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Iioiir ili'Â rii-lio>se!> ilurit la ijossu^sitm jii^niil)^ troulilail mon soiiiineil \tar ileï songes ellia^iiiits, iiiin^i'S itos olijuU <|ui mu tnuiiiitMiiaieiii iiviiil.iiit le jo!ir. Mon Ame est h priîsrMl liépouiili'o ilo loul t'f (lu'oMo (>OSSt}duit dans la suritMé dos ^ous iJi- bien. Il ne m'i'i» rt'.slo (|ue ik-s dt-sirs et des rogrols. Quel .>>er;i mon son? Dieu, touclii'! de mon repenlir, mo ryndra-l-il ù mon jifemier el.il? Brisera-t-il lo joug qui m'aiciible? (Juo sais-je, liOîas! s'il no me laissera i+as périr dans les lonèbres, avant (|uo mes yeux rcyoieiil lo jour? Il n'y a |>lusalois de secours à espérer. Les larmes sont inutiles. Tant que nous vivou'î, notre salut est dons nos mains ; après l.i mort, nous sommes dans les liens du jugement.
Déjà ma léty blanchit; mi.-s traits se rident ; nies jours déclinent vers le coucliant. Je souH'ris moins dans la leni|)ûtc que j'essuyai en allant d'Alexandrie en Grèce. Je m'étais emban|ué au lever d'hiver du taureau. C'est un temps ([ue les matelots redoutent; le plus grand nombre n'oserait alors se mettre eu mer. Je demeurai vingt jours et vingt nuits couclié sur la jioupe, implorant la pitié du Soigneur. Les vagues écornantes s'élevaient autour du vaisseau comme des montagnes ou des rochers; il en était iiuelquel'ois couverll Los vents sifflaii'iit avec fureur dans les cordaçes ; ils brouillaient nos voiles. La nuit profonde qui couvrait les cieux, n'était interrompue que par les éclairs; nous entendions de toutes parts d'horribles éclats de tonnerre. C'est alors que je me donnai de bon cœur à Di.^u. Mes prières et mes vœux le fléchirent. J'évitai la furtiur des mers irritées.
Mes alarmes étaient moins vives, quand la Grèce entière fut ébranlée par les secousses qui détruisirent tant de villes jusque dans leurs fondements. Je tremblais cependant pour mon àme ; je n'avais pas encore reçu la grâce et les eQusions du Saint-Esprit, que nous donne le baptême.
Je supportai plus patiemment mes douleurs, lorsqu'une maladie aiguë rétrécit dans mon gosier brûlant les canaux de la respiration et les conduits de la vie ; ou quand je pensai m'aveuglor moi-même du coup que je me donnai imprudemment en faisant des tissus d'osier, et qui, déchirant ma paupière et le coin de l'œil , en tit couler des ruisseaux de sang. Je me sentis aussitôt privé de la vue, coujme un meurtrier qui eût mérité de la perdre. C'était payer chèrement une action involontaire.
11 fallut entin noyer mes iniquités dans mes larmes, avant d'oll'rir à Dieu des sacriQciS spirituels. Peuvent-ils être oUerts par des mains impuies? Ce serait un crime. Des yeus faibles ne soutiennent point l'éclat du soleil.
J'ai passé par bien d'autres épreuves.
Qui pourrait dire toutes les rigueurs utiles dont le Seigneur s'est servi pour m'appeler?Mais ces peines u'ap;irochaient pas
(37) Jerciii. i\, I.
des iiiau\ qui m'allligetit aujocjrd'luil. .Mui AmO su di!|iiniillerait de tout pour deveuir libre. Ili;ureuse d'éviter fi lepiix luii pié|j s du monde, et lu serpent qui ciierche il la décorer.
Oh l fjui duunerci de l'ciiu li nui ifte, et à nus yeux une fonliiiite de lurmes (37), de ces lariins salutaires (pji lavent nos iniquités I Les larme>, les lits du cendre, la pénitence austère sont lo remède des péciiés, et la guérison do l'dine. One celui (|ui me verra tremble, et devienne meilleur. Ou'il fuie le séjour et les œuvres de l'Kgyiite ; (|u'il abandonno la cour de Pharaon pour la piitrio céleste. Que les campagnes do Uabylone ne l'arrêtent plus. Eloigné des bords du lleuve où ces vainqueurs l'avaient enchaîné, de ces bords sauvages, nuit et jour baignés de ses pleurs, et qui ne retentireni jamais de ses chants, iju'il retourne à grands pas vers les contrées saintes qu'habitèrent ses aïeux, et que ses mains, libres des fers du tyran, jettent sans larder les premiers fondements d'un nouveau temple. Infortuné! Depuis (jiio j'ai quitté cette heureuse teire , elle a toujours été l'objet de mes vœux. J'ai vieilli tristement dans de vains désirs. Confus , plongé dans l'allliction, je crains également les hopmes et le monarque immortel. .Mes vêtements annoncent le deuil de mon dme. J'oll're au Dieu de miséricorde njon silence et ma douleur. Il a pitié des cœurs humbles; il se plaît à confondre les insolents.
Des brigands trouvèrent un vo}ageur qui allait de Jérusalem à Jéricho. Ils le percèrent de coups, le dépouillèrent sans [allé, et le laissèrent expiriUit. Un lévite et un prêtre passèrent l'un après l'autre en ce lieu, virent ce malheureux et, sans lui donner de secours, conliiuièrent leur chemin. Un Samaritain qui les suivait, fut plus compatissant; il banda ses plaies, leur appliqua des reruèdes, le mit dans une hùlellerie , et donna de l'argent |iour qu'on en prit soin. Quelle honte, ù ciel 1 di.'s Samaritains plus charitables que des prêtres ! Je ne pénètre point le sens mystérieux do cette histoire. La sagesse divine a ses secrets. Puisse-t-elle au moins m'êire propice. Je suis tombé dans les mêmes inlortunes. L'ennemi des imes, le destructeur de la vie me tendit des embûches dans ma course, et me dépouilla de la gtûce de Jésus- Christ. Il me laissa nu comme Adam, qu'un désir terrestre replongea dans la boue d'où il était sorti, et n'a donné le jour aux humains que pour les entraîner dans sa chute.
I^liiis, ô mon souverain Maître, sauve ua malheureux que les propres ministres ont abanduiiiié. Soulage mes blessures; conduis-moi dans l'hospice du salut, et qu'après ma guérison, les portes de la cité sainte me soient ouvertes. C'est là que j'habiterai. Tu en écarteras les brigands, les voies
(«UYRES RELIGIEUSES DE i.-i. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAN.
tortueuses, et ces hommes iJurs qui se glorifiei]t de leur piété.
Nous lisons que l'orgneilleuï jiliarisien qui se croyait si agréable à Dieu , et le publirain déchiré de remords, enlrèretit un jijur dans le temple. Le premier vantait ses jeûnes, ses offrandes , se comparait aux plus grands personnages, et if:6|iri?ait le publicain. Celui-: i fon.lant en larmes, se frapiunt la poitrine, et n'osant regarderie ciel qui est le irùne du Seigneur, tenait les yeux baissés comme un esclave, et debout dans le fond du temple, il s'écriait: O mon Dieu, pardonne à Ion serviteur qui gémit sous le poids de ses péchés. Ce n est point la loi, ce ne sont point les dîmes ni les bonnes œuvres qui me savveront. Le pharisien ne m'accuse point à [aux. Je suis saisi de respect en voyant ce temple ; je n'ose presque y mettre «n pied profane ; je cniins de le souiller. Que la grâce et ta miséricorde coulent sur moi. C'est la seule espérance, ô mon Dieu, que tu accordes aux pécheurs.
Le Seigneur les entendit tous di'ux. Il exauça le pécheur contrit et hunjilié; il méprisa rhy|)ocrite présomptueux. Tu les jugeais, ô mon Dieu, sur ce que tu voyais dans leur âme. Je suis ce publicain humble et repentant. Rempli des mêmes regrets, j'obtiendrai les mêmes grâces. Rends-moi ta confiance, je t'en conjure, ô mon Sauveur. Si les auteurs de ma vie ont été tidè- Jes à tes lois; si tu as reçu l'hommage de leurs gémissements , de leurs prières, de leurs biens , de leurs sacrifices ; car pour moi , je n'ai rien fait qui méritât de te ()laire ; daigne, ô mou Dieu, l'en souvenir, et ni'accorder ton secours. Dissipe les soins qui me tourmentent. Que les buissons ne ra'élouffont jilus sous leurs rameaux épineux ; ipi'ils ne ferment point à mes désirs les chemins du ciel. Que ton bras puissant me conduise en sûreté. Je ne sers que toi ; je n'appartiens qu'à toi ; tu fus toujours mon unique Dieu. Ma mère, aussi pieuse qu'Anne, désira comme elle d'avoir un fils, et te le consacra comme elle, aussitôt qu'il fut conçu. O Christ, s'écriait-elle, ô mon roi, donne un fils h mes vœux, et que ce fruit, né dans mes flancs, soit à jamais lié au service de tes autels.
Elle dit ; et tu l'exauças. Un songe divin lui révéla le nom de son fils, et ce his naquit. Je fus otfert dans ton temple comme un nouveau Samuel , si j'ose uie coaqiarer à ce grand [irojihète. Mais aujourd'hui je suis confondu parmi les [irotanes entants d'Héli, qui, par leur avidité, déshonoraient les saints sacrifices. Us en lurent punis jiar une mort désastreuse. Ma mère, en te consacrant son fils, espérait pour lui un meilleur sort. Elle sanctiUa mes mains en leur faisant toucher les livres sacrés . et me prenant dans ses bras : Mon pis, me dil-elle, un grand homme allait autrefois immoler son (ils, un fils vertueux, docile, que Dieu lui avait donné , fruit tardif des vieux jours de son épouse, le sent espoir de sa race, et l'enfant de la promesse. Le sacri/irnicur était
Abraham ; la victime , le jeune Isaac. Pour moi, mon fils, je t'offre à Dieu comme un don vivant que je lui ai promis. C'est à toi d'acquitter le vœu de ta mère. Sois aussi pur, aussi parfait que je le désire. Ce sont là les richesses que je te souhaite pour le temps et pour l'éternité.
J'obéis, quoique enfant, aux vœux de ma mère. Mon âme encore tendre reçut les impressions de la piété. On me réservait le sceau du baptême , et cependant Jésus- Christ remplissait de sa présence son fidèle serviteur. La chasteté , victorieuse de la chair, subjuguait mes sens, et souillait dans mon cœur un amour brûlant pour la sagesse divine.
O vie solitaire, prémices de la vie future , l'homme avec loi n'a pas besoin d'une compagne voluptueuse qui l'entraine dans ses goûts pervers ! C'est à Dieu seul qu'il consacre ses désirs. Ouvrage de Dieu seul, il ne se partage point entre une femme et lui. C'est ce Dieu qui, par des senlieis difficiles, guidait mes pas vers la porte étroite où si peu de mortels arrivent. Siiiqile créature, je participais à la divinité du Créateur. Revêtu de l'image de Dieu, je sortais des ombres de la mort, et mon corps , associée mon âme, prenait l'essor avec elle comme la pierre s'attache à l'aimant.
O mon âme 1 que tu es criminelle et digne de châtiment! O mortels! que notre présomption est l'utile! Tels que des vapeurs légères, ou que des courants incertains, nous roulons sur la terre la vaine entluro do notre orgueil.
Tout dans l'homme est variable et changeant, le mal comme le bien. Ce sont deux chemins qui se touchent. Le méchant ne l'est pas toujours; l'homme vertueux ces^c quelquefois de l'être. La crainte est le frein du vice; l'envie décourage la vertu. Dieu soumet le genre humain ïi des passions contraires, pour que dans notre faiblesse nous ayons recours à sa force. L'homme de bien suit constamment la même route. 11 ne tourne point ses regards vers les cendres de Sodome. Tandis que cette ville infâme est engloutie par les loudres du ciel, il s'enfuit rapidement dans les montagnes, de peur que son histoire et sa statue ne servent de uionument qu'aux siècles futurs.
Je sui-, moi-même un exemple de la perversité du cœur humain. Quand je n'étais (ju'un enfant , quand mon intelligence et ma raison n'étaient pas encore formées , guidé par la seule innocence de mes mœurs, je marc'jais d'un pas ferme dans le droit chemin ; je m'élevais jusqu'au trône de lumière. Et maintenant, malgré les connaissances que j'ai acquises, malgré mon âge avancé, je traiue des pas chancelants, comme si j'étais dans l'ivresse. Je succombe aux ellorts du démon. 11 se glisse secrètement dans mon cœur pour en arracher les bous désirs. Quelquefois mon ejjirit s'élance vers Dieu , mais il retombe aussitôt dans les embûches du monde, de ce monde fatal qui a lait tant de blessures à mon âme.
1401) gLAlllIOlK l'VUTIt, lUAHK ll(».\
Ci-|>ciulsiil, (|iioii|Uu lo \tùcM lUe duminc, (|iii>i |iio l'enutnii ui'. ii^|iamlii sur iiioi ses e.iin tMupi'sii^fs , L-oiiiiiiu l'u^ inoiisIri'S mitritis (|ui SDuilloiit lus Unis ilo lu incr iriino li(|ueui' nuire et tfiiiiiiuuso, ju coiinoiii iiioii étal ; je sais et' i|iic< je suis vl où je vuu<li'uis alliT; je vois tuuie l;i liatiU-ur de iiiii cliule, el lu |iioriuiileur tli- raiiiino où me» eircuis m'oiil |)ri''i'i(iité. Je ne iii';iiiiii.>u \>ns «le ces discours iVivoii'S el iiieiileiiis i|ui consnlcLt les alllit;és. Je ne uie réjouis |ioinl, ni no me crois meilleur en considépiinl les vices d'autrui. Ceun ii <|iii l'un l'ait des incisions doulourcu.ses, soi.t-ils soulagés par des opéralions plus ciuellis (|u'ils voient soullïir h il'uulres? Un uiéi liant en vaut-il luieiix |i;irce qu'il y en a do plus niécliaiils (pie lui? L'Iiumme de liieii, comiue celui ijui ne l'esl pas , se peri'eclionne avec un liomnio eiKOie plus vertueux. Un guide est nécessaire aux aveugles. Mais se plaire au lual , est le dernier excès de la malice.
Si, tout iiié|iiisaljletiue je suis, il est des j)i'rsonues qui m'estiment, mon cœur en jjOinit , j'en ressens une secrète conrusion. 11 vaut mieux sans doute Ctre réputé vicieux en pratiquant la vertu, que do passer iiour vertueux en s'adonnant au vice. Faut-il ressembler à ces sé|>ulcres tron)|ieurs qui, blanchis au dehors, et peints do couleurs agréables, ne sont au dedans que puanteur et corruption"? Redoutons cet œil immense qui perce Id terre, les goutlVes de la mer et ies ()rolondeurs du cœur humain. Le temps ne dérobe rien à Dieu, luut parait, tout se découvre devant lui. Comment éviter ses regaid."il Comment lui cacher nos crimes ! Où luirons-nous au dernierjour '.' Quel sein notre asile , lorsque le leu vengeur, éclairant les actions des hommes, s'attachera pour jamais à la nature et à la subsiaiico du vicel O nature légère et funeste, dont je crains nuit et jour les etl'els , quand je vois mon âme tomber du ciel , et s'enloncer malgré moi dans les langes de la terre 1
Tel au bord d'un tleuve grossi fiar les hivers, ce [datane ou ce i)iii , qui avait conservé durant toute l'année ses rameaux verdoyants, est d'abord attaqué dans ses racines par l'impétuosité des Ilots. Ses ajipuis sont ébranlés, le terrain s'éboule, l'arbre est comme en l'air sur le précipice. Bientôt les faibles liens qui le retiennent sont rompus ; l'onde l'arrache enveloppé de ses branches, l'entraîne dans ses goutlres , el, le poussant avec bruit, le jette entin parmi des rochers. La pluie et l'humidité achèvent sa destruction ; il n'en reste sur le rivage que de misérables débris.
Telle autrefois mon ûme fleurissait devant le Seigneur. Les eûorts violents de l'ennemi l'ont renversée; il me l'a ravie presque toute. Ce qui m'en reste, errant çà et là, cherche à recouvrer sa vigueur dans la force (Je son Dieu. C'est ce Dieu qui nous a tirés du néant; c'est lui qui doit nous créer encore une seconde fuis 8[iiès la dissolution oe nos corps, pour nous donner une nouvele vie, soit dans les Uammes ténébreuses de
l'OI.MI. m. s (.IlKG. DE yixi.
l'enfer, soit dans \o séjour lumineux du citil. Mais (>(i notre |dacu ost-ellu luarquéo 7 Nous l'ignorons.
Toi cependant, A (non Diou, ne rn'aliandoniii) pas à ces adversaires cruels qui nio traitent d'Iioinnio faible , ot déjà mort , ijui m'acitahlenl d'insultes, i^t i|ui rient de iiii-s malheurs, l'our pieuiière gr.he foitilie-moi datis l'espérance du salul. Kallume da'is iiioii Ame ce llambeaii pre.s<|uo élcinl qui fut nmii guide; ([u'il jelto un nouvel éclat; que les ténèbres de ma vio en soient dissipées. Kcarte aussi loin de uioi , par un souille léger, le pesant fardeau de mes peiiifs, el (ju'il s'évanouisse dans les vents. Tu as dom|ilé mon cœur ci force d'allliclions , comme on dompte un coursier fouu,ueux en le |ioussanl dans des scritiers dilliciles. Tu m'as éprouvé, soit par des douleurs (jui punissaient mes vices , soit par des liuiniiiations «jui répiiiuaieiil en moi l'orgueil , fruit ordinaire de la piété dan> les esprits peu solides, que la bonté môme de Dieu rend superbes et conliaiits ; soitenlin [lour que mes maux servissent d'exemple aux hommes. Tu voulais, 0 mon Sauveur, leur inspirer du ilégoilt pour une vie méprisable, dont la vicissitude et les revers atlligent les bons comme ies méchanls; tu voulais tourner leurs pas vers une vie durable, inaccessible aux adver^ités, et meilleuie (lour les jusies. -Mais ce sont des seciels ensevelis dans ta sagesse. Tout ce (|ui arrive de bien et de mal pour l'inslruclion des liouiiiies , sert également îi tes vues, quoique nous n'en pui>sions pénétrer les motifs. Le gouvernail du monde est dans tes mains. C'est sur ce fragile vaisseau que nous traversons, au milieu des écueils , les Ilots inconstunls de la vie.
O mon D;eu,je me proslerae devant toi.
Tu vois les tourments inlinis qui m'accablent. Daigne envoyer Lazare, afin qu'il Irempe dans l'eau le bout de son doigt pour rafiaichir ma langue embrasée. Que les barrières du chaos ne repoussent pas loin du sein d'Abraham un malheureux qui n'est riche qu'en faiblesses. Que ta main puissante me soutienne ; guéris mes douleurs ; fais éclater en moi tes prodiges, comme tu faisais autrelois. Dis un mot, elle llux de sang s'arrêtera; dis un mot, et la légion immonde se précipitera dans les flots. Dissi[ie la lèpre qui me couvre. Rends la vue à mes yeux, l'ouïe à mes oreilles, les chairs et le sang à ma main desséchée. Romps les liens de ma langue, aflermis mes pas tremblants; rassasie-moi avec peu de pain; calme les vagues irritées de la mer ; brille avec plus d'éclat que le soleil ; rejoins mes membres dissous ; ressuscite un corjis qui commençait à pourrir, et ne me condamne point ti sécher comme le lîguier stérile que tu avais maudit.
Il est ditlérents appuis, différentes protections pour les hommes. Les uns ont pour eux la naissance et dus dignités passagères; les autres ont des soutiens encore jilus faibles. Pour moi, je suis seul , ômun souve-
rain Seigneur, et je ni'iibandonne à loi seul, à loi, le (loni-naleur universel, et do qui je liens toute ma force. Je n'ai point de femme qui me soulage dans mes maux, qui me console dans mes peines. Je n'ai point d'enfanls pour me rajeunir dans ma vieillesse. J'avais des frères et des amis. La mort m'a ravi les premiers ; les autres n'aimant qu'eux-mêmes, fujent la société d'un malheureux.
Je goûtais cependant un plaisir qui était pour moi ce qu'une eau pure et froide est pour lu biclie altérée. Je vivais avec des iininmes justes , qui, [lortant Jésus-Christ dans le cœur, exempts dall'eclions charnelles, aimés du Saint-Esprit, et fidèles à son culte, coulaient leurs jours dans le célibat, et dans !e mé;uis du monde. Des querelles de religion les ont divisés ; on combat de part et «l'autre avec fureur. Le zèle de la loi de Dieu viole ouvertement toutes les lois. Plus de concorde ni de charité ; il n'in reste que le nom.
Comme un voyageur qui , après avoir évité un lion, rencontrerait une ourse en furie, et qui , délivré de ce nouveau (léril, et rentrant avec joie dans sa maison , n'ap-
(38) L» (liéologie la plus exacte el la plus sublime p!lllo^opllle se iciinisseiil dans celle onuinéracioii iJt'S aiU'ibuis de la Divinité. Ce morceau devait être
puyerait pas plutôt sa main sur la luuraillo, qu'un serpent caché s'élancerait s.ur lui pour le mordre; de même je cours d'affliclions en afflictio's, sans y trouver de remède. La dernière que j'éprouve est toujours la plus cruelle.
Plein de trouble el d'agitation, je porte partout mes regards. 0 mon Dieu, je les ramène sans cesse vers toi, qui es la source unique de mes forces. Elre tout-puissant, incréé, principe et Père d'un Fils éternel et principe comme toi, lumière de la lumière qui se communique de l'un h l'autre [lardes voies incomiiréhensibles ; Fils de Dieu, sagesse, roi, p.irole, vérité, image du premier modèle, nature égale à celle de ton Père; pasteur, agneau, viclime. Dieu mortel el pontife; esprit qui procède du Père , (lambeau de nos âmes qui éclaire les cœurs [lurs, et rends l'homme semblable à Dieu (38j, écoute ma prière, sois favorable à mes vœux. Fais que je puisse encore te chanter dans ma vieillesse ; fais qu'après ma mort, reçu dans le sein de la Divinité, je l'offre à jamais le tribut de mes hymnes et de mon bonheur.
traduit littéralement, et mot à mot. C'esl ce que j'aijait.
DES iriOSSITUDES DE LA T7EE