- «Ininont.-il. l.'t'>|>isco|iat lient su iinluro di; Ji^sus-Chiisl ; ses toni'liiins couli-nl de In iiirf^iiio source; ilùl-il éiro , je lie dis p.is d(^|irtV-ié, mais détruit, iiminio on l'a vu dnns le pays où le cvilvinisiue n douiiiié, il lie sera jauiiiis jierniis do |irévcnir ce lunllieur par une inlorversioii tlo l'ordre diviiieuiint tM(d)li, ni d'inlre|rondrcla coiist-rvalion de ré|iiS(.'o|i!il , en le travestissant. Les «•spérances les plus eiij^.ij^i ailles , les pi''rils les plus ai.irmaiiU, no saiiiaienl ;iislilifr roi nllenlat sur les ilioits de Dieu, celle inl'iactii)n foriui'lle à sa loi. Des évt}i|ues séiaieiit plus coupables (jue personne d'y conseiilir, n plus forte raisoi de s'en rendre les iiislijjaleiirs; ils doivent mieux connailro leur dignité; ils en répondent spécialement h Dieu. Si elle (îst iiieiiacéo sous leurs yeux, du même sort qu'elle a éprouvé ailleurs, c'est h eux de la déleiulre dans son iiilégrilé jusqu'au dernier soupir de leur vie. C'est i\ eux, s'il le faut, de s'ensevelir sous ses ruines ; le crime el les l'unesles ellets do celle deslruclioii ne leur seront pas impulés. La méinoin- de leur lidélilé vivra éleriiellenienl dans l'F.glise. Mais si l'épiscopal subsiste inviolableiiieul [larmi nous, comme après tout il faut l'augurer des senlimenls religieux do nos rois, de ceux du grand nombre de leurs sujets el des soins de la l'rovidence (]ui vaille depuis tant de siècles sur te royaume liès-clirélien, quel 0|iprobre pour des prélats qui auiont transporlé la conliance qu'ils lui devaient h des uioyens qu'elle n'approuvait [tas! Dieu aura su soutenir sons eux, et par de plusdignes instruments, l'épiscofiat, son ouvra;;e, dans les lieux où ils en reduulaienl la cliule. Ils n'auront gagné, à lui ravir sa destination, dans la crninie qu'elle ne lui devînt nuisible, quu de précipiter leur propre naufrage. C'est ce que le saj;e e'. intrépide Alaido&liée re|<résentail à Esllier. Dieu voulait se servir de telle princesse, pour délivrer son peuple de la fureur d'Aman. Si ia frayeur du courroux d'Assuérus, si l'espoir de soustraire sa personne à la [)roscriplii)n , l'avaient Uélournée d'embrasser liautement la (iéfense des Juifs, en déclarant au roi sa naissance et sa religion, que serail-il arrivé? Dieu les uuraU sautés par une autre voie ; Eslher eC sa famille auraient péri (oG).
11 est écrit (57j : Travaille: comme un bon soldai de Jésus-Clirist. Celui qui est enrôlé dans le service de Dieu ne s'eiiijaye pas dans les alj'aires séculières, afin de plaire au maître auquel il s'est voué. Cel oracle est d'une immuable vérité. De là sont sortis tant de canons, qui défendent si sévèrement aux ministres des autels le négoce, de quelque espèce qu'il puisse être, les travaux el les gains sordides, les emplois séculiers dans les maisons des riches et des grands. Ces