‹ Œuvres completesChapitre 17 sur 232 · I.r.TfllKS \ UN EVF.Olj;. KTC 2C · texte numérisé non relu

I.r.TfllKS \ UN EVF.Olj;. KTC 2C

di''l'in-t's .sont réjiéléesdaiis lotis nos sloluts synodaux, ou, ce qui revient au môme, dans ceux lie nos jirédéci'sseurs. Car, en pareille matière, ce n'est pas sculomenl l'/iomme gui oi-donne, c'est le droit; el celte loi n'est pas du nombre de celles rpii peuvent tomber en désuétude. Je ne vois pas h (piel liire un évoque pourrait en éluder l'application pour sa peisoiini!. Kst-cc eoiniin' clnf <le la mil.ro sainte? Le sertiKTit ipii lie le général ct-l encore plus inviolable el jilus sacré fjoe celui des iilliuiers inférieurs et di'S siiii|dcs soldats. Lsl-ce (\w son service admet plus facilement desdistract'iiMiset des soins éir;ngers?C't.'sl loot le coiilraire. lîsl-cc (juc l« maître coinmun attend muins de lui, et (|u'il peut lui plaire avec moins di; vigilance a lo servir? Il n'oserail le dire. Sur rjuni (Jonc si; relranclirra-l-il ? sur la noblesse de ses occultations temporelles, comparées h la bassesse de celles (|u'il (iiéteiid être les seules interdites aux ecclésiastiques? Pitoyable excuse. La comparaison (lu'il faitdes unes ru^ autres ne rem[ilil ni le sens des |)urolesd(> saint Paul, ni l'esprit des saints .lécrels. Il ne s'agit pas de ce que le monde estime, eu ce qu'il méprise davantage. Son jugement peut être vrai jus(]u'à certain poinl, sans (ju'on ait droit ici de s'en prévaloir; il s';.gil tie ce qui est incompatible avec la sainteté du ministère des autels, avec l'iniportaiice et la sublimilé de ses fonctions. Cette il. compatibilité n'est pas moins réelle dans les fondions séculières dont le monde a une hante idée, que dans celles qu'il relègue aux derniers rangs. Un pielal admuiistrateur, au sens que nous reiitendons, n'e5>t certainement pas un meilleur soldat de J..'sus-Clirist, un serviteur |ilus lidèle aux conditions de son engagement, un ininisire de Dieu plus cli,.;ne de lui plaire, qu'un cbanoiiie ou un curé négociant, que tout prêtre devenu l'agent ou I intendant d'un homme riche ou d'un grand seigneur. Qu'on demande à ceux-ci pourquoi ils s'avilissent da celle maniè.-e, ils répondront que c'est par l'impuissance de faire mieux; ils s'élèveraient [ilus haut, s'ils avaient pour cela les facilités que l'étal où ils sont nés, el la place qu'ils occupent, leur refusent. Du reste leur aiidjilion, leur cupidité est la même dans son fond que celle des firélats, qu'on nomme administrateurs. Si les objets sont inégmix, c'est que les moyens le sont aussi. Or celle ditférence , qui n'en met aucune dans la contraveution à l'oracle de saint Paul et aux règles canoniques, rend le prélat plus blâmable que le prêtre du second ordre. 11 abuse d'une Uignité | lus éminente, plus sacrée ; et au lieu de faire servir à la gloire de Dieu et au salut des âmes le respect qu'elle mérile, il prolite de la considération qu'elle lui donne dans le monde, pour y acquérir plus de crédit et plus de pouvoir. Par là, il ne

(56) iVe fiitles qiitd animam tiuim taiilum libères , quia m ilomo ng s t-s prœ cuiiclis JuUiuis. Si etiim iiLiic ailiiens, per aliiim vccabwiiem libtrrilniiUur Jadai, lu auleiii , ti Uo»:us i.tiins lui, peniuiif.

(Esilicr. IV, 13 li.)

(hl) Liibora sicul bonus miles Chrisli Jesu. Xemo milildus l)eo nnplicat se ucrjolUi sniuluribus , ul v'i pliueul , tui se ptobnvil. (Il l un. ii , 5 , i.)

ŒIIYKES COMPLETES DE LEFRANG DE POMPIGNAN.

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>e niLt pas seulement hors d'état de reprendre et de corriger ses inférieurs, qui dégradent leur ministère par des soins d des emplois profanes; il les y excite, il les autolise par son exemple.

J'ai pourtant avoué , dès les commenceroenls de cette lettre, (jue l'adminislnilion politique est un devoir de place pour les prélats que leurs sièges y appellent dans nos provinces d'élals. Oui, mais c'est un devoir dans l'accoraplissemeiit duquel il n'est pas permis de faire consister le principal honneur et la principale dignité de sa place. II y aurait plutôt lieu de gémir de ce qu'on ia trouve surchargée d'un fardeau, dont elle a été libre dans sa divine insliiulion, et dont elle l'est encore dans la plus grande partie du monde chrétien. Ce gémissement ne prendrait rien sur le travail dont on est chargé; il en donnerait seulement une juste idée; il ferait connaître que les fonctions temporelles sont mises, par le prélat obligé d'y vaquer, infiniment au-dessous de l'exercice spirituel de son ministère. C'est un devoir, mais qu'il faut rem[)lir sans préjudice d'un autre encore plus pressant, celui d'être et de se montrer évêque, comme Jésus-Christ a voulu qu'on le fût, coiume J'Eglise le veut et le voudra toujours. Si ces devoirs se croisaient de manière que l'un exigeât habituellement un temps et une apjilicalion nécessaires à l'autre, il faudrait, sans dilHculté, resserrer dans des bornes plus étroites l'exeicicL' de l'adininistratioii politique, pour laisser a l'administration spirituelle tout l'esiiace dont elle a besoin. En quoi on ne s'écarterait pas de l'intention de ceux qui ont attribué les premiers à des évêques cette portion du pouvoir civil. Ils ont cru qu'elle serait [ilus utile aux peuples entre des mains |)lus vénérables par leur consécration. Il n'ont pas eu dessein, ils n'ont pu l'avoir, que ce mélange d'autorité séculière portât jamais atteinte à l'intégrité épiscopale : si cela arrive, c'est u:i abus qu'une longue coutume, ni des prétextes spécieux ne sauraient couvrir, que le vœu même des souverains et de leurs ministres ne juslilic pas.

Des piélals choisis par le roi, pour présider ou pour assister aux asseuiblées de ces udiiiininn (liions provinciales dont l'établissement est moderne, doivent exécuter l'ordre ue leur maîire, et rendre ce, service à leur patiie :j'en conviens encore. M.,is autre rhose est d'obéir alors, avec un regret iiis]Mié par la connaissance et le senlimuut de ses devoiis essentiels, autre chose, de provoquer cet établissement dans le pays qu'on habite, de s'y oQ'rir Sui-iiiôme , dy solliciter la première [jluce ou l'une des premières; tout cela dans la vue trop manifeste de se taire valoir auprès du gouvuriieuieiit, d'être plus accrédité dans son diocèse et dans sa province, et d'ajouter aux prérogatives de sa dignité l'inilueiice sur les allaires publiques; que si eet empressement e^t inexcusable; approuvera-t-oii le procédé d'u'.i évêque qui, n'ayant aucun titre acquis

à son siège ou a sa personne , pour entrer dans l'administration politiiiue, s'occupe do certains détails qui la concernent, comme s'il devait en répondre au souverain et à l'Etat. Jl ne manque à toutes ces manières de séculariser l'épiscopat, que de voir venir les temps où réfiée remplaçait la houlette pastorale, et la mitre disparaissait sous le casque.

Une raison que je n'ai pas encore touchée contre ce goût désordonné, dans des prélats, pour l'administration séculière, c'est la nécessité de ia résidence. Si ce devoir liesait moins, si on aimait à l'accomplir, chercherait-on des occasions pour en être disfiensé? et quand il s'en présente d'inévitables, en prolongerait-on la durée audelà du besoin? ne rabiégerail-on pas autant que les affaires le permettent? Quand on dit que des évêi]ui^s, amoureux du litre et des fonctions d'ailmmistrateurs, y considèrent une facilité de plus jiour résider rarement, on ne leur fait point d'injustice; on n'entreprend pas, en sondant les secrets de leur cœur, sur les droits de Dieu. Ils ne se cachent guère de ce motif, toute leur conduite le déclare. Les gens de bien s'accordent, pour le reconnaître, avec les gens du monde; si se n'est que les uns s'en affligent et s'abstiennent de nommer ou de désigner les personnes; les autres s'en font un sujet de satire et de dérision. On s'ennuie d'une résidence assidue; on ne veut pas, cependant, mener à Paris une vie entièrement oisive et sans aucune espèce de considération ; on redoute la censure publique, encourue par un séjour trop long, et sans objet a|i|iarenl dans la capitale, dfs ordres fâcheux ipii surviennent quelquefois et forcent à s'en éloigner, des poursuites plus légales mais encore moins honorables aux prélats qu'elles ra|)pellent à la résidence. On se croit à l'abri de ces inconvénients derrière une administration politique; elle attire à Paris, elle y retient, elle engage de fréquentes coriesiiondances à la cour. Il faut apprendre de la bouche des ministres les intentions du roi; il faut les instruire de ce qui se passe d:ins une province; il l'aut en soMiciler auprès d'eux les affaires : autant de préiexlc-s pour s'absenter de son diocèse. Jo ne |les combattrai pas de nouveau. Ils ont été suflisamiiient réfutés dans ma précédente lettre. Je cmiclnrai seulement des [iiincipes qui y ont été établis, que toute administration temporelle, énervant le précepte divin de la résidence, déligure et blesse mortellement l'épiscopat.

Ce propos de la résidence nous conduit naturellement à un autre point que vous m'avez indiqué comme devant entrer dans une notion exacte de l'adminisiralion éjiiscopale. Il s'agit de comunssioiis établies par l'autorité du roi, et composées de prélaiM, choisis par Sa Alajeslé, pour être en cette partie ses commissaires, avec des magistrats de son conseil. Je ne nierai pas que l'établissement de quelques-unes de ces commissions n'ait eu des objets utiles, et qu'il n'ait

i'ARi. V. TllEOI.. MOUALi:. - LtTTRES A UN EVUQUE, ETC.

pu vu rcVsulloi', sur ci'S iiu^iiics objets, dos avanl;ii;»'SgiiiiiMiiux |iour le ilor.m^do FrHiiie. Lef i>vA(|ues, ineiiilii'es do ces l'oiiiinissioiis, font sonner liieii liant ces ,'ivantugos. Mais il laiidrnit iju'ils t'i:sseiit d'une taraude iiiijiorlunce, et on nit^'ine ieni|is qu'on jiùl les obtenir pai' iino antre vuu-, pour coinponser le pri^juiliee i-ausé aux diocèses par l'éloignemtiil périodiiiue de leurs luélats, et prtV'iséuient dans (jucliiu'un do ces temps do l'anni^e où les eanons ont décidé (|uo tour |irésence y est plus nécessaire. A cet inconvénient so joint le danger do l'oxeniplo dans une nialiéro où raniour-|iro|iro, autant (pie l'ainour du relâchement, s'irrito contre des exceptions (ju'on lui conteste, tandis qu'il en voit jouir d'autres personnes de mémo étal et de mémo rnnij. Au surplus, »oyons si cette association de prélats, dans une commission royale, avec des consedicrs d'Etal et des maîtres des requéles, est conforme << res()i'it et aux rèylos ilu l'aiiuiinistralion épiscopale.

Kilo est sans doute solidaire cnire tous les évoques, suivant cotte célèbre parole de saint Cyprien : t'piscopatus unus est, cujus a singulis in soUduin pars tcneltir. Elle peut donc, do sa nature, s'exercer au delà des limites du diocèse dont le gouvernement est contié h chaque évèque. Mais pour cela deux choses sont iiécessairts : l'une, cjue Us évéques agissent [lar un pouvoir inhérent h leur caractère, par l'autorité qu'ils ont reçue de Jésus-Christ; l'autre, qu'ils observant l'ordre canonique. De ces deux conditions, aucune n'existe dans les conunissions miparties où des prélats siègent avec des commissaires laïques du roi. Ils n'y agissent lias comme successeurs des apùlies, conniie chefs de la religion, établis par Jésus- Christ; ils n'y exercent que le pouvoir qui li.'ur est attribué par le roi; et cette allribution leur est commune avec des magistrats du conseil. Ils n'y observent [las l'ordro canonique : le tribunal extraordinaire où ils sont appelés, est absolument étranger à cet ordre. L'unique fonction qui leur soit alors destinée est celle de conseiller de Sa Majesté : ils concourent par leur avis, pourvu même ([u'on le suive, à la rédaction des règlements publiés par la puissance souveraine, d'après le rapport des commissaires. Triste fonction (lour des évoques, dont « les décrets (en uialière de dogmes, de sacrements et de discipline ecclésiastique) valables par eux-mêmes, et par l'aulorité qu'ils liennent de Jésus-Clirist, n'atlendent des rois qu'une entière soumission et une protection extérieure! » Ce sont les exjiressions cie M. Bussuet. El l'on se souvient du reproche qu'il faisait dans ce même livi'e des Variations, « à ces faibles évoques » d'Angleterre qui demandaient, pour dernière giàce au guuveineiiient, qu'on les admît comme coiisulteurs dans les délibérations qu'on voulait prendre sur l'état de la religion. Cette qualité leur fut refusée. On l'accorde à nos prélats commissaires; en quoi je ne sais s'ils sont (ilus heureux et

OElviies compl. Et: Lefranc de Pom

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plus honorés que ne lo furent alors les prélats anglais; car il f.iu<lrail au moins (eu inetlniit h l'écarl hs droits sacrés de leur digiiité),qiiepi)urdonner régnlièremenl leur avis, ils se fussent concertés avec lous ou pres(|ue lous leurs confrères ; (ju'iis parlassent dans lo conseil du roi comme leurs représentants cl leurs crganes. Celte obligation subsiste dans les commissions de ce genre, où la juriiTction ecclésiasliipic n'esl pas compromise, où l'on n'agite pas des questions sur losipielles la |iuissaiu;o séculière soit de droit divin incomp ■tente, dont les objets, ((uoique mixlesà certains égards, et sous ce ra|>|iort intéressants pour lo clergé, ressorlissent iileinemonl h l'autorité du prince; en sorte qu'on doit lui savoir gré de ne vouloir pas y statuer, sans avoir entendu préalablon.ent des prélats. Voilii celles de ces comnii.ssionsoù j ai dit d'abord qu'elles pouvaient procurer des avaiilagos à l'Eglise de France; mais il n'est pas toujours vrai (pie les prélats, commissaires du roi, soient alors les lidèles échos de leurs confrères répandus dans le royaume. On n'ignore pas les jalousies et les plaintes excitées jiar le choix de leurs [)ersonnes, ou par leurs opérations. Je veux qu'elles ne fassent pas honneur aux (daignants et aux jaloux ; c'est un fâcheux inconvénient de ces commissions, quand il n'y en aurait pas d'autre. Peut-être y obvierail-oii, si les commissaires ecclésiastiques du roi étaient nommés dans une forme qui constaiât le vœu du clergé de France en leur faveur, ( t présageât sa conliance dans l'exercice de leur commission; mais outre la diliicuHé de terminer cette forme, ou de l'exécuter avec succès, il est évident qu'elle ne serait pas adoptée par le gouvernement. Je m'en tiens à dire que la véritable administralio'i épiscopale n'a aucune analogie , et qu'ellti esl souvent incompatible avec les commissions dont nous venons de parler.

Je n'en dirai |ias tout à l'ait autant d'une méthode où cette admiiiistiaiion n'est [las méconnue, ni entièrement oubliée; mais on la mutile, on la tronque, sous pr(5lexie do la traiter en grand. Des prélats se réservent une inspection générale qui peut , disent-ils, être exercée rie loin, et pour laquelle une présence locale, de temps on temps, et ciiaque fois d'une courte durée, leur parait su/lîsante. Avec cel.i, ils se croient en état do maintenir extérieurement le bon ordre dans leurs diocèses. C'est à ijuoi ils bornent, en cette [larlie, leurs soins personnels; car, pour les détails ordinaires etjournaliersde l'adminislration diO(;é>aine, ou ce sont à leurs yeux des minuties indignes de leur attention, ou s'ils ne les mé- [irisent pas à ce point, ils préleiulent y jiourvoir, autant qu'ils le doivent, par le travail de leurs gramJs vicaires, cl d'aulres agents subordonnés.

On fonde celle méthode sur l'exemple du gouvernement souverain des Riais, et de beaucoup d'administrations ou de commandemcnls d'un moindre [luids, où une main

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