RETOUR A DIEU
Fuis, malheureux ange tJu crime, Ks|tril robcdlo et séduclciir.
i''uis, laisse C'ti paix une victinie
v£UVRES RELIGIEUSES DE J.-J LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN.
Que l'arrache un Dieu prolecteur.
La grâce a détruit Ion ouvrage :
Ueinporle ta honte et ta rage Dans ces abîmes ténébreiix, Dont mille fleurs empoisonnées, Et dans un instant moissonnées, Environnent les bords affreux.
Que dis-Je, hélas 1 et dois-je en croiie Un retour trop faible et trop vain ?
Mon cœur de sa malice noire Ne garde-l-il plus de levain?
Suis-je tel, grand Dieu, que doit être Un mortel qui vient de renaître Au culte de la vérité; Et des lois de ton Evangile,^ Mon esprit léger et fragile Soutiendia-t-il l'austérité?
Mais quoi 1 ma raison confondue A déjà peur de son devoir I Pourquoi dans mon âme éperdue Changer la crainte en désespoir?
Ce Dieu dont les tristes vengeances, No préparent à nos offenses.
Que des flammes et des carreaux, N'est-il pas cet Agneau propice.
Qui dans le plus honteux supplice.
Mourut pour ses propres bourreaux
La douceur ineffable et pure Qu'il conserva dans les tourments, L'attendrit pour la créature Dont il voit les égarements.
Pasteur qui sait bien nous conduire, Il tonne, il est prêt à détruire Les blasphémateurs de sa foi; Et de la main qui les menace.
Souvent par le rayon de grâce, Qui les ramène sous sa loi.
Tel un IsurbiJIon de nuages.
Sur le déclin d'un jour brûlant, Du noir appareil des orages, Remplit un ciel élincelant.
Mais ces foudres épouvaiitables Se changent en eaux socourables.
Qui de l'été calment l'ardeur; Et ce vaste amas de tonnerres Ne répand enfin sur nos terres, Que l'abondance et la fraîcheur.
Oui, mon Dieu, l'onde qui s'élance
Du sein fécond de ton amour.
Donne la vie à .ta semence
Dans le plus stérile séjour.
Du cliam|) jiierreux où les épines
Etouffaient les plantes divines.
Ta fertilises le terrain ;
Et quand tu veux,.la zizanie,
De ton héritage bannie, •
Ne s'y mêle plus au bon grain.
Achève donc, et dans la voie Affermis un mortel errant, Longiemps lejouetetla proie De son eiinenii dévorant.
Joins à la terreur salutaire, A la douleur la plus austère, Los traits par l'amour aiguisés,
Les secours constants de ta giâce, Et li'S sentiment* qu'elle trace Au fond des cœurs qu'elle a brisés.
Heureux celui qui persévère Dans l'amour.de tes saints décrets.
Et qui porte un regard sévère Sur ses défauts les plus secrets.
Que son sort est doux 1 que j'envie La retraite obscure et la vie |t ' ' D'un pénitent qui t'est rendu 1 La paix est le fruit de ses larmes; Mais que de guerres et d'alarmes Troublent l'âme qui l'a perdu 1
Dans les plaisirs qui l'avilissent.
Amoureuse d'un faux honneur ; Dans les désirs qui la remplissent, Vide de biens et de bonheur; Souvent à soi-même importune.
Triste jau comble de la fortune, Morne au sein de la volupté.
Et dans tous les objets qu'elle aime.
Ne trouvant, comme en elle-même.
Que solitude et pauvreté.