‹ Œuvres completesChapitre 170 sur 232 · ODE VL · texte numérisé non relu

ODE VL

Elablissement, uliiité et ncccssilé du culte extérieur; effort de l'impiété contre ce même culte; bonheur des campagnes qui le conservent encore avec la foi.

Je l'ai donc rélaWi, rédifice cliampèlres

Où des rois de la terre habitera le maître,

A côté des lambris objeî de mon amour ;

El je puis m'écrier, quand mon œil le contemple':

Benjamin prés du temple

A marqué son séjour.

Ce coteau, ces jardins, ce fleuve et son rivage, Ces champs sor.l du Seigneur le paisible héritage, I)'où l'orgueil, des cités, d'où lo vice est b;iiini.

l'iiisii.s iiivKusKS. — oiji:s. i2sn

C'ciil iciipif ('lii-i(li:iiil des esprits duux,lraiiipilliei, Il IiimIi les agiles Uù lui-nifuiccst béni.

C'est Ici qu'au milieu de nos hunibh'S rurluncB, Il aime l'i recevoir des onrandes coinniunu:«, Qu'cintiellit à kcs yeux l'iniioceiicc iti's inirurs. Tout séjour s'il est pui-, est fait pour ses oracles;

Ses plus beaux lalieitiacics

Sont bâtis dans nos cu'urs.

Il y grava ses lois en nous doiinant la vie. Ou sein de nos erreurs leur voix s'élève et cric; Dans h divcrsiié du culte et des climats : l>e la loi priuiilive immortel caractère,

Qu'en nous le crime allèrc.

Mais qu'il n'ell'acc pas.

Il fallait ccpcnJani que des mortels volages Un olij' t plus prochain rappelât les hommages Au véi ilable autrur de la terre et des cieuv. ' Il fallait ipi'nn autel et qu'un temple visible

Fit un cITcl sensible

Sur l'àme et sur les yeux.

Pour ramènera lui de faibles créatures.

Dieu tra(,'a de ses mains, sons diverses ligures, Le mystique tableau de son règne éicrnel. De sa demeure sainte ordonnateur suprême,

Il descendit lui-même

Dans les camps d'Israël.

C'est là qu'en leurs besoins le pauvre et le pupille, La veuve, le vieillard, et l'épouse stérile, S'approchaient de leur maître, iiivoquaienl son se-

[conri C'est là que sa rigueur cédait à sa tendresse,

ht qu'outragé sans cesse,

11 pardonnait toujours.

Ainsi fut établi le lieu saint et propice. Où louché de l'amour plus que du sacrilice, Dieu reçoit dans ses bras des enfants lévoliés : .\sile où chaque jour entre lu'-mème ci l'homme,;

Sa clémence consomme

Tant de nouveaux iraités.

Mais ni ce pavillon, mobile sanctuaire.

Ni cette arche terrible autant que salutaire. Ni ce temple fameux, rempli de vases d'or. Ni les riches tributs d'une tMre féconde,

Au Rédempteur du monde ; Ne sufflsaient encor.

Israël et Juda perdent sa confiance.

Le sceau d'une nouvelle el plus longue alliance Sur un auiel plus pur des cieux fut envoyé ; Et l'appareil nouveau d'un culte irrévocable.

Par une loi durable

Fut alors déployé.

Le'vainqucur de la mort, le vrai Seigneur de gtui.e, Pour monument certain de sa haute victoire, D'une Eglise invincible éleva les remparts :

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Eciieil où sont brisés les elToits de rabînie, Qu'une auguste victime Confond de ses regards.

0 maison du Seigneur, que tes fêtes sont belles C'est un essai brillant des fèies éternelles ; Quille pompe, quel ordre, et quelle majesté ! Je crois des cieus ouverts voir la magnificence,

El je sens la présence

De la Divinité.

El vous, qui des autels souillant les privilèges. Des mystères divins spectateurs sacrilèges, . Repoussez loin devons leurs effets toul-puis»ants ; 0 si de leurs rayons les célestes lumières

Pénétraient les barrières

Que présentent vos sens !

Ingrats, dans l'instant même où votre oreille impie Ecoute avec dédain les paroles de vie, Qui consacrent le sang, pour vous prêl à couler, Vous verriez dans les airs les troupes immortelles

Se cacher sous leurs ailes.

Adorer et trembler.

L'ennemi des humains a corrompu la terre. Au Chiisl par des chrétiens souvent il fit la guerre. Mêlant aux \éiités l'art d'un mensonge obscur. Mais toujours quelque digue arrêtait ses ravages ;

Il entante des sages,

Sun triomphe est plus sûr.

Et ce n'est point un feu qui, sorti de la cendre, Avanique sa fur.eur puisse au loin se répandre, Est bientôt étouffé par des soins vigilants ; C'est un volcan fougueux qui brûle, qui dévore;

Et qui s'accroît encore

Par le souffle des vents.

Nul frein, nulle pudeur ne relient cette audace. L'impie encouragé se nomme, écrit, menace France, tu n'es donc plus le séjour de la foi ? Terre de saint Louis, quels changements extrêmes !

Faut-il que lu blasphèmes

Le Dieu de ce grand roi ?

Quels dogmes insolents en tous lieux retentissent! Les femmes, les vieillards, les enfants applau iissent. Et boivent à longs traits ces poisons séducteurs. Mais quelles sont enfin les utiles maximes

Fi les leçons sublimes

De ces rares docteurs ?

Ti>ni n'est que préjugé d'enfance ou de jeunesse; L s rem rds sont les cris de l'humaine faiblesse; Je (lois sur mes besoins régler mes actions : L'homme, esclavebrulal de l'instinct qui l'enflamme,

Sans Dieu, sans loi, sans âme,

N'a que des passions.

Par de fausses lueurs impnidemment guidée.

Ma trop faible raison n'a qu'une vaine idée

Des plus saintes vertus, des forfaits les plus noirs.

-J. LEFRANC, MARQUIS DE rOMPIGNAN. US8

Je suis fils, père, éfoux, sans chaîne qui me lie, Citoyen sans patrie, Et sujet sans devoirs.

Cet ordre merveilleux de la nature entière N'est qu'un pouvoir aveugle, enfant delà matière. Un concours incertain d'atomes ramassés.

De cent vieilles erreurs pitoyable mélange l

Philosophie éirange

Qui fait des insensés !

Parlez, fameux mortels, prodiges de science, Quand vousaurezdéiruit mes remords, ma croyance, Vos systèmes hardis feront-ils mon bonheur? L'homme que vous plaignez, cet homme si fragile.

S'il n'est plus d'Evangi'e,

En sera-l-il meilleur ?

Mais si Dieu, l'Esprit-Saint, nous l'a dicté aii mê-

[me, Et si de noire foi celte règle suprême Doit vaincre au dernier jour vos troni) eurs argu-

[mcnts; Perfides, répondez, quel attentat égale L'imposture fatale De' vos enseignements?

Je vois déjà des traits s'élancer de leurs bouches ; Qu'ils redoublent leurs cris, ces ennemis farou»

[ches ; Que mon cœur ni ma voix n'ont jamais offensés. Hélas ! je leur pardonne, et malgré leurs injure ,

Oui, les races futures

Me vengeront assez.

Je pardonne aux transports de leur fougueuse haine, Si, parmi les succès dont le vent les entraîne, A la foi qui s'ébranle il reste des soutiens ; Et si l'impiété qui subjugue nos villes,

Du moins dans ces asiles

Laisse encor des chrétiens.

Ne cessez point de l'être, ô vous, peuple fidèle. Qui dans vos durs travaux, conservez avec zèle Celle foi pure et simple, heureux présent descieux, El n'abandonnez point pour d'absurdes chimères.

Du culte de vos pères

Le dépôt précieux.

Le Dieu qu'ils adoraient, est le Dieu qui vous donne Les moissons de l'été, le nectar de l'automne, L'herbe de la prairie tt le lait des troupeaux ; Le Dieu qu'ils adorai ni, étend sa providence

Jusqu'à la subsistance

Des moindres animaux.

C'est lui qui vous exauce au temps de vos alarmes Qui fait tomber les (lots que demandent vos larmes, Quanl un ciel trop brûlant dessèche nos vallons; Ou qui relient les eaux dans le sein des nuages,

Quand de trop longs orages

Inondent vos sillons.

OF.IXIEMK PAUTir.

l'OF.SIKS DIVF.USF.S. - ODF.S.

C.Vsi lui qui vous a|ipron<l ^ sii|i|ii)rliT vos pciiu-», Si le prince esi injuste i-ii srs lois souviraims. Vous lavi (|uc le ciul IM ou tard l'i-n punit; Vous pleuri'z cntecrct le> tiinmplies du vUc ;

Vous plaignez la jifilico,

l>ui<t le régne liiiil.

Au soûl Jnpe iiifaillilili- aliamlonni^r le reste; Opposer aux revers une douleur modeste; Carder la paix du cu-ur dans les temps oiageux ; No ncrdrc aucun nioiuenl de celle couilo vie,

C'est la pliilosopliie

De qui vcul cire lieureu:^.

C'est la ^ôlre. liablianis de ces bords solilaires, Qui n'êtes point encor les jouets volontaires De l'erreur atlacliée au superbe savoir ; Et i|ui n'employez pas tant d'inutiles veilles,

A sonder des merveilles

Qu'il voas salTil de voir.

Puissent des sentiments que le siècle condamne,

En ilépii des complots d'une secte profane.

Vous sauver pour toujours de ses coups mcur-

[triers; fuissent-ils de vos Gis, ricbe et commun part^'ge,

Habiter d'-àge en âge

Vos toits cl mes foyers.

Ah ! si jaraaisces lieux, dontle sort m'intéresse. Rassemblent les olijcts de toute ma tendresse, Une épouse, un enfanl, doux trcsors de mon cœur ! Quel plaisir de les voir avec vous dans ce temple ,

Prendre, donner l'exemple

D'une tendre ferveur.

Nos vœux, nos cliants unis veienliront ensemble; El le blasplhéiiiaieur, qui menace el qui tremble. Sèmera dans les airs le brull de ses discours. En attendant un siècle aux vertus moins funeste,

Qui proscrive el déleste

Les vices de nos jours.

Occupé cepenilani de mes travaux rustiques. Dans ce port éloigné des tempêtes publiques. Je vivrai sans soucis en vivant sans emploi. Trop heureux que mes jours, si le ciel me seconde,

Inutiles au monde.

Soient utiles pour moi.

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