TRANSLATIONS ET DÉMISSIONS
Nous sommes. Monseigneur, intéressés l'un et l'autre dans la cause des translations. Cet intérêt doit-il nous fermer la Louche? je ne le pense pas. Si nous étions coufiables, il faudrait rendre contre nous-mêmes témoignage à la vérité. Mais il ne s'agit pas de notre condamnation ou denotre juslilication personnelle. Les translations, ainsi que les démissions, qui tiennent aux mêmes principes, sont des points de morale et de disci|il!ne, trop remarquables parmi ceux qui con'-ernent l'épiscopat, pour que nous puissions les omettre. Disons-en donc ce que l'antiquité et les règles invariables de l'Eglise nous en apprennent.
Le nœud qui unit l'évêque h son église, est comparé au nœud conjugal. Celte comparaison ne tire pas son origine des Décrélales, où nous voyons qu'Innocent III, la suivant jusqu'au bout, prononce (126) que o le mariage s[iiiiluel d'un évêque avec son église commence dans son élection, est ralitié par sa confirmation, et se consomme dans sa consécration. » Elle vient de plus haut. Les siècles les plus purs et les plus éclairés l'ont connue. Un concile des évèques d'Egypte, (nesidé jiar saint Athanasc, s'élevanl contre les translations irré^ulières d'Eusèbe, qui avait quitté IJéiitlie [lour NicoujéiJie, et Nicomédie pour Constantinople, lui reproche (127,) « d'avoir oublié le prétei>le de l'Apôtre: Vous êtes lié à une femme, ne cherchez pas à vous déijuger. Que si cela a été dit d'une épouse, coiiUjien plus d'une église, et parliculièremenl d'un siège épiscopal? Quiconque y est attaché, ne peut en chercher un autre, sans être convaincu
d'adultère par les saintes lettres. » On accusait saint Grégoire de Nazianze d'avoir abandonné sa propre épouse, l'évêché de Sazymes, pour en prendre une qui ne lui appartenait [las, en passant sur le siège de Constantinople |(128). Nos alienam uxorem appelasse aiunl. Il se défend de celte accusation ; mais il s'accordn dans le principe avec ses adversaires. Il reconnaît qu'un évêque a une épouse dans l'église dont il est le pasteur. Il ne donne d'autre motif île son voyage et de son séjour à Constantinople, que le dessein de maintenir la foi, (pii courait alors de grands dangers dans la ville impériale. Hue veniendi causa fuil, ul patrocinium fidei susciperemus. Il déclare n'avoir prétendu que servir de tuteur et de défenseur à cette Eglise veuve: Ecclesiœque intérim vira carenti haud secus ac lutores quidam ac curatores operam pro virili parte nostra navar émus, cl ^nsqo h ce qu'il pût la remettre à un époux plus digne d'elle, plus capable de lui apporter, comme présents de noces, des vertus assorties à sa royale dignité : Aiii, qui prœstanli forma ipsius dignus haberetur, ac plura virluttim tanquam sponsalia reginœ delulissel, eam collocaturi.
Saint Jérôme appli(jue ces paroles de saint Paul : un évêque doit avoir été le mari d'une seule femme, non-seulement à la bigamie réelle, ou similitudinnire (129), qui ait précédé son élection à l'épiscopat, mais encore à la bigamie spirituelle qu'il commettrait en possédant successivement deux évêchés. Les Pères, dit-il (130), ont ordonné, dans le concile de Nicée, qu un évêque ne fût | as transféré d'une église h une autre, de peur qu'en méprisant la société de sa prtmièie épouse pauvre, il ne se jette dans les bras adultères d'une secomle plus riche. Hoc in Nicœna synodo a Palribus decretum, ne de alla ad uliam Ecclesiam episcopus transferretur, ne virginis pauperculœ soctetate contcmpta , ditioris adultcrœ quœrat amplexus. Aussi un savant religieux (131) du dernier siècle, rappelant la peine décernée par le concile de Sardaigne contre les tianslatioiis ambitieuses, semblables à celle que les anciens canons avaient inlligée à radulloie, savoir, la privation, même aux ap|)ioclius de la uiort, de ia communion laiipie, observe que la translation d'un évoque, sans une cause sulJisante, étant un adultère S[)irituel, aussi grief dans son espèce que l'in-
(136) Tit. de renuiuiatioiiibus tpiscoporum, cap. i,
Eiiisi(i(a biimburgeiisi cjjiscop.
(\-yi) S. .Atiiax., Apul. 'i apiid Tlieocloraluin.
(1^8) SoRius tiREC. iN;>z aiiz., oral. 7. Sailli Grégoire lie .Naziaiizi; jiisuliail par diverses raisons son a'jaiidon de i'évéclié de Sazymes, pour lequel sailli l'asile de Césarée, son ami, l'avait ordonné malgré lui Les lumières el la plélé de ce grand lioinme ne peniieueiil pas de douter que cet abandon n'ait éié légitime. Il n'élait plus évêipie do Sazyines lorsqu'il l'ut à Consiantiiiuple. Dans finlervalle il avait pris so.n , après la mort de son père, de l'église de Nazianze, mais en déclarant que ce n'était que par intérim; et il y avait lait dire un autre évêque : c'est pourquoi ou trouve «u
lui un exemple de démission. Mais il n'est pas aussi certain qu'il en ait donné un de iranslaliun, quoique des anciens l'aient cité parmi les prélats caiioniiiiiemciit transfères, el qu'il soil dillicile de douler qu'il n'ait eiilin consenli, tonlre son i)reiiiier dessein, à demeurer évêque de Coiislanliiiople.
(li'J) C'est-à-dire celle qui consiste à avoir épousé nue femme veuve, qnoiqu'uri u'ail élé marié qu'une seule fois. Ce genre de bigamie est, par les canons,un enipécliemenl à l'épiscopat, comme la bigamie réelle, consistant dans deux mariages successils.
(150) S. IliERON., Epiil. ad Oceaiium.
(i31) CiiRiSTiA.Mjs Lupus, in scholiis ad dicalum Gregorii seplimi, cMi. 13.
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l'Mir. N. lUlnl. MOllALi:. -
li.li'lilo (luit (l<* <5|inin fiiv(!is l'adlro, l'iiiicii'iiiiit ilist-ipliiiK |>iiiiiss.'ilt ô^iiliMiii'iil rt'à ili'UX cniiios. t'itiicoiii.sine romptlenli luusii, Itiinstdtio nt »i)iiiliutle itiliilteritun, neqwiijmxm minus rtirintli, eut finndein puftmiii (tit- (i'/i((i ili$ciplinu inllijit.
L'uiiioii i()ii|ii^ali! l'Si, ili! loiiles celles que les hoiniiifs peuvent t'oriner. In tilus iiiliiiiu 1 1 la plus sacnV'. Cool pmir cula (|u'ellc a vlù clioi!jiL> coiniiio ruiiililùiiio et l'iiiiage du ruriioii <|U(' l'evc^piii contiiiclo avec son i^^liso. I.i- Fils lit) l)iL'ii l'ii a (loiiiié j'oxi'iiiple. Dé\^ il avait in>pii°é au l'saluiistc (132) ilo liguror rKi^liso '/«i devait siàjerà sa druile, dans /(» mine i'pi)u>o ilo SalnuiDi). Lu luvstéiieux Cantique des eanliqttes ruul'eruio la nuMuo alii'i^oiii'. HOjh il avait lait piédiio |iai 1»; iMOpliùlL- Oséu ;l32*),(|Ufi la lunivt'llo Sion, plus lieuieuso cl («lus liJùle (|ue la prciuièro, serait sou i''pouso ù jauiais. La voiiléa pleiueuient vcnliii ces ligures el ces oraiies. Jésus-Cluist ne s'est [)as contenté, à l'égard de sou liglise, des litres de docteur, de pontife, de sauveur, de roi; il a voulu porter celui de son époux. Celait lu seul i|ui piit répondre à l'amour dont il l)rûlail pour elle. Coiubieu lui en a-t-il coillé pour i'obleuir ! il n'a pas cru I acheter lii)() cher au prix de toul son .saiii;. Ecctcsiam, qtiam acqmsiviC sanguine suu (13.Jj. C'est Uans ce bain salutaire cju'il l'a piiritié ■, atin de la l'aire (laraiiro devant lui |ileiiie do gloire, n'ayant ni laclie, ni ride, sainte et irréprélieiisible (13't]. L'iiglise de son cùlé demeure iiiviolubleuieiit «ouf/iise à un époux qui a tant de dicnls sur elle et sur son cuiui. Sicul L'cclesiu subjecla est Chrislo, lia et mulieres vins suis m uninibus (l3o). Alodèle des soins et de la tendresse que les ujans doivent à leurs l'euimes, de l'atiacheuieiit et de la soumission t|ue les leuiiues doivent à leurs uiario. Le mariage ramené à la noblesse et à la pureté de son origine, n'est un grand mijstére (136j, un véritable sacrement pour les Giirétieus, que parce qu'il représente, autant que cette représeulaiion peut avoir lieu (lariui les hoinmes, l'étroite et indissoluble union de Jésus-Clirist avec son ligli>e. Mais quelque admirablo que celle union soit sur la terre, elle ne recevra sa plénilude et sa peiiedion que dans le ciel, et ajuès la résuneeliou générale. Saint Jean avail vu les mûris sonir de leurs lombeaux, et comparaître autour du Iràne où le souverain juge était assis; il a\ail vu un ciel nouveau et une nouvelle terre prendre la piace de l'ancien luoude, lorsqu'un ange le transporta en esprit sur une
(152) P,at. xLiv.
(102*) SpoiiidUo te milii in sempilermim et
spuntubu ttmilii in jide. {Ose. u. 11), '20.)
(IJÔ) .4ci. u, '28.
(lôij Cliiislus (iilexil Ecctcsinm. el iradidil semelipsuni pru eu, ut illum siiiiclilicaiet, miiiidum Imacro a<iuœ,veibo vUic, m exiubeiei !,ibi ijlunusniii Ecclesium, non Jiubeitlein niaculum nnijuf. iiujnin... sed ut iil suiicia ei immucntula. (Efilies. v, 25, 2l), 2!).)
(l.)5) /'J/i/its. v,21.
(l3'j) Suciaiiteiitiiin hoc magnum est. Ego nuleni
OKUVBES COMPL I)E LiCFRANC Uli l'oUl')
LKI Mil S A IN KVKQl'E, ETC. 5G2
liiiitli- iniintugne, pour lui unnilrer lépuuse de l'Agniiiu, la cité minte, la nuuvrlle JérumiUnt, deseendanl du ilel, purée comme une femme qui va au-dtvant de son époux (137j,
Or eu litro que Jésus a nris pour luiluôine, il n'a pas dédaigné ili- le cunirnnniqiier, ainsi (jue plusieurs aulios, aux évé- (jiies Ses jinncipaux ministres , avec la disproportion nianifu'le entre le maître el les serviteurs , entre le créateur et des créalures, entre celui (|ui est la sainteté par essi'iice et des liomiuos péclienis. Il n'i'lait jioint du litre plus propre à établir les devoirs d'un évéqiie envers l'Iîglise ([ui lui est conliée el son autorité sur elle.St)n autorité, car l'autorité marilale est la [dus ancienne de tontes, |iuis(iuo Adam a été é|poux avant que d'être pore, et que les sociétés doinesliques où la nature a mis un clief, ont jirécédé dansle monde les sociétés géTiérales, réunies par leur choix sous un mémo gouvernement, lillo est aussi naturelle (|ue celle d'un jiéro sur ses enlanls (qui est aussi celle de l'évoque sur ses diocésains), puisijne le lien conjugal el la subordination (pj'il produit de la t'eiiime an mari, n'est pas nioins l'ouvrage de la nature, ou [ilutùt de son auteur, que la dépendance des enfants à l'égard des personnes qui leur uni donné le jour. Et cependant il y a colle dilférence entre l'ui.o et l'antre , que riiomme doit encore |)liis à son épouse (138) (]u'à son père et à sa inère. Ce n'est pas une auloiilé iin|iérieuse, une aiilorilé inenaçanle el dure. La condescendance et la douceurfoiit partie de son exercice. Une femme chrétienne obéit à son mari (139) comme Sara obéissait â Abraham; quelle appelait sou seigneur. Le maii, qui doit être plus éclairé, n'oublie pas les égards et ['honneur que le sexe le plus faible mérite dans une naluro commune, et avec h; dr(nt égal à l'héritage céleste. Les devoiis de l'épiscopat , suite do l'autorité qui lui est attribuée, ont la môme analogie à ceux que le mariage inqiose. Assiduilé conslanlu auprès de l'Eglise son épouse, secours dans ses besoins, soutien dans ses l'aililesses, consolation dans ses maux, lidélilé |iour elb-, portéejusqu'à li'enséparerjaii ais lesniléiéls des sieiiS, jusciu'à lui sacrilier, s'il le fanl, sou repos, sa sanié, ses biens, sa vie même. Car Jésus-Chrisl n'en a jias moins l'ail pour l'Eglise qu'il s'esi unie : el nous nesoinines dignes de parlicijier h son sacerdoce qu'en participant au même esprit de sacrilice. C'est donc avec vérité qu'à l'iiniialion de Jésus- Christ, pasteur sui'ième et universel, l'évè-
dico inCliiislu el in Ecclesia. (E/./ies. v, 52.) (!57) .\poc. x\ , 12, 15; \m, 1,2, 9, 10. (IÔ8) i'iupler livc ntiiiiiuit lioitio pulreiu siinni et
maireni suuni , cl udlnereuii uMori nue. (Ceni\^. 11,
ti: Eolu'S. V. ûî.i
[iô')) Ji'iMl inrii aocaici'ac Abrnliu', dominnm eu,n
uociins loi siniiliier cvluibitunles sicuiulinn
scienluini , (/«iisi iiilimiioii vtisculn miilicbri im/.m-
itcnles Itunvrem , innquuni c( eoluviedibus (jruluu
mtu. (I l'eir. 11, -i'>)
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ŒL'.RES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
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que h la têle d'une Eglise parlicnlière, en est qualifié l'époux dans le langage ecclésiastique de tous les siècles.
Mais il ne faut pas en conclure que l'union d'un évêque avec son Eglise ait, par sa nature, la même imiissolubilité que l'union d'un mari avec sa femme; ce serait confondre une ex[iression métaphorique avec une expression littérale ; ce serait vouloir, contre la raison et contre la multitude des exemples, qu'une comparaison, d'ailleurs exacte, soit si rigoureusement étendue, qu'elle n'admette aucune disparité. Il y en a une évidente dans celle que nous venons d'exposer. Tant que le mari et la ■femme vivent, ni la volonté de l'un ou de l'autre, ou celle des deux ensimble, ni aucune puissance humaine, celle mènie de ■l'Eglise, ne peut rompre le lien valalilement contracté entre eux. C'est la doctrino expresse de saint Paul (liO) : La femme est liée à son mari durant la vie de celui' ci; elle ne devient libre que par sa mort; le mari ne le devient aussi que par la mort de sa femme. Les droiis sont, à cet égard, •réciproques. L'Apôtre avait puisé cette doctrine dans les enseignenienls de Jésus-Christ. Le Sauveur, en abolis-ant le divorce, toléré plutôt que permis dans le peuple d'Israël, et en l'interdisant à tous les hommes, de même que la polygamie, a décidé que le mari et la feirjme ne devant pas être deux, mais une seule chair, il ne serait plus désormais au pouvoir de i'itomme de séparer ce que Dieu a uni. L'exception de l'adultère, énoncée dans l'Evangile, a élé restreinte, par une tradition constante, à la séparation de lit et d'hnljilaiion. Le concile de Trente (Ul) a dit anallième à ceux qui accusent d'erreur r Eglise, parce qu'elle enseigne, conformément à la doctrine évangélique et apostolique, que le lien conjugal ne peut être dissous par l'adultère d Une des parties ; qu'aucune des deux, celle même qui est innocente, ne peut, du vivant de l'autre, contracter un autre mariage, et qu'elle pèche grièvement contre la charité, si elle le contracte. Telle est, dans le christianisme et selon l'institution primordiale, l'indissolubilité dw nœud conjugal. C'est ce qu'on ne saurait dire de celui qui attache un évêque h son Eglise. D'autres causes que la mort peuvent le rom[]re.
(140) Quœ snb viro est tnidier, vivenie viro, alligala est legi. Si aiilein morluiis juciil vir ejus , sululn est lege viii. {Itom. vu, 2.) — Midier ullitjiila esl ieyi quanlo temftore lir ejus vivii. Qiwd 1,1 iluntiieiU vir cjua, libeiaia esi. (l Cor. vu, OU.)
(141) Sess. 24, ..■an. 7.
(142) Itom. IV, 7.
(145) • Cinii foriius s'il spuiiiiiUe viiiciilum (|unni c:iiiKil(;, (lul)il;M'i non di^liel <iuin oiiini|mlens Deus spinUKile conjiiginni, (pioil esl inlcr ('|>i.-,c(ipnni el Lci lesiain , suo laïuuni ju(ticio reservaveiil dissolvi'jiduni, (|ui dissoluiioncni eliain canialis conjiigii, <|U()d esl jnlur vii'uni cl IcniinjMi, snii laiiUnn jntlitio reservavjl, pneciinens ni qiioil Dcus cuiijnnxit hnnio non separot. INoii enini Ijinnana st;il ilivina ji. lins polcslalu conjuyinni s^pinlnalc dissulviinr, .ij::i per liaiislalir)iieni , il''pi)siiionL'Mi, anl ces. 10-
Ne parlons pas encore des translations, quoiqu'on ait déj^ vu la note d'adultère dont l'antiquité les a flétries, réduite à celles qui n'ont pas de cause suliisante, sine competenti causa. Ne parlons |)as non plus des démissions, qu'il faudra traiter à part: el supposons seulement, ce qui est très-vrai, qu'en général on les regarde plus favorablement que les translations. Elles seraient néanmoins criminelles comme celles-ci:
elles le seraient sans réserve, dans tontes les circonstances, et quelque motif qui les inspirât, si le nœud l'uriné entre l'evôque et son église avait la môme Ibrce et la même slaijilité <iue le nœud conjugal. Car à qui permettiail-on tl'abdiquer et de renvoyer libre son éjiouse, i)arce qu'il ne peut ni la corriger de ses vices, ni vaincre l'aversion qu'elle a conçue |jour lui? ou parce qu'il lui est survenu à lui-même, depuis son mariage, des obstacles qui l'empêchent d'en rem[)lir les devoirs? ou, entin, [)arce qu'il se croit appelé ii une vie solitaire et parfaitement dégagée? écouterait -on une femme qui, p.nir de pareilles raisons, demanderait la ruiilure de son mariage et la liberté de ne (dus vivre dorénavant que pour soi? La pensée n'en vient à personne, quoique le désir n'en tDan(pjât pas. On sait que la nalure du lien conjugal y résiste iiivinLil'lemenl. Les etfets de la consécratiijii é|dsco[>ale pour le service d'une église ne sont donc nas absolument les mêmes.
Mais que dira-t-on des dé[iositions? le pouvoir en a[)partient incontestablement à l'Kglise. Les exemples en sont de \z plus haute antiquité. Lorsqu'un évêque est canoniquement déposé, le lien qui l'unissait h son Eglise est totalement rompu, La viduité de l'épouse prévient ici la mort de l'époux. Il cesse de I être, et quoiqu'il vive encore, elle ne sera pas adultère en coiitiactant une nonvelli; union (1^2] : Ut non sit adultéra, si faerit cum alio viro. C'est qu'il y a dans cette espèce d'union un caractère qui la distingue essentielleaient de l'union conjugale; el qu'en leur donnant un nom commun, on a toujours entendu que l'une a |iar elle-même une perpétuité que l'autre n'emporte pas. Ainsi, loisque Innocent lil a soutenu (143) que l'autorilô divine, nécessaire pour dissoudre un mariage selon la chair, l'est à plus forte ral-
nooi, aurlnrjlato Runiani pontilicis ((]uem constat csbc viciriuMi Jcsn Clirisli ) episcopus ah Eccics.a l'cniovi-lui'. El nloo nia l.a^c qniu piitinisiinus, non l.iin ciinsliliilKiiio canoiiica, quani insliluilone ilivina boli snnlR'jinano pomilici rcservaia. » [Uecrel., lllj. 1, limlu De iransUilionibus, cap. 2, epislota de^ c;iiio capllulo Andegavcnsi : < Poleslaleni transfi'iondi poniilices iia silii rullnnll Uoiiiinus el inagisicr, qiiod soli bfalo PeUo vicaiio sno , el per ip-dMi, successoriljiis snis speciali privilegio irlbiiil
el loiicesbil îSdm eniin lioino scd Deiis séparai
(jiius Uunianus punlilcx ((|ul non p.ins liuiniiiis .>ie<l \eri bel viceiu geiil in lcni>) ecclesiaruin iiecessilale Yul ulilitalu pcnsala, nun liiiinana sed divina pDliiis anclonlale dissulvil. > (Id. ibul., cap. 5, tj>iicoi:o lîuinbci (ji:iisi.)