MILS \ i .N lm;qli:. etc
lé avec tant iriiist.ince, au nom <tu roi , p&r ^es ambassadcui N i-l par les prélats français, au nom de riiglisc ^^allicane ; contre un décret où lus ambassaiieiirs de (Charles l?C ne trouvèrent d'antre défaut que de n'èlro pas assez rig!iureu\ ; contre un décret , dont la cliainbre du liers-étal , aux étals généraux le-uis à l'aris sous la minorité de Louis Xlll, déclara soiili.iiter l'observation dans le mument même qu'elle refusait d'adliéri'r, avec l'ordie du clergé et i:elui de la noblesse qui l'y avaii'iit invitée, à la publicalion s(dennello du concile de Trente ; contre un décret, qui n'a pu avoir aux yeuwde la naliion, aucun des inconvénients qui ont délouiiié nos souverains et leurs cours de consentir à celte |iublicatioii ; contre un décret enlin (jui, no concernant (jue la saititelé des mceurs dans le clergé , et la pureté de la discipline eccb'siastique, n'a eu besoin, pour lier Uj consciences, <pie d'être sullisamment connu. .Vussi, noslliéulogicns l'onl-ils toujours rangi; parmi les objets de dogme el de morale, sur lescpicls on révère en France, comme dans tout le reste de l'Eglise callioli(jue, la su()rèmc autorité du concile de Trente. Je ne doute pas ([ue nos jurisconsultes éclairés cl amateurs des règles, ne pensent de môme, et qu'ils ne regardassent, ainsi que les magistrats, comme un outrage aux maximes du royaume et aux libertés de l'Eglise gallicane, Li prétention de s'en faire un rempart coiitie la loi du concile de Trente qui défend la pluralité des bénéfices.
Obligé d'exiiculer cette loi, un évêque n'a donc d'autre titre pour s'en dispenser, que celui môme renfermé dans la loi ; or ce litie qui est l'iiisuilisance du revenu, peut se tirer ou de sa diguifé, ou des charges qu'elle lui im[iose dans son diocèse.
A l'égard de sa dignité , je ne me dépars point de la maxime consacrée par le témoignage,des Pères et des conciles, fondée sur la nature de la chose, que la vraie considération de l'épiscopat ne consiste pas dans les richesses et dans l'étalage (}u'on en peut faire, mais dans les exemples d'une vie sainio, et dans les services rendus à l'Eglise. En cela l'opinion du monde est conforme à la nôtre; de ce monde à qui l'on désire de plaire, et de qui l'on obtient quelquefois des louanges par une fable délicate, par des meubles et des équi[)ages somptueux. Malgré cet ébfmissement passager , malgré sa propre i)erversité, des réflexions le ramènent souvent à un jugement jilus sain ; il méprise alors une vaine poiii|ie qui a le vice particulier de contredire l'état et la profession de ceux qui s'en parent. S'ils daignaient s'instruire île ce qu'on pense et, de ce qu'on dit d'euï, s'ils ne fermaient pas les yeux aux indices qui devraient le leur api)ren(ire, ils sauraient qu'en chercliunt la considération, ils iiiarKjuent leur but. Elle s'attache [)lus volontiers à dtv» prélats auxquels ils ne se coiuparent (loint, et dont ils font oeut-ôtre peu de cas à cause de leur
(I2IJ Cote. Ttidcnl., scss xxiv, c:ip 17, De: reformaiwne.
Zi'S
SU
simplicité; loulefûis, à quelque degré que celle simplicilé se porte , tiU-elie iiièuie égale à CHJIe des prélats célèbres par une pratique austère de la pauvreté, la dépense d'un évêque, en qualité d'tinmine j)ublic et de premier [lasteur h la tôle d'un nombreux troupeau, est nécessairement plus forte que s'il vivait, avec la même pauvreté d'esprit, dans le second ordre du clergé et dans une condition privée. Il est donc très-possible que le môme revenu, suflîsant selon les règles canoniques à un simple clerc, ne suÂise pas, selon les njêmes règles, à un évèque; je dirai plus, et en le disant, je suivrai le fil de mes principes, queje ne crois pas coupables de relâchement: on ne saurait sup[)os(T que parmi les évêcliés les moins riches, il y en ait dont les revenus ne mettent pas le titulaire en état de vivre ;ivec ce parfait dénùment dont j'ai parlé plus haut, et dont l'iiistoire ecclésiastique fournit de mémorables exemples. Mais quoique ce dénûment soit admirable, et qu'il y ait lieu de souhaiter que le spectacle s'en renouvelle, il n'est pas d'une nécessité absolue pourl'accomplissemenl, à cet égard, des devoirs de l'épiscopat, et il peut être compensé dans une vie jilus commune par d'autres mérites. J'avouerai donc qu'un évoque est dans le cas de l'exception admise )iar le concile de Trente, si le revenu de son siège ne suffit pas pour une dépense audessus de l'étroit nécessaire, ujodeste, toutefois , et contribuant à resserrer, entre ses diocésains et lui, les liens d'une utile correspondance. C'est de cette manière, mais sans déguisement et sans illusion, que je pense qu'un évéque peut, à raison de sa dignité, posséder avec son siège un bénéfice simple , et ne pas enfreindre le décret iJu concile de Trente.
Il le peut aussi à raison des charges que sa dignité lui impose dans son diocèse; car je Suis persuadé que le cnncile ne les a pas séparées de ce qui est nécessaire pour l'honnête subsistance, ad rilam honesle suslentanijlam. Or j'appelle charges imposées f)ar la dignité épiscojiale dans le diocèse où elle >'exereo, non-seulement celles d'entretien et de restauration des bûtiments, de fournitures pour le service divin, de |>rcslations Ji qui elles sont dues, mais encore les aumônes, les œuvres de religion , dans la mesure qu'exige de la part du chef le l)on gouvi rnement de ce diocèse. Des charges de cette espèce n'en seraient pas de véiitables pour un chanoine, un chapelain, un prieur, un abbé, qui ne trouverait dans les revenus de son bénéhce que le pur nécessaire pour sa personne et pour l'aciiuit des chai'ges foncières et inhérentes. Ces deui jiremières destinations, dans la doctrine des thécdcigieiis et selon l'intention des tonilaleurs, doivent précéder loutes les autres. Si elles absorbent le revenu entier du bénélice, tout est dit pour le titulaire qui n'est point pasteur : il ne lui reste que l'obligation dans les calamités extraordinaires, dans les
nécessités extrêmes, de réduire son nécessaire à des bornes plus étroites. Mais le motif de faire des aumônes réglées ou fréquentes, louable dans son principe, n'est pas pour lui un motif suffisant d'ajouter un second bénéfice à celui dont il est déjà piiurvu, parce que le concile de Trente ne le lui permet que pour les besoins de sa propre subsistance; et que cette subsistance, dans son élat, n'embrasse pas les fonctions publiques d'un ministère établi pour le salut des âmes. Il n'y a que ce ministère, surtout exercé par les |)remiers [>asteurs, qui j'uisse justifier une exception, qui ne serait [las rigoureusement fondéesurrinsuffisanco du bénéfice pour la subsistance personnelle du titulaire. En etfet, quel bien pourra opérer dans un diocèse l'évêque dont la main ne s'ouvrira jamais ou pour le soulagement des misérables, ou pour le maintien des hôpitaux, ou pour des établissements do piété, ou pour [irocurer de dignes ministres à l'Eglise? Il prétextera, et ce prétexte ne sera pas faux, la modicité de son revenu : on y croira dans les commencements de soi. épiscopat; on sait quelles dépenses il entraîne. Je veux qu'on y croie longtemps, et même toujours, par la connaissance de la faible dotation de son siège. Mais celte connaissance n'est pas générale; elle se borne aux personnes plus instruites, et tout à la fois plus équitables. Le vulgaire, imbu de l'opinion que la dignité des évoques est la même partout, est porté à croire que suivant les lieux ils ont à peu pr^s les mêmes moyens. Une grande partie des diocésains, voyant son évêque inaccessible, dans tout le cours de son épiscopat, aux demandes les plus intéressantes, rejettera cette stérilité de bienfaits et do secours sur l'avarice ou sur d'autres causes peu favorables. Supposons-le à l'abri de ces sinistres soujiçons. Le recours à sa personne est si naturel, les objets en renaissent si souvent, que l'iml)uissance d'y satisfaire déchirera son âme à tous moments si elle est sensible, lui fera perdre des occasions irréparables do glorifier Dieu en servant le prochain, et formera ainsi un des plus tristes obstacles au succès de son ministère. Il y a donc dans chaque diocèse, jiropoitionnellement à sa qualité, h sa position, à son étendue, une mesure de distribution, pour laquelle les ressources ne doivent pas manquer au prélat chargé de le gouverner. Je dis une mesure relative aux lieux, et sagement circonscrite : car on verra bientôt que je ne prétends pas que la perspective de tous les biens possibles et désirables dans un diocèse en autorise l'évêque à sortir de la règle de l'unité: il ne s'agit que de ce que l'exercice utile de son ministère requiert impérieusement. Si le patrimoine de son siège le lui refuse, s'il ne lui laisse que les moyens de vivre dans une étroite médiocrité, et de remplir les charges foncières, je pense, avec des écrivains judicieux, et da la morale la plus exacte, tels ci^ue M. l'abU»
FAUT. V. TIIKOL. MOIULE. — LLITRES A D.1 EVEOL'C. EIC
|iltiiiu>, ii|i|iliiiiiéu |iiir V(i!i (irJn-s h liaicr li's devoirs uo réiii^coiiul , s'arrAlo iilus
Flfiiry (122), quo di's lii^iitMlios lilires , roiiiiiit) (les rtbliayfs ou di-s prieuré* en ciiiiiiiK iule, no siiuraii'iit ()ltu iiileux ciii- |ili>yi^>i, diHis res(iril do ri'li^lise, duiis ciliii iiit^iiie des roiidiileui's, (|ije |iutir siiliveiiir h celle indij^i'iicc d'un siéj^e épiscoiial. Ji' l'esliiUf |ilus t'ivûrablo eticore (]uo riiidii^ciieo |iers<)iuielle du litul.'iire ; et ju nu mois pas en diiulu (|ue le lunuile do Trenlo ii*;iit voulu la C(>in|iie!u]ie d;ins l'exoplion de sun dt^Ciet contre lu pluijdité des bt^niMices.
Quand des unions de bénélices h des sièges é))iseo|);iux sont dictées par ces princines et s'y trouvent réellement coid'ornies, elles raéritent dos éloges. J'y applaudirais oiicoro plus volontiers, si elles extirpaient ft jamais la pernicieuse liberté dojoindre sur la tôle des titulaires, et uniiiueruent en leur faveur, de nouvelles abbayes à dos évôeln-s dont la dotatiofi est censée avoir acquis, par lies unions permanentes, le supplément doLt elle avait besoin, (^'est toujours un tuoiil'ilo plus pour résister à l'iniporlunc avidité dos solliciteurs; et il en lésulle un bien certain, i|ue lies abbayes ou prieurés, déj>onrvus depuis longtemps de titulaires réj^uliers, sans espoir légitime d'en avoir avec les mûmes aianta^'es qu'autielbis , auront une destination plus utile en soi, demeurant unis à des évéchés, t[ue s'ils passaient successivement l'i des coiumendutaires. J'ai réduit celte doctrine en (iratiiiue, |iar l'union que j'ai procurée d'une abbaye dont j'étais titulaire depuis longtemps, au siège arcliiépisco()al de N'ienne. J'y trouvais les raisons i|ue je viens d'exposer. Une vérification contradictoire, suivie d'un jugement déliiiitit', a contirmé l'opinion que j'en avais. Clet exemple est de peu de [loids, et du côté de la personne, qui n'est pas faite pour servir de modèle, et du côté de la chose, où il n'y a point eu de sacriûce. Il est bien inférieur PU toute manière à celui que vous avez donné en abdiquant, dès que vous l'avez l)u, tout autre bénéfue pour no conserver (|ue voire évéclié. Pardonnez-moi do m'ètre ûité ; il fallait bien ôter aux adversaires de notre commune doctrine le prétexte d'une contradiction apparente entre elle et la conduite de celui qui veut la prouver. Il me resie assez de sujets de confusion dans les vérités auxquelles je rends hommage. Et comme on raconte d'Origène, qu'en exi'liquant, dans une assendjlée de fidèles, le psaume quarante- qratrième , ses pleurs interrompirent son discours, le livre lui tomba des mains lorsiju'il en fut venu h ces paroles : Le Seigneur a dit au pécheur : Pourquoi nnnonces-tu mes justices? pourquoi astu mon alliance dans la bouche? Ainsi ma
(122) Il ne faut point douter... que l'Eglise ne puisse ;i[)plii|iier ses revenus seldii l'éLit de chaque temps; ciu'eile ii"aii eu raison irunir îles Ijénélli-es réguliers à îles collèges, à des séminaires, et à iraulrcs eoiuniunaulés; et qu'elle nuit droit de donner des monastères en commende à des évéques, dont les éijlises Ji'ont pas assez de revenus, el .iiix piélres qui servent utilement sous la direction dis f venues, (/ii»(!(i((ion au droii iciiésiaiiique , parus
put , s iirrfite \i d'une fois par la juste crainlu d'urliculcr ma coiidamui'ilion.
J'ai ifj.'i pii'Venii. (lar (leî rorreitirs, l'apohigie la plus spécieuse de la pluialilé des béuélices; mais il faut dévelop|ier cette apologie, et conséquemmeut les correctifs, que je n'ai l'ait qu'mdii|iier.
'l'ont dépend, dit-on, du bon ou du mauvais Usage des revenus ecclésiasiiqiies. Celui (|ui n'a ipi'uii seul bénélico, et en use mal , est coupable. L'unité, (|uand elle serait volontaire de sa part, ne le justilie ni devant Dieu , ni devant les boiumes. Celui ipii a plusieurs béuélices el en emploie les revenus ;"» toutes les bonnes œuvres pour lesqucdles ils ont été institués, réjouit le ciel et la terre du spectacle de ses vertus et do ses bienfaits. N'aurait-il à attendre que les anallièmes de l'Kglise, el le terrible jugement de DiiMi? On conclut de là (ju'il ne faut à un évèquo |iieux et régulier, pour autoriser en lui la |iluralité des bénéiices, d'autres lilres quo son zèle et sa charité, qui se déploieront daulanl plus qu'il aura plus do moyens pour les exercer. On compare ce prélat, possédant avec son évoché une ou deux abbayes , h celui de ses confrères qui est encore plus riche par le seul revenu do son siège. On demande si, en supposant à l'un et à l'autre le inème amour pour le bien, la même dépense à soutenir jiour leur personne el |>our leur maison, les mêmes besoins dans leurs diocèses respectifs, il n'est pas permis, il n'est pas convenable que tous les deux aient à ptu i^rès les mômes facultés.
Je réponds que cette assertion, le bon ou le mauvais usage décide tout, est une pétition de principe, ou, si l'on veut, le renouvellement, sans un nouvel appui, de l'erreur déjà réfutée. Sans doute l'Eglise a prononcé sur ces deux sortes d'usages, pour approuver le bon et condamner le mauvais; ses canons ont eu ce double objet, notamment ceux contre la pluralité ; parce qu'il est évident que le motif le plus ordinaire de la désirer, est l'ambition el la cupidité, et que si elle a pu être désirée par un motif j>lus pur, elle devient ensuite, et par elle-même, une tentation dangereuse, dont l'Eglise a voulu préserver ses ministres. Mais il est faux, et l'on suppose gratuitement, que l'Eglise n'a rien statué que contre l'abus des bénétices. Elle en a proscrit directement la pluralité, même dos bénéfices simples, avec l'unique exception apposée par le concile de Trente. 11 n'en faut pas davantage à des enfants dociles de l'épouse de Jésus-Christ.
M, cliap. 26, Des coMiineiides.)
Celle décision est eoufiinue à celle ilu concile de Trenle, sess. xxiv, ( liapilre \^ de la réformntion : I Les évèipies, iliuit les iliocèses simt pauvres, pourront être aidés par le Souverain Poulifu d«s revenus de quelques béncliies, pourvu que ce uo soieiU pas des béuélices à charge d'àmcs, des diguiiés de canonicats ou prébendes, i
ŒUVRES COMPLETES uE LEFUANC DE POMPIOAN.
Ils ne se croient pas on droit de distinguer dnns ses lois cequ'elles nedistinguent point. Ils sont convaincus que les dispositions de ces lois ont des motifs très-sages; et ils n'ont pas besoin, pour les respeiter, de les connaître ni de les apprécier. Mais ici l'ignorance serait affectée. Sans sortir dud(jcret du concile de Trente, nous voyons qu'il lui donne pour base la conservation « de l'ordre ecclésiastique, perverti par l'assemblage, sur une seule têle, des offices que plusieurs clercs peuvent occuper. » Dans la >uile il s'élève contre la cupidité, qui élude les anciens règlements à ce sujet; et c'est pour y mi tire un nouveau Jrein qu'il étend aux bénéfices simples, connus seulement depuis peu de siècles, les prohibitions qui ne regardaient autrefois que les bénéfices à cliarg« (i'.îmes ou ù résidence, parce qu'on n'en connaissait point d'antres. Le concile a donc vu dnns la |)luralilé des bénéfices simples un désordre, sinon égal et entièrement semblable, du moins analogue à celui que n-nfcrnio la pluralité des bénéfices, incompatibles par leurs fonctions. Ce désordre consiste à piiver l'Eglise des services que lui reiidr.iient des ministres, à qui les bénéfices simples, possédés |)ar un seul sans nécessité, auraient pu être conférés; ou si ces ministres, quoique oubliés, ne laissent pas de travailler pour elle, à leur soustraire un secours qu'ils méritent • ve qui est une véritable injustice dans la répartition des biens ecclésiastiques. Que sert après cela de mettre en contraste le mauvais administrateur d'un bénéfice unique, et le dispensateur fidèle de plusieurs! Le premier est le plus coupable, j'en conviens; il viole, avec les lois de l'Eglise, la loi naturelle et divine. Le second n'est pas innocent; il transgresse les canons dans une matière grave. On a beau vanter ses bonnes œuvres; son zèle n'est pas selon la science, eu sa science s'égare. Sa charité est vaste dans ses projets; elle n'est pas réglée dans sa marche. Comment soutiendrait-il le jugement de l'Eglise, s'il fallait lui rendre compte de sa conduite à cet égard ? Elle le foudroierait par ces paroles, l'obéissance vaut mieux que le sacrifice. Comment cuniparaitra-l-il au tribunal de Dieu? C'est ce qu'il n'appartient pas aux hommes de prononcer. Si des apparences, qui font tout craindre, n'autorisynt pias la hardiesse ol la préci(>i(ation de nos conjectures sur la destinée éternelle des hommes , combien plus celles-ci lioivent-elles être réj^riraées par des apparences dont une partie est assez édifiante pour réserver à Dieu le jugement de celle qui ne l'est pas? En un mot, n'avoir qu'un bénéfice, et en user mal, en avoir plusieurs, h(jrs de la règle, et en faire un bon usage, sont deux vices , dont l'un est moindre que l'autre, il y a un milieu: de n'en avoir qu'un, comme l'Eglise l'ordonne, et d'eti bien user, c'est le parti le plus sur, ou plutôt le seul qui puisse rassurer la conscience.
11 n'est [las plus juste de compTr.r en-
semble deux prélats chargés dans leurs diocèses respectifs, d'obligations pareilles , dont l'un est autant et même plus riche, par le seul revenu de son siège, que son confrère possédant, avec son évôché une ou deux abbayes, pour conclure de celle comparaison que l'un n'est pas plus répréhensible que l'autre. Oui, le premier ne l'est pas, dès qu'il fait un saint usage des revenus surabondants de son siège. Mais lesecond a-t-il droit à des revenus égaux, ne les trouvant pas dans le sien, et y en trouvant néanmoins assez pour remplir les devoirs de sa place ? Oîi est la loi de l'Eglise ou de l'Etat, f|ui établisse cette égalité de revenus entre des bénéficiers de même rang et de môme qualité? Parmi les évêchés , pour ne parler ici que de cette classe de bénéfices (toutes celles d'un ordre inférieur admettent les mêmes nuances), parmi les évêchés, les uns ont été originairement mieux dotés, les autres moins : il yen a qui ont perdu; il y en a, quoiisjue ce soit le très-petit nombre, qui ont acquis. Les estimer par la différence, de leurs revA'uus, serait un calcul indigne de tout chrétien, beaucoup plus d'un ministre des auleU et d'un évêque. Porter envie aux richesses supérieures de son confrère, serait un de ces sentiments bas, qu'on n*ose s'avouera soi-même, et qu'une âme noble étouffe, si elle l'éprouve malgré elle. Désirer des richesses égales, lorsqu'on peut s'en passer à tous égards, est une avidité ou une vanité inexcusable. Est-ce donc encore une fois, et l'on ne peut trop inculquer cette vérité, est-ce de laque dépend la solide considération de répiscopat?Si l'on aime la concurrence, et même la prééminence, et qu'on entende bien la manière de l'obtenir, il faut la chercher par les travaux , les vertus, les talents. De tels avantages effacent toutes les richesses : et quel est, après tout, celui qu'elles donnent à un siège dont les revenus excèdent ce qui lui serait nécessaire pour l'accomplissement de ses charges ? Ce prétendu avantage occupe un pontife, médiateur entre Dieu et les hommes, d'une manutention temporelle plus pénible ; il l'oblige à de plus abondantes aumônes ; il ne lui accorde au-. cun agrément, aucune commodité de plus pour lui et pour les siens ; il l'expose à un compte plus si'vère et jilus redoutable de-, vaut le souverain Juge. Si c'est là ce qu'un évêque, dont le siège est moins riche, souhaite et demande, en sollicitant des abbayes, pour se mettreau niveau de son confrère, on peut lui dire: Pourquoi multiplier des soins dont les a|:iôtres, vos prédécesseurs, se sont déchargés? pourquoi accumuler des biens que, de voire aveu, vous devez distribuer ? Pourquoi devenir plus riche, pour ne pouvoir jouir de ce surcroît de richesses? Pourquoi aggraver devant Dieu voire fardeau, corume s'il n'élait jias déjà assez pesant?
El c'est ce qui réfute invinciblement la jiroposition souvent avancée, qu'un prélat pieux et zélé est en droil d'ajouter d'autres uénéficcs à son évêché, quoiiiue d'un rêve-
ni9
PAUr. V. TIIEOI.. M()U.V!.i;.
iiu ^iilliNnnl, ol n'a licsoiii, |ioiir i-i'I;i, d'aui>e lilro niii' (lu ilc'sir iiu'oii lui connall ilo lairo lit' l'Ius grnrids liiriiscljiiis saiidii>'!i'si', l'i d'y sit;iiali'r nvcc plus d't^i^lal sa cliarili^. Si tiltt) |>iO|iiisilioii l'Init soulfiiBljle, cllti iiiui'« iiiî'iii'iMil tiii-ri loin. Il n'est point du liiocèso 011 li's bonnes ii>iivres |)ossil)los, où I -s bonnes leuvres désirnblos ne sui|iassassenl les rijvonus d'nn patrinioinu é)iisco|i;d as-ez rielio. Il en est oil elles engluuliraienl uiiei|uanlilé iimnense di; bénélices; !i peiiio y en aurait-il assert dans [le royaume, à .suivre celte rè^ie, jiour tous les évOriiés i|iii s'y Irouvenl ; il n'en resterait pas j)oiir I j second ordre, si utile pourtant et si nécessaire. La vraie pié'é eoiisulle d'autres ))rinuipes; elle sait ipie Dieu ii'exii;e, ni n'attend d'elle ee rjui est au-dessus do ses l'orces; qu'il lui tient cnnipte de sa bnnne volonté ilans les entreprises i[u'elle est contrainte d'oinetti'e, ennnnedans celles qu'elle ombrasse et (]u'ello exécute, queif|ucf'ois iiiéme dans les premières jilusque dans les autres, |>arce ()ue le mérite en est [lius caché; que le plus essentiel de tous les biens, celui aux défiens duquel il n'est jamais permis il'en faire aucun, quelque merveilleux qu'il paraisse, est d'ol)éir à Dieu en obéissant à l'Kglise, orfiane do sa volonté, suivant celle parole déjà citée, l'obéissance vaut iineiix que le sacrifice; et celle autre , ne faisons point de mal , pour qu'il en arrive du liien. Ainsi , plus un évé(iue est pieux et régulier, moins il doit se livrer à un désir immoiléré de bonnes œuvres, qu'il ne pourrait satisfaire que par une |iluralité de bénélices, qui n'est lias du nombre de celles que le concile do 'l'reiite a permises. Je ne craindrai pas mén:e de dire que celte pluralité est plus dangereuse, îi quelques égnrds. dans nn jirélat d'une conduite d'ailleurs édiliante, que dans un autre qui ne passe pas pour avoir la conscience aussi délicate et aussi timorée. Celuici, à la vérité, emploie plus mal ce qu'il a de trop ; mais Texeraple de celui-là est plus contagieux: il prête une autorité plus imposante à un abus, qui n'a commencé que par des exceptions rares, et s'est fortifié jiar la multiplicité de ces exceptions. Un solliciteur accrédité et puissant, cite à l'appui de ses demandes un prélat réputé vertueux, qui ne se (ait pas scrupule de posséder, sans nécessité, plusieurs bénélices. Lui rél'oiidra-t-on qu'on n'attend pas de lui un aussi bon usage des biens de l'Eglise accumulés? La distindion serait trop odieuse; elle est môme injuste jusqu'à ce que l'expéiience ait conslaté le motif du relus. Voilà les iiicoiivéïiiens de la pluralité dans la personne d'un piélat qui ne l'a désirée (jue jiour faire de plus grands biens. Il enhardit ceux qui la désirent par des vues toutes diftérenles; il 'aplanit la voie au succès des, demandes ambitieuses ou intéressées. D'oij