‹ Œuvres completesChapitre 164 sur 232 · LA POÉSIE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE CHRÉTIENNE

Tel que l'astre brûlant dont la clarté féconde.

Et vous, dont les concerts autrefois si célèbres N'ont que trop retenti dans ces jours de ténèbres Où la vérité sainte habitait loin de nous, Rougisse/, s'il se peut, du fruit de vos délires,

Drisez vos faibles lyres, David a pris la sienne, il chante, taisez-vous.

Ornements de l'erreur, fictions criminelles, Qui ternissez l'éclat des beautés immortelles, Fuyez, n'infectez plus le terrestre séjour; Qu'aux rayons des clartés dont les mortels jouissent,

Vos traits s'évanouissent, Comme l'ombre légère aux approches du jour

Ils étaient enfantés, ces hymnes mémorables, De l'Esprit éternel; ouvrages adorables.

Où Dieu parle aux humains !e langage du ciel : Le guide des Hébreux, le saint roi, les prophètes

Célestes interprètes.

Avaient chanté sa gloire aux enfants d'Israël.

Comment ces chants divins, ces concerts des Lé-

[vile-.

N'ont-ils pu, de Sion franchissant les limites. Annoncer leur auteur à cent peuples divers ? Et pour(iuoi n'ont-ils pas, pour servir sa puissa:;ce,

Du jour de leur naissance.

Volé de bouche en bouche et rempli l'univers ?

C'est toi que j'en accuse, antique poésie; Toi, le plus beau des arts, qui d'abord fus choisie Pour graver dans les cœurs d'utiles vérités; Et qui perdant bientôt ces heureux privilèges,

Dans des chants sacrilèges Rendis hommage aux dieux par toi-même inventés.

Sainte aux bords du Jourdain , partout ailleurs im-

[pure, Organe séduisant de l'adroite imposture.

Tu souillais le dépôt du culte et de la loi. Du ciel où lu naquis aux enfers descendue,

Ta beauté s'est vendue Aux vils profanateurs de ton auguste emplo .

Et que sont ils enfin ces fruits de ton génie, Qu'admiraient follement la Grèce et l'Ausonic, Ces chefs-d'œuvre vantés, et ces surperbes sons? Que sont-ils aux regards du fidèle et du sage.

Qu'un bizarre assemblage De spectacles honteux et d'inlàmes leçons !

Tu plaçais dans l'Olympe, au gré de tes caprices. De cruels conquérants, des rois chargés de vices, l'es dieux imitaieuis des forfaits des humains.

'li;8) C'CFt-à dire la peiiiefille pareil tas dans des Livres saints.

eclte expression eEl,corif')rnie au langage ficqucinmcnt employé en

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