‹ Œuvres completesChapitre 178 sur 232 · SLR LA SCIENCE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

SLR LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

Ami, le sort t'éprouve, il attaque ton cœur.

De ce triste combat tu sortiras vainqueur ;

Ta vertu me l'annonce, ainsi que ton courage.

Ces armes sont toujours le bouclier du sage.

Une invisible main en protège l'effort.

Mais ce puissant secours qui te rendra si fort.

N'est point, tu le sais trop, le fruit d'un vâiu sys-

[lème.

Qui dans tous ses revers livre l'homme à lui-même. Et pour le consoler par des objets flatteurs. Lui promet le néant au bout de ses malheurs.

Non, non, cher Mirabeau, l'âme dans ses blessures Doit chercher le remède en des sources plus pures. Que peut elle espérer de ces afl'reux écrits. Dignes également d'horreur et de mépris. Qui, bravant la raison, les lois elle tonnerre, Montrent avec audace aux regards de la terre, La Bible et l'Alcorim mis au même niveau, Et parlent aussi mal de Dieu que de lîoileau? C'est là que tant de fous ont puisé leur sagesse; La tienne est dilférente, et même en ta jeunesse Je l'ai vu préparer, par de brillants essais. De ton âge plus mûr les illuslres succès. Tes écrits font partout chérir l'ami des hommes. Déjà de plus d'un prince ils sont les économes; Qu'ils le soient de ton âme et de tes actions. Ton cœur s'est toujouis peint dans les productions, Dès l'enfance ennemis de tous les plans sinistres. Le culte révélé, nos autels, leurs ministres, r.cs'cloitres renommés qu'un renverse aujourd'hui, t ni ivouvé ''ans la plume un vigouieux appui.

ItFl'XlKMI l'\Klli:.

l'OKMis iiivr:iisRS.

tl'ITRES.

Tuti clo.|iieiico alors jii!>ioini-iii imli^iK^o,

A nos rér rnialeuri arraclKilt la L-njinéo (185).

IK-s cuiiiires francsis lu réilainuis li's droits.

Kl la ilaliililo tli> iiDS ïiili.|Ui>s lois.

|iii capriio liscal tu plaii;nals les victime'..

N'ab.inilonne jamais de si saintes maximes '

yne des priVoiïtcs vrais soinil hicii nu mai suivis,'

l n lidinme tel ijui- loi no c'li:iii;^c |i(iinl d'avis.

Vi'ille sur Ion éccde t'tsaiivo imi ouvrage.

Socralc dt's luoriels fut nommé le plus sage;

Mais ce liiviii Siciaie, honneur de l'univers,

Kut aussi qui'l.jiiorois îles disciples pervers.

l.a venu, le savoir, les munirs, tnul dégénère.

(\'Ue plante éiaii bonne, un mauvais tliamp l'al-

[léic.

le soc du labiiiireiir ne fertilise pas Les cailloux, le gravier, ni les terrains ingrats. Coiiibien de sauvageons élevés sous ton onibic! He tes admirateurs tel grossissait le nombie. Tel venait aui mardis pour y faire son conrs, V.i de réconomistc eiiipruiiuiil le discours, Qui nourrissant dès lors sa mauvaise doclrine Ho nos propriélés nicilitail la ruine, lu mol au meilleur sens peut devenir fatal ;

I 11 mot qu'en lalsifie, ou qu'on e^plique mal, O'iuie foule d'erreurs est la cause féconde : Toujours l'abus du vrai mit le faux dans le monde. Ou texte le plus pur la glose est le poison ;

La folie a souvent iniilé la raison.

Oui, peui-èlic du lise un agent mercenaire.

Embrouillant tes leçons par un sol coniincnlaiic

V verra malgré toi le g' rnie on le levain

l>es dogmes dangereux si cliers au publicaiii.

Il (oindra d ignorer que tes règles uliles

Prescrivent des devoirs, mais non des droits ser-

[viies Et (lia Ijcheaiont qu'il n'est point d'autres lois y.i;: la volonté seule ou le clin d'œil des rois, (jue c'est connaître mal leur dignité sublime,' Elle zèle constant qui pour eux nous anime ! Nous servons en sujets et nous aimons en fils Le pouvoir pal rnel que Dieu leur a commis. Le langage des lois n'est point un cri de guérie ; Leur silence est funeste aux maiircs de la terre. L'esclave sous le joug se tait, mais il trahit ; Le Fiançais opprimé se plaint, mais obéit.

Ami, tout peuple libre a le droit de suffrage;

II doit de SCS tributs l'aire au moins le partage. Ce fui de nos aïeux l'inviolable loi :

'x'es écrits immortels en feront toujours foi.

l'our les siècles futurs, comme au temps où nous

[sommes, Tu dois à ces écrits le nom d'ami des hommes. Conserve donc ce titre à jamais précieux, Apanage divin d'un envoyé des cieux ; Il émojsse à les pieds tous les traits de l'envie. Il assure la gloiie, il embellil ta vie ;

Il vole, il rctiniit en des clinnats dé^erlg, Et me remplit du feu qui nrinspire ces vrTt Uiclie par tes bienf.iils de l'esinne piil)lii|ue. Tu sentiras bien innins h- mallii'ur doine!>lii|ufc ; Tu ciuileras encor des jour» pic-ins de douceur. Et qui fait des lieureux jouit du vrai bonheur

Mais que dis-je ! les liicns, les vastes héritages De les instructions goijtent les avantages; Les arbres et les fruits croissent par tes leçons : Des champs abandonnés se couvrent de moissons. Un tribunal champêtre, au sein de les domaines, Termine sans débats les piocès et les haines. Tes travaux et tes soins, du préjugé vainqueurs Changent du Liinuiisin le terroir et les mo'urs. L'habitant du Bigiion bénit to-.i industrie,! Dont le progrès s'étend jusque dans la patrie. Ces bords cù de Eloicnce illustres exilés,' Tes ancêtres jadis [vr la France appelés,' Choisirent la demeure où la faible paupière Pour la première fois s'ouvrit à la lumière ; Ces bords que la nature et son plus doux regard Favoriseraient jxmi sans le secours de i'arl, De l'ange écoiioinique éprouvent l'inllucnce, Et des cultivateurs relèvent l'esiiérance. Ce ne sont plus des champs, des monls inhabiles; Tu liàiis des hameaux en des lieux écariés, Des celliers, des pressoirs, de laiges édifices. Qu'un fermier vertueux occupe avec délices. On voit rouler des chars et bondir des troupeaux. La chèvre et la brebis, les coursiers, les tauieaux, S'cngraisseiit des guerèts qu'à leur tour ils fé.on-

[deiii.

Ils formenl divers cris, les rochers leur répondent. Parmi ce bruit confus le jeune vigneron Mêle aux chants du pasieur sa rustique chanson.

0 concerts qui charmaient l'oreille des Camilies Qiic vous avez d'appas pour les âmes tranquilles ! Elles n'ont pas besoin, pour calmer des remords. Qu'un opé"a bruyant leur prèle ses accords. Leur spectacle est le ciel, leur livre est la natii.e. Mais, ami, de les soins achevons la peinture. Rien ne trompe, ne fuit tes regards pénétrants. A la loi du niveau tu soumets les torrents.; La fougueuse Durance apprend l'art d'être utile, De fleuve impétueux devient canal docile, l'.euiplit sans résister les différents conduits Que les mains ont tracés, que ton or a construits; Sur un sol découvert on sous d'obscures voûtes, Obéiiau compas qui lui marqua ses routes, El court jusqu'au passage où ses (lois ramassés. Pour le besoin commun l'un par l'aut-e poussés, Font mouvoir nuit el jour ces roches circulaires. Qui brisent de Céiès les grains si nécessaires. L'onde enfin se partage en de nombreux ruisseaux; C'est ainsi que le fleuve en te livrant ses eaux. Donne de la vigueur à tes moissons flétries.

(185) 0 yéfprinateur: à coups ilc cognée! Exprcssiuii de V.imides /loiiim.j.

ŒUVRES RELIGIEUSES DE J -J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN

Des aliments à riiommc et de l'herbe nii.x prairies. Que j'aime ces travaux ! qu'ils sont dignes de toi ' L'inlérêi le plus vif les rapproche de moi. Au décoiiragenienl quand d'autres s'abandonnent, Ton ardeur me ravit ; tes ressourci s m'étoiineiit. Dans ces temps si cruels, si duis pour les humains. Je sais que tout s'oppose aux plus nobks desseins ; Que la ftscaliié dans sun règne arbitraire. Après le siipeiflu s'en prend au nécessaire; Ole aux cœurs liieiil'aisnnts, appui des mallienrcux, Les moyens de servir un peiichaiil généienx. Sur la charité même étend sa main barba, e, L'appauvrit et la force à devenir av;irc.

De ces terribles maux, suite de nos forfaits. Tu connais le danger, tu pré. ois les effets. On cache en vain rabiinenù conduit cette pente. Si ton âme en gémit, ton zèle s'en augmente. Philosophe des champs, rival de Xcnophon, Tu sers mieux les humains que ne ferait Platon. Surtout ne permets pas qu'une fausse morale Altère adioiiemcnt ta sagesse rurale (180). Celle sagesse est pure, et nous rendrait encor. Si nous le méritions, les biens de l'âge d'or. L'autre est empoisonnée en toutes ses maximes, Etda sièili de fer reproduirait les crimes. Que la philosophie écarte ce venin ; Assci d'iiuires abus trompent le genre humain. Puisses-tu parmi nous relever les limites Qu'à nos prétentions le ciel avait piescrites. ' L'économie apprend que l'univers moral Sans des rangs inégaux se gouvernerait mal; Que des conditions la juste dilférence Est l'iinninable poids qui fixe la balance; Et qu'entre eux les mortels, ennemis ou rivaux. Seraient tous confondus s'ils étaient tous égaux. Dans le plan lumineux i|ue la raison nous trace , Tu remets chaque ol.jei et chaque homme à sa

[place.

Au succès de ce plan tout devrait conspirer. C'est là, cher Mirabeau, que j'aime à l'admirer.

L'ordre est le grand principe où la réj^lese fjiide, El c'est l'ordre anjuurd'hui qn'on vent ban:.ii du

[mon .0.

Craignons les préjugés autant que les errc;;rs ; Souveni avic méthode ils causent des miillieurs. Le caprice délruii et jama s ne répare. Dans de vagues projets tout e-pril qui s'égare Se voit à ciuKiue pas arréié, combattu. Ennemis de l'excès, même dans la vertu, S.iges dans nos écriis, niais fermes et sincères. Rendons sans cesse hommage à la foi de nos pè-

[ros ; Pleins de respect, de zèle et d'amour pour nos rois. Osons plcur.T le sort de Thémis et des lois.

(18G) Lu pliilosopliie rurale, ouvrage de M. le nîarquis (le Mirabeau.

(187) Ce vers est la traduction liiiéralc <!'!:» axiome admirable de l'cmportiur J:istiiiii.n. C'est par la

Attendant que le ciel les ramène en nos villes, Fixons-lis, s'il se peut, dans de meilleurs as;l s. Que le peuple agricole écoute leur» leçons. Et qu'il sjche à quel titre il lueille de? moissons. Tout bon cullivaieur doit être actif et ju^te (187). Qu'importe qu'à l'adresse il joigne un corps ro-

[husle.

Si louj urs l'.gnorance étouffe dans son cœur De sa faible raison la première lueur ? Qu'il apprenne de nous à sinlir, à cjnnai re. Que s.MU propre ii.lérét lui serve au moins de mal-

[tr?.

Qai veut chez ses voisins trouver un sur appui. Pour jouir de son champ respecte ceux d'aulrui. Il est un droit public, uns loi naturelle, Qui des sociéiés est la garde fidèle.

Oii ne peut sans se nuire en mépriser la voix; Violer ses devoirs, c'est abjurer ses droits

Devant la vérité l'aveugle erreur s'envole Heureux qui sait aux champs se former une école, Y porter la lumière, y semer avec fruit Le goût de la justice et du bien qui la suit! (Vue la prospérité qu'cnfanl^ra ce germe. De noire ambition soit l'objet et le terme. L'économe a la sior.ne ; elle offre à ses désirs Des honneurs, de la gloire, et même des plaisirs. K est de nos colons le vengeur, l'interprète ; H va les consulter jusque dans leur retraiie. Il démontre à Coli'crt que l'art du laboureur, Plus que les autres arts méritait sa faveur ; Que le laboureur seul produit et vivifie; Qu'aux diflërcnts méliers lui seul donne la vie; Que du commerce même il rèi^le les destins. Et que tout nait, prospère, (l s'accroît par ses ma'ns. Combattons les rigueurs de cette loi trop dure. Qui le chargi ant d'impô;s fa; radie à la culture ; Pour le plaisir des yeux, le contraint sans pl;ié, A frayer des chemins trop larges de moitié. Le traite en vil esclave, et sans pai.n ni' salaire. Le fait sur la brouette expirer de misère. Relevons son courage et renJons-lui l'espoir. Il est humble, soumis, lidclc à son devoir. Qu'il piirtage avec nous ce fou patriotique Qu'allumera toujours le zèle économique.

Le hameau, le village, et ces châteaux épars Dont les murs négligés cronlent de toutes parti ; Ces temples du Seigneur qui tombent en ruines. Ces vignobles sans fruits cis prés couverts d'épi-

(nes.

Ces chanips mal culii\és, ces vergers dépéris, Le^r clôture déirni e et leurs canaux taris. Les plaines, les cote:iux, les huis et les va lécs. Tout perdra cet aspect de terres désolées, ;

Tout r.piendra sa firme, et bénira les soins

qu'il commence ses lois gcor^iques. Tiph tôv yir,p;iv E^-yzJousïov TS'J I3iciv è.yr,û-j lUai Six^tov . H l<i'ut que le cuHivaleur i/iii travuille son propre champ soil juste.

1517 iihmi;mi: iwinii:. - I'ok

Oui rùiablissiiii l'orJieel culimiit !>« Iietoiiis.

SiiiTuiii celle carrière, umi ; r'cii loii nuvia^i-. K;ii>oii.<i (le li'ii Irions un s;iliiiaiie iis^ige. 0>i'' lit s iiistriu-liuiis, (|iiu l'es cnniis iiuummuv l'jilciul ilo la rttliure écluircni lis iraviiux. I':ir l'aurait (lu l'cMniple, el par l'i-xpéiifiice, l>ii plus ri^i'uml ili's arts ùtiMnloiis la i>ciciii'u; l'roi iiruns au( iiiorlcU île vi'ril;ilili'.s liii'iis, Lt soyons sans onipluis d'utiles ciluitons.

flPITIU' \l.

SI II lA m: 111 Mil;.

IiiHs les jours mallieuroux île lotie oi d'erreurs, Oii.ind lout l'sl coironipii. la loi, le g(!Ùl, les ii.ueurs, Quand la raison se perd, que resie-l il au sage? l>iiix };raiids ronsolateurs, s'il sait en faire usage, m-ux ami», s'il la veut, qu'il ne perdra jamais; l>eux amis précieux, la-rciruiie el la paix.

Je les trouve cliez toi, malgré la somlno ciivii>, Clwz loi qui lis, liéUis ! les beaux jouis de ma vie, Kt qui ferais encore ma joie et mon bonheur. Si les maux trop souvent ne déchiraient mon cœur. Tendre éiiouse, le ciel qui forma notre cliainc Y mola des anneaux >!e douleur el de peine. Si je me ^is en proie à d'indignes fureurs. Ta vertu quelquefois eut des persécuteurs. D'un prélal révéré (18S) la sainte confiance, IVunponiife romain (ISi)) l'auguste bie:ivcillaricc, N'ont |)u 11' garantir des | lus sensibles coups; 0 serviteurs de Dieu, serie/.-vous donc jaloux ! Quel zèle peu chrétien vous brûle de ses llainines ! Trop heureux toulefoià iiiie dans nos faibles àiiie, llel ulile concours d'i^nvioux cl d'ingials, El du siècle et du monde ail vaincu les appas.

Oe.ece monde est paur no;is un cruel ajversaire! Oi:e nous oÛVir::it-il qui put j imais nous plaire! (;u'y voyons-nous ? un luxe insole.'it, inonslrueux, Des plaisirs effrénés, des arts voîuplueux, !'e sublimes esprils dans de mauvaises lèlcs ; Si peu d'honHcies gens ei Innt de gens honnêtes ; Des écrits où l'impie, enivré de succès, Enchérit sans remords sur ses premiers excès;] Li le faux et le vrai devenus des problèmes ; Dt-s seniiuienls ouirés, de bizarres svsîèines ; Le pauvre au lieu de pain lecevaiit des Icçu'is ; Des iraités de culture et des champs sans moissons ; De vrais persécul urs préidianl la tolérance; I. a servitude en guerre avec l'indépendance; Les devoirs les plus saints foulés avec mépris, El l'anarchie enûn des cœurs et des esprits.

Fuyons, chère compagne, et dans ces jouis d'o'-a-

Lses,

(188) Feu Mgr l'évêque d'Amiens a toujours eu pour la M. D. P. une tendresse vraiment paier- •iielle.

(ISOi Le Pape Clément XIU a honoré Mada!î:e la M. U. P. d'un bre!, accompagné d'un très-beau

Sli;s DIM.IISES. - EPITIIES. 1518

Di'i niions notre barque au péri des naufrag ». ( lii-ii lions une dunieuie nii la voix des éilii» N'apporte que de loin le son bruyant des fluiH. <Jue ne put»-je a mon gré le choisir un asile, Kl jiMiir avec lui dans un I lisir tranquille, Du biinheur peu connu, moins eatore envié, D'oubliir l'u .ivcrs, cl d'eii.èiro oublié!

0 li iix que la Garon.- e cniicliii de son onJe,

Où le ciel f si si pur, la lerre si féconde,

Séjour d'où j'ai bantii, du moins par mes travaux,

L'.ilfreuse pauvreté, cause de lant i!e maux;

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