L. est ainsi que de la jeunesse
Et de l'âge mûr qui la suit, Dans le sommeil de son ivresse.
Elle perd les fleurs et le fruit ; C'est ainsi qu'à ses vains caprices, A ses passions, à ses vices.
Elle immole un temps précieux.
Et consume en folles chimères Les jours, les heures passagères, De son exil en ces bas lieux.
Semblable au voyageur frivo ., Qui sans objet et sans dessi.in.
Court du Boristhène au Pactole Des bords du Gange au Pont-Euxin; Mais qui toujours faible et volage, Change de ciel et de langage.
Sans changer d'esprit ni de mœurs, Et de l'Inde ou de l'ibérie. Ne rapporte dans sa pairie Que ses ennuis et ses erreurs.
Ahl c'est trop, citoyen futile De ce monde tumultueux.
Fournir une course inutile.
Couler des jours infruclrueux.
O qui me donnera des ailes.
Pour fuir des roules infidèles, Où j'errais parmi les méchants I Quand pourrai-je, sûr de moi-même, Consacrer au vainqueur suprême La dépouille de mes penchants?
Toi, dont un regard nous enflamme, Père, ami, sauveur des humains.
Par les bienfaits fixe mon âme.
Prêle à s'envoler de tes mains.
Malheureux le mortel rebelle, Qui de ta bonté paternelle Ne connut jamais les douceurs; Plus malheureux le cœur parjure, Qui te fait l'odieuse injure De renoncer à tes faveurs.
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ODK IV
SAINT Allil'STlN (Iti'J).
Celui qui pour vou^^or lu grilco, 1)0 IVIiige l'ut la li'iTi'ur, I.onglein|is avuil suivi l.i tr.ico |)u vu'o iMipuifl ilo rcircur:
Jo vois les |it'U|>los ilc C,irtli.ij;e, Dus taliMits (|u'il eut en |>.irtiijjr, Aj'hluuilir le ruu''Slo nbiis, Kl les tléilés de la scùnc, Souvent iluMS un s|U'ct;u;lo obscf'iie, llecevoir ses lâches tributs.
Que de fiiiblcsses cl de crimes Ont signalé ses premiers ans 1 Au noir poison do ses maxiuies Il joignit l'ivresse des sons.
D'une secte digne de haine.
Sa science aveugle, incertaine, Adopta les sombres excès.
Le vain(]ueur do InnI d'hérésies S'était nourri dus frénésies El des visions de Manôs.
Il port; un pius vaslc lliéiHre iMillarame do loin ses désirs; Déjh Home qu'il idolAtro, 1-ui prépare tous ses plaisirs.
La nuit sombre le favorise; La vanilé qui tyrannise Son cœur, jouet des p.assions, A ses yeux éblouis élale, D'uue'gloire aux verlus fatale , Les frivoles illusions.
Mère tendre qu'il a trompée, Vous remplissez de vos soupirs Une solitude trempée Du sang [irécieux des martyrs (170); Vous les invoquez avec larmes Pour cet objet de vos alarmes.
Que vous croyez bientôt revoir.
Ah 1 quittez le triste rivage, Oii ce fils rebelle et volago A trahi le plus saint devoir.
Mais que l'amitié maternelle A de courage et de l)onheur!
Qu'une âme chrétienne et tidèle Est puissante auprès du Seigneurl Vous triompherez, mère tendre; Et toi, qui craignais de l'entendre, Jeune insensé, fuis en tout lieu; ïu seras, malgré la chimère, Moins fort que l'amour de ta mère Et que la grîlce de ton Dieu.
Déjà cette superbe ville Porte sur lui tous ses regaras; Son nom remplit l'auguste asile Des scicuces et des beaux arts.
(1C9) Celle Ode esl proprement un abrécé Je la vie el de la doelrine de saint Augustin.
(170) Cliapelle dédiée en l'honiieur de saint Cyprien. {Coitfes. lib. v, cliap. 8.)
(171) On s'exprime ici par anticipation, et l'on se conforme en cela aux propres paroles de sainte Moniiiue, qui avait recommandé à son fils, en moulant, de se souvenir d'elle à l'ault;! du Seigneur, expression consacrée pour dé-igncr le ministère du preire dans la célébralioii des séduis mysicrcs.
Il jouit nrec romplafsanco De l'éclat de son élo(|u<'(ice, i;i de ses lulenls tro|i f.imeux ; Dons admirés ([u'iin Dieii sévère l''ail ipiolijuefois dans sa colère A des hommes indignes d'eux.
Epris d'une gioiro moinlaine, Il appreml <|u'aii pied u'js autels.
L'éloquence d'Ambroisc enchaîne Les plus insensibles mortels.
Il quitte Home, il court, il vole; Du charme seul de la jiarole Son cieur incrédule est llatté.
Il admiio ce beau génie, Cèdo à sa brillante harmonie, l'^t résiste à la vérité.
Mais une éloqticncc plus forte
Détruit ses préjugés hautiins.
Dieu ne dit iju'un mot, el l'emporte
Sur tout l'art des discours humains.
La voix d'un enfant est l'oracle,
Qui trioiiiphera sans obstacle .
De ce rtbelle anéanti.
Celle voix fra[)|ie son oreille;
Ses yeux s'ouvrent, son cœur s'éveille,'
Et le pécheur est converti.
Seigneur, que ta grâce est pressante Pour les Ames de les élusl Contre sa force bienfaisante Augustin ne combattra plus.
Gtiéri de ses erreurs jiremièrcs, Délcslânt ses fausses lumières, Tout soti esprit est dans sa foi ; Et ne connaît plus de science.
Que l'humble el docile croyance Qui l'attache à ta sainte loi.
Tel fut l'arbrisseau sans culture, Dont les ronces et les serpents Déchiraient dans leur ligue impure, Les rameaux faibles et rami)anls; Si par une heureuse industrie, De sa feuille (làle el llélrie L'art ressuscite les couleurs, Aussitôt sa tige féconde, Grûco au tiavail qui la seconde, S'enrichit de fruits et de fleurs.
L'enfer Irctnble pour son cmpi'O,
L'élève d'Ambioise est un saint.
Moni()ue satisfaite expire