I.I nilKS A UN KVKQUE, V.TC. rr^U
d'avouerqu'ello est phis parfailo que la leur: qiiel(|UGfois niissi ils en jugent jiar des principes trop humains pour en cfMicevoir la perléction. (iardons-noiis, .Monseigneur, do cotte injuslicu ou (le eidle l'.iiMoss". .'si ijuid- (|u'iiii do nos coiihères, emhr.i'.saril l.i voio élroilo de la pauviot.'-, so rédu t avec éclat et avec persévérance h di's jinvalions (pi'on no connaît pres<pio plus, loin de prendre Cûnlro lui le ton ije la criti:pii; ou de la niillerie, [)liis indécent dans noire houclie <|ue dans toute autre, ap|ilaiidissons à son zèle-, et jirenons-en haiilcment la défense, au hasard d'une comparaison qui no tournerait pas à notre avantage. Demandons à Dieu (ju'il suscile beaucoup d'évêfiues de ce caractère; ils feraient peut-êire [lius do bien dans riiglise, plus de véritable honneur à l'épiscopat, ([ue dos savants et des génies du premier ordre; car le inonde, ébloui |>ar les richesses, esclave des passions qu'elles fomentent, est rebuté d'abord, je l'avoué, des dehors de la pauvrelé ; mais par la raison même qu'il met lioji do prix aux richesses, il regarde avec étonnement, et bientôt avec véiiéralion, un homme qui fait au milieu d'elles son partage de l.i iinnvreié, et ne les possède (jue pour les (ilslribuer nux pauvres. 11 est forcé alors de réjiéicr ces parol(>s dictées par le Saint-Es|irii : Heureux le riche qui a élé Irnuré sans tachr, (/ne l'or n'a point captivé, qui n'a pas mis sa con/iance dans son argent et dans ses trésors ! Qui est celui-là? et nous le louerons; car ii a fait dans sa vie des choses merveilleuses {lU'i}. Ce s[ieclacle est si imposant que s'il nous était donné de choisir entre des évoques comfiarables en talents aux Chrysoslome, aux Augustin, et des prélats égaux en dépouillement effectif, en sainte jModigalilé, à un saint Jean l'Aumônier, patriarche d'Alexandrie, h un saint Martin de Tours ; si l'alternative était inévitable, je ne sais ce quo nous devrions préférer.
A cet amour extrême de la pauvreté dans un évoque, s'oppose une nuire exlrémilé, mais vicieuse, et qui l'est en diverses manières.
Il y a celle d'amasser des sommes considérables, soit pour les garder siuis la clef, soit pour entier son bien jinr do nouveaux capiUiux ou do nouvelles acquisitions. C'esi le désordre de l'avarice, honteux et criminel dans quelque homme que ce soit, intolérable dans un ecclésiastique, le vol le [dus caractérisé qu'un simple administrateur puisse commettre.
Il y a celle de porter ses dépenses si loin, qu'elles excèdent les revenus, et que pour y satisfaire, il faut conlracier des dettes qu'on [laie mal, ou qu'on ne paie point. Ou meurt quelquefois avec elles; et outre le tribunal du souverain Juge, qui exigera jusqu'à la dernière obole, outre l'indignation publique, on laisse sa mémoire en proie aux iiialédiclions des créanciers frias- Irés.
'110) Eccli. \\\\ , 8.)
OlSLVBES COJlri,. DE LEFUiNC LUC PoMPlCNiN. II.
OEUVRES COMPLEÏES DE LEFRANG DE POMPICNAN.
11 y en a une pour laquelle le monde r. plus d'indulgence que pour les deux dont nous venons de parler. C'osl une magnificence qui va de pair avec celle des grands seigneurs du siècle, une vie délicieuse, exempte des passions grossières, mais semblable à celle du mauvais riche de l'Evangile, et de tant d'autres riches dont le monde est plein. Encore une fois, cet abus des biens ecclésiastiques est moins sévèrement jugé que l'avarice on que l'insolvabilité. Quelquefois même il est loué par des bouches suspecte»;, ou prèles à vanter tout ce qui Halle la nature et les sens. Mais il faut être bien aveuglé par l'amour-jiropre pour se croire eslimé, parce qu'on est moins méjirisé que d'autres, où pour confondre avec le sulfrage du public, des louanges d'un si ywBlil jioids. Le monde lui-môme, pour p«u qu'il rélléchisse, comprend que le lasle et le luxe sont déplacés dans un évoque, et s'accordent aussi peu avec sa prolessinn, qu'avec l'origine et la deslinalion des biens qu'il possède. Ce n'est pas lu une des moindres causes de la jalousie qu'on porte à ces biens, et de ris|)èce de conjuration formée pour les diminuer, si on ne peut pas les an é;intir. Malheureusement on s'arrèle à quelques exeni|ilcs parliculiers, et l'on en lire «les conséquences générales contre tout l'ordre ecclésiaslii]ue. Comme si les prélats, qui résident exaclement dans leur diocèses, et y emploient utilement les revenus qui leur sont attribués, doivent répondre pour ceux de leurs confrères qui étalent dans Paris les lichesses accumulées sur leurs lèles.
Tar là tombe le vain prélexte d'honorer la dignké épiscopale par de riches ameublemeiils, par un grand Irain, par une suite nombreuse, ()ar la profusion et la délicatesse de la chère, il n'est [loint de dignité, quoiiiue séculière, à qui tout cet appareil puisse ajouter la considération qu'elle n'emprunte pas de la personne qui l'exerce.
Combien moins ii une dignité ecclésiastique, où le mérite personnel, et un mérite qui lui soit projiro, est d'une nécessité plus indispeiisaUle que dans tout autre? Combien moins, lorsque les dépenses auxquelles oii altache celle prétendue considération , sont prises sur des biens consacrés aux usages les plus saints? Je m'en rapporte à l'opinion publique. Si on l'ignore, c'est qu'on le veut bien; .si on la connaît, et qu'on passe outre, ce n'est donc pas pour elle qu'on agit. On salislait son goût: et soit que l'honneur de la place y gagne ou qu'il y perde, on n'en demande pas davantage.
Je pourrais convenir, non pas que la magnificence soit jamais ulile à la dignité épiscojiale; car certainement elle ne peut que lui nuire : non pas même qu'une dépense modérée, telle que nous l'exposerons bientôt, en soit l'oinement liécessaiie et le soulien naturel ; car il faut toujours revenir ii celle immuable vérité qu'on lil dans le quatrième concile de Carlhago : un évèque doit
accréditer sa dignité par sa foi et par les mérites de sa vie, ilif/nitalis suw nuctoriialem fide et vilœ meritis qnwrat. E', en cllcl, supposons un saint Martin de l'ours, un saint Cermain d'Auxerro, rendus à l'Eglise; ils n'auront besoin , pour faire rcspccl. r l'épiscopal, ni d'une maison honnêtement meublée, ni de serviteurs h leur suite, ni de convives invités à leur table. Mais jo n'en dirai pas autant d'une vertu moins sublime, moins parfaite, moins éclatante. Peut-être qu'avec celte mesure de virlu, le mélange d'une pauvreté déjiourvue de tout ce qui frappe les sens, ne rehausserait jias assez aux yeux des peuples la dignité épiscopale. Je n'aurais pas de peine à convenir alors, que si des acconipaj;nemenls exli'rieurs, ujais toujours modestes, ne l'einbellissent pas réellement, ils peuvent du moins écarter un des obstacles à la vénération qu'elle mérite.
Jusqu'ici nous n'avons rien dit que di s gens sensés dans îe monde ne disent comme nous. Mais si nous poussons cette morale jusqu'à retrancher de l'usage légitime des biens ecclésiasliques les présents faits par un évèque ii ses parents, pour acheter une compagnie de cavalerie, un régiment, une charge, une terre, pour des mariages plus avantageux qu'ils n'auraient pu l'être sans cela, nous n'aurons plus dans le monde les mômes approbateurs. Il applaudit à ces libéralités épiscopales, et bien des personnes s'en font un motil de souhaiter la conservation des biens ecclésiasliques. Cependaitt c'esl un obus; nous n'en acceptons pas l'apologie, ni la conséquence qu'on en lire en faveur de ces biens; ils ont de meilleurs appuis. Tout ce que nous pouvons accorder au jugement que le monde en porle, c'est que ces biens, si enviés, remplissent mieux ses désirs cl ses vues, dans l'une des manières d'en labuser, que s'ils étalent incorporés à la masse des po.'^sessions séculières. L'abus est évident par les décisions ancien-
nes et nouvelles de l'Eglise. Les canons attribués aux apôlres avaient déjà défendu aux évoques de donner à leurs prcihes les biens de l'Eglise qui apparliennent à Dieu : iN'e res ecclesiaslicas , qiiœ Dei sunt, consanguineis douent. Ils ne leur permettent, si ces parents sont (lauvres, que de les comprendre, comme pauvres, dans les aumônes qu'ils font sur ces biens. Sed si pauperes sint, Us ut pauperibus distribuant. Le concile do Trente a transcrit ces parcdesdans sa vingtcinquième session, chapitre premier de la Réformation ; et il y ajoule ce grave avertissement aux évèques, « de déposer toute altache humaine, toute atlection inspirée par la chair et le sang pour des frères, pour des neveux, pour des proches, » atlection « si funeste à l'Eglise, » tinde lantorum malorum in Ecclesia seminariuin existit. Car pour ne point parler des maux que lui causent d'indignes sujets que la tendresse aveugle, où la vanité u'un évoque, leur oncle, leur paient, a introduits et plac. s dans le sanctuaire, n'est-ce [las une pluie à l'E-
l'Mir s. iiii;oi.. Mou.M.i:
^liso i|ULi lit prolaiintioii di* sus liions, u( r.iili-iiiif piirtéf à leur iltsIiiintiDr) |iriiiiur- (linlu? IN n'ont (VIS été doiiiiés (oti iio |i(*ut lro|i rimifiier ci-lle i^()0(|iii' f|ui ihkîide lotil). l'cnir fiirichir ou iclcver îles lainilhïS : l.'S li.Milittmirs avflieiil la leur; ou s'ils n'i'ii ii\ait'nt pas, «'t (|ii'ils ciissonl voulu (pii; Ii'lirs liietis ri'Sl.t.^seiil diiiis le uioiide, cuxiiii>iuus en auruiiMit ilisiKisé d cette lin, ou ils iiuiait'iit su L'Iioisir d'autres exécuteuis |isl;iui('iit;iires que des peelésiastiiiues. I-e choix n'est loiiihé sur ceux-ci, (jue |iarcu (|ue leur profession, les dévouatil h desa'iivres do religion et de charité, a paru aux fondateurs le moyen le plus sur, pour (pio les hieiis ipi'ils donnaient n'eussent pas d'eiufdoi séculier. Ils avaient raison d en juger ainsi dans les teiu|is et dans les circonstances où ils se trouvaient. Mais quiconque trompe cette attente, cl fait dos largesses aux sieiis, que le testament (|n'il exécute n'appelle pas, de ce qu'il doit aux lieux saints et aux pauvres, les véritables li'fiataires, commet unt^ fraude semblahie h celle des adminislraleiiis d'un ét.ihlissenient pieux, dont ils distribueraii'iil l<s revenus à leurs amis ou à leurs parents. Celte viTité est si constante, que, malgré le penchant des homnies à proliler des avantages ([iii s'olTrent à eux, ou ([u'ils peuvent obtenir, on dit ( omniunément que le bien d'Eglise ne prosjière pas dans les familios. Il y a elfeclivement peud'exeu;|iles contiaires, >jn moins qui soient connus. Los faii.illes élevées |>ar des nunistres ecclésiastiques, doivent [ilutôt celte élévation aux grâces du souverain, aux titres et aux dignités que le crédit de ces ministres y a mises, qu'aux richesses prévenues des bénéfices qu'ils jiossédaient. Toutefois, aucun oracle de la religion, aucun principe certain ne nous apprend la dissipation inévitable et (mochaine de ces richesses, dont la source est si vicieuse. Dieu peut réserver pour l'autre monde les etïels de son indignation contre elles. Mais quand il y aurait lieu d'espérer ici-bas la longue durée de cet accroissemonl de fortune, il n'est point de famille chrétienne qui ne doive répondre à celui qui veut être son bienl'aileur aux dépens de l'Eglise et des pauvres, comme Daniel répondit à Ballliazar : Gardez vos présents, et faites iiarl à d'autres dos biens rassemblés dans votre maison (117) : Muncra titn sint libi et dona domus tnœ alteri da.
Entre les deux extrémités, dont l'une est le point de la porl'eclion , l'autre, celui du désordre; il y a pour un évêque, usant des revenus de son siège, un état mitoyen, qui jifUt tendre davanlage vers le premier ou vers le second, car il est comme eux su.sceplible de plus el de moins, mais qui satisfait à ses obligations essenlielles dans telle matière.
Or, pour cela, il faut d'abord que son cœur soit véritablement détaché des biens qui sont enlre ses njaiiis, qu'il eu use coiu-
i.i.n.tKs A i;.N i:vi;quk, ktc. .-,3i
me n'en usant point; et qu'il aime la pauvreté, s'il n'en n pas sur lui et autour rj.lui toutes les marques extérieures. (;'esl l.i disposition (pie l'EvangiJe exige de lout chrétien. (Jui pourrait on dispenser un ministre des autels, un successeur îles apôtres, un vicaire de Jésus-Christ, un |)ossesseiir de biens qui ne sont pas h lui, et dont la |)iélé des hdùles lui a confié le <lépôf.'
One si cetio disposition est réelle, si- elle a dans son Ame des r;;ciiies piolondes , ello peut bien lui permettre (pjolpies ilépens '."■, inarcosibles à la pauvreti'! forcée, mais eiiliïi elle doit se ma-iifcslerpanlos relrancliements volontaires. Car de que!!- édilicalion pourrait (Mre le délachement qu'il annonce, si l'on n'en voyait jamais aucune preuve dans sa manièrt! de vivre, el s'il jouissait des biens qu'il possède, comme un possi-sseur qui les aimerait? il faut l'onc qu'il puisse (lire avec vérité de ces biens, ce (pur saint l'aiil disait des secours qu'il accc|)t,rit de (pieli|ues églises , et qu'il refusait (]« quelcpies autres. Je sais soutenir l'abondanoi; el la disette (118), scio et abunddic, et penurùnn pati : raliondaïKo , elle ne n.o Halle (las , et je ne m'y prête ijue [lar un motif de charité; la diselte, j'en suis cmitent, elle ne m'ijte rien que je rogrellc. Il est mille occasions de détail, où un évéïpio. sans vivre puMiquemonl et hahiluellcmeiiî dans la panrrelé, peut la goûter et la | r,iti(pier. Combien de choses, el de combien d'espèces dont il peut s'abstenir, que les hommes ne lui leprocheraient pas, et (pu ne tiennent ni d'une magniticence profane, ni.d'unt! recherche exquise, vices que noirs avons déjîi rejelés. Il lui arrive (|uelquofois, comme à d'anlres riches, d'èlre plus mal logé, plus mal couché, plus mal nourri, qu'il n'a coutume de l'êlre; c'est alorsqu'aulieu de ces plaintes el de ces im|ialiences (pii décèlent un esprit faible, junouieux des richesses, esclave des cominodilos (ju'elh's jH-ûcurent, il doit lémoignoi' une tranquillité, un contenlen>onl qui fassent juger que ces privations lui conviennent autant, (I même mieux , que son aisance ordinaire.
De là je conclus, que la dt'iiense permise h un homme du monde, en habillements, eri meubles, en repas , en doine^liques , en équipages, ne ri-'Sl pas <i un évèque avec Itr même revenu. Celui-ci, par celle égalité ii(! dépense, fondée sur l'égalrlé de revenu, franchirait les bornes d'une lidèlle administration, blesseiait !a modestie el la simplicité de son élat. Le moins qu'on [luiss • exiger de lui sous ces doux r;ippons, c'est qu'il se refuse en ce genre une partie de ce que le jugement des personnes sensées , el au-dessus de ce jugement, la loi de Dieu, accorderait au propriétaire séculier d'un bien de môme valeur; et qu'on ne dise pas que son rang est, dans la sociéié politique , égal et poul-êlre supérieur, à celui du laïque qui n'est pas plus riche que lui , je ler veux : mars ce rang dérive originairement
^U8) Pliilipp. IV, 12,
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ŒUVRES COMrLETES DE l.KFRANC DE POMPlf.NAN.
(lu rpspert inspiré parla religion pour une (ligiiilé toule siiinle; il ne la liénaturo pas. A Dieu ne [ilaise qu'il la masque ou la fasse ilisparaîlre 1 Le véritable exercice de celle dignité, gardienne des maximes évangélifines, tempère nécess.iirement l'usage des |irérogntives lem|iorelles qu'on y a jointes. Cet usage , porté jusqu'J) un certain point , serait modéré, serait légitime sans elle; avec elle, il e^t excessif. C'est encore une fausse excuse que de liire : l'Iiomnie du monde a une femme , a des enfants; il remplit h cet égard tous ses devoirs. Pourquoi i'êvéqne. allranchi de cette charge, et possédant le même revenu, ne ferait-il pas, pour sa personne et pour sa maison, la n)ême dépense? Non , il ne le peut pas ; car il a dans les |iauvres de son diocèse une famille plus nomlireuse, et qui doit lui coûter plus cher que celle que Dieu aurait pu lui donner, si, attaché au monde, il y y avait eu les n)êmes biens qu'il a dans i'Kglise.
Celte dernière réflexion indique la grande règle qui réduit un évoque, ne portant pas les livrées de la pauvreté, à une dépense compatible avec sa qualité d'administrateur, et avec l'esprit de son état, Cotte règle est que la dépense de sa personne et de sa ie<-ison ne l'empèchc pas de satisfaire aux deux chaiges dont les revenus de son siège sont grevés : savoir, d'une part, les réparations el entreliens des bâtiments ou des églises (pii endépendent ; de l'autre, les aumônes ou autres œuvres île piété qu'il doit faire dans son diocèse.
Il est rare qu'on se plaigne des dégradations causées par la ix-gjigence dans les bâtiments qui servent à l'habitation des évêques, ou à l'exploitation des biens des évêcliés : chacun y fait ordinairement quelque chose; el l'on peut assurer, que de tous les bâtiments de quelque conséquence, dispersés dans le royaume, autres (pie les édifices publics, il y en a peu d'aussi bien entretetuis que les bâtiments épiscopaux. S^'rait-il |)ossible qu'o";! n'eût pas toujours la même attention pour les église^, 'lîi les évoques doivent fournir tout ce qui les reg.u'de comme décimateurs? Cette obligation leur est commune avec d'autres béiiéliciers; elle est ù leur égai'd plus étroite el plus pressante, paire qu'indépendamment du zèle particulier qu'on a droit d'atlendre d'eux pour la b(.'aulé de la maison de J)ieu, el pour la dignité de son culte, un des devoirs de leur sollicitude pastorale est di! veiller à l'une et à l'autre dans toute l'étendue de leur diocèse. 11 serait bien injuste qu'ils lendissent pour les églises dont d'autres décimateurs répondent, des ordonnances , démenties [lar le mauvais étal des églises oij ils le sont eux-mêmes, el encore plus qu'ils se prévalussent de leur auloiilé diocésaine pour imposer silence aux demandes iiu'on pmirrait leur faire en C'tte qualité. Voilà d'abord une charge d'entretien, établie sur les revenus de leur évè'hé, et dont racquitteinenl est un obs-
lacle invincible à toute dépense, qui ne laisserait pas de quoi y pourvoir.
Quand à la seconde, qui est celle des aumônes et des œuvres de piété, elle n'est pas moins sacrée, quoique les objets en soient moins déterminés: aussi, je n'entreprendrai pas de fixer la quantité précise qu'un évêque doit prendre chaque année sur son revenu, ou pour secourir l'indigence, ou pour soutenir (Jesélablissemt-ntN uljles à la religion, ou pour faciliter l'entrée du sancluaireà de bons snjels, ou (lour favoriser des réconcili.ctions et des conversions. On sent qu'il ne peut y avoir surce'a de règle uniforme et stable; les années ne se ressimliltnt pas; tous les diocèses n'offrent pas les mêmes besoins, ni les niême> moyens. Je dirai seulenent que tout évôip e doit faire des distiibutions charitables; il le doit sans doute dans les nécessités extraordinaires, dans les occasions d'éclat, on n'y manque guère; et s'il se bornait à celles-là , on jiourrait soupçonner que la vanité, le respect humain, une commisération purement naturelle, agissent sur lui, plutôt ipie des motifs religieux : il faut aussi que ces distributions de sa part soient annuelles , fréquentes, presquejonnialières. Car un évêque qui ne donnerait jamais, ou qui donneiait rarement, ou qui i enverrait après sa mort tous les dons qu'il destine à ses diocésain', se montrerait indigne de sa place; t-t par cela seul que sa dépense , absorbant son revenu, tarirait chez lui la source des aumônes, fût-elle médiocre en elle même, elle serait encore plus forte qu'elhne doit l'être J'ajouterai que la luesure de ces aumônes doit être telle, que son diocèse en soit édifié ; qu'on l'y recoimaisse en général pour un homme désintéressé, généreux, bienfaisant ; qu'on lui demande toujours avec liberté et avec confiance, quoiqu'il no puisse et ne doive pas toujours accorder; que les pauvres qui l'environnent , ceux mêmes qui ne le voient pas aussi souvent, . bénissent son nom [lendant sa vie, et lui prépaient au jour de sa mort l'éloge le moins suspect, celui de leurs larmes et de leurs regrets. Avec cette opinion , répandue au milieu de son troupeau, et qui ne peut l'être que par une suffisante é[ireuve de sa charité, on lui pardonnera une dépense modeste pour sa personne et pour sa maison.
Vous me demandez mon avis sur les présents qui ne sont pas des aumônes. Peuvent-ils s'allier avec la nature des biens ecclésiastiques et avec la qualité d'administrateur dans un évêque? Je pense que oui; mais à deux conditions : l'une qu'ils ne soient pas multipliés, et jamais d'un gianl l)rix: l'autre, qu'ils aient une fin plus conforme à la sainteté de son état que celle de témoigner de l'amitié ou de la libéralité. Il me semble que de fiaieils présents n'exciteraient pas l<;s plaintes des fondateurs contre les (dépositaires des biens qu'ils ont donnés à l'Egli.se, et que l'Eglise eliemûme ne les condamnirait pas comuie des tonlravenlions à ses lois, toujours subsLS
l'Ain. \. llIliOL. MOIlALt. '
mili's.surl'iisngo (tes biens fcclt^inïliijiii-i. (Jut- vous ré|ioiitlrai-jo sur riiospiliililé? fllf .i t^ié en hitniii'iir, unii-sfulLMiiciil il:iiis lu |>fU|>lt' tl'lsrui'l, mais cliuz lus naliDii-. iil'ilUifS. Ellf a |iasstWliitis Iccliiisiiat'i-iiiiu Siiit l'ii-rro 01 Miinl l'aul l'uni souvo!ii rfiMniuiandi'Oiiiix liJèlos; i-l suinlPaul l.i tiiiiiplal purnii 1rs vt'ftii.s (|u'unii veuvo ;i ilù eii'iciT, avdnl (juo il'tilif éliio iliai'utii'N'e. Hft;iiici u|) (le conciles en onl |iailé , counnu ilo l'uni' i]< s |ii'iiici|ialus ()l)li;;alions lie I épiscopat. Des juitiuis niudernes , i|ui oui écril sur cette matière, paraissent persuadés que celte uljlij;.iiir)n est aujourd'luii la iiiônie ([u'aulrelois. De dire (pie l'a.'icienne liospilaliltS usl rein(ilaCL'e par les repas auïipiels un évôijuG convie ceu\ de ses diocésains ou d'autres qu'il juge à propos, ce seiait une illusion. L'tiospilalité, dans le sens qu'on l'eiilendail alors, esl semblable à celle quo Jésus-Chrisl pro()Osail au pharisien (lii)), qu'il exhortait à préférer des convives pauvres, hors d'étal de se nourrir eui-inôines, h des convives rielies qui n'avaienl pas besoin de sa table. Cepeiidanl il ne taut pis croire que ces repas tie société si'ienl al)Siiluiiicnl étrangers au luiiiistère d'un évèque, ni qu'en les lionnant il prolaiio un bi'-n sacré, si toutelois il nu les l'ait pas servir d'amorce cl do pelure à la sensualité. l's peuvent uliiier au|irès de lui des (vjrjounes (jui , sans ces invitalions, ne l'approcheraient jamais ou le verraient peu; ils lui lacilileiit les moyens de les connaître et de s'insinuer dans leur esprit, de les instruire à propos, et avec d'aulanl plus d'utilité qu'on y soupçonne moins d'atl'ectalion, de terminer des atl'aires inléressautes pour son didcèse ou pour la tranquillité des l'ainillesel la réunion des esprits divisés. C'est une des |ilus innocentes diversions de ses travaux, (juand il ne s'y môle pas des circonslaiicos dmil il ait à se repentir. On trouve lies exemples de ces sorles de repas da )s la vio de plusieurs saints évèques, et de ([uelques-uus mêmes du l'antiquilé. Mais encore une lois, ce n'est pas là l'hospitalilé recommandée par les conciles; celle-ci s'exerçait envers les passants et les voyageurs. Jl s'agit de savoir si les évèques y sont toujours obligés. Je ne suis rien moins (pie dispose à secouer le joug des anciennes règles, ou à défendre le relâchement par la dillérence des temps et par le changement des mœurs; mais plus j'ai pensé à ce point de discipline et jiiiis j'ai cru reconnaître (jn'il était devunii impraticable. D'abord , il est visible que le motif (irincipal , qui rendait l'hospitalité si ilièie et si [)iécieuse aux anciens, a cessé depuis longtemps. Il y a partout des hôtelleries ouvertes aux voyageurs et aux étrangers. L'hospitalité antique était jilus vénérable et plus noble; elle annonçait, entre les Imiumes de tout pays, de toute langue, de toute nation, une fraternité générale. Uunnée et reçue, elle devenait le iien d'une amitié qui ne s'éleigaaitjamais.
l.tirilKS A 1:1 LVKtJlk, WtC. 3W
cl passait jusipruux dusi'iMidanls. .Maii elle laissait ceiii qui en avaient besoin à la merci des évéïninenls. Quelquefcis ils ne trouvaient pas d'asiles , on n'en trouvaient que pour être outragés. Une lios|)iialiià vénale, mais lonjours jiréle et surveillée par la puissance publique, a succédé à celle-li. Les citoyens les plus verlueui se reposent sur elle de la réception des étrangers; ils n'en attirent ou n'en recueillent dans leurs propies levers, que lorsque des raisons particulières les y engagiMit. Les évèques peuvent en user de même, sans encourir h; moindre reproche. De plus, s'il y a des vovageurs dignes de pitié et d'une atlenlion marquée, à l'égard dcsipicls l'hospitalilé gratuite soit de précepte ^pour un évèiiue plus i|ue pour toul autre, quand il les connail), il n'est rien de pins commun, surtout dans un grand royaume tel que la l'rance, en dépit de toutes les lois, que des mendiants vagabonds, dont le moindre vice esl la fainéantise : v./ilà les hôtes qui abnnderaienl chez lui. Les honnêtes gens n'y viendraient pas. lis rougiraient d'un bienfait reçu en aussi mauvaise compagnie; ils se feraient également une honte d'être nourris et logés d'ans leur route, par l'ell'et d'une charité prodiguée aux allants et venants. Lutin, que ileviendrail la maison d'un évèque, si riiabiludo était une fois j.rise d'y entrer et d'y séjourner, comme dans uiiu auberge uii l'on n'a rien à payer? Quelle foule importune ! quel embarras I quel désordre! quelle consommation d'un revenu où il Ile resterait plus de quoi subvenir aux besoins de soa diocèse ! quelle distraction aux soins de son luiiustère ! Concluons que les anciens canons sur 1 hos!>italité n'ont plus, depuis longtemps, d'application ordinaire et n'obligent lés évèques que dans des occasions rares, où d'une part, l'exercice do ia charité ne [)orte point à faux, de l'autre, les inconvénients et les dangers que nous venons de remarquer, ne se rencontrent pas. \'oilà les divers emplois des revenus épisco|)aux : 1° vivre dans une exacte et littérale pauvreté, pour donner davantage ; 2° se permettre une dépense modeste , au-dessus de l'élroit nécessaire, mais qui reuqjlisse tidèlement toutes les charges d'entieiien , et conserve aux pauvres ce qu'on a droit d'allendre, dans un diocèse, ue la cliarilé épiscopale; 3' amasser un trésor ou étaler la magnihcence et le luxe, ou enrichir des parents. Ce dernier emiiloi , ou plutôt cet abus, n'admet d'excuae dans aucune de ses nuances. Le premier emploi est plus parlait dans son genre que le secon 1. Y a-t-il toujours pins de [lerlection personnelle dans un évèque, rigide observateur de la [lauvreié, que dans celui qui mène une vie commune, où il entre jilus de dé|iense? Je ne voudrais pas le décider. Les verlus qui lVa[)peiit le [ilus les regards des lioinmes, ne sont [las toujours celles dont le mérite est réellement le plus pur. Les vocations autsi
(119) Lue. XIV, 12, 15.
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.'Ont différentes comme les tempéraments el les caractères. Telle personne a un goût '•t un attrait particulier pour le dénûnient ou (lourdes pratiques de pénitence; telle nuire pour la méditation des clioses saintes, ou pour l'élude de la religion. Il y en a dont le partage est de rendre la piété aimable par leur commerce. Dieu pèse leurs justices dans une balance plus droite que les nôtres; »l est possible qu'un évéque , qui n'a que des motifs de zèle et de charité dans la dépense qu'il se permet, qui veut ?e faire tout h tous pour les gagner (ous à Jésus-Clirist , 'Oit aussi 1 1 plus saint devant Dieu, autant et plus utile à l'Eglise que l'évéïjue qui dans son état, dont il ne néglige pourtant pas les devoirs, retrace le dépouillement et l'austérité des an icliorètes. L'essentiel est que chacun suive sa vocation, qu'il respecte ceux qui en ont une autre, et que dans la comparaison de leur conduite avec la sienne, il trouve des sujets de s'humilier, bien loin de se préférer à eux.
Vous voulez. Monseigneur, qu'aux éclaircissements précédents j'en joigne sur la plulalité des bénéfices. Cette question rentre, (1 quelques égards, dans celles qui viennent dï'tre traitées. Kllu a cependant des dillicultés qui lui sont propres, et qui demandent un examen à part.
Si j'avais .') la traiter en général, et sans distinction d'évôques ou d'ecclésiastiques du second ordre, je dirais que les anciens canons , notamment du quatrième concile œcuuiénique tenu à Clialcédoine, et du septième tenu h Nicée,qui défendent à tous les cli^rcs de se faire inscrire et d'être stipendiés dans deux éj;lises, sont encore en vigueur; qu'il n'y a jamais pu être dérogé ijue par des dispenses spéciales, fondées Tion sur des intérêts personnels, mais sur les besoins des lieux, sur l'utilité manifeste de l'Eglise. Je ne serais point arrêté par l'a rgu men t qu'on tire delà dilférence entre les liénélices simples et ceux qui ne le sont pas, pour éluder l'autorité de ces canons. J'y répondrais, que des deux poinis de l'ancienne discipline, dont l'un ne reconnaissait pas de liénélices séparés de l'ordination ou de l'incorporation dans iHie église, l'autre proscrivait l'accumulation des titres et des revenus • cclésiasliques: le c.remier a été abrogé par l'introduction des commandes et [>ar l'étaidissement des bénélices simples, mais que le second a toujours subsisté. J'en donnerais la pieuve dans les motifs clairement énoncés de la loi dont il s'agit. Cidui de l'incompatibilité a cessé [lar l'aQ'ianchissement accordé aux bénéficiers simples de la résidence cl du service local. 11 n'en est pas de même du niotif de couper cours à l'avalice , à la cupidité, h l'ambition, lequel (120) avait déterminé, autant (]ue l'autre, les conciles à défendre la pluralité des béné-
fices. Ce motif â lieu dans la nouvelle corn me dans l'ancienne discipline; et il conserve h cette défense toute la force qu'elle a ja^ mais pu avoir. En etrci , ne serait-il pas absurde et injurieux à l'Eglise de prendre droit du changement qu'elle a été forcée d'admettre dans une partie de sa discipline bénéficiale, pour en conclure qu'elle a sacrilié l'autre, rendue plus nécessaire par ce changement. Car l'obstacle des résidences et des fonctions incompatibles étant levé, il devenait plus dangereux qu'auparavant, que cette facilité de posséder plusieurs bér nélices ensemble ne servit d'amorce à la cupidité. Je confirmerais victorieusement cette réponse par Je concile de Trente, que je ne transcris pas ici, parce qu'il faudra y revenir. Ce concile connaissait les bénéfice^ simples, les bénéfices en commende. C'est il'eux précisément qu'il a prononcé, qu'on ne peut en allier aucun avec tout autre bé^ néfice sufiisant à l'honnête entretien d'un ecclésiastique. Il assure qu'en prononçant ainsi, il se conforme aux anciens canons que nous avons cités, et dont il rapporta les termes; tant il était éloigné de penser que ces canons fussent abrogés , et qu'il fallût y ajouter des dispositions, dont le [irincipe et le germe n'y fussent pas déjà contenus. Je conviendrais, à la vérité, que toutes les raisons alléguées par des théologiens et des canonistes contre la pluralité, ne sont pas également fortes. Je ne m'attacherais pas , avec quelques-uns d'eux , h, soutenir qu'elle est contraire de sa nature au droit naturel et au droit divin ; je dirais seulement, avec tous, que lorsqu'elle sort lie l'exception approuvée par le concile de Trente, elle nuit au service de l'Eglise, elle empêche que la justice distributive n'y soit exercée dans la collation des bénéfices , elle fomente les désordres essentiels que nous avons exposés plus haut , touchant l'usage des biens ecclésiastiques , elle est même d'un pernicieux exemple dans ceux qui emploient utilement ces biens. Enfin , j'appliquerais à cette matière la maxime incontestable, que dans le concours de deux sentiments opposés, on est obligé, sous peine de |iéclié, de suivre dans la pratique le [dus prol)able et le plus sûr. Or, si le sentiment qui condamne la pluralité des béné? fices, ne réunit pas ces deux caractères, il n'y a plus de règles parmi les hommes, pour discerner le [)lus sûr et le plus probable de ce qui l'est moins.
Mais cette controverse n'appartient pas, dans sa généralité, à notre correspondance, Elle ne roule que sur les devoirs des évêques.On est d'accord, les adversaires comme les approbateurs de la pluralité, que Ic^ exceptions les plus favorables dans ce point de discipline regardent les éyêques. Examinons donc, relativement à eux, je ne di^
(120) € Cloriciis ab Iioc dcinceps lenipnre in diia- |iu> eiclesiis non colloci.'Uir. Megoiialionis enim el IiM|iis Incri prupriiiin lioc Cbt, cl :iti ccclcsiaslici c(J!i->iictiulinc aiiiiiiiiin , . Qii.r piopier tuina
IdcruMi fiiinl in etclesiaslicis riegnliis , ea a Deo
snnl aliiMia. > {Cmic aclioiiis ullinuo.)
Nicœiium secuiiUiim, can. iC>,
l'AlU V llll <i| . MallAt.K
pas Ici f\i'i>|ilioiis i|iii |it'iiV('iit |inrnllri> ffi- V(>r«tjlo>, III. lis rcllfs i|(ii sonl récllt'iiioiit ju!il<^>i| ou i|ui DU lo sonl |M.s.
Pui^c|u'llll l'arli! li'i'tii'plioiis , on reconiiait i|uu la loi les ubligtr, i-uiiiiiio tous les i'crlosiaslii|iies du second ordre. C'est co qui n'usl jas douknu diins les aiicii-tis caiiutis, oà ils ont L'tti disertuiiieiit iiouiiués ; dans les écrivains des moyens siècles de TKglise , qui se sont élevés contre divers abus (lu clergé, et y ont coiii|iris celui de la |iluriililé; dans les lliOologiens qui ont <lisculti ce cas de ronscience, et surl(*ul d;ins le concile de Trente, iiui a li\é irrévocaliiemeiit la discipline de l'Kglise sur celte matière, el dont il est lem|)s de copiei' le décret (r2l): « L'onire ecclésiastique étant |ierverli, lorsqu'un seul clerc occupe i'ollice de plusieurs, les sacrés canons ont sainlenionl ordonné que personne ne tï1l inscrit «lans deux é^'lise.-: nuiis connue |ilusieurs , livrés à une cupidité déréglée, se trompent fux-mômes sans pouvoir tromper Dieu, no ••raignent jias d'éluder par tlivers subterfui^es, les règleiiuiits salulaiics, et de [losséder à la lois plusieurs bénétices, le saint concile désirant rétablir dans les églises la disci|iline cjui doit y élreobs(irvée, ordonne qu'à l'aveuir il ne soit conféré qu'un seul béuélice à cliique ccciésinsliuue ; et il veut i|ue ce décret soit exécuté à I égard de toute srtrte de personnes, de (juelque litre qu'elles soient décorées, môme do l'homieur du carilinalat. Que si ce bénétice ne sulDt pas à l'iioniràte subsistance de celui qui eu a été pourvu, il sera permis de lui en conférer un autre sinifile et sullisanl, à condition loulel'ois (jue l'un et l'autre ne demandent pas une résidence personnelle. L'intention du concile est que ces dispositions s'applii|uent non - seulement aux églises cathédrales ( dont les év6i)ues sont titulailes), mais à tous autres bénéfices quelconques, tant séculiers que réguliers, même en cominende, (juel que soit leur litre el leur qualité. »
Le concile ne distingue dans ce décret ni les personnes, ni les bénétites; il soumet à la loi de l'unité ce qu'il y a de ()lus éminent dans riiglise, les évêques, les cardinaux, ainsi que les moindres clercs. Il en exemple ceux-ci, autant ijue les autres, dans un cas (jui peut leur être commun, celui de l'insuliisance, selon leur état , d'un premier beiiélice. Il ne permet (>as plus de multiplisr sur une inôine tête les bénétices simples, les bénétices en commende.que les évècliés, les cures, les canonicats.Tout ce qu'il [)rescrit de plus sévère pour les bénétices à résidence,jc'est qu'on ne puisse en posséder deux 'à la fois, quand même l'un d'eux ne bullirail pas à l'honnèle subsistance du titulaire.
Alléguera-t-on ici que les décrets du concile de Trente sur la discipline, n'ont [las été publiés en France? Cette objection serait bien déplacée contre un décret, sollici-