‹ Œuvres completesChapitre 24 sur 232 · I.KTTUKS A U.N EVF.QUK, ETC. BBC · texte numérisé non relu

I.KTTUKS A U.N EVF.QUK, ETC. BBC

corisé(|uenr()S, combien do doulos résolus, combien d'illusions dissipées louchnnt l'ein. pliM des revenus u'un évéclié ? (Juo f.iiidrait-il de plus pour reti/incbiT lotilo dépeiisu, je Ile dis pas mauvaise en soi, mais su(>i-rllu(), mais élrangèio li l'exercice du niini^lére épiseopol, que rettt; peiiSi'O : 1,0 bien (pu est eniru nus mains n'('st pas <'i moi, il appartient à l'Eglise, il ap|)artM-nt aux pauvres? dette |peiisée,coritiMuellemcnt présente, serait une règle inlailliblo, ijul , tenant lieu des décisions des conciles, des enseignemeiils des l'éres, des exenqilesdes saillis, ou plutôt réiinis-ant en abrégé toutes ces aiiti)rilé>, indupierail, dans chaijuo occasion particulière, la rriul(; ii suivre el recueil à éviti.'r. Vous désire/, ni'-anmoins , Monseigneur, que, pour rendre l'application de cette règle plus claire et plus sensible, j'entre dans quelques détails. Jo vais vous obéir.

Il faut h un évoque une maison d'habitation près de son église. On la nomme le palais épiscopal : langage qui n'est loléraiile qu'auianl qu'il ramène l'idée di; celle |iriiKipauté s)iiiituelle, exercée dans l'Eglise par les évè(|U(;s, connue successeurs des ap(jlies, pro piilribus luis noli sunt tiùi filii, loimlilurs eus principes super omncin terrain (llij, el comme eiablis par Jésus- Christ chefs ne sa leligion. C'est ce (ju'iin évè(|iie ne doit jam.iis peidredevue, ipiand il se conforme, dans des actes pidjiics, à l'usage qui a prévalu. Celte maison é()iscopale ne ressemble guère, surtout en beaucoup d'endroits, h ce petit hos[)ice, hospitiolum, où le quatrième concile iJe Carlhage voulait qu'un évéque eût son logement. Il faut convenir aussi que si celle étroite et courte habitation pouvait alors lui sutlire, elle ne cadre plus (ie|iuis longlemps , je ne uis pas avec sa dignité, c'est de quoi nous parlerons dans la suite , mais ave(; les soins où cette digniié l'engage, avec le nombre de personnes dont elle lui rend le cortège et les services nécessaires, avec le concours qu'elle attire chez lui. Quoi qu'il en soit, sa maison épiscopale, fùl-elle trop grande et trop vasle, il n'a pas tort de l'habiter; c'en serait un (pie de la réduire, de son autorité [irivée, à une moindre étendue. Il est obligé de l'entretenir dans l'état où il l'a trouvée ; mais c'est bien assez que les revenus de son siège demeurent chargés d'un enlrelieii don ont aurait dû originairement lui épargner une [)artie ; des agrandissemenls qui n'ont d'autres prétextes que des besoins ignorés avant lui , que des embellissements que la maison d'un évèque n'admet pas, quoique telle d'un grand du siècle en soit susce[)tiple, seraient autant de contraventions aux règles de l'Eglise, autant de profanations d'un bien consacré à Dieu. Qaand à la construction, quelquefois nécessaire, d'un édilice tout nouveau, sans doute qu'un évoque doit aiors procurer a son siège une habitation proi>ortionaéc au

(114) Pid. xi.iv, 17.

ŒUVRES COMPLETES DE LEFRAMC DE POMPIGNAN

service que le public en attenei.Mnis, puisqu'il en est le maître, elle iJoil êlre Irèséloignée d'une magniUcenremonJaine clans sa structure et dans ses distributions, d'un raftîiiement voluptueux de rc^'horche et de romraodilé. Quelle vanité, quel travers d'élever à cette occasion unmouumeiitsu|ierbe )iour la iposlérilé , qui jn'en estimera pas davantage l'auteur, et pour des successeurs, dont les uns se plaindront du surcroit de dépense qu'on leur a imposé mal à propos; d'auires trouveront encore à redire danscette maison, bâtie avec tant d'élégance et de somptuosité.

Il s'en faut bien qu'une maison éfiiscopale à la campagne soit de la m4me nécessité que dans le chef-lieu. Cependant l'usage en est ancien et les exemples en sont trèscommuns. Il ne m'appartient pas de les condamner. Il y aurait de l'injustice, comme de la témérité, dans une improbation sans réserve. Tout ce qu'on en peut dire, à mon avis, c'est que le séjour fréquent ou prolongé d'un évéque dans sa maison de campagne n'a que deux causes compatibles avec la rigueur des principes. L'une est le r<i[iprocheraent d'une jiartie considérable de son dtOLèse, distante de sa principale résidence, et privée par cette distance des fruits d'une communication [)lus facile entre lis ouailles et le pasteur. L'autre est le loisir que les travaux de son cabinet, utiles à la religion, peuvent exiger : la campagne les lui ollVe : la ville le tiaverse souvent. Je no niels pas nu même rang le motif du sin)ple délassement : il en faut à un évoque dans certains moments de la journée, comme à la plujiart des hommes sérieusement occupés : je le veux; il ne peut s'en pa>ser dans des lumps d'épuisement et d'infirmité : je le tais. Mais je ne lui vois poini, dans aucune saison de rannée, d'intervalle entièrement libre qu'il ait droit de soustraire à une suite de devoirs laborieux; sa retraite h la campagne, uniquement fondée sur une pareille diversion, aurait de commun avec les vains amusemenis du monde la perte du tem|)S, mais une perte d'autant plus coupable (piu le temps d'un évéque est [ilus précieux et sùuuiis a un compte jilus sévère. En tout état de cause, les défienses de luxe sont manifestement inexc*sables dans une maison de campagne épiscopale; elles n'ont pas même les prétextes allégués pour la maison de ville. Qu'un évêquc conserve le éhûteau appartenant à son siège, soit qu'il l'habite quebiuelois, soit qu'il ne l'habite jamais, c'est un devoir [lour lui tant qu'on laissera subsister à cet égard les lois présentes sur les successions ecclésiastiques. Qu'il y entretienne des b;ltimenls et des dehors plus beaux, plus spacieux qu'ils n'aulaient dû l'éire, c'est x'iicore, s'il les a trouvés, une fâcheuse obligation, doni lesincon-

(115) « Alla causa est episcoponiiii , alia niniiacliiiriiiii. S(.'illul^ iiaii:(iNO (|>iuil itii bupieiillliiis cl iiiMpicmlliUb tiebilores ciiiii siiil , camalis piipiili UcvoUuiieiii (piLi jpiiilualiljii!; iiuii possunl turpo-

vénients sont une raison de plus pour débarrasser les sièges épiscopaux d'une charge qui n'entre pas <lans leur f)rimilive constitution; mai* que, dans son habitation de campagne, il rassemble, il multiplie ou su[)plée à grands frais les agréments de la nature : des biens ecclésiastiques n'ont pas été donnés pour cet usage; des biens luôme séculiers entre les mains d'un ministre des autels y répugnent singulièrement. Si l'on dit que c'est pour faire travailler les gens dela"campagne,un évêque a d autres moyens de pourvoir à la subsistance des pauvres, et s'il a raison de vouloir qu'ils la gagnent par le travail de leurs bras, ce ne doit jamais être aux dépens de la modestie et de la simplicité sacerdotales.

L'exercice de ces vertus dans un évêque embrasse ses vêtements (je ne parle pas d'' ceux d'église; il y a longtemps que saint Bernard (115), copié quelques siècles après par le cardinal Pierre d'Ailli, a observé que les prélats, différents en cela des moines, excitent dans les temples, par une pompe extérieure, la dévotion du peuple, accoutumé aux qbjets sensibles), ses meubles, sa table, ses domestiques, «a manière de voyager. Je n'entrepreniirai pas de fixer sur chacun de ces points les limites de l'administration et de la propriété : elles ne sont pas indivisibles, et c'est ce qu'il y a d'alarmant pour la conscience. On ne peut trop en faire pour employer saintement les biens ecclésiastiques; en fait-un assez pour en être du moins un administrateur irréprochable? Tel est l'embarras, telle est la difficulté, dont on ne peut mieux juger (ju'en distinguant divers degrés dans l'emploi de ces biens.

11 y en a trois : l'un que j'appelle un degré d'excellence et de perfection ; l'aulre, op|)osô h celui-là, est un degré de vice tt de désordre; je nonuiie le lioisième un degré intermédiaire qui, sans égaler l'cicelience du premier, ne paiticipe pas au vice du second.

La perfection d'un évêque en ce genre consiste à vivre aussi pauvrement que vivaient les évoques des premiers siècles et (ju'ont vécu quelques piélats des siècles postérieurs. Celui <\u\ retrace ces modèles s'habille d'étoiles dont la couleur est celle de son étal, mais qui n'ont rien que de trèsconmjun pour lii jirix et pour le qualité.,Ses appaitemenis ne sont pas tapissés, comme ils ne l'étaient pas dans la maison de saint Charles, oii les ta|)isseries sont celles qu'on peut avoir dans les conditions et avec les fortunes les |)lus médiocres. Sa table est aussi frugale (jue dans une communauté religieuse, et ne soull're un peu |ilus d'aliiuidance et d'apprêts qu'en faveur deS'hôles. 11 a des doiueslii|ues simplement vêtus, dans le nombre absoluiiient nécessaire pour le service de sa maison, et ne les emploie pour

ralibiis excilaiil nriiamonlis. » (SancUis Beiin., Apoloq.) — Pernus de Alliaco, apud liaiiiaMuiii, aimo li'Jl, u" 11.

l'MU. V. IIIKOI.. MOR.MJ:. —

sn propre porsoimo, rjuo lors(|u"il no pont »'vn piissiT. Il Inil h pioil les visilos do son dioi'èsn ; si SOS l'ort-es 110 lu lui permotloiil lUis, il numte h clh'VHJ l'I no rcdoulc p.'is les iniuros ijn loiiip'!. (lot aiuDiii' ili- la pauvreté 0 Iiii-iii6iiu' M)ii lii^i'Otsini'. On in vdil «ians riiisloii'o (lo (pifhpii's sainis ilos traits qu'on HO roiniuvo pns ailleurs. Ceux quo nous veniMis il'exiioscr sont déjà assez rares : estil permis <le les lil.lnior? Ji Dion ne plaise. Si Ton n'a pas le courage de les iinilor, si l'nii croit niOuie avoir pour cela dos raisons que Uieupuisve approuver, on n'en doit pas niuiiis un tribut do respect et d'.idniiratioii h une manière de vivre (|ui ramèiio les jilus lieauv JOUIS do l'I-Igiise, et remplit sensibliMiient toute l'étenduo des devoirs imposés nux dépositaires des biens consacrés à Dieu. Oiiel loiiils n'amasserait [ins un évéquednns cette nusti^-re parcimonie |)our lo soulngemeuldes pauvres, et pour toutes les bonnes œuvres qui concernent son minislèro? (Juel besoin aurait-il alors de secours étrangers? Avec (juelle salisl;ic(ioii les fondateurs des bénélices ne verraient-ils pas cet emploi do leurs dons s'ils pouvaient en (Mre témoins? Avec (lucllejoie les apôtres reconnaîtraient leurs successeursdaiis ces fidèles imitateurs de leur pauvreté! Qui peut croire quo celte pauvrelé volontaire, si (écoiide en bieiit'aits, ornée de tant de voilas, avilit nux yeux des peiiplesiadisnitéépiscopaleVNon-sèuleiiieiU ces exeiiq)les doivent être admirés et loués, il est unie et néces<iairo de les étudier et d'aimer à s'en rap|)eler le souvenir, comme il l'est de bien connaîlie les ■longues et bumiliantes épreuves de la pénitence publique. La connaissance de ces épreuves, quoique tombées en désuétude, npjTend aux tidèles quelle est la grièvelé du péché: toujours égale, toujours la même; quelle doit être la réparation de l'oireiisc qu'il l'ait à Dieu ; quels etl'orts coûte au pécheur invétéré ou scandaleux le recouvrement de la justice; quel est le [irix de la grâce qui réconcilie riiomme avec Dieu. De mémo lo parlait dénùiuent dans lequel ont vécu de grands évêques est pour ceux qui ne le pratiquent pas au même degré une leçon louclianle du délaeliemcnl qui ne doit pas être moindre dans leur cœur, un frein dans les tentations délicates qui pourraient les emporter au delà des bornes précises Un devoir, un sujet de confusion, lorsqu'ils se comparent en ce point à des mociéles d'une si iiaute perfection, et par cela même un préservatif salutaire contre les éloges (pi'ils reçoivent, au lieu des censures (ju'ils auraient pu craindre autrefois; enlin, un puissant aiguillon pour racheter par d'autres mérites la disproportion qu'ils laissent enlre eux et les évêques dont la mémoire est honorée dans l'Eglise, parce qu'ils ont été de rigides amateurs de la pauvreté.

Les hommes trouvent souvent plus court de condamner dans leurs pareils une conduite qu'eux-mêmes ne tiennent pas, que

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