‹ Œuvres completesChapitre 38 sur 232 · GU · texte numérisé non relu

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(It! loisirs, cuiiiiiie sciences. Muis il i (hWdlinn sMUemciit

|ioii (io t;<iûl pour les 'i.Mi est |iiis iiinsi lie la nvnro do son leni|is cl

êUraniliii) do l'osclavu^;!' des passions. L'iio ccl vie M^ifusu et uiio n|'|ilit;ili()n continui'llo lui nR'naj^cnt, uu milieu des fuiborias de su profession et des eiereices du elirislionisnie, un lemps jissez long jiour orner cl pour ein ictiir son es|irit.

Tout ce (ju'on peul concluro do celle proniièio reni;n-.|ue, c'est (|u'il y {i des personnes h qui la dévotion no peiinel (las do s'adonner uniipieiuenl el do se livrer .sans réserve aux sciences naturelles. Un prùlro ipii passerait sa vie à résoudre des problèmes d'algèbre et do géométrie, à laire et à expliquer des expériences de ph\ siipie, serait sans doule inexcusable. Son éial l'appelle à des études plus iuléressaiiles et à do plus saintes occupations. Il leuidoit la principale partie de son temps, et si les heures <iui lui restent sonl euipioyéis à d'autres travaux, il est encore de la bienséance qu'il ne cherche pas à se distinguer par des connaissances qu'on n'attend pas d'un nbmnio do son caractère. On en jieul dire autant d'un magistrat, d'un général d'armée, d'un uiinislre, qui se rendraient aussi méprisables qu'inutiles , s'ils consumaient tout leur lemps en recherches étrangères à leur destination. Ce n'est donc pas une petitesse ;^ la dévotion d'interdire quelquefois un allachemenl démesuré pour les sciences humaines. C'est sagesse, c'est amour^ de l'ordre : la raison l'interdit dans les mêmes circonstances, el tout ce qui est jiarliculier à la dévotion, c'est d'en faire avec justice une plus sévère défense aux personnes engagées jiar état à l'élude des vérités célestes.

La seconde observation n'esl pas phis décisive. Les sciences, dit-on, par leur sécheresse, ôtent à la |iiété ses sentiments IfS plus tendres et les plus atfectueux. Elles rendent ceux qui les cultivent , distraits sur toute autre matière, et par conséquent incajiables de donner aux exercices du christianisme l'attention qu'ils méritenl.

Si ce dégoût pour la prière el pour la méditation des vérités chrétiennes était un etlet naturel de l'élude des sciences, si même il en était inséiiaral>le , la dévotion, je l'avoue, sérail leur ennemie. Mais ne rejetons pas sur les sciences le défaut de quelques savants. S'ils tirent de leurs lectures el de leurs réflexions le fruit qu'elles doivent iiroduu'e , elles leur a[iprendront la faiblesse de l'esprit humain,' la vaste capacité du cœur et cependant son indigence, la néant de tous les êtres créés , le besoin continuel de recourir à un être suprême qui seul peut dissi|)er nos ténèbres , soulager nos besoins, et fixer nos désirs. De telles pensées, que l'étude des sciences présente sans cesse, sont-elles opposées aux sentiments de la plus vive et de la plus ardente

jiélé'.' Kst-cc 1.1 faute des sciences, si les sav.'ints ne sont pas aussi louchas de <:vs pensées (|u'ils devraient l'être, et si plus éclairés ipie le nrslu des hommes, détachés ordinuireinent des plaisirs ipi'on niniedans le inonde, ils ne sitntent pas coinliien lu coiuiaissani 0 de Dieu elcelle d'eux-mênios reiiiportent sur toutes les autres ?

On se retranche sur la sécheresse que les sciences mettent dans le cceur. Mais il faudra dire, en suivant ce luincipe, (pi'un savant n'est susceptiblo d'aucune tendresse, el qu'il l'est aussi peu de celle que la nature, l'amitié, la compassion inspirent, que de celle que fait nailre la dévotion ; conséquence manifestement ouirée, démentie par I expérience, et (pii seule lait coiiuallrc la fausseté du principe. Un savant [leut être ami, père, é|ioux, citoven, lenlremenl attaché h tout ce qu'il doit aimer. Il peul être d'autant jjIus sensible aux calamités publiques el particulières, qu'il comprend mieux que personne cette admirable vérité, qu'^tant liomme, rien de ce qui intéresse l'htimanilé ne lui est étranger (12). l'ouniuoi les sciences étoulferaient-elles dans son cœur les mômes senliments à l'égard de Dieu? Pourquoi lui feraient-elles oublier tout ce qu'il lui doit et tout ce qu'il en espère? Pourquoi tariraient-elles la source des larmes que la vue de ses propres misères et celle des maux de l'Eglise doivent lui .''aire répandre? Saint Jérôme, parmi les épines de la langue hébraioue , qu'il apprenait avec des travaux intinis , a su conserver cette dévotion, austère à la vérité, mais cependant si pleine d'onction. L'étude des sciences n'est pas plus sèche que celle des langues. Ce n'est donc pas dans les sciences mêmes, c'est dans la manière de les étudier qu'il faut chercher la véritable cause de l'indévotionqui n'esl malheureusement que trop commune )>armi les savants. Une frivole et insatiable curiosité, une [lassion extrême pour l'élude qui fait négliger les devoirs de la religion ; voilà ce qui dessèche, ou plutôt ce qui endurcit le cœur. Que la dévotion corrige ces défauts, qu'elle leur apprenne à se proposer dans leurs recherches des fins plus nobles que celles de connaître el d'être connus, qu'elle modère l'excès de leurs travaux, en les interrompant à propos par l'élude el fiar la pratique de la loi divine, ils n'en feront alors que plus de progrès dans les sciences, et ils sauront allier des choses qui ne sont incomiiatibles que par un vice ou de l'esprit ou du cœur.

Mais quel moyen , ajoute-l-on , de s appliquer à la prière, de méditer attentivement l'Evangile, avec un esprit occupé des sciences? Je pourrais demander aussi quel moyen de prier , de lire, de réfléchir, au milieu d'une vie active et continuellemeTit agitée, telle que la mènent ceux qui portent le poids du ministère ecclésiastique, ou ceux qui se dévouent aux œuvres de irii.^é-

(12) Homo Hiiiii, hiniinn: iiiliil « iiii' (i/if)i,iiM ftu'.o, (Tcki.nt *

A'Jl

œUVUES COMPLETES DE LEFUANC DE POMPIGNAN.

ricorde cl de charité ? Faudra-t-il renoncer îides occupations si salutaires, ou au culte intérieur que nous devons à Dieu? Telle (jSt la fail)lesse de l'horame. Incapable ici- Las d'une persévérance continuelle dans la |irière, ce n'est encore qu'avec peine qu'il peut captiver son imagination durant les moments qu'il destine à ce devoir indispensable. Les travaux qui ont précédé, soit du cor|)S, soit de l'esprit, ramènent alors (les pensées qui détournent son attention. Plus il s'est attaché aux occupations précédentes, plus il a lieu de craindre de les retrouver dans ia prière, et j'avoue que par cette raison les sciences, qui laissent dans l'esprit des traces plus fortes , doivent occasionner de plus longues et de plus fréquentes distractions. Mais ces pensées étrangères, quelque importunes qu'elles l)uissent être , n'entraînent pas nécessairement la volonté. Elles ne la contraignent ]ias à quitter malgré elle un exercice qui fait toMt h la lois sa consolation et sa force. L'habitude do les combattre en diminue peu à peu le nombre, en alfaiblitet en prévient j imporlunilé. Un cœur vivement touché commande cntiu à l'esprit et à- l'imagination, et il ne trouve plus dans ses occupations ordinaires, pourvu qu'elles soient dans l'ordre de la providence, les mêmes obstacles au recueillement et à la prière. On ne peut trop le redire, c'est la manière d'étudier les sciences qui seule les rapproche ou les éloigne de la dévotion. Un homn)e qui a commencé e( qui continue cette étude par de pieux motifs, peut être le plus subtil dialecticien, le métaphysicien le plus profond, et s'il est nécessaire, le physicien et le malbématicien le plus consommé, sans rien perdre, à l'exemple diï saint Thouias, de sa ferveur dans la prière , et de sou application à méditer les vérités chrétiennes.

On remarque dans l'élude des sciences un troisième inconvénient plus odieux à la dévotion que les deux premiers. C'est la tentation de l'orgueil et de la vanité. Mais cette tentation est-elle prochaine, est-elle invincible? Est-elle (irochaine? Vient-elle directement des sciences? Est-elle invincible ? La religion et les sciences ellesmêmes ne prêtent-elles pas des armes pour la repousser ?

Si la dévotion proscrivait inexorablement tout ce qui est joint par accident à quelque tentation, il faudrait qu'elle commençât par ce qu'il y a do plus saint, de plus important et de plus nécessaire. Le service et la soulagement des pauvres , des infirmes , (les prisonniers, attirent des applauilissecients, et de plus engagent dans une dissipation qui fait gémir la piété. Elle se concentrera donc en elle-même , pour se garantir de lous les dangers , dans le repos et l'obscurité de la solitude. Les fonctions du ministère sacré ont encore ce double inconvénient , et l'administration de la ()énitence en ajoute un troisième par les épreuves où elle met qu Iquefois la vertu

d'un confesseur. N'y aura-t-il donc plus ni dispensateurs de la parole, ni ministres de la réconciliation ?

La vraie et solide dévotion ne rejette pas, à cause des abus, ce qui est bon et utile r-ar soi-même. Il n'est pas essentiel aux sciences de flatter et de nourrir l'amour-propre. Tout l'effet qu'elles produisent par leur nature, est d'éclairer l'esprit. Voilà ce qui rend les sciences chères à la dévotion. Elle ne leur impute pas l'abus que les savants font do leurs lumières par l'enflure et par la [irésonifition. Elle sait que la dépravation du cœur humain est l'unique principe de cet abus, et pour soustraire à l'orgueil une pâture qui serait facilement remplacée, elle n'a garde de priver la religion et la société du secours qu'elles reçoivent des sciences. La dévotion n'est donc pas assez injuste pour faire un crime aux sciences de la vanité de plusieurs savants. Elle est persuadée qu'il n'a tenu qu'à eux d'éviter ce piège, et de concilier les sentiments de la modestie et de l'humilité chrétiennes avec les plus sublimes connaissances. Quelque opinion qu'ils eussent de leur savoir, l'Evangile leur apprenait que le mérite consiste, non à connaître, mais à pratiquer ; que Dieu ne jugera les hommes que sur l'accomplissement de la loi ; et que si les connaissances entrent dans ce jugement, ce ne sera que pour être la matière d'un compte plus rigoureux, et pour aggraver la condamnation du serviteur infidèle, d'autant plus coupable qu'il aura été plus instruit. Ces motifs , et beaucoup d'autres qu'il est inutile d'ajouter, suffisaient pour humilier ces savants présomptueux. Les sciences, regardées dans ce point de vue, sont plutôt un sujet de frayeur que de confiance et de jiiie. Mais l'idée que ces savants avaient de leurs lumières était-elle bien juste? Devaient-ils en effet se croire si éclairés, et avaient-ils besoin du christianisme pour comprendre les bornes do leur es()rit et la médiocrité do leurs connaissances? Les vrais savants, autant que les hommes peuvent l'être, sont convaincus que tout ce qu'ils savent n'est rien au prix de ce qu'ils ignorent. Plus ils avancent, plus ils découvrent d'immenses contrées oii leur vue se confond, et qu'il leur est impossible de parcourir. D'ailleurs le peu qu'ils ont appris leur a coûté des peines et des fatigues inexprimables. Est-ce là de quoi s'enorgueillir? Et- l'étude des sciences, avec de telles réflexions, loin de servir d'aliment à la vanité, n'en est-elle pas au contraire le remède?

Les obstacles extérieurs qui semblaient devoir éloigner la dévotion de l'étude des" sciences sont levés. Est-il aussi facile, en examinant les sciences de plus près, et dans ce qu'elles ont de plus intime, de les réconcilier avec la dévotion? Ce nouvel examen demande quelque détail sur chacune des sciences que nous avons nommées.

Les mathématiques n'admettent que des idées claires et des preuves qui ne souffrent

P.Mir. VI. TIIEOI. ASf.ET. - DEVOTION UBIONCIIIEF. AVKC l/ESI'l'.IT.

ni réi'iiiiiio ni objeilioii. Si illcs ein|>loioiil un lèrme, l'Ili's coiiiniciicoiit (Kir le ilùtinir, h moins (]iril 110 soit si siin|)lu, (ju'ou l'obsciirciniil tii le délinissaiit. Si eilus posunt di'S axiomes, ce sont des principes si liiinini'ux, .pii' la véiilù s't'ii liiil 'l'aliord sunlir î> toulo (lorsonno raisninuilile , coinmc ^onl ccust-ci : l.e tout est plus tjrand i/iie la partit : si de deux choses éijiiles on Ole des parties ifyales, les restes sont éijaux. Si elles lunl des demandes, ce sont des (iroposilions (|iii, siins avoir l't5videnco des axiomes, no sont pas moins incontcslal)les,et n'o:!! pas mômo liosoiti di' preuves pour (iuii-oii(|uo les comprend. Tt'llo est par exemple colle-ci : La ligne droite est la plus courte de toutes celles (pti peuvent se tirer entre deux points. Si elles avancent des théurêines, elles les établissent par des démonslralions convaincantes. Si elles déduisent des coroZ/nires , elles les lient aux tliéorùnus dont ils dépendent, par un eiicliainement qu'il n'est \n\s possible de rompre. De tout cela se l'orme un corps do doctrine oii tout est cerlain, sans aucun mélange d'erreur, ni môme de doule; et l'on pourrait dire que celte science est le triom[)lio de la raison humaine, s'il n'était d'ailleurs bien humiliant pour elle de no découvrir la vérité avec tant d'évidence , (lue dans une matière (]ui n'intéresse ni les devoirs ni le botdieur île l'Iiomme.

Lorsiju'un esprit accoutumé à la certitude et à la clarté des mathématiques, passe à l'étude do la religion chrétienne, il trouve un pays tout ditlérent de celui qu'il vient do quitter. Ici on ne fait aucun pas que guidé par une lumière éclatante, là au contraire on marche dans les ténèbres ; ici on ne rencontre point de contradictions, là on est souvent arrêté par les diOîcullés insé[iarables des mystères, et par celles que suggère l'incrédulité. Dans les mathématiques on ne propose de recevoir que ce qui est évident par soi-même , ou évidemment prouvé ; dans la religion on oblige de croire ce qu'on ne peut concevoir. Comment accorder des méthodes si opposées? Commeai une science qui donne tout au raisonnement, peut-elle n'être pas suspecte à la dévotion, dont la règle inviolable est de se soumettre à l'autorité?

La dévotion serait sans doute alarmée d'une méthode qui voudrait tr.ii'.er les dogmes de la toi comme les théorèmes de géométrie, qui n'admettrait d'autre certitude que celle des mathématiques, et qui rejetlerait sans autre examen tout ce t|ui est incompréhensible à la raison. Mais qu'on distingue les objets, et qu'on lasse de chaque méthode l'usage qui convient séparément à l'une et à l'autre, la religion et les uialliématiquei se réuniront aisément, et la dévoiion n'aura plus d'ombrages sur cette science. 11 y aurait do la tolie à vouloir douter (le tout ce qui n'est pa-' géomélriqueniriit démontré. La société se détruirait, si l'on ne se contentait pas en mille occasions de l'uvidence mor.ile, aussi persuasive dans son genre, aussi éloignée du faux, que l'é-

vidcn(r(; géométri(jue. Tn m.dhémalicicn judicieux sait en (luoi ces deux évidences dillèroni, les met chacun" dans leur place naturelle, et no se tient pas [dus assuré quo les trois angles d'un triangle sont égaux h deux droits, ipie do l'exislencfî do Komo, quoiiiuo ces deux vérités ne soient pas apl>uvées sur la même espèce Je preuves.

Ce mathéinaticioii ne sera point surpris de ne pas trouver dans l'éludo de la religion la ccitilude et la clarté des mathématiipies. Il ne l'y cherche (las, et parce (ju'ello V manque, il n'en a pas moins de respect et d'allachement |iour la foi. S'il a toujours été conduii, en étudiant la science (ju'il aimait, par une Imnièrc éclatante, il marche sans iiiijiiiétutle, à la clarté sonibro, mais infaillible, du llainbeau de la révélation ; et des ténf bres, qui doivent être dissipées par la lumière de l'essence divine, lui sont plus précieuses (]ue l'évidence de quelques vérités naturelles (jui ne peuvent le rendro heureux li n'avait point dans les mathéniati(|ues d'objection à résoudre; mais les dillicullés des mystères et celles quo forment les incrédules ne l'abattent pas. Il voit clairement la source de ces dillicultés dans les bornes de la raison, dans le dérèglement da cœur, et il ne conclut rien contre une religion aussi sublime dans ses dogmes, aussi rigide dans sa morale que le christianisme, de l'acquiescement universel qu'on donno à des vérités proportionnées à notre intelligence, et que personne n'a intérêt de combattre, il a d'ailleurs une réponse générale à toutes ces diflicullés dans l'autorité du Dieu, qui a parlé. Il ne lui en faut pas davantage pour mé|iriscr les objections des incrédules, quoiqu'il ne puisse pas toujours en démontrer iiosilivement la faiblesse

Il n'est pas plus rebuté de que lui impose la foi chrétienne de croire ce qu'il ne conçoit pas. il eût sans doute rejeté avec dédain cette loi impérieuse, si elle fût émanée d'une écolo do philosophe. Des hommes, queUiuo éclairés qu'ils soient, ne peuvent pas exercer sur la raison hu~ maine un em|iire si absolu; et dans une science purement naturelle on n'a droit do persuader que ce iiuo l'on prouve par des raisons claires. C'est aussi la condition que remplissent parfaitement les mathématiques, mais il serait injuste de l'exiger du christianisme. Tout ce qu'on doit désirer, c'est qu'il se rende évidemment croyable par (les motifs qui démontrenl la vérité do la révélation. Voilà où l'évidence morale tient lieu de l'évidence géométrique. Mais cette évidence ne porte que sur les preuves de la révélation, non sur la doctrine même révélée. C'en est assez pour quiconque connaît le véritable usage de la raison ; et plus un mathématicien a (lerfeclionué la sienne (lar de profondes réflexions, plus il doit être content du christianisme, qui ne lui pi-0|)05a des dogmes incompréhensibles qu'après avoir mis sous ses yeux des faits iucontestaliles.

Il n's pas besoin de chercher hocs de Iiv

'obligation

ŒUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE TOMPIGNAN

science qu'il étudie des preuves de la faiblesse de l'esprit humain, el de la nécessité lie croire des vérités qui paraissent se contredire. La géométrie fournit une démonstration de la divisibilité de l'élenduo à l'infini dans celte proposition : La diagonale d'un carré est incommensurable avec l'un des côtes. Il est évident que si ces deux lignes étaient composées de points indivisibles, ces points feraient entre elles une mesure coniuiune;et comme il est démontré qu'elles ne peuvent en avoir, il l'est également que les points indivisibles sont chimériques, et que toute partie de l'étendue peut se diviser h l'infini. Comment concilier celte démonstration avec celte autre proposition qui n'est pas moins clairement démontrée : En supposant une ligne droite qui touche la circonférence d'un cercle, il est impossible qu'une autre ligne droite, tirée du point de contingence, passe entre la tangente et la circonférence, et il faut nécessairement que celte ligne entre dans le cercle, oii qu'elle traverse la tangente? Qui peut comprendre qu'un espai;t; divisible à l'infini, tel qu'est celui qui se trouve entre la circonférence et la tangente, ne puisse contenir une seule ligne droite? Voilà pourun mathématicien le terme do la raison humaine. Contraint d'admettre chacune de ces pro|iositions en particulier, il chercherait inutilement le lien qui les unit. Combien de problèmes dont la solution so refuse à ses recherches les plus empressées 1 11 respecte souventmalgré lui l'obscurité im|)énétral)le d'une science qui est du ressort de la raison. Peut-il se plaindre que, pour des vérités d'un ordre supérieur, on lui demande le sacrifice de ses lumières et l'humble aveu de son ignorance?

Tel est l'usrtge que la dévotion peut faire des mathématiques pour s'affermir dans la foi. Elle pourrait tirer le même avantage des autres sciences humaines où la raison voit encore moins clair que dans les mathématiques. Mais il semble que cette différence met entre elles et la jdélé une aulio espèce d'oppositio'i. Des sciences, fécondes en s^-stèmes problémali(|ues et en disputes interminables, ne sont-elles pas plus incoinpalibles avec la toi, dont le caractère est d'être simple et imnjobde, qu'une science où la vérité se montre sans nuages? Qu'on ouvre les livres des philosophes, qu'on entre dans leurs écoles; on les trouvera divisés sur une infinité de questions. Les pieuves des uns sont des objections pour les autres. Ce qui est faux et insoutenable pour ceuxci, est pour ceux-là certain et incontestable. Une dévotion, soumise et docile dans sa croyance , peut-elle s'accommoder de ces guerres iihilosophiques, oii l'on se livre dos couibats éternels, où chacun s'attribue la victoire,où il n'y a ni juge ni média leur qui puisse niellre les comballanis d'accord, ou désarluer ceux qui devraient s'avouer vaincus ?

(13) C'osi rcpithèle qu'Homère donne ordinairemeiil à Jupiter, cl ue Bavie s'appliqiiail à liii-

lllClllC.

Chaque science a son écueil. Celui des sciences qu'on enseigne dans nos écoles, est un esprit de chicane et de subtilité pointilleuse. On rapporte quelquefois de ces études mal digérées, l'envie, aussi bien que la facilité, de disputer sur tout. Avec ce déplorable talent on a toujours des arguments prêts contre quelque proposition que ce puisse être ; et c'est moins alors l'éclaircissement de la vérité qu'on cherche, que l'enibnrras de son adversaire, et une sorle de triomphe dont on devrait être humilié, si l'on Se rendait justice. Car quoi de plus honteux que de savoir endjrouiller les matières 1 Et si le titre de Jupiter assemblenues (13) a eu de quoi flatter Bayle, un esprit raisonnable ne doit-il pas faire consister sa gloire à écarter les ombres, et h melire la vérité dans tout son jour? Delà mêuje source naissent une opiniâtreté indomptable et un zèle fanatique pour des opinions de (ihilosophie , ou pour des dogmes qui n'appartiennent pas à la foi. On s'échauffe, on s'emporte dans des disputes qui ne devraient avoir pour but que de s'instruire soi-même, ou de détromper ceux qu'on croit dans l'erreur ; et les intérôt.s les [ilus chers n'enfantent jias des hoines si vives et si durables que des systèmes qui partagent les savants.

Comment la dévotion pourrait-elle goûter ce (]ue le bon sens et l'amour tle la vérité condamnent? Elle qui, pleine de douceur et dlinmililé, loin de s'exhaler en injures atroces contre les partisans d'une lioctrine indifférente pour le salut, réfute sans animosité les erreurs les plus pernicieuses ; elle qui écoute avec attention et avec pctience las raisons qu'on lui allègue, disposée à s"y rendre, dès qu'elles lui paraîtront convaincantes, et à renoncer à ses sentiments particuliers, si l'on en prouve la fausseté.

On se souvient sans doute que je considère la dévotion telle qu'elle est en ellemême, non telle qu'on l'a voit en certaines personnes qui en ignorent l'esprit, quoiqu'elles fassent profession de suivre ses lois. Une des faiblesses les plus ordinaires de ces demi-devots est l'eniôlement déguisé sous le nom de fermeté. Ihcanubles de céder h là raison et à l'autorité, ils souticniienl des absurdités manifestes, plutôt que d'avouer qu'ils se sont Irc.npés, aussi prévenus pour leurs projires idées qu'opposés 5 celles des autres, à qui ils ne pardonneraient pas les plus légères méprises, et dont ils contestent quelquefois les sentiments les mieux fondés, par l'habitude où ils sont de contredire tout ce qu'ils entendent. La vraie dévotion, instiuite par l'exemple et par les leçons de saint Paul, rejette cet esprit de dispute et i\e contention, comme contraire à la coutume de l'Eglise (14-). Mais en le rejetant, elle ne se croil pas obligée de

(14) Si quh videtttr coiileiiliosus esse, nos talcih cmisueludinem non liabcmtis , neque EccUiia l)ei. (/ Cor. XI, 16.)

rAUT. \l. Tlli;()L. ASCKT. - |li:\()l'IOiN IIICDNCII.IIJ; AVIX l/K'^IMlir.

rompre nvi-c dos scii'nces (|iii irin<i|)irciit point |i.ir i'lli'S-m<'in»'S li-s dtMnuls iiu'oii vii'iil i|'it!)siMri>r.

Il n'iMi est aiiciiim (iiii n'ait ilt-s yi'rili's l'Diislnnli's , L't giMii^i'iili-iiU'iit rccomiucs. Ainsi In lot;iiiiie ciisci^iie des r^j;li'S du raisoiim'iiu'iti aussi hiiMi dc^moiiln'rcs (nm les |iroposilicnis il'F.iiclide. I.n iin''la|diysifiiio no l'idiivo pas avec rnnirn de t'orcc l'exisloiico (II! Dieu, In r(^alil(' du ses piincipauï nlliiliiils, la S|iiriliialil('' du \'i\v[\i\ et le libre aibitie île riinniine. La |ihysi(|iic, parmi lieaiicoiiii de rotijeitiiii'S , a di'S eliosi>s également eertaiiies, d ipii sont il'iiri iisag'^ inliiii pour les nris utiles ?i lasociéli'. l.a morale, sans le secours uK'^niede In révé- Iniion, nous apprend avec évideiire la dislinclion essentielle du bien et du mal, et une partie des devoirs qui ntinclient l'hoMune à Dieu, à lui-môme, et aux autres hommes ses semblaldes.

Ton! n'est donc pns probh^nnlique dais ces sciences, tout n'y esi pas matière de dispute et de controverse. Mais, dira-t-on, rpie peut penser la dévotion des raisonnements qu'elle entend proposer contre les dogmes les plus respectables? Elle n'est pas assez faible pour se scandaliser d'une mélliode que la malice des hommes a rendue nécessaire. Puisque les imiues s'olTorccnt de répandre àvii ténèbres sur les vérités qui leur sont oïlieiises , n'est-ce pas un devoir indispensable d'exposer Jeurs objections et de les réfuter? Ils diraient hautement (]u'on ne les dissimule que par l'inijuiissatice d'y répondre; et outre l'avantagé qu'ils tiieraient de ce silence, on rendrait les soidiismesde l'impiété plus dangereux et plus séduisants pour ceux à qui on aurait également caché et ces sophismes et les réjionses qui les détruisent. L'exposition de la vérité serait imjiarfaite, si l'on n'ajout.dl pas aux preuves qui l'établissent, les dilhcultés (ju'on lui oppose ; et c'est co qui eng^^go tous ceux qui écrivent sur quelqu'une des sciences dont nous parlons , h employer celle méthode, non-seulement Ji l'égard des dogmes qui gênent les passions, mais à l'égard même d'autres propositions d'une moindre impoitance , quoique d'une éga'e certitude. On ne prétend point accoutumer l'esprit à chicaner sur les choses les phjs évidentes; on veut au contraire l'instruire à sentir la différence d'un bon et d'un mauvais raisonnement, à développer avec netteté ce qu il sent, pour le faire apercevoir aux autres , à cliercher toujours dans une question le point de vue dans lequel il faut l'envisager, et à aimer d'autant plus la vérité, qu'il connaîtra mieux les détours et les faux-1'uyants de l'erreur.

Les disputes, si lréi]ucntes dans les écoles et parmi les savants, ont aussi leurs avantages, que la dévotion sait mettre à profit. Elle ne se passionne jias, en étudiant la phiioso.hie , pour des systèmes inventés par des hommes, et qui ne louchent ni la loi ni les mœurs. Co n'est pas (ju'ello n'aperçoive [larmi les sentiments ])hilosophiques

ci-ui ipit paraissent plus eocd'ormes b U droite raison , (pi'elle ne donne m^ino In préliTenco h eeiiaini-s opinions (pi'ellr- regai'cje comme plus pl.iusddcs. Mais nomrnn elle est dans la dispositifui do ne jurer sur la jiarole d'aui'un philosoplp' , elle n'épouse avec chaleur aucune srci(; ni aucun système. l!llo se plaît il considc'r"r dans les invent oii« humaines la [létiéiraiion et In peiili'sse de iKdre esprit ; et l'une et l'autre lui foid admirer le fjéateur de i univers, qui a doiioi- à I homme une intelligence si vive et si subtile, en lui marquant m'^anmoins de si étroites limites. Elle plaint peul-étri; h; tenqis (pi'ont employé de grands génies i iliscu'cr des questions plus cinicuses rpi'utiles,ou h pénétrer trop avant dans des matières (]u'il ne leur convenait pas de sonder. Mais c'est par une étude sérieuse des sciences (pi'ello s'est mise en état et (pi'elhs s'est acquis le dridl de réduire à sa juste valeur tout ce qui se traite sur les bancs de l'école: en cela bien dill'érente des esprits légers et su(ierliciels, (pii bl;lm(uU ce qu'ils ignorent, et confondent dans cetti; téméraire cimsure ce qu'il y a de plus solide et <h.' plus nécessaire dans l'étude abstraite dos sciences, avec ce qu'on en pourrait retrancher.

Si un excès de subtilité a introduit dans les écoles des questions vaines et superllues, on no peut niiT (pie les sciences pliilosoplii(|ues ne soient en elles-mêmes d'une exliôme importance. La dévotion approuve tout ce qui tend à éclairer la raison, h établir des vérités capitales, 5 former les mœurs , à perfectionner les arts. Tels sont les avantages que procurent ces sciences. Quelque facilité qu'on apporte en naissant, pour raisoiuier avec justesse et pour démêler dans un mauvais raisonnement le vrai do ce qui n'en a que l'appaience, les précoptes de la logique aj(jut(ni boaucou|) h cette facilité naturelle. Ces préceptes s'éteiulent à toutes les sciences ,dnnt la logitjue est regardée avec justice comme l'introduction.

Mais un des plus dignes usages qu'on puisse faire des règles de la dialectique, c'est sans doute de dissiper les dangeieuses illusions de l'athéisme, et de prouver avec évidence les dogmes fondamentaux do l'existence de- Dieu, de la distinction do l'âme et du corps, et de la liberté. La métaphysique rend ceservice essentiel à la religion. Elle lui prépare les voies en défendant contre les attaques des impies les vérités qu'elle sujipose, et en forçant tout homme attentif de convenir que tout ce qu'elle enseigne sur le premier être, sur la création, sur la nalure de l'âme, est en même temps appuyé sur des preuves raturelles. Plus la physique s'enfonce dans la connaissance de l'univers et des parties qu'il renferme, plus elle y découvre dt^s traits de la toute-puissance, de la sagesse, do la bonté de Dieu, et il ne tient pas ;i elle que ses recherches, qui contribuent au plaisir, à rornemont et au soutien de la société, ne rendent eu même tem|is riiommo plus religieux. La morale, considérée comme une science purement .,y

ŒUVRES COMPLETES DE LEFflANC DE POMPIGNAN.

humaine, ne remplit point à la vérité tous Jes désirs el toutes les vues de la dévotion. Quand on a goûté l'Evangile, et qu'on a bien connu son esprit, ses mystères, ses lois, on comprend tout ce qui manque à une morale - dictée par la seule raison. Cependant celte morale conserve les fondements de la probité, ébranlés par la doctrine des incrédules : el si elle ne suffit pas pour former de véritaliles Chrétiens, elle confond au moins la lâcheté de ceux qui, déslionorant un si beau nom, demeurent par leur conduite au-dessous u'une veriu païenne.

Je conviens que la théologie est de toutes les sciem es celle que la dévotion étudie le |ilus volontiers. S'il est vrai , comme on n'en peut douter, a()rès le témoignage de Jésus-ChrisI , qu'où est le trésor deihomme^ là est aussi son cœur (15), on peut dire aussi ipi'où se trouve le cœur, là se porte toute l'.îttenlion de l'esprit. .La théologie traite de ce qu'il y a de plus cher et de plus respectable pour la dévotion ; les attributs de Dieu, la triiiité, l'incarnation, la grâce, les sacrements, les vertus surnaturelles, toutes les vérités, spéculatives et pratiques, qui humilient l'homme, et néanmoins le rappellent à la noblesse de son origine : quels plus , dignes objets de nos études 1 Quel vaste champ puur la dévotion 1 Et ce qui lui donne une i.it.ivulle ardeur, c'est l'école où ces vérités -'; iiseignent ; école oiî Dieu, et non pas un • lu, unie, e>t l'oracle souverain ; où sa parole ■ o.isijjnée dans les Ecritures, et transmise jiar la tradition , est continuellement proposée ; où les disputes sur le sens de celte C' arole sont jugées par l'autorité de l'Eglise, . oit en rejetant comme des erreurs ce qu'elle réprouve, soit en mettant au rang l'rs opinions ce qu'elle permet.

On voudrait pourtant accuser la dévotion d'éloigneinenl ou d'incapacité pour la théologie, lille se tonlente, dit-on, d'une foi simjile el sans examen. Elle aime son ignorance iiù elle irouve sa sûielé. Elle sait que tout le christianisme consiste à bien croire el à bien vivre. Pourquoi porterait-elle plus loin son zèle et ses travaux? S'exposera-t-elle , en lisant avec trop de curiosité les livres .sainls, les écrits des Pères, les ouvrages des Ihi-ologiens, à se briser conlre quelqu'un de crs écueils où la foi de tant de savants hommes a fait naufrage?

Esl-':e là le langage de la dévotion , ou celui que lui prêtent ses ennemis qui la iJécrient, et ses prétendus défenseurs qui la méconnaissent? Veut-on d'abord étendre ces maximes à toutes les conditions ? Les partisans les plus outrés de l'ignorance n'oseraient le faire, il faut bien avouer qu'il ol des hommes obligés par élat à l'étude de la religion (16). Qui garderait le déjjôt

(15) Vbi est ihesaiirus finis, ibi csl el cor tuum. (!/,i/(/l. VI, 21.)

(Hi) 0 1 imiitliee, dej'ositiim nis'odi ilevilniis pro- /".ii'S 1 1 CHiii iiuiii{ties. (/ 7i»i. VI, 2J.)

; (17| Ojwrlct eiiiicopuiH uniplecicnlem eum qui

$fcuiijiim doitrinum est, jidelem seimoiicvi ut polem (i< cthorlini iit riocDiita sa:iu, et rtfs 7«i cfUlKidi-

des vérités révélées? Qui démasquerait une hérésie qui se cache , ou qui combattrait celle qui se montre avec audace, si les chefs el les ministres de la religion étaient incapables d'ojtposer de fidèles discours aux nouveautés profanes de ceux qui contredisent la saine doctrine (17)? Indépendamment des hérésies, quionl toujours élé, et qui seront toujours , les tidèles n'ont-ils pas besoin d'ôlre instruits, consolés, encouragés? Qui doit leur apprendre les obligations générales du christianisme, et les engagements particuliers de leur profession? Qui leur indiquera la route qu'il faut suivre, et les précipices qu'il faut éviter, si ce n'est les hommes que Dieu leur a donnés pour leurs conducteurs et leurs guides? Il n'est donc pas jiermis à ces hommes d'ignorer ce qu'ils doivent enseigner. Dès lors l'objection s'évanouit, et sans aller plus avant, il demeure établi que la dévotion s'accorde avec l'étude de la théologie.

Mais celle science ne pourrait-elle êlre cultivée que par des personnes consacrées au service des autels? La dévotion en in lerdirail-elle l'étude au reste des fidèles? Tout le monde reconnaîtra sans peine que la théologie, telle qu'on l'enseigne dans les écoles, n'est ni nécessaire ni même convenable au commun des hommes. Ce n'est pas qu'une foi simple , que Dieu exige des docleurs, comme du peuple le plus grossier, ne puisse subsister qu'à l'abri de l'ignorance : dangereux préjugé, que l'incrédulité a saisi avidement pour décrédiler la religion. Le christianisme el la doctrine catlioiique ne perdent rien à être connus. Plus on examine les preuves de l'une et de l'autre, plus on s'attache à l'Evangile, et à la seule Eglise qui ait conservé sans altération le véritable esprit de l'Evangile. La foi , pour être éclairée , n'en est ni moins docile ni moins soumise. Mais elle est plus précautionnée conlre la séduction. Si elle n'est pas toujours t)lus agissante, elle n'endort pas au moins les pécheurs dans une sécurité pernicieuse, et ks lumières dont elle rem|)lil leur esprit laissent plus d'espoir pour leur conversion. On abuse , je le sais , de ces lumières. Les hérésiarques n'auraient pas troublé l'Eglise, ni perverti tant d'âmes, s'ils eussent été moins habiles. Les liérésies n'auraient pas fuit de si grands progrès, s'il se fût trouvé moins d'esprits présomiUueux , qui possédés, comme parle saint Paul, d'une funeste démangeaison d'oreilles (18) , veulent toujours apprendre, et n'arrivent jamais à la contiaissunct de la vérité (19). Mais qu'on remarque bien les paroles de cet apûtre. 11 blâme uniquement ceux qui cherchent de tous côtés des maîtres (20) , sans écouter les pasteurs préposés à leur instruction. Sortir

cunl nrguere. (TH. i, 9.)

(18) l'ruiienles ouribits. {Il Tint, iv, 3.)

(l'JJ Semper (li!>ceiiie.i, el nunquiim ud scieiiltam

veruulis pertenieii es. (II Tim. m, 7.) , (i(\) Ad iuii deaidenu coacertabunt iibi magittrou

(7/ lim. IV, 5.1

PART. VI TlIFOI,. ASCET. - DEVOTION nECONCIl.lEE AVEC I/ESI'UIT.

(Iti inutile (lis('i|ilo , puiir i>'L^i'i^iT un ildctciir, sans inissiuii el sans ruiaLiori', oti, eu i(iii n'e.s( ^iièiu niniiis crJuiitu-l , ini^inisiT les oriM i^nt'iiiciits (II- l'otn (jui sont nssis sur hi l'Iiaiic tk> vi'i ité ponr (i(in.s|iurler su runli.inco h di-s lioiiaïu's ijn'on ii'i:;.-uile t'iiiuiiio |iii> savaiilN cl |ilus viiliieux, c'est l;i clIIo /.Misse science c-l) i l'oliji l des nnullu-iiios il.' suint P.iul. Lf viiii moyen île la len.iio sulutune fût iMé (II) lui il'inner pour fiMidcint'iit une suuuiission l'Uitailc îi I'KljIiso, une liorrcur sitiiùro pour les nouvciiuli's , nno dtMiance de ses prufues lumières ipii alliU juscju'à ne pas vouloir se ctioi.sir des mai- Iriis, el h tenir pour sus|iecls ions eiux (|ui s't'cartonides voies eoinmnnesel aiitoriM^es. Avec de pareilles dsposilions, truits d'une solide piété, il est toujours sûr, il est toujours utile de s'applii|uer à connailre la rc-

liijion. On eoinilio alors les textes différents des l'éres, i|ui d'une part exiiorlent les liiJèles d'une uinnièri: si pailiéiii|ue il la lecture cl à la (uéditation dis livres saints , et .le l'autre les avertissent du danger ipi'ils conreril en les lisant avec une indiseiéti^ eurm site. Il y aurait un égal danger à lire ains. les ouvrages des Pères eux-niômes, tnus le;, niodunienls do la tradition ecelésasln^iK; , et les iiondireui volumes des théologiens. Mais la dévotion , ipii sait iiue ce dan>;er n'est pas inévitable, n'en a pas moins d'aitacliement (lOnr une science nécessaire à l'Kglisc; et s'il y a de simples (idètes qui aient le loisir, le talent el la volonté d'éludier profiuidément la religion, loin d'improuver leur zèle, elle souliailerail au contraire qu'il eût beaucoup d'imitateurs.

(il) Oppotilioiies falsi nomiiiis scienlitv. (/ Tim. vi, 20.

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