‹ Œuvres completesChapitre 19 sur 232 · V.Wxï. V. ilItOL. MOUM.K · texte numérisé non relu

V.Wxï. V. ilItOL. MOUM.K

Uroil  riiiiiiiurtL'Ilo caui'uiino (]uo lu (iriiu'o d"S l'asIiMir;! lucKia lui-i\)(>inc sur l:i liMi' (lu SOS liilùlfs minisln-s. Ht cum oppurueril linnccps pusloniin, percipiclis imman-essibtlan yluriœ conniitm,

(jr.MlUt'MK I.I-TTUE

sciKNCi: i:r talims sli:essaiiu:s a ln (;h. ytu ; tsAiiii yu'ii. kn uoit rAiHK.

Il esl dillii i'o riu'oii su reiicoiilre d.iris les lonséiiiieiict'S, I >rS(|u'oii esl (luili de |iiiiicipt's opj'Osés. Nous avons, Moiiseit^iiour, vous t'I moi , sur In lii^^uilé (i|iisco- |ijili', des idées qui ne rus/uilileul t;uère à relies do liii'i» des j^oiis du monde et du i|u<-l(|ues membres du eler^é : les lellres l'iécédeiites eu l'oul foi. Celle dillerence doil en iuuener une lri>s-im|>Orl;ndo d.uis l;i niaiiii>re d'envisager lis Uilenls cl les conn;dssance$ (|u"exige l'éjiiseopal.

Si ces idées nous él;iient [Moprcs, si elles «ilaienl |irobléiualiiiues, on pourrail, en les conleslant, répandre des doutes sur la liaison que nous niellons entre elles el les qualités nécessaires à un évé(|ue. Mais la doctrine ((u'on a vue ei-devaul n'est pas la nuire; c'est celle des livres saints, des rères et des conciles. C'est encore aujourd'hui, et toujours elle le sera, celle de l'Eglise universelle, ijui ne cesse de réclanior, par sou enseigeuient public cl invariable, contre les abus commis sous ses yeux. Les auteurs ou les complices de ces abus sont quel(juefois du nombre do ses principaux ministres. Mais s'ils avaient àîs'en cxiiliiiuer avec toute l'a/.torilé du ministère épiscopal, ils uniraient, pour les condamner, leur sutîrayieà celui de leurs confrères; ou s'ils osaient alors en prendre ouverleinenl la défense, ils n'échapperaient p-is 5 l'anathèiuo, comme ajoutant Teneur à la prévarication. Quelque parti qu'ils firissent, ils concourraient à l'airermissement do la saine doctrine, soit en réprouvant par leurs décisions ce qu'ils se iiernictlent dans la pratiijue, hommage le plus , solennel (ju'on puisse rendre à la vérité; soit en donnant uu nouvel éclata son triomphe par une résistance qui ne tournerait (|u'à leur confusion. L'épiscopal, quoi qu'on puisse en dire, est indubitablement, ot esseniicllement, et uniquement, une dignité sacrée. Ses devoirs, ses fonctions, ses prérogatives, même lempo-elles el d'institution humaine, se rapportent à la conduite et au salut des âmes. C'est de là qu'il faut partir pour ap[)récier les talents et les counaissances !des sujets qu'on y veut appeler.

Ainsi, lorsque nous entendons dire que les talents d'un évèque se réduisent h avoir de l'esprit, et lorsque ce mol vague, appliqué souvent à lort cl à travers, signille, dans la bouche de ceux qui le profèrent, la vivacité ou les agrément», du resjMit, sans examiner si les autres s'y trouvent jointes, nous nous récrions avec justice coiilie une maxime aussi fausse qu'elle est profane. Nous ne reconnaisS'iiis jias dans ce genre U'''si'rit les talents d'un évèque, non (pi'il

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no puisse s'allier avec euï, ei pur cctto allimico ûliu de ipiuli|ue iilililé dans l'exereico do l'épiscopal; lUfiis il no saurait suppléera ces talents, il no les suppose, ou no les coui|ircnd nas. S'il uuinqui; au milieu de leur assemblage, il n'y fi'it pas un vide; s'il esl seul, loin de sullire à un évoque, il nuit II sa place aulanl el peut être plus (pie les privations ipii devaient l'en éloigner.

C'est ainsi (pio la droite raison juge di; (0 genre d'es|irit, plus commun et plus estimé parmi nous que dans tonli! autre nation. I.e Français, dont la conception est nalurellemenl vive el le caractère enjoué, prodigue aisément ses éloges àun esprit ((ui a le droit de lui plaire. Do là naissent des réputations , formées originairement dans le cercle d'une société, et qui s'étendent ensuite plus loin, sauf à s'évanouir après un éilat passager: de là l'indilférenco et ijuclquefois le mépris pour des mérites lilus réels, mais dépourvus d'une superficie aussi agréable. Je dirai d'abord que celle gentillesse tant applaudie est une profanalion de l'esprit, qui peut, je l'avoue, servir sans se ravaler ù l'amusement, mais pourvu que ce ne soit pas son uniijue ou son principal usage ; j'ajoule que c'est uu désordre moral, surtout si cet amusiimenl est doiuié et reçu, comme il n'est que trop oniinaire, aux dépens d(; la religion et de la vertu. Eiilin, j'observe tiue la chose [lublique peul en souUVir et en a soufl'eit plus d'une fois; car tel est d'une part l'excès de la confiance et de la léuiérité, de l'autre, celui de l'illusion, qu'un homme d'esprit, dans le sens dont il s'agit ici, n'a qu'à s'annoncer pour être capable de tout; il trouve des gens qui le croient, il en irouvc qui appuient ses prétentions. On en ferait volontiers un modérateur des linances , un premier magistrat, un ministre, un général d'armée. Combien sont parvenus de celte manière à des charges dont ils n'étaient pas plus ca[)ables qu'un esclave nourri dans les intrigues du sérail, de la dignité de grand vizir: leur incapacité reconnue par une fâcheuse exp';rieiicc n'intimide pas leurs sembl'ables; elle n'empêche pas loujours ([ue ceux ci ne jirospèrent ; tant il est vrai que le souvenir du [iassé est inutile à la plupart des hommes, enivrés du présent et ne voulant voir dans l'avenir que ce qui les tlatte el ce qu'ils désirent; mais les sages n'ont pas besoin de cette leçon, que les événements donnent, et dont on prolile si peu. Ils jugent, par une lumière plus sûre, qu'un es- {•rit vif n'est propre aux grandes |)laces que lorsqu'il est en même lemi>s solide, profond, étendu, élevé ; qu'avec ces qualités il pourrait se [lasser d'un avantage qui abrège lo travail, mais ne le rend i)as loujours meilleur. Quant aux agréments de l'esprit, si l'est le mérite dominant et le [dus commun d'un aspirant à des emplois considérables, loin de l'admettre comme un titre sullisant, ils seraient plutôt disposés à en faire un litre d'exclusion. En clfcl le goût do la !ii-

volilô, el le luleiil d'y réussir, sont naturellement incompaliblesavec un rôle important à jouer sur le théâtre du monde: ou, pour exprimer la même vérité dans un langage |)lus populaire, un petit-maîlre n'est pas né pour les grandes choses. On compte peu d'exceptions à cette règle. Les admirateurs de ceux qui ont réuni des personnages si disparates, sont forcés de convenir que ce mélange a été une tache, et souvent un obstacle à remplir jusqu'au bout une brillante carrière. Or,[si l'on pense ainsi des places ou des dignités séculières qui exigent des talents supérieurs, une application sérieuse, un travail assidu, comment peut-on imaginer que les grâces de la conversation, la hardiesse et la facilité à s'énoncer, l'art de manier la plaisanterie, une intelligence firompte, mais exercée sur de petits objets, sQlynt des degrés convenables pour monter il répisco|iat?

Rangerons-nous dans la même clasi^e le talent d'exceller dans les lettres? Non certainement. Car les mêmes motifs qui ont engagé les Pères à regarder les lettres comme un des soutiens de la religion, prouvent que le talent d'y exceller convient [larfuitement à un évoque, chargé par son ministère d'enseigner el de défendre la religion. Mais la littérature qui peut l'honorer n'est pas S3ns doute une légère et mince littérature à qui les sources de l'antiquité n'aient jamais clé ouvertes, ou ne l'aient été que pour n'y plus recourir; à qui même la lecture des plus parfaits écrivains de notre langue soit peu lamilière, mais qui possède en revanche ces modernes livrets et ces brochures éphémères dont le public est inondé. Je ne deniande pas si celte littérature a été celle des prélats célèbres par leur éloquence et par leur savoir, comme par leurs vertus et leurs travaux apostoliques. En est-ce une ieulementqui constitue l'homme de lettres ? M'esl-il pas évident qu'un évèque qui aurait eu le malheur de s'y livrer dans sa jeunesse, devrait au nioins en rougir dans un âge [ilus mùr, cacher profondément les misérables connaissances qu'il y aurait acijuises, et en elfacer les traces , s'il en subsiste encore, par les fruits abondants d'une science plus utile et mieux assortie à son étal?

Au surplus, quelque estimable que soit

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l'étude des lettres el le talent d y exceller, l'un et l'autre ont leurs bornes dans l'exercice de l'épiscopat. Un évoque est étroitement obligé de tourner au profit de son ministère les talents naturels qu'il a reçus de Dieu, et les connaissances humaines dont il a enrichi son esprit. Toute autre destination lui en est interdite. Il ne lui est pas même permis, dans l'usage le plus religieux qu'il en puisse suivre, d'y chercher la réputation attachée parmi les hommes à ce genre de mérite. C'est la sagesse de l'Egypte, qu'il ne peut employer, comme Moïse, qu'à gouverner le peuple de Dieu. Ce sont les dépouilles des Egyptiens (\\x'on\\i\ redemande, comme aux chefs des tribus d'Israël , pour la construction et la décoration du tabernacle. 11 serait bien à |)laindre, si, faisant de si grandes choses, il croyait en être payé par une vaine et |)érissable gloire. Il connaîtrait bien peu le prix du temps qui lui est accordé, s'il croyait [)ouvoir en disposer librement. Il n'en est plus le maître, il le doit tout entier au service de Dieu et do l'Eglise; ses occupations sont trop graves, trop multipliées, pour être longtemps et fréquemment interrompues par de nouvelles études purement littéraires. Si ces éludes n'ont pas le môme vice que les instructions (iharisaïques dont la jeunesse de saint Paul avait été imbue, qu'il avait laissées derrière lui (62), en embrassant le christianisme ; qu'il s'efforçait d'oîtô/î'er, pour ne tendre désormais qu'au terme de ses courses évangéliques ; si un évêque enfin peut conserver de l'amour pour les lettres, une application à les cultiver, trop fuite et trop marquée, ternirait sa vie devant Dieu et môme devant les hommes. Il tomberait véritablement dans le défaut dont saint Jérôme avait gémi pour lui-même (63), d'éire jilus cicéronienque chrétien. 11 encourrait le reproche que saint Grégoire, Pape, faisait à Didier, évêque de Vienne. Quoique la vie sainte de ce (u-élat, le glorieux martyre qui la termina, le culte que son Eglise lui a toujours rendu et lui rend encore, donnent tout lieu de présumer ou que les alarmes de saint Grégoire avaient été excitées par défausses informations, ou que ses avertissements avaient retranché toute apparence d'excès dans le goût de saint Didief pour la littérature (64j.

<C1) Quœ qu'idem rétro stiiU oblirisceiis, ad ca Vi'io qiuv stiiil priorti exlendciis mâj'SHin , ad desliiiiilnm persequor. (Pliitipp. m, 15, 14.

(ti>) SancUis lliEiioxYuus, EphUilci ad Eulychium.

(Gi) bailli Didier, évêque de Vienne , avait deiiiaiidd au Pape le pallium, doiil l'usage était ancien paiiiii SCS [iiédécesscurs, el le rélaldisseiiienl des uu.res privilèges accordés à son Eglise par le Siège aposloliqiie; c'esl ce i|ui coiisle par la réponse de saiul Grégoire, qui esi la cent douzième lellre de ce Pajie, livre iieuviéiiie , indiclioii seconde, édition des Bénéditlins. L'unique obstacle au succès de celle deuiande fut alors la disette de titres .i ce siiji'l. Lo Pape n'en trouva point dans les archives de son Siège; il pria révéquc de Vienne d'en chercher dans les siennes. Didier satisfit s.ans doute à

celte demande; mais dans l'intervalle, nn emp&cliemenl plus grave était survenu. On l'avait représeiilé au Pape coinnie un amateur si passionné des lettres humaines, qu'il ne cr.iignail pas d'avilir sa dignité par les fonctions de prolesseur de grammaire : l'ervenit ad nos quod sine verecundia commemorure non possunitis , (raiernitatem luum grammiilicam quibusdam cxponere. 11 ne comprcji.iit pas ([u'un évêque se permîl, ce qui ne convieiidrail pas même à un laïque religieux, de chanter de la nièine bouche les louanges de Jupiier et celles de Jésus- Christ : In uno se ore cani Jovis laudibus CItrisli landes non canut. Qnam grave nejandiimque sit episcopo canere , quod religiu.so luico non conveniut , ip^c considcrii. Le pvélie Canditie, (|ui régissait (iaiislcj Gaules le pairimuii.c da l'Eglise romaine,

l'VllT. V IIIIOI.. MOUALK.

l.o lalonl lies tilliMi'fs l'nI plus aiialu^uo 5 uiii> placo d'.i>liiiini>ti'iiliiiii, i|uu celui de fiinvorser ai^ri'aljleiiii'iil , mi inOiiiu il'>'\celUr iliiiis lis Icllrrî.. Qu'un tWô(|ue l'ait doiii-, h la lioniio liouif; lo sur», si Ttin vt'ul, un avaiilantî de pliii. Mais col avaiilago 110 reiiioiilô pas à la iiriMiiiùru' iiislitu- (lon do r6pisco|iat. Heauiuiup de |)rélals dus premiers sièik's el des siùeles plus ri^cenls, oril su s'en ,)assor sans iiueuii préjudieo |H)ur leur dij^iiilé ni (idui' lour considération persiiiiiielle : l'usa^^o en driiiantlo des prùcaulions ut des correilil's. Je no rt^péterai pas ce ijuc j'ai dit ailleurs de l'exclusion que l'-^piSLopat iloil donner aux fonctions séculières (|ui n'y sont pas annexées, fl lors(pi'elles le sont, de la |irérérencu duo aux objets spirituels. Je tlirai seuleiuent ici que lo lalofit des alVaires contentieuses. ;ti'coiiij)aj;né du goiU pour ces sortes d'all'aires, est trés-dangcreux dans un évé<)ue. ll'eslpour lui une lenlaiion, non-seuloment de se dél'endre dans celles (|ui se préson- Ifiil, avec une rii^ueur et une ténacité (lui déjà ne sont nas d'un tro() bon exemple, mais encore d en faire naître et do les multiplier. S'il gagne les [jrocôs (ju'il entreprend, ces victoires lui coulent trop cher pour (lu'il ait lieu de s'en applaudir. Elles lui font perdre, dans son diocèse, la contiance et rafTeclion publiiiuos, sentiments (]ui font toute la gloire et tout lo bonliour d'uu évù(iue. La crainte et peut-être la haine en prennent la place. Des arrêts juridiquement obtenus sont plus conformes ù l'ordre légal que des voies d'autorité; ils sont également étrangers à l'oflice [lastoral. oi, au contraire, avec toute son intelligence réelle ou prétendue dans les affaires contentieuses, il perd celle i(u'il a entreprise, c'est encore pis. Il n'est jilus redouté, ni chéri; Ions les ressorts du gouvernement sont brisés entre ses mains; il ne lui reste que la triste consolation d'inijuiéter les autres, en se nourrissant lui-même d'une inquiétude qui lui est devenue naturelle.

Quels sont donc les talents véritablement nécessaires à un évéque? Nous ne mettrons pas h la tète une mesure sullisanle d'esprit. Il est trof) évident que le défaut de cette mesure serait dans un évoque une difformité choquante, une iucaïuicité absolue d'exercer

LUTIIES A IN EVliQUE, 1 iC. 478

son miiiislèri! Mal h propos on exposerait ici rexemplt; di'S npôlrcs. Lo Fils (lo Dieu avait ihiiisi pour les premiers liérauls do son l'ivangile d<'s hommes dénués de toutes les (jualilés extérieures (lui auraient pu en ini|ioserau monde, (^e clioix était digne do sa profondi' sagesse. La merveille de rétablissement do sa religion, avec di; si faibles moyens et contre l(!S plus puissants obstacles, n'en devait être quo plus écl.ilanle. Mais, sur ces hommes ignorants, grossiers, pauvres, nés dans des conditions obscures, il avait répandu avcx abondance les lumières surnaturelles de son esprit; il leur avait communictiio le doii des langues, le don do pro|»lié(ie, celui des mirai les. lùi comparaison de ces secours , (prenssent été l'éloquence, le savoir, la noblesse du sang, lo crédit et l'autorité? Leur prédication auraitelle eu le munie succès? Qu'il [laraisso de nouveaux apôtres, avec tout cequi a distingué la mission et signalé les travaux dos premiers, on no s'informera pas s'ils ont de l'esprit. Faisons cependant une observation qui n'est pas superflue. Le style des livres du Nonveau Testament se ressent en général do la première éducation de leurs auteurs; ils no sont |)as les seuls en qui l'inspiration divine ait laissé subsister lo fond de leur caractère et la trompe de lour esprit. Mais, indé[)endamment des vérités et des mystères sublimes qu'ils ont enseignés, après en avoir été instruits par une révélalion immédiate, il règne dans leurs écrits une droiture de jugemeiil, une solidité et une force do raisonnement qui sortent quelquefois du sein de l'ignorance et de la simplicité, (jue la science acquise ne donne et ne supjiose pas toujours, et qui sont néanmoins d'un grand prix dans l'opinion des hommes. Ce n'est pas là ce quo le langage dédaigneux du monde qualilie de bôtise. Or, de deux choses l'une : ou ces qualités étaient naturelles dans les apùlres, ou elles no fêlaient pas. Si elles l'étaient (supposition la [ilus vraisemblable, (larce (|u'il n'est pas ordinaire que Dieu, en élevant la nature, refonde ses matériaux jirimitifs), il n'est donc pas permis de conclure, de cet exemi)lo, qu'on puisse appeler à l'épiscopat des hommes assez disgraciés do la nature du côté de l'esjirit, pour devenir par là des objets dû

arrivé nouvellement à Rome , s'oiait insciil en faux contre ceue accnsalioii : il avail pris h» iléfeiise de saint Diilier, Toutefois saint Grégoire dcnienra persiiailé qu'un soupçon si injurieux à un évtMine devait être éclairci par loliii même ipii en était l'olijel ; il irnt devoir attendre cet éclaircissement, avant ipie d'accorder à l'évèipie de Vienne les grâces (jn'il avail demandées. Voilà le précis de la lettre 54 , livre XI, iinliclinn 4, édition des Bénédictins. La suite de la correspondance entre saint Gréijoire et sait Didier fit juger que l.i jusiilicalion de "celui-ci fut telle que le Pape l'avait désirée. Il n'était pas rare alors que des cvcqnes se cliargeassent eiixincmes de i'nistrnotion des jouneo clercs de leur Lglise; ils estimaient ce soin assci important poiii ne pas lo remettre en d'autres mains. Les premiers éléinenlb des leilioi Ininiaincs eniiaiciit dans cette

instruction. Saint Didier y trouvait à satisfaire son zèle pastoral, et tout à la fois son goût particulier qui l'avait suivi dans répisc()|iat. Des esprits peu éclairés ou mal intentionnés avaient pu envenimer cette conduite : mais, soit (pi'elle ei'u toujours été renfermée dans ses justes bornes , soit que l'alius, s'il y en avait eu qnelipriui , ait été corrigé par la leçon de saint Grégoire, saint Didier, évécpie de Vienne, n'a pas dû rester à jamais llélii par la dénomination méprisante de précepteur de grammaire, encore moins par l'odieuse imputation do souiller des louanges de Jupiter une Ijoiiclie consacrée à celles de Jésus-Clirisl. Mais il n'est (las douteux qu'ujic lillératuie, semblable à celle (|ue nous venons do lejeler, n'alliiàt avec justice à des prélats ijuj n'en ( iiltiveraient pas d'autres , mi reiuocïic équivalent.

CEUVUES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN

risée ou de pitié. Si elles ne l'élaienl pas, le prodige n'en est que plus grand, que l'elTfiision de l'Esprit-Saint n'ait pas seulement éclairé, étendu, perfectionné l'esprit des apôtres, mais qu'elle y ait mis d^'S facultés dont il était originairement privé. La preuve n'en est que [)lus forte, que Jésus-Christ a bien voulu avoir des apôtres qui ne fussent ni ne [larussent des orateurs, des poètes, des philosophes, des savants, mais qu'il n'a pas soutlerl que dans Texercice de leur ministère les hommes pussent les prendre pour des imbéciles et des idiots (65). A combien plus forte raison ce défaut doit-il Cire exclu de l'épiscopat, depuis que le don de miracles, né(;essaire à l'établissement de la religion, a cessé d'être un apanage de la dignité de ses premiers pasteurs, et que leur considération a eu besoin, pour se soutenir, non-seulemenl de leur zèle et de leurs vertus, mais aussi de cette mesure d'esprit que les houimes cherchent dans quiconque est chargé de les gouverner. Ce n'est pas que celle mesure doive toujours élre exigée dans le plus haut degré où elle seraildésirable. Parmi les sujets (?;;iscopa6/es, qu'on me pardonne ce terme, tous ne sont jias nés, à cet égard, avec les mûmes dispositions. On peut appliquer à ces dons natulels ce que saint Paul disait pour son temps «les grâces d'un ordre supérieur (66) : Tous ne sont pas apôtres, tous ne sont pas propliites, tous ne sont pas docteurs. Celte inégalité |)eut être compensée dans quelquesuns par d'autres avantages. Mais cntin il leur faut un degré d'esprit qui sullise à l'attente commune et à l'accomplissement des devoir.'* essentiels de leur état. Audessous on ne trouvera qu'une idole (67) (]ui n'aura ni rinlelligence ni l'utile activité du pasteur, si elle en occupe la place.

Un des princijiaux attributs de cet esprit est la capacité d'apiireniro les choses qu'un évêque doit particulièrement savoir, je veux dire les dogmes de la religion et les maximes do la morale, les règles do la discipline ecclésiastique, tout ce qui a rapport à la conduite d'un diucèse. En vain son esprit serait-il propre aux arts, à la littérature, à la politique, aux sciences même de raisonnement, mais purement humaines, quoique celles-ci aient une liaison plus direcle avec celles de son état: si néanmoins, subjugué par l'imagination, entraîné par une légèreté iiaturelle, détourné par un dégoût invincible, il n'a jamais pu fixer son cs()'it .^ un étude sérieuse et approfondie delà religion, il n'a pas l'e.'.prit qu'il doit avoir, celui qui

est indispensable pour l'épiscopat. Nous n'en sommes pas encore à l'usage de ces connaissances épiscopales. On voit pourtant en quoi elles consistent. Vous ne voulez pas. Monseigneur, que j'en dise davantage. La nécessité de la science, et de la science ecclésiastique, pour les ministres des autels et surtout pour les chefs du sanctuaire, est une de ces vérités dont le développement et les preuves se trouvent dans tous les livres, anciens et nouveaux, composés pour l'instruction des clercs.

Le talent de la parole et celui d'écrire, l'un et l'autie, jusqu'à un certain point, sont nécessaires à un évoque. Vous me dispensez encore d'entrer en preuve sur cela. Au fond, ce n'est dire autre chose, sinon que le soin de prêcher l'Evangile dans un diocèse, d'y conserver la saine doctrine, d'y confondre et d'en bannir l'erreur, roule sur la personne de l'évèquo. Qui oserait le nier? qui ne sait tout ce qu'en ont dit tous les conciles et les Pères, d'après les témoignages des livres saints? Si on l'ignore, on n'a pas les premières notions de l'épiscopat : si on le conteste, on n'a [las celles du christianisme.

Ne serait-il pas h souhaiter que l'évèquo fût toujours le meilleur prédicateur et le meilleur théologien de son diocèse? Ce souhait n'aurait rien que de conforme à la nature de sa dignité. Placé au-dessus des autres pour les instruire, la prééminence de sa persct'.ne serait à cet égard la môme (lue celle de son rang; mais il est rare, et il n'est pas absolument nécessaire que ces deux prééuiiuences marchent de front. La Providence permet souvent de l'inégalité entre l'une et l'autre, pour réprimer dans les grands la tentation déjà trop séduisante dj l'orgueil et de la |)résomplion. Beaucoup d'entre eux se croiraient, avec un peu plus d'aj)parence, pétris d'un autre limon que leuis inférieurs, s'ils avaient sur eux la même supériorité de mérite personnel (jue d'autoriio. L'on a vu |'eu de rois qui fussent les meilleurs généraux de leurs armées, les meilleures têtes de leur conseil, et d'un conseil bien composé. Sans l'être, plusieurs ont pu porter dignement la couronne et le scei)tre; il leur a sufli de choisir avec discernement les déjiositaires do leur confiance, de les employer à jiropos, et de méiiter qu'on leur tint couqjte, tant de ce qu'ils avaient fait par eux-mêmes, que de ce qui s'était fait par des mains plus liabiles que les leurs, mais par leurs ordies et sous leur nom. Ainsi, et nonobslani la disparité des

(65) An cli.ipilreiv.vcrs. lôdcs Arïes des apôtres, le jtigeiiioiu que les piélrcs île la syiKTgoi;iie porlaicnt lie saint Pierre et de saiiu Jraii est exprime par ces paroles : Comperto /juotl liomines cssciit sine lilleris et idiolw. Mais, outre que ce dernier lornic signifie des liouimes du bas peuple, non des idiols snivaul sa signiticalioii dans l'nsago de noire langue , te jngcinciil poi lait plulol sur leur clal pri'- <l\IliiI, l.r. qu'ils aceoujpagnaiint Jé^ns-Clirisi encore cil vic-j que sur celui oii o;i ic^ vov !■ dqiuis

qu'ils aiinoiiçaicni sa rcsiirrcclion ; el c'est ce qui causait une adiniralion dont leurs plus cruels euneiuis ne pouvaient se délendre , que des lioûiines lels (jn'on les avait connus fussent devenus capables de faire el de dire de si graiiiles choses. Videnics... (idmirabiinlur : et ciignoscebcint eos, (juunium tiim Jesu fueraiil. (Ibid.)

■•(JG) 1 Cor. XII , W.

(07) 0 l'dslur cl idolnm dercHiiqurns gregem. [Ziichar. \i, H )

lAIlT. V. TIILOL MCHM.t:. LmiH:S A UN EVEOl'E, KTC.

objfls, iiii i^\(^i|ut» peut i^tio caiialilo du son ulllli^U"'re. (|ii()i(|iril y iiii (l.ins lo clori;!^ dont il l'sl lui-lhf, dfs Ikhiiiiios |i|iis snvdiils ou plus i'lo;|Ui-nls ipio lui. A la vùciU^ il eu devii-ul iudignc, s'il léuioifJtiM' uue basse jalousie contie un uiéiile éj^iil ou s\ipéi ieur un sien; mais s'il sait s'ûlevcr nn-dessusilo felto politesse, couinio l'élévatiou de sa^ dignité lui en IVil une ohli^'alion |iaiticiilière, s'il se réjouil, îi l'exein|.lo du Moise, de voir au nuliLU d'un troupeau qui lui est coidié d'autres prophîlis ([ue lui, et luônie dys proplièlis plus lavurisés du ciel, il reprend alors avec avaMla;;;o la supériorité (|ui lui ruaucjuo du eiMé (les coinuiissaiices ou des talents. Il a devatil Dieu cl devant l'iigiiso lo mérite de tout le bien opéré par ceux de ses inférieurs aux talents desiiuels il rend justice, et dont il encourage les travaux. Lu vénération publlipie n'en est pas moindre pour sa personne. On y retrouve un Flavien d'Antiuelie, |irécl)ant son peuple par la bouche de saint Clirysostome, un Vulôre d'Hi|)poiie, faisant monter saint Augustin dans sa cbaire. Toutefois, il faut melire à cela une restriction, que les exemples de Flavien, atlaibli par la vieillesse, et do Vulère, peu versé dans la langue latine, ne contredisent point : c'est que la dignité épiscopale n'admet pas, comme quelques dignités séculières, une inhabilité totale, ou une répugnance constante à exercer par soi-même des fonctions qui lui sont j>ro()res, telles que d'annoncer de vive voix l'Evangile, ou de maintenir, quand les besoins de l'iîglise le demandent, la saine doctrine contre l'erreur. Il a fallu apporter dans l'épiscopat, pour l'exercice de ces deux fonctions, des talents qui correspondissent il leur importance. Les coopéraleurs d'un évêque, quelque mérite qu'on leur suppose, peuvent l'y soulager, mais non l'en décharger entièrement, si ce n'est danà le cas d'une impossibilité survenue. Nous verrons dans la suite comment il doit s'en acquitter.

Mais, dans l'énuméralion des talents que l'épiscopat exige, il n'est [las permis de passer sous silence celui de gouverner; il est d'une espèce à pouvoir être séparé de la pln|)art des autres, et cependant d'une trop grande importance i)our qu'ils puissent le suppléer. C'est ce que signifie la maxime familière, dit-on, dans un pays qui a été longtemps en Europe l'école de la politique, a que le saint prie pour nous, que le savant nous enseigne, que l'homme prudftnt nous gouverne; » maxime dont l'abus, ainsi (|ue la fausseté, serait manifeste, si, renléimc'nt toutes les qualités nécessaires à un évoque dans une prudence humaine , elle comptait pour rien, ou pour peu de choses, la sainteté des mœurs et la science ecclésiastique. Mais cette maxime est incontestablement vraie, quand elle associe , pour le succès du

(68) M. Possiiel rem.nrque (Uhto'ne des variations, livre vu, ii" 48) que « l'excoinniunicalion ii'csl autie chose ([lie la parole célcsle, année «Je la censure qui vieiii du liol, cl une pavtlc des plus cssculicHos

ministère épiseopal , la prudence qui sait gouverimr ^i In sainteté qui édifie, et h la siienco qui éclaire. Elle l'est d'autant plus, qu(; l'épiscopat étant, pai' la fcirce du mol, une siirintiii(t(inrp . uni- surveillance, lu talent de goiiverm-r lui est spécial(M'i<'nt nU'eclé, tandis que lo savoir et la [liéli^ peuvent être le partage d'une vie privée, où l'un n'ait à répondre i|uo île soi-mi^me.

El pour ci'.er un témoignage bien plus décisif dans ce genre, n'est-ce pas ce ([ii'a voulu dire saint (In'goire, l'ape, parées paloles si connues de son I'asloral,« le régime des Ames est l'art des arts?» C'est un art qui. comme tous les autres, a ses règles, sans la (iinnaissance des(pielles et leurjusti; apfdication, il no saïuait èiro bien exercé. (]'esi le |)lns grand de tous les arts, non-seulement par \c prix inestimable des ài)i(!s. dont rien n'aji|)roche, mais encore par l'extrême ilillii ulté de les conduire; elle l'emiioite sur les (iiflicullés de tous les gouvernements séculiers. Les Ames sont lil)res dans le chois du bien et du mal : elles n'agissent point (-sr contrainte, ou, si (dies agissent ainsi , leur état n'en est pas meilleur devant Dieu : il peut môme devenir pire. Le supérieur ecclésiastique , qui a obtenu par cette voie une espèce de réformation extérieure, n'a pas atteint le but de son gouvernement; il n'a (pje l'espérance incertaine que cette réformation en amènera dans la suite une plus réelle, plus consolante pour lui. La parole lui est donnée pour persuader les âmes et pour les toucher. Voilii son instrument (G8); les apôtres n'en ont pas eu d'autres, à l'escc|)tion des dons surnaturels; et leurs successeurs, qui n'ont pas hérité de ceux-ci, ne sont pas certainement plus puissants dans le gouvernement ecclésiastique. Or il n'y a rien de plus difficile h un homme, que de produire dans le cœur d'un autre homme, maître comme lui de sa volonté, des impressions et des changements salutaires, par le moyen d'une parole qui, smile et sans l'inlluencc d'en-haut, ne frappe que les oreilles. 11 n'appartient qu'à Dieu de pénétrer, par ses secrètes opéraliotis , jusqu'au fond des cœurs, et de (09) les tourner à son gré, h commencer par celui des rois, connue une main industrieuse partage et distribue les eaux. La difficulté, déjh si grande, augmente par l'état môme d'affaiblissement oi^ le libre arbitre est tombé, elfet déplorable du péché originel. Les ténèbres qui l'obscurcissent, les passions qui l'assiègent, les habitudes (|ui l'enchaînent, la séduction des mauvais exemples et des maximes perverses do l'esprit tentateur, tout cela op)>osc une résisiancc opiniâtre aux etlorts des pasteurs des âmes, pour les conduire dans les pâturages de la vie éternelle. A la vue de tous ces obstacles, des talents et des travaux nécessaires pour les surmonter, ou du

de radiiiinislraiion des sacrements, i

(()D) Sicut dii'isioiics uquarum , ila cor régis in manu Uci. Quocunque solverit incliitabit iltud, (l'rov.

XM, t.)

moins pour les combattre suivant la mesure du devoir, saint]Paul avait raison de s'écrier: Quel est l'homme capable d'un tel îtiinistère (70) ?

Pour gouverner les âmes, surtout avec la prépondérance d'autorité qui réside dans la personne de l'évoque , la sainteté nesufïït pas. Elle donne de bons exemples; elle peut outrer la simplicité ; elle n'est pas toujours à l'abri de la prévention. Le savoir ne suflit pas; il connaît mieux les livres que les hommes, les principes que les mœurs et que les usages. Le zèle ne suffit pas ; s'il est amer, il aliène, il aigrit les cœurs; s'il est inconsidéré, il compromet, il énerve l'autorité. A Dieu ne plaise néanmoins, et quoique nous l'ayons dit plus haut, il faut le répéter ici , à Dieu ne ()laise que nous prétendions exclure la piété, le savoir et le zèle, du gouvernement ecclésiastique I ces qualités sont absolument nécessaires ; mais elles ne feront qu'une partie de l'ouvrage, et laisseront le reste imparfait ou défectueux, si elles ne sont secondées pnr le talent de la prudence. Je parle d'un talent naturel que la réflexion el l'expérience aient cultivé. Car ce n'est pas assez de dire uniquement qu'il faut de la prudence; tous le disent, ceux-là comme les autres, et quelquefois l'ius que les autres, qui en montrent le moins. Cette maxime, universellement avouée, a besoin d'une explication nette et d'un juste développement. La prudence du gouvernement ecclésiastique, semblable en cela aux gouvernements dont les objets ne sont pas les mômes, suppose un esprit assez étendu pour assembler dans ses délibérations tous les motifs qui doivent y concourir (une tète étroite n'est pas le siège do la prudence), assez clairvoyant pour combiner ces ditférenls motifs et démêler dans cette combinaison ceux qui doivent faire pencher la balance; assez maître de soi jiour résister à des apparences spécieuses ou à des suggestions séduisantes; assez décidé , assez ferme pour prendre un parti quand il le faut, et pour le soutenir. Je sais que cette |irudence naturelle et acquise s'ég.ire quand dos intérêts et des passions lui font oublier ou sacritier les règles. Les talents de l'esiiril, ainsi que les connaissances, ne tiennent |)as contre les vices ni les faiblesses du cœur. Je sais aussi que, sans être dépravée, elle n'est pas infaillible; mais si elle peut se tromper, avec tous les moyens qu'elle a pour éviter l'erreur, que faul-il attendre d'un gouvernement oii ces moyens manquent, et dont la prudence ne dirige pas les démarches? Si l'homme le plus prudent cesse de l'être, ou d'agir prudemment, sous rem|>ire de l'intérêt et de la passion, quels seront les funestes elTels de ce même empire concourant avec un défaut

(70) Ad hœc qiih tant idoiieits. (II Cor. n, IG.)

(71) Mille illam [saiiienliam tiiam) de cœlis saiiclis tuis, el de scde mngniliuliiiis liiœ, ul mccuin sit cl meenm laboiel. (Sn;i, ix, 10.)

{~i) Cvgiiaiiviifi iiwrlaHnm timidœ , cl incerliv

naturel de prudence ? Qu'on ne dise pas que ce défaut peut être corrigé dans un homme élevé à l'épiscopat, par une sagesse surnaturelle : il peut l'être comme l'ignorance le fut dans les apôtres par les lumières du Saint-Esprit: mais c'était un miracle promis par Jésus-Christ, qui avait choisi lui-même et envoyé ses apôtres, un miracle accordé comme le gage et le signal de toutes les merveilles qui devaient être opérées dans l'établissement du christianisme. L'Eglise croirait tenter Dieu , que de compter, dans le cours ordinaire, sur de pareils miracles en faveur de ceux qui en auraient besoin pour devenir capables de l'épiscopat. Elle demande en eux des qualités précédentes, augures de cette capacité. C'est alors qu'elle espère que Dieu y ajoutera ses grâces, sans lesquelles tous les autres dons .seraient stériles, ou n'auraient qu'une pernicieuse fécondité. La prudence est une de ces qualités |)réliminaires. Il y aurait trop de téniérité à ne pas s'en assurer avant de confler à quelqu'un le gouvernement pastoral.

Nous ne disons donc pas que la prudence la plus consomméedispense personne, beaucoup moins un évoque, de cette prière que l'auieur du livre de la Sagesse met dans la bouche de Sulomon, quoique devenu par sis dispositions naturelles, et par un don particulier de Dieu, le plus éclairé de tous les monanjncs (71) : Seigneur , envoyez-moi du ciel, qui est votre sanctuaire, et du trône de votre majesté', votre sagesse, afin qu'elle demeure et qu'elle travaille avec moi. Malheur à la prudence hun)aine qui, so fiant trop en elle-même, ne veut pas dépendre de sa continuelle assistance (72) I Les pensées des mortels sont bornées, cl leurs prévoyances incertaines. Il n'y a (|ue la sagesse divine (73) qui sache, qui comprenne tout, et qui conduise ceux qui l'invoipient , dans leurs œuvres avec circonspection, les protège par sa puissance. (]elte prière doit être exaucée à l'égard d'un évoque selon le cœur de Dieu, locjucl sentant l'insulfisance de sa prudence naturelle et acquise, demandejes lumières d'une sagesse supérieure, et ne les demande que pour l'utilité de son troupeau. Mais Dieu n'a rien promis on ce genre à quelqu'un qui s'adresse à lui sans litre, sans mission, pour forcer la nature et non pas seulement (lour la secourir. -Si cet honuue s'est ingéié de lui-même, sa hardiesse est doublement criminelle. Si on est venu le chercher, il devrait se souvenir de la règle, qu'on ne doit pas acquiescer à cette invitation, lorsqu'on est dépourvu des talents ou des vertus nécessaires pour y ré- |iondre. Yirlulibus vacuus nec coaclus accédât.

Encore moins disons-nous'que la prudence d'un évoque puisse être celle des enfants du

proviUetiliœ noslrœ. (Ibid., 14.)

(73) Scil ciiim illa oinnia ci inlelligU , el dcduccl me in vpcribiis meis sobrie, cl cuslodiet me in 5«(i liolciiliu. (.Se/'. IX, 11.)

l'.vrir. V. niKoi.. mouale. lettuks a un eveqle. etc.

iiêcU, /ilus habiles ilans Uuri voies, suivniit la pnrolc de Ji''.«us-(!lirisl, iftie la enfants île /(i /lofiif'/'i; 11(3 le suiit il;iii<> les leurs, (le ne !>;niriii( (Mre non plus une iinulence é|iuisiiiil tdulo son adresse ."i ciincilier, s'il était |>iis»ll)le, l'esprit ilu nioiidu avec relui de Jésus-Clirist. liiiliti (0 n'est pus eolle i|ui ;iimo le l)ieii, ù la vérili^ mais i|ui n'oso lenlreprenilre, ni lo soutenir aux déiiens, ijuand il lo f.mi, des rôties ordinaires dont elle est esclave La prudence clirétienne, mais surtout la prudonco sacerdotale et episco|iale, n'est enléo sur la |iiudcnco humaine (juc pour l'épurer et pour l'ennublir, nullement pour lui être asservie. Animée par des vues |ilus saintes, elle envisat^c la gloire de Dieu, le salut des ûmcs, son propre »alut, les intérôls de l'Eglise; c'est en tout cela qu'elle veut réussir. Les projets do l'orgueil, de l'umliition ou de la cupidité, sont h ses yeuï des amusenienls puériles ; elle rejette avec indignation lesstialagémes d'une sagesse inconnue à saint Paul, laijui.'lle prétend avoir trouvé le secret de (7i) plaire toujours aux hommes, sans ccssir de servir Jésus-Christ. Elle a des régies, mais la première de toutes, la règle souveraine, est d'obéir à Uieu, quoi qu'd lui en coûte, quoi qu'il puisse en arriver, llien nel'airéte alors, ni les jiérils qui menacenl .'■os biens, sa liberié, sa vie, ni le mépris ou le blûme du l>ublic, ni les troubles qu'elle prévoit et dont la perspective rallliue, ni même l'inconvénienl, tout grand qu'il est en soi, que l'auttu'ité la plus respectable ne soit impunément outragée. El certes, si dans un gouvernement politique, des considérations de prudence, des usages, des lois môme, cèdent avec justice à de pressantes nécessités, à des avantages précieux, l'aut-il être surpris ijue dans un gouvernement religieux et moral, où la loi divine rem[)Orte sur tout, il jinisse être quelquefois nécessaire de Irancliir les bornes de la prudence humaine? Elles ont élél'ranchies par des inspirations |)articulières de Dieu. Les liommes avaieni beau se récrier alors contre le zèle aveugle et contre le fanalisrae; une sagesse plus haute que la leur jusliliait ce qu'ils condamnaient. Eux-mêmes ont été forcés plus o'une fois de lui rendre hommage.

Sans de pareilles inspirations, la volonté de Dieu peut être si positive et si claire, que dans l'alternative, ou d'y contrevenir, ou tie commettre une imprudence a|iparente, il n'y ait [as à balancer. Un évèque éclairé qui ferait dans ces circonstances l'unique choix qui lui fût permis, n'agirait pas ainsi jiar humeur, par entêtement, par ignorance des règles ordinaires, ou par un dessein formé de les fouler aux pieds; mais il com-

(74) iVon qiiœro liominibiis plneere. Si aJeo hominibus placèrent, Clirinti senus non essem. (Galal. i, 10 )

(73) Labia sactnlvlis cusludU'iit scieiitiain, el leiiein yKluheni ex orecjus, qithi ctmjehis Doinini cxeiciiiium Cit. (Maluih. 11, 4.)

(7G) i\'vs aiiiem urutioni (in lexui Gia'CO, liuirgix) cl mi.'iis'.c^io leibi inslanles cimiis. [Acl. \i, i]

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prendrait qu'ullcs tio doivent pas avoir leur application : ses lumières écliaulferaienl SOI) zèle, ses rétloxions l'alfermiraient ; il mettrait toute sa prudence .'i suivre les impressions d(! ce zèle ; et pour celte fois cllo n'en vaudrait (pie mieux.

(l'en est assez sur la |iiudenco, dont l'usage dans le gouverneaienl épiscopal n'a pas besoin d'une explication jdus étendue ; mais nous avons promis de revenir sur lu lalent de la parole et sur le talent d'écrire. L'usage ([u'nn évêijue doit faire de l'un et de l'autre mérite un développement particulier.

Le talent [do la parole est consacré par l'épiscopat Ji la préilication de l'Evangile : (lu'un évêiiue soit obligé de prêcher, tout le I rouve, tout le démontre. Il est l'anfje du Scifjnettr des armées; ses lèvres sont dépositaires de la science: c'est de sa bouche qu'on iillcnd l'interprétation de la lui (75). 11 est successeur des apôtres; .'i leur exemple, il doit [irincipalemcnt s'attacln^r à la célébralion du Mini sacrifice et au minislîre de la ;).iro/f (7(j). Il a dans l'Eglise le même rang que. Timothée el que Tite. Saint Paul lui ordonne comme h eux de (77) lire et de méditer, mais pour enseigna-, pour exhorter, pour prêcher la parole. Le même saint l'aul lui apprend que (78) évancjétiscr n'est pas une (jloire, mais une nécessité pour un évêque. Malheur à lui, s'il n'évangélise pas ! Des différentes fonctions de sa dignité qu'on lui a articulées dans son sacre (79), la [n/jinière en ordre, si ce n'est en excellence, 'est de juger; la seconde, esl d'interpréter : or celle iiiter()rétation ne se borne pas à ré|>ondre ipiand on est consulté; elle s'étend .^ expiiiiuer, sans même en être requis, aux fidèles assemblés et simples auditeurs, comme à ceux de qui l'on est interrogé, dans les temples comme en tout autre lieu, avec des exhortations et des instances, comme par de nues décisions, ce que la loi divine commande et ce qu'elle défend. Aussi quand le prélat son consécrateur lui a mis entre les mains le livre des Evangiles, dont il avait auparavant chargé ses épaules, il lui a dit (80) : Recevez l'Evangile, allez, et prêchezle au peuple qui vous est confié. Enlin, dans les premiers siècles de l'Eglise, la [irédication était leilemenl dévelue à révè(]ue, que ce n'était qu'en son absence, ou dans le cas d'une impuissance réelle de sa part, et do sa permission expresse, qu'un prêtre, quel qu'il fût, pouvait prêcher l'Evangile. L'usage, de ces substitutions, dans les églises des villes épiscopales, s'introduisit en Occident plus tard qu'en Orient. De sorte qu'on regarde comme une nouvauté la délégation de saint Augustin, encore simiile prêtre, pour

(77)/ Tim. IV, 13, 1.5, 16; Il Tim. iv,2; Tit., Il, 13.

(78) Si evangelizavero non est milii gloria ; necessUiis enim niilii inciimbil . Vicmilii si non cvitngeii-zieero! (l Cor. ix, 10.)

(79) Pontificale, Oetoiisccr. ciiiscupi.

^80) U'id,

OELVnES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN.

prPehcr ilnns Hippone h la place de son évô iue Valère. Purmi les Pères de l'Eglise qui ont (5l6 révolus de la dignité épiscopale, s'il y en a dont les ouvrages ne contiennent |ias des homélies, c'est qu'elles n'ont ]ias été laissijes par écrit, ou qu'elles n'ont pas été conservées. On en trouve dans la plupart des écrits (jui nous restent d'eux; ot dans quelques-uns, c'en est la filus noinbretise partie.

Que signifie cotte chaire élevée dans les églises caltiédrales , qui leur donne leur nom, et fait le lilre fondamcnial de leur ]in'éminenre sur les aulies églises du môme diocèse ? C'est la chaire de l'évoque; personne ne la lui dispulc, et n'a même le droit de s'y asseoir quand il ne l'occupe pas. Pourquoi lui est-elle réservée? Esl-co seuliMuent pour marquer la supériorité de sa dignité i)ar celle de sa place? Pour augmenter la ponqie et la solennité du service divin, lorsqu'il y ollicie, ou qu'il y assiste? Pouraltiier sur sa personne les regards et la vénération du peuple chrétien ? Ces raisons sont bonnes, mais elles ne disent jias tout. La chaire est posée pour le maître et pour le docteur, autant que pour le pontife ; elle est le siège de celui (pii léunit ces deux qualités sans pouvoir séparer l'une de l'aulre. C'est de là qu'après avoir levé des mains pures vers le ciel, il doit aussi faire entendre sa voix aux hommes, et leur intimer les volontés divines, après avoir offert leurs vœux et leurs hommages à Dieu. S'il est continuellement muet dans celle chaire, ou s'il n'y ouvre jamais la bouche que pour invoquer le Toul-Puissant, il en remplit imparfaitement la destination: il n'en fait qu'un trône d'honneur ; elle n'est plus pour lui une chaire d'enseignement. '

En vain dirai(-on que cette obligation a cessé depuis qu'une seule église ne suffisant plus aux besoins des lidèles, on en a construit d'autres, soit dans la ville épiscopale, soit dans toul le reste du diocèse, et depuis que cet établissement a donné lieu h la division des paroisses, dont chacune a son pasteur en titre; d'oij il résulte que l'évèque est sûr (pie la parole de Dieu ne manque, ou ne doit manquer à aucun (le .sps diocésains, quoiqu'il no la leur annonce pas, puisqu'ils ont tous leur église el leur curé, ceux môme dont la paroisse particulièie, connue il arrive quelquefois, n'est pas distinguée de l'église cathédrale. Mais, par cette division des paroisses, par cet étal)lissement de pasleurs titulaires du second ordre, Ions les fidèles d'un diocèse n'ont pas cessé d'ôlre les ouailles de l'évoque; il est toujours leur pasteur; sa voix ne leur est pas devenue étrangère; son autorité, ses droits sur eux sont toujours les mêmes; ses obligations envers eux le sont aussi. On en a seulement retranché ce qui était

au-dessus des forces humaines; on lui a rendu son fardeau supportable en le partageant avec ses coopérateurs dispersés. îl n'a donc pas acquis la liberté de déserter sa propre chaire, parce qu'on en a placé ailleurs qui en dépendent et en ont été originairement délachées. Celles-ci môme sont encore les siennes, dès qu'il y tnonle. 11 en a le droit, et c'est aux circonstances à en déterminer pour lui la nécessité ou l'ulililé. Le nombre do ceux qui prêchent avec sa mission, ou sous son autorité, dans son diocèse, ne le dispense pas plus de prêcher lui-môme, qu'il n'est dispensé de télébrer le sain; sacrifice, sous prétexte que les besoins de j'Eglise ont de proche en proche mulliplié les sacrificateurs , dont l'auguste fonction était, dans les pren-.icrs siècles, affectée h la personne de l'évoque. Si l'on objectait à cette conqiaraison, que le sacrifice offert pour fout le troupeau regarde le pasteur universel, on pourrait répomlre avec autant, ou plulôt avec aussi peu d'apparence que sur le sujet de la prédication, qu'il y a dans chaque paroisse du diocèse un pasteur en tilre, chargé do dire ou de faire dire la messe pour elle, et que ce ininislère, dont le fruit embrasse tous les diocésains sans exception, acquitte suffisamment le premier pasteur envers eux. A la vérité, l'oblalion du saint saciifice est devenue, et il est bon que cela soit ainsi, plus journalière et plus fréquenle ([ue la prédicalion ; mais celte différence n'est que du plus au moins. Elle n'autorise jias dans un évoque le renoncement absolu à la iirédication qu'il ose quelquefois avouer, tandis (]u'il rougirait, s'il a quelque pudeur, d'annoncer le dessein de n'oOicier jamais dans sa cathédrale, encore plus do n'apjiro'cher jamais de l'autel. L'exemple des sacremenls, (|uc de simples |>rôlres peuvent administrer comme lui, et qu'ils administrent ordinairement, tels que le baptême, l'eucharistie, la pénitence, le mariage, rcxtrômo-onclion, ne peut rien dans la (|ucsfion jirésenle; car, outre que cette ailminisfration peut être, en de certaines occasions, un devoir personnel pour lui; outre (lue le dédain l>our celte partie du ministère ccclésiasîi(iue lienrterait de Iront le véiilable esprit do ré|)iscopal. les apôtres, dès les premiers jours de l'Eglise, ont déclaré d'un commun accord qu'il n'était pas juste qnn , pour le service des tables, môme de la table sainte, ils abandonnassent la parole de Dieu (81). Ils ont préféré h toute autre fonction la priera publique ou le sacrifice, et le ministère de la parole. Animé des mêmes vues, saint Paul reconnaît (82) que Jésus-Christ l'a envoyé moins psur baptiser que pour évangéliser; car il avait baplisé peu de personnes : en tous lieux, et sons relâche, il évangélisait. 11 n'y a donc aucune conséquence à

(91) Non est œqtium nos dcrclinqiicrc rcrbiim D^i,

et ininistiare mciisis nos vcro onidotii el

viinixlerio rerbi iiislniitcs erimus. (Acl. vi, 2-4.)

;S?) Non ciiim inhit me CJirisius hnrtitiirc, scil

Kvamielizare nemiiiem resiriim bapl'uavi,

)iisi Vrisimm ei Cuiuin Cœlerum uescio, si

qucni alhiiii bnpiiztiverim. [1 Cor. i, li; \vi, M.)

l'.MiT. V. iiicoi.. Mon\i.i:. - i.r:rTUES .\ un kveijl'E, ktc.

liror lies s.ii'ii'iiifiit.s i|iii ne ilt>iii.nri(iuiit quo les pouvoirs dont un Minplt' int^lre est sasci-|itibl)', h \a |ii'Cjii'iili()ii. (À'Ilu-ni, (|iioii|iii' cxcn'i't' iliins undioi-i'-st' parles (liisloiirs inli^rii'urs cl par iles piiîtros ufiprouvé.i, no saui'Uil jamais l'tMre h l.i dticluir^^o entière du l'ovi^ijuo. lîllo upparlii'iit de trop près à son ollicu pour (ju'il se Liorno 5 survoilier, dans cette partie, sus coo|)érateurs. Il doit de plus les encourager par son exemple, accréditer leurs paroles par les siennes , suppléer h co ((u'ils n'osent ou no savent pas dirs. Saint Paul (83) preiutil d témoin les lidèles do l'Asie Mineure, dont hplièse était la capit.de, qu'il ne leur uvail soustrait aucune vérité utile : qu'il leur avait annoncé et enseiijné, soit dans les assemblées publiques, soit dans les maisons particulières, ce «[u'ils devaient savoir. A co prix, il se croyait pur du sanij de tous reux ipii ^f,^•3ient entendu. Tout évèijue qui n'a pas le mômo témoignage à se rendre doit trembler (8i). A7«bli pour lervir de sentinelle à la maison d'Jsraél, il no l'a avertie (pie par d'autres bouches d':s périls qui la menaçaient. Ses adjoints auront peut-ùlre délivré leur âme; ils n'auront rien l'ait ))our la sienne.

L'objection la plus spécieuse contre l'obligation dont nous parlons se lire des nombreux et ()énibles détails du gouvernement épiscopal. Le concile do Trente les connaissait : aussi a-t-il mis, dans les sessions cinquième et vingt-quatrième, la restriction que les év6(]ues pussonl faire prOclicr à leur [)lace , s'ils étaient légiliraeinent em|iôcliés. Si légitime impeditifuerint. Oui, mais celle restriction est [irécédée, dans les mêmes endroits, de Ja sentence déjà prononcée par l'es conciles plus anciens, que la prédication est la principale lonclion des évoques, quod est prœcipuum episcoporum munus. Ils doivent donc s'en acquitter en personne, et nous avons eu raison d'observer qu'il n'en est jjas d'elle comme de jilusieurs autres i'onclions, également communes par leur naluie aux deux ordres du sacerdoce, qu'un évèque est louable d'exercer quand il en a le loisir et l'atirait, sur lesquelles son inspection subsiste toujours à l'égard des prêtres ses intérieurs, mais dont l'exercice personnel ne devient une obligation pour lui que par des circonstances singulières. .\u sur[)lus, l'exceplion nécessaire el de droit avouée par le concile de Trente ne détruit pas la règle, qu'il n'a fait que renouveler, au contraire elle l'alfermit. Or il est contre l'ordre naturel des choses , il est souverainement absurde que la règle ne soit jamais exécutée, el que l'exception soit perpétuelle.

La (liflicuUé serait plus forte , el entrerail ujieux dans l'espiil du concile de Trente, si

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