‹ Œuvres completesChapitre 4 sur 232 · I.NSIUICTIO.N SLIl L'IIKIILSIK. 7H · texte numérisé non relu

I.NSIUICTIO.N SLIl L'IIKIILSIK. 7H

nuit plusieurs siècles, iio rcnailiait enli-i que par les travaux d'un docteur parlrculier, plus nticnlifuu plus éclairé (|ue loul le leste (le ri'igli.sc.

Janséiiiiis, uniquemeiil occupé du soin do ré|ioiidre à une objection |iressanto, n'a pas np-inii les suites du principe ou'il ilablissail. Semblable à un combattant, qui, pour jiarer un coup (lu'on lui porte, prôlo le llarrc il un autre plus dangereux; il n'a pas vu qu'en voulant jiistilier' l'E.;lise, il la mettait en contradii tion avec elle-même; iju'il l'accusait de la plus honteiise ignorance, ne lui accordant (pic l'Iionneurd'avoir su conserver dos mois, et lui refusant celui de les comprendre et de savoir les expli- (jucr; (pi'il l'exposait en [iroie à toutes les hérésies assurées par son princijie d'une sauve-garde inviolable, dans la profession qu'elles feraient de respecter la lettre des iiioniiiiients où elle est consignée.

Il faut être léiiiii; à d'étranges extrémités, pour chercher de pareilles ressources. (Juelles étaient c.'s extrémités de ne vouloir pas d'une part renoncer à la gloire cliiraérirpit; d'annoncer une doctrine que Jansénrus jugeait nécessaire à la religion : de l'autre, de'ne pas trouver cette doctrine actuellement autorisée dans l'Eglise [lar un enseignement public et ordinaire; de l'y trouver même contredite par des décisions récentes du Sainl-Siége, et par les sentrments de ceux qui traitaient de vive voix ou par écrit les mêmes ruatières. Jarisénius n a pu désavouer ce fait : plus môme il s'est ellorcé d'en éluder les conséquences, plus il a été obligé de conlirmer cet aveu. Or, c'est par là que je prétends qu'il a condamné de sa propre bouche son système, dans le même sens que saint Paul nous apprend que Ihérélirjue est condamné par soii propre jugeruent. Quiconque e.st contraint d'avouer que sa doctrine parait nouvelle dans l'Eglise, au riioi.nenl qu'il la publre, avoue malgré lui qu'elle la toujours été. Rien ne peut interrompre, rien ne peut arrêter le cours uniforme et invariable da la tradition catholique. Coinriicncée par le ^ erbe incarné, coiiliée aux ap(jties, couimuniquée par eux aux églises (]u'ils ont fondées, continuée par la succession du luinistèr-e ecclésiasti()ue, elle a dil venir sans altération jusqu'à nous ; elle parviendra aussr pure et aussi entière jusqu'à la consommation des siècles. Tout ce ijui se montre hors de celte chaîne, dans quelque jour que ce soit de la durée de l'Eglise, n'y a jamais élé, et queli{ues elfurls que l'on fasse, n'y eirti-era jamais. C'est la doctrine de tous les Pères. M. Bossuet l'avait empruntée d'eux, lor-siju'il a dit (lOC) que « toutes les fois qu'on trouvera, en un certain temps, uire doclrrne établie dans toute l'Eglise calholi-

iii caiioniliiis vcl orarioriead Deurii fusa pi(]fi(eiitiir, corngil laisas opiniories jiixra ipias ciuii aiiiiiii siiliiiii^sKiiio su!) liiliuMal Iv dcii.c liiloiii (-xplicuiir ; i i m unie in aiiiii^iijii creileiil(;iM iiiilla li.urt-^jcoi la. es cadar. > (l.ibr. jirod'iii., cap. 50.; (lOC) Livre XV Oa Vjr.uiiuiis, ii. U7,

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ijue, ce ne sera jamais que par erreur que ion croira qu'elle est nouvelle. « Donclnules les lois qu'on trouvera, en un certain temps, une <loLtriMe oubliée dans l'Eglise, otj qui n'y est plus connue que pour y être rejel(§e, ce ne sera jamais que jiar erieur qu'on croira qu'elle est ancienne.

Peut-être sera-t-on plus étonné d'une seconde condamnation (^ue Jansénius a prononcée contre son système. Ne pouvant lui trouver des témoins et des défenseurs ni dans son siècle ni dans les siècles immédiatement [irécédmls, il lui en a cherclié dans une anti(|uité plus reculée; mais il a été assez malheureux, pimr se voir forcé d'abandonner en très grande partie le suffrage de celle antiquité, dont il voulait se faire un bouclier.

lla[-'pelez-vous les caractères que doit avoir toute tr/iditi(ni vraiment apostolique ; caractères si bien développés dans le cé\èbie Avcrlissemetit (107) de Vincent de Lérins, l'ouvrage le jdus correct et le plus |ir(jfuud que les anciens nous aient laissé sur celte matière. Un dogme catholique est ce qui a été cru en tous lieux, en tous temps, par toutes sortes de personnes : Quodubique, quoi semper,quodab omnibus credituin est. Pour nous faire entendre ce que sont « l'universalité, l'antiquité, le consentement uniforme, » marques infaillibles et nécessaires de la tradition apostolique, Vincent de Lérins ajoute (108j, que u nous suivrons Tuniversaiité, si nous confessons comme l'unique el véritable foi, celle que l'Eglise répandue dans le monde entier confesse. »

On a déjà vu que Jansénius est bien loin de jjouvoir attribuer ce caractère à sa doctrine. « L'antiquité, si nous n'avons garde d« nous écarter des sentiments qu'il est mauifeste que nos Pères et nos ilevancieis ont enseignés; » c'est ici où Jansénius nous attend. « Le consentement uniforme, si dans l'antiquité elle-même nous suivons les décisions el les pensées de tous ou presque lous ceux qui onl été également évoques et docteurs ; » c'est ici où nous attendons que Jansénius s'ex|ilique lui-même.

Nous ne lui demandons pas qu'il produise en laveur de sa doctrine le témoignage de tous les Pères, sans en excepter un seul, iiepuis le temps des apôtres; car nous convenons avec Vincent de Lérins (109) qu'on doil

(107) Commoniloiinm.

(lUti) < Sciiiieiiiur uiiiversilalem hoc moilo, si l.aiic iiiiani vcraiii liJciii esse lalcainur (iiiaiii lola lier oibciu Icrraruiii conlilelur Ltclebia ; aiini|uilaleiii, ti ab lii.s seiibilnis Miillaleiuis rfCecJaiiius quos S:aielos majore» cl p-ilrcs iiosU os célébrasse iimijIleslum esl : coiiseiisioiiein qiioque iiideni, si iii ipsa veUisiale oiiiiiiuui saceraoluiii paiilei' el uiaijiMioruni deliailioiies seiaeiUiasiiuc sctieiiiur. » [^Coiiimoiiit.)

(lO'J) « Uiiibiis Lan. en (l'auibus) li;ic loge credeii- (Juiii est, m quloquid vel oniiies vel |ilinei uiio eudciiique seiibii, iiiai:iies;e, Ireiiueiiier, piMse\eran er, \el.il quudaiii coiiseiilieiue siui ina^iaUoniiii < oiiciho. accipiemlo, lenenili», iradeiido, liiiiiaveriiit, id jiro iiKlubilalo, cerlo, laluque liabealiii. Qiiid(iiiid \ero, uujiiivis ilksautlus cl doclus, qiiainvis epiicu-

« reléguer parmi les opinions privées, dé- [jourvues de l'auîorité qu'ont les sentiments généralement reçus, ce qui a ]>u être avancé par quelque Père, (iuni(jue recomniandable par sa science et sa sainteté, quoujue évêque, martyr ou confesseur, cunlre ou sans le témoignage de tous les autres Pères. » Mais nous exigeons, et nous avons droit d'exiger, avec le môme aiileur, qu'en nous annonçant sa doctrine comme essentielle à la religioii catholique, comme faisant partie du dépôt sacré de la tradition, il nous montre que « tous les Pères ou la plupart d'entre eux l'ont enseignée de concert, el comme s'ils avaient été d'accord dans une même assemblée; que cet enseignement a été clair, fréquent, persévérant, les premiers le donnant aux autres, et ceux-ci après l'avoir reçu, le remettant à leurs successeurs. *

il faut donc à Jansénius des témoins de tous les âges, h commencer par celui qui suivit immédiatement les temps ajiostoliques : i! lui en faut de l'Eglise grecque et (le l'Eglise latine; il lui en faut en assez grand nombre pour former au moins la pluralité des Pères. Interrogeons cet écrivain, ou plutôt laissons-le parler; il nous dira quels sont les témoignages qu'il croit pouvoir tirer de l'antiquité.

D'abord il récuse ou il néglige tous ce"f qui ont jnécédé saint Augustin. Selon lui, (llOj « la vérité de la grûce était enveloppée de lénèbres si épaisses, embarrassée de larit de lilets impo*sil)les à dénouer, que c'est à lui seul que nous devons tout ce que nous pouvons connaître avec exactiluiJe de cet arbre de vie, de cette manne cachée, etc. »

Quelle était donc avant saint Augustin la loi de l'Ejglise, et des Pères plus anciens que lui, sur le mystère de la gr.lce? La même que Jansénius reconnaissait dans les docteurs de son temps, et dans ceux qui avaient écrit cinq cents ans auparavant. Une foi attachée à des p'rières (111) qu'(jn n'entendait pas, el dont il était réservé à saint Augustin de manifester l'intelligence aux lidèles. Je ne m'étonne [)as que Jansénius n'ail donné à son livre d'autre nom que celui du grand Augustin. Ouire qu'il prétendait être son tidèle interprète, il croyait avoir avec lui un trait singulier de ressemblance,; il se legar-daii comme suscrté do

pus, quamvis toiil'essoret niariyr, practer oiniies nul eliaiii c'oiilia uiiiiies SUnseril, id iiiler propnas, el uccullas el |)ilvalas opiiiiiiiiculas, a cuiiiiiiniiis el publicx ac yi^iier.dis seiiieiilra; auclorilalo secriiiuiii sil. » (ViNC. LiniN., ibid.j

^110) < Ciijiis (sjiari;e) veillas aille Ipsiiin tamis lenebris/involula, loi siiiuosis aidV.ieiibiis lalebrosa, lui iiiexplicabilixus laijuei» iiii|iedila, iil ili.i uni îlelieaniiis, si qiiid lecii de islo ligiio viue, de isU iiiaiiiia abïCuudilo...iiileUi^eiiduassequaiimi. > (Libr. proaein., cap. 15.)

(lit) ( LIcet Paliibiis anliquioribiis divina gralia in lide, el oi;ilioiie, el (loi ta->se l.ie omissa -i'u.i >"X yidliuriim) acliuiift agiiila fiicril, i>iii.mus laiiieu Aiigiisliiius id qiiod m eoniiii liilc el nisciphna lalebai, apeiiiil; lliebaurus>)i:c gialia; ac cli.iriialis abseuiidiUe lidcliiiiii imeiliguiiiij: paielecii. > (Ibul.j

RI lAUl. 1\. IIIIOl.. llil.KM. — I.NSlIllcno.N SIU i.iiKur.siK. s»

Dipii, |iiiiir iliMivrcr h's vi^rilrs ilo In ^lAci» qu'ollc n'.iVHil pns viii! diiiis les ('cnls ili'5

ilii ini^iiii' fscl.'iv.'i^ic (iii s.'iiiil Aiiniisliii I(ïs tmis oiilirs ('vanj^iMisli'S.

avait li(niviS-s. Mais il l'iiiil cniivcnir i|mi lùi(|iiiil JauM'iiiiKnlniso nifinircslcrniMil ilu

les ilc.ssi'iiis lie In l'invidciicc sur icsvtM-i- (ciiiic dont siiiiit Aii'^iiislin s'csl servi (IIV),

Itfs (lovaiciU iMiiiilro bioii élraii^os h Jansi^- pniir cxiiiiincr la j;r,1c(' t\\u; Dion lui lit <lii

iiius. (It''<'niivrir cl (raliamlomicr l'erroiir sciiii-

A poino snint Paul les avnil pri^clu-t»;, (pio pélaf;i(Miii((, un il (li'clari! avoir élé ipiel(piitout h coup cili'S étaient loiiihées parmi les temps eii^a^;é. (]o l'ère savait trop liien (jiio cliréliuiis dans un profond ouhli : ij^norées les révélations doslinées h iiislniiro hs durant eos iiremiers siéeles, les plus purs hommes dos (iof^mcs r|ii'jls ignoraient, sont néanmoins, et dont lo iv* a été l'un des tiiiies avec les afiôtres : ipie les secours acpUis éclairés (luo l'K^^liso ait on, ellos ne cordés h ceux ipiu Dieu élève dans .sou subsistaient (pie dans des prières [mlili(|U(;«, li^liso nu ranjj; suhlimo do maîtres cl de dont le sens domeiirait inronnu. Vous ver- docteurs, consistent uniquement h éclnin-r rez même liicnliM (pie , suivant Jans('iiiiis, Ifur cspiit, pour mieux conn.iî:ro , pour elles étaient déli-^uiées par le crédit (pin des mieux exposer, pour mieux défendre ce sentiments, avant-coureurs do l'hérésif; pé- (pii s'cnsei}j,iiait avant eux : et ipio s'ils ont la^ieinio, avaient acipiis parmi les Pérès, iiesoiii (rélr(; désalmsi's de (pi(;iques erieurs, C'était dt'jà lieaucoup; c'était trop : nous ils ne lu sont point par une révélation iinserions tort ^ plaindre, s'il nous fallait f:iire médiate, mais par une ap|ilicalion particule même aveu pour les articles de notre foi Hère, (pu,' Dieu leur inspire et qu'il dirif^e, que les proti'Slards et les sociiiiens nous <i discerner la vraie tradition de celle (pii conleslenl; cependant comme si ce premier ne l'est pas. Aussi saint Augustin a-l-il fait iihscurcissenient ne sullisait jias, .lanséniiis pr(d'ession dans S(>s comhals contio les pévint ipi'il n'ait été dissipé ipie pour élre, iagiens, co'mnie conlro tous les autres liéré- (piel(|ues siècles après, suivi d'un s(H"on(i tiipies, de « croire ce iiue » les l'c^'res ses plus funeste encore et plus injurieux h 1 K- |iré>iécesseuis n avaient cru, de soutenir ciî j;lise. Car peut-on penser autrement des qu'ils avaient soutenu, de prêcher ce (ju'ils lénèl)res (pii auraient éloiifl'é une; lumière avaient prêché (115). » L'armo victorieuse aussi éclat.iiile que celle (pie saint Aui^uslin donl il pressait Julien, le friand (i('rensi'ur et ses discijiles avaient répandue dans l'K- de i'Clagc, était le reprocln? de nouveauté : {^lise? Sort déplorable de In véiilé la plus Nova sunt quœ dicitis. Il aurait dû s'attcnprécieusc et la plus nécessaire du chii^tia- dre .i une récrimination accahianle, s'il s'('lait iiismcl ensevelie prescpieau momentqu'elle donné pour « le premier des Pères (110), » avait vu le jour, ressuscitée ipnr saint Au- qui eût ensi.'iy;né sa doctrine sur la giAce; et mislin, elle était rentrée une seconde fois s'il n'avait eu, pour autoriser celte innovadans la nuit du tombeau : Jansénius s'est lion, d'autre fondeinciit qu'une révélation tlallé de l'en tirer encore. Sans examiner inouïe, dont il n'auiail pu produire l;i nioiiidans ce lieu si ce prétendu (iisci|de a mar- dro preuie. Ce trait seul démontre condjieii elle lidèlement sur les traces de son mait:e, Jansénius s'est écarté du véritable esprit de il est visiide au moins qu'il n'a (las eu le saint Augustin ; combien il le dégrade réelmôme succès. lemenl sous le spécieux prétexte de l'Iiono-

Mais par quelle voie saint Augustin avait- rer; mais il prouve en même temps le diî-

il appris cette doctrine, que Jansi'idus su|)- sespoir où il était de citer, avant saint Aii-

(lose (|u'il a « le premier » expliquée à tous gustin, un seul témoin de la doctrine qu'il

les chrétiens, et que « nous no devons (pi'à lui attribue.

lui seul? » Il répond (11-2) (pie c'est " par Ce désespoir se inanii'esie de plus en pljis une révélation divine; » et il entend si bien dans la manière dont il prétend ipie lEglise; que c'est par une révélation [iroprement s'est déclarée jiour la doctrine de saint Audits, qu'il compare ailleurs (1!3) l'avaniage gu^tin. On ne croirait pas ce que je vais (pie saint Augustin a procuré à l'iiglise, en rapporter, si on ne le lisait de ses |)roj)res lui dévelojipaiit la doctrine de la grâce, il jeux dans l'ouvrage de Jansénius; et quand celui qu'elle reçut de l'aiiôtre saint Jean, on l'a lu, tin se (Jeinande à soi-même comlorsqu'elle vit dans son Evangile une pré- ment une pensée si fausse et si outrée a pu Uicutioti éclatante de la diviniui du \'erbe, entrci- dans sa tète, comment du moins il a

(112) « Ipse .^iigi^sUniis ex iiiciiiiiis:i (orsaii Oii- siciil ilixi, scrilicreiii, rcveinvit. » (S. Aiig., iJi'r. dï geiiis aiit atioriim (^iiucoiiim leclione iii eiiindoiii pnnU'si. saiulonim., r:i\t. 4.)

erioieiii (s(iiii|ii'l:(j;i:iiiiini) impatiiis linl, iicc iiute (ll^'i) « U'iud creiliiiil credo, ((iiod icnciil iciict»,

iiisi divin;) revcl;\ii()iic lilieiMlus. » (l'arnitelon eiro- (|ii(id doceiil doceo, (|iiu(l pnedicaiil pixdico. i

rh ilnsxilieiisiuni ei uiiiiiioiiisiiuuiiiinilmnreccii'.iontm (Lilir. i, coiiini Julimium, cap. 5.)

ci(il.i "i'S m\ (alci'iii op ri-.) (110) • Nonne jure nierilo dixeriiniis /ikiiihi» esse

(113) < l l non iicnieriio (iici^ (|iic:il id inexpli- inier s-aielns l'alrcs Anjjjiisliiniin, (pii Noviiin Teslacala; divinai gralia^ piililicaliiin(^ pra'>.liliss(; saii- nieiiUini ('.lirislianoniin iiilellif^cnlia; diviili;avçril?

ciiiin An;;ii l 11 , (p;oil in prop:dalioiio l)i\iiiiaiis /'i iiiiKi», ipii lloi liciiii^nilalein ciga ptïccalorcs iiicl-

V'eilii Dei Jo.inni Lvanjjcliblie liibiii solcl. » [Lt<jr. I.ililloin , (pii graiix cilicaiiani m solaliuni aiiioris

proici/i., cap. 15.) el in (tsiliiiiii ('rroiib ion iniirido iiisiiiu.îvi'lil ? »

(1!4) I (-1 ni de liac rc aliKîr snpcreni, (piain irilii (JAN^r.N., Li/'i prœm., cap. 1.".) Dcns in liuc ipui siKiiic solvcida, ciiiii ail cihs opaiii,

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osé la publier. « Deux choses, dit-il (in), exallenl Sdint Augustin j>resque au-dessus de toute créance. » 11 n raison jusque-là, il n'en dit jias même assez. « La (.reniière, que la prérogative qui appartient h l'Eglise d'exposer el de proposer aux chrétiens les articles de foi attaqués par les hérétiques, ou obscurcis par !a .-iégligence des hommes, c'est saint Augustin (vase d'élection, réservé dès le ventre de sa mère pour ce^ merveilleux ouvrage^, qui l'a exercé à l'égard de l'Eglise entière dans les difficultés qui concernent la grâce. » Quoi donc? Ce n'est pas l'Eglise qui a instruit saint Augustin des vérités de la grîIcH? C'est saint Augustin qui en a inslrui'l l'Eglise? Elle a déposé pour cette fois l'auguste qualité de mère el de inaiiresse : elle est descendue au rang de disciple, et c'est le plus docile, le plus humble de ses enfants, qui a toujours mis sa gloire à l'écouler, qu'on lui donne pour précepteur et pour maître? Avec quelle indignation n'eût-il pas rejeté cet éloge profane 1 Avec quelle ardeur n'eûl-il pas réclamé les droits incommunicables de l'Eglise, qu'il a lui-même si constamment défendus! ,31ais ce n'est pas tout. « La seconde chose, continue Jiuisénius, est que tandis que les idocleurs répandus partout ont coutume da ilirerde l'Eglise, dans les autres points de lia religion chrétienne combattus par ses ennemis, leur science el la dernière détermination de la vérité, ici, aii contraire, l'Eglise a tiré l'une et l'autre, non de tous les Pères et de tous les docteurs qu'elle e.sl en usage de consulter pour la décision des contioverses, mais du seul saint Augustin. » Oii Janséniiis nous monirera-t-il cette règle extraordinaire de tradition pour le dogme unique de la grâce? Dans quel livre canonique, dans quel concile ce dogme a-t-il élé excepté de la loi qui soumet toutes les vérités chrétiennes à la preuve d'un enseignement universel °t perpétuel? Quelle autorité a dépouillé les Pères plus anciens que saint Augustin, témoins nécessaires el irréprochables comme lui dans toutes les autres conlrovers':s, du droit de|iorter leur témoignage dans celle-ci? Qui a réduit enfin (car |puisque Janséniiis ne craint jias de refléter ce qu'il n'aurait pas dil dire une seule fuis,

(117) c Duo profeclo coiisenlanea sunl (piae iii:igiiiliiiliiieni saiicii Ansnstiiii pêne supra fuleiii elleruiil. Lmiiii tsl, (piud cuiii Eiclcsiie sil arliculos liilei ab lia-rclicis iiiipeiilos vel per liomimmi iieijliyenliaiii obsciiralos Clirisliaiiis proponere el oxp.iiiere, lioc ipMjm vice versa (l»eo vas illiid eletlloiiis in lioc opns ab nl«ro niairis segreiianlc) in ilil'liciillalil)iis Dci graliani auincnlitjus loli Ecclo.-iae j)ia;stilil Aiiyiisliniis. Alleruin u\ priore nascilur; <|uod cuin in oinnibns capitibiis Cliiisiiana; rcligiojiis, ilnni ab liosiilins inipiignaninr, onmes iloclons «jnaqna versuni ilillusi scionliam snani niliiiiuniipie vciiiaUS decreluin ab lùclesia denvare tonsnevejint, liic e contrario Eccicsia non cani ex oinnil.ns i'alribus el docloribuS, ipios in dolinieiidis conlrovcisiis consnlcri; sol l, sed l'X uito totu liau^eiit Auj;uslini). > (Ubr. inuœin., cap. 15.)

(!18) Joiiii. \vi , 13.

(ll'J) « l'eue oniiioj Gixci ipsuiii (Origeiiem) pi'O-

nous ne devons pas craindre ne répéter aussi la forte censure qu'un tel discours mérite), qui a réduit l'Eglise à la condition honteuse d'emprunter d'un seul de ses docteurs, dans le point le plus importai;! de la retigion, sa science et jusqu'à la dernière détermination de la vérité, elle qui tient du Saint-Esprit la connaissance de tozite vérité {118} 1

On voit déjà que Jansénius était bien convaincu que les siècles antérieurs à saint Augustin n'offraient pas le moindre vestige de la doctrine qu'il prélendait avoir décou' verte dans ses écrits : mais il avoue quehjue chose de plus que le silence et l'ignorance de ces siècles si respectables; il croit qu'ils ont élé infectés d'un levain de pélagianisme répandu dans les écrits d'Origène, le guide de tous les interprèles de l'Ecriture sainte avant saint Augustin.

« Presque tous les Grecs, dit-il (119), charmés de l'excellence du génie d'Origène, de l'abondance et de la variélé de ses explications, se sonl remplis avec avidité de sa doctrine, et l'ont suivi avec un empressement unanime. » Il ajoute (120) « qu'après Origène, saint Chrysostome a été parmi les Grecs le coryphée des théologiens ; que tous les auteurs de quelque nom (de l'Eglise grecque) ont puisé dans celui-ci, comme dans une source commune, tout ce qu'ils ont enseigné de meilleur sur l'Ecnluro sainte; ainsi qu'il est aisé de le voir dans les écrits de Théodore!, d'OEcuménius, de Théophylacte, et de sauit Jesn Damascène : mais que la [>lupart des disciples » de ces deux maîtres, Origène el saint Chrysostoine, ont été si malheureux dans l'explication du divin amour ou de la grâce, qu'on a bien de la peine à les disculfier des erreurs où ils sont tombés, du moins dans leur langage. » Jansénius est si jiersuadé que sa docirine, loin d'avoir eu des approbateurs dans l'Eglise orientale avant et après saint Augustin, n'y trouvait que des adversaires, qu'il blâme avec aigreur des écrivains de sou temps de citer dans les matières de la grâce non-seulement Origène, mais saint Chrysostome , 'l'héodoret , OEcuménius , Théophylacte, el tous les autres Grecs : « comuie si, dii-il (121), il n'était jias Irès-

pler ingenii excelleiitiam el explicalionnni idjerlalein el varielalein avidissinie indiiberuiil, cl prono consensu setuli sunl. » [faruUelon ad taiccni operis).

(liO) < In 1er Grœtos qnideni llieologic;e disciplina; princeps olnii Urigcnes : posl dluni S. Cliiysosl(nnus Inil. Quolipiol euni alicnjiis nominis si;cnli snni velul ex (piodani coininnni lonie oninia soa pricclara in Sciiplnrain docnmcnla derivarnnl, ni abiinde Tlieoiloreii , UEcumenii, Tlieopliylatli , ac Daniasceni seripla leslanliir. Sed ila m explieando illo divmo ainore seu gralia eornin plerique diseipuli inlelices liieiimt, ut a nonnullis non seL;nilei »l) eironbus salleni in lo(jueiuli modo eounnissis lindieenlnr. > (Libr. proœm., cap. 22.)

(1"21) < Quasi non essel lacillinnini nniversani semipeligianani liLCiesini ex Oiigenc el (a;ierib Gr«eis slal.iilire. » [Ptnu teto.i ad calcein operis.)

PART. IV. TIIEOL. POLEM. — INSTKUCTION SIIU 1,'IIEUI.SIF..

fmilc (l'iMnl)Hr |iar Orij;èno il |>nr les aulrcs («ri'i:s riu^résii" cntièri' ilrs si'iiii|iiM.ii;ii!iis. •> Jo ne |>ifnils poiiil ii;i lu |i,irli d'Oii^i^'iic. S:v iloctriiio a l'U' jiislcini'iit di'ciiùe iioiisciilfiiifiit sur l:i ^rAtM', mais sur iiciiiicuni) il'j. litres poinls. J'avoiio avec saint Ji'm'i\iii(.' (I2:i)i|iit* IfS orri'urs dr l'éjavîo ont ("lé « iino lir.intlnJ fl un rejcion d'Ori^ùne. « Maisi|U(! l'udinu'Uiioti iju'ou avait |i(iiir lui, i|U(di|uo (;ra'idi' ipTelIr ait lUiJ dans l'ii^liso lalinc, rinuUL- dans l'K^liso j;r('C(|no, ail cntrairni dans un iit'Iagiaiiisnio ou scini|it'l,iyianisnn! anlicipé lous Ifs ihooloj^iens, tous les inicrprètes do l'Ecrilure sainte, et '.(ue saint Augustin ait le premier arrôlé le cours do

écrits d'Ori-

eelte eoïKagion, c'est ce (|ni n'avait jamais été dit dans l'I'li^lise ealholicpie avant J(uisénius. l'ouniuoi l'aulorité d'Orij^ène lui aurait-elle aei|uis ce prodigieux nombre do pailisans ilans oetle unique malien-, (ilulôt i|iie sur la pniexisieuie d<'S Ames, sur la durée des peines des démons et des répruiivés, sans parler des senlimenls erronnés (]ui lui ont été reprochés par de graves auteurs sur le mystère de la Trinité?

Ce qu'il y a de viai, c'esi que soii exem|ilo avait rendu le goût de l'allégorie trop eommun dans l'explicalion des livres saints. Si l'on demande (|ui a mis de justes bornes à cet excès (moins répréhensible à la vérité dans les imitaleurs d'Origène que dans leur nioilèle, mais cependant capable d'altérer le vrai sens des Eiritures, et peu conl'orme à la dignité du texte sacré), j'ose dire, sans manquer à la profonde vénération due par tant do litres h saint Augustin, sans craindie , mémo d'ôlre démenti par ceux qui portent son auloriié au delà des mesures lixées par ri'^glise, que ce n'est pas à lui que celle gloire appartient. On n'ignore pas combien les allégories lui ont été lamilières : le tour ingénieux i]u'il leur donne, l'o'nclion toiiclianle qu'il y mêle, les solides iiisti'uclions (]u'il en lire et pour les mœurs el pour les dogmes, les l'ont lire avec autant de triiil que de plaisir. Mais il n'est point de personne un peu versée dans la lecture des anciens qui ne sache, que la majesté des Ecritures, attachée principalement au sens littéial, éclate davantage dans l'usage qu'en ont fait d'autres Pères, et surtout saint Chrysoslome, reconnu par Jaii.s>énius, avec plus de justice qu'Origène, [lour le maîlro de l'Eglise orientale.

C'est lui néanmoins, ce sont tous les Pères grecs qui l'ont suivi, dont Jansénius ne peut soutfrlr (]ue le témoignage soit allégué dans les matières de la grâce. Dira-t-il qu'il a été disciple d'Origène? Le jour n'est pas plus opposé à la nuit que la méthode du grand évoque de Constantino|ile à celle du prêtre d'Alexandrie. Mais ipiand on |iourrait supposer que l'un a emprunté île l'autre des sentiraenls ou des expressions favorables au semipélagianisme , d'où vient ^<iu'a|irès la

condamnation soleniiellu <lcs gène dans rOrient, ou n'a pas pas cessé d'y penser et d'y parler cuimiie saint Chrysoslouie? Nous avons vu ipie Jansénius ne déilaigno pas moins le>i rilaliiins des l'ères grecs poslérieurs à saint Augiisliu, que do ceux ipii l'ont précédé. Il ikmiiiiio exjiressvmeiil l'héiidoret, el après lui saint Jean do Damas, Olùniménius, 'l'héophylacle. (leiix-ci ont c(iniiii, (Mil lespeclé les décrets du cin- (juièuio concile g'hiéral contre Origène; ils ne devaienl doiii; pas siiivri! avec lant d'unanimité un auteur, qui eilt puisé sa doctrine dans une source ciui leur était devenue odieuse. Jansénius, peu soigneux de les nietlro d'accord avec eux-môines, |icrsiste <i

eur témoignage : son aversion pour greciiue h cet égard est si décidée

rejc'ter

l'Église

(123), qu"il réduit h « très-peu de chose ce

que des Grecs plus récents ont pu dire de

beau el do sidido sur la divine gr;ke ; » et

eui.ore ils n'en ont été redevables « qu'.'i

saint Augustin. »

Par là il abandonne l'une des jdus fortes preuves (|u'on puisse apporter de l'amnenneté d'un dogme catholiipie, le concert des deux Eglises d'Orient et d'Occident. On doit aux écrivains de Port-tloyal la justice de convenir ipi'ils onl rendu celle [ireuve invincible contre les prolestants. Ils ont rassemblé, ils ont mis sous les yeux de l'Europe entière une foule de témoignages authentiques, cjui montrent la [larfaile cjr:fG.'inité des Eglises orientales avec l'Eglise romaine sur les poinls contestés entre elle et les , sectes nées au xvi'siècle. De ce fait si clairement établi, il en résulte un autre, parune conséquence inévitable; c'est que les Grecs schismaticpies n'ayant rien emprunté de l'Eglise latine, la croyance paisible de ces dogmes a précéiJé dans les deux Eglises le teuips de leur séparation. C'en est assez pour ne pas douter que celte croyance no remonte jusqu'au temps des a|)ùlres. Ce n'est |ilus que par surabondance de droit qu'on reprend les textes nbjectés aux [irotestants dès les commencements du luthéranisme et du calvinisme, pour leur prouver que dans l'Orient et dans l'Occident tous les ailleurs des liuit premiers siècles ont pensé comme nous sur la présence réelle, la transsubstantiation, le sacrilice de la messe, l'invocalion des saints, la prière pour. les morts.

Jansénius se serait bien gardé d'entrer dans cette discussion au sujet de sa doctrine. Quiconque aurait voulu, pour lui [ilaire et pour le servir, entreprendre les mômes recherches, il l'en aurait dispensé. 11 s'est bien dispensé lui-môme du soin de confronte" ses sentiments avec ceux des Pères grecs; il a tranché plus court, en récusant d'abord les plus anciens comme disciples d'Origène. Les brillantes lumières du iv" siècle, les Alhanase, les Basile de Césarée, les deux

(122) I Docirin.T vesir.i Origeiiis ramusculiis est. • (t.pist. en Ctcsiphonlein.)

(123) ( Qnidinml solidi ;ic iiriccUu'i a Graxis po-

slcrii)rll>iis ilc ilivina gr;\lia prndilmii csl , «iiiod pciiiuiini cxisiimii <•>! , liilmii ex Au'^iiblim luiuc scaWiiil. » [Libr. jiiuam , cap. 22.)

ŒUVRES COMPLETES DE LEFllANC DE POMPIGNAN.

(ii'(?goires de Nazi.inze et de Nisse, les Cyrille de Jérusalem, n'ont pas trouvé gr.lne à ses yeux. Il n'en juge aucun digne d'ôtre cité, comme un témoin grave et digne de loi, dans une matière aussi essentielle au diristianisme que celle de la grAce. Saint Chrys'islOMieesl venu après eux : mais il n'a |ias dépossédé Ûrigène de Tautorité que celui-ci avait usurpée parmi les Orientaux; il n'a établi une autre école sur les débris de la sienne, que pour y perpétuer le semipélagianisme, l'unique erreur qu'il en eût hérité. On croirait peut-être que les heureuses découvertes, dont saint Augustin avait enrichi l'Eglise latine, auraient pénétré dans l'Orient; mais non : les principes de saint Chrysostome y avaient jeté de trop profondes racines. Ses écrits, admirés par les Grecs, les avaient trop accoutumés à des expressions semipélagieniies. Ils eurent beau abjurer l'origénisme, (si cependant il était vrai qu'ils l'eussent jamais embrassé dans le sens que Jansénius leur prêle) « ils n'en lurent pas moins malheureux » toutes les fois qu'ils se luèlèrent « d'eï|)liquer le divin amour ou la grâce, » ils ont eu besoin qu'avec « des [leines » inlinies on « les disculpât des erreurs, dont au moins leur langage est rempli. » J,insénius n'accorde qu'à« des Grecs plus récents le bonheur de s'être mieux exprimés sur celle grande vérité.

Mais il est sobre dans cet éloge. Ce qu'ils ont dit de bon est très-peu de chose : Quod perquain exiguumest.U soulieiil môme qu'ils le tluivent à saint Augustin, tant il était éloigné de croire que les Kglises grecques pussent tirer de leur propre fonds quelque connaissance utile sur la grâce, tant il avait de répiigr,ance à clierclier dans leur tradition des vertiges de sa doctrine, ou plutôt tant il voyait d'impossibilité à y en trouver. Cette doctrine est donc deslituée, par les jiropres aveux de son défenseur , de tous l«s caractères d'un dogme apostolique. Elle n'a pas dans l'Eglise l'universalilé des lieux: i/uod ubique. Jansénius l'a bannie de l'Eglise orientale, longtem|)s avant son scliismi;:de celte Eglise si féconde alors en grands homaies, et oij Dieu conserve encore aujourd'hui, par une providence semblable a celle ipi'il exerce à l'égard des Juils, un léinoigiiage non suspect pour les vérilésaltaiiuées par les derniers liéréli(|ues de l'Occideiil. lille n'a pas la periiétuilé des tumps : quod .■■rmper. Jansénius passe sans intervalle di; sainiPaul à saint Augustin: il ne remplit .e vide que de prières aveuglémeiit récitées, auxiiuelles il ajoute des expressions, f^i ce n'est des pensées, qui en déliuisenl le sens. Il place une seconde lacune, plus ténébreuse encore, dans les cinq cents aijs (lu règnedes 0|iiiiioiis scolasliques. Elle n'a pas runiformité du consentement : quod ab omnibus credilum est. Ce serait peu de la voir ignorée ou contredilo par un Père, ou ^lar deux ou trois seulement : le torrent de tous les autres sudirailà l'unanimité de leur fémoignage. Mais ici c'est un Origène ijui a lijibu de son l'élogianismc tous les docteurs

de l'Eglise orientale, qui, dans les premiers siècles ont expliqué l'Ecriture sainte d'après lui ; c'est un saint Jean Chrysoslome, d'un tout autre poids en lui-môme, et aussi d'une bien plus grande autorité dans la même lîglise, lequel a été le chef et le conducteur de tous ces Grecs, malheureux interprètes du dogme de la grâce.

Et qu'on ne dise pas que Jansénius n'attribue à Ions ces Pères que des expressions peu précautionnées , telles qu'il en est écha[)pé à quelques-uns d'eux touchant d'autres articles de notre f)i. Car outre qu'il est sans exemple, et qu'il serait d'une très-dangereuse conséquence d'admetire de pareilles expressions dans un si grand nombre et dans une si longue suite de Pères, d'ailleurs ces expressions s'expliquent par d'autres, oîi la vérité catholique se montre à découvert, soit qu'ils la traitent ex(iressement, ?oit qu'elle naisse sous leur {)lume, en traitant des matières dillérenles. C'est pourquoi on les compte avec raison parmi les témoins de l'ancienne tradition sur ces dogmes. Aucun calliolique n'a sui)posé, que ces dogmes ayant été obscurcis après la jirédication des apôtres, il avait fallu qu'un Père suscité de Uieu vînt « le premier » les annoncer à lous les chrétiens. De plus, comme ces expressions |)eu précautionnées n'avaient leur source que dans la sécuiilé qu'ins[iirail aux Pères la possession tran- (juille d'un dogme qui n'avait pas encore été combattu, ceux qui leur onl succédé, iiiitruils de l'abus que les hérétiques faisaient de certaines expressions de leurs prédécesseurs, se Sont plus tenus sur leurs gardes. Aussi esl-il jusie, et telle est la règle ado[)iée par les théologiens orthodoxes, do reconnallre, non pas une autorité exclusive, mais une pré|ioiidérance de témoignages dans les Pères qui ont écrit sur les dogmes de notre fui, qu'ils trouvaient altaqués par des hérésies. Si Jansénius s'était contenté de relever dans saint Augusiiii celle haiilu prérogative, s'il avait ilit (|ue ce saint docteur, api es avoir lidèlcmeiit recueilli la doc- Irini; ùe ses devanciiis sur la grâce, lavait éc'aircie, ap[)rol'ondie, vengée conire les pélagiens et les sémipélagiens, avec une abondance du luuiières et des ap|ilaudissciueiils de l'Eglise, dont peut-être on ne voit pas d'exemple dans les combats rendus par lus autres Pères, il n'aurait point Irouvéde cimtradicteurs, ou du moins il en nul facilement triomphé. Mais dès lors il devait a vouei', pour l'honneur de l'Eglise, pour celui des Pères, tiour celui même de saint Augustin, que depuis lépoque do ses vicloires sur le pélagianisme, le langage ecclésiastique lou-

chant les matières du

iiâce était devenu

jilus correcl et plus |/récautionné : qu'il ne l'élall pas seulement devenu dans I Eghse laline, dont saint Augustin avait parié la langue, mais encore dans l'iîglise grecque, l'une des plus llorissantes portions dans ee lenjps-lii de l'hérilagede Jésus-Christ, et où la condamnation des erreurs [lélagiennes avail été connue et approuvée. Toutefois

M l'AUT. IV. TIIF.OL. l'OI.EM. - I.^STfU'CTION SUR L'HERESIE. W

c'ost ile|iiiis trllo i^|i(it|iii' ipio lo nom do Ifiir, (|U(j Ios Llwiii}ri'iiii'iils <|ii'il veut iii-

sdiiil Ji'itii lllir^sostiiiiit', |ilu.s révt^iû i|ue lioiJimu clans lu rdij^ioii nu I'u.smmiI |iii4

jftiniiis ptiruii Ils ()riiiU;iii\, y », selon J;in- liop tôt (li'i-oiiveils; ihiuiiiil nioins d'crihe-

si'niu>, ullt'i'ini l'iisago liu lus L'X|ii'i'SM()ns, njjs ù conili.illiu , moins d'obslaiius 'i siir-

qu'im nu peut jiistiliiT ilV'irt'ur, si l'on |)fiil monlei'. Mnis oiiIid (|iu; |);irmi eus clian;;!'-

exctiser l'intinlion ili^ ('i'uvc|ui h.'S ont iin- nicnls, il un est du si |>al|Jiilili's, (juu lus

hloyOes. l'oiir cuniMi' <lu mallifiir, l'Kiilisu plus i^noianlN les ap('r(;oivcnl il'aliord sans

laline, ouldiatil i'llr-nirniL'l(S(lan>;prs qu't'ijy av(iii- hc.soin d'un tHru avertis, d'ailleurs vn

avait courus par les erruiirs pélagiennus, a rond)iL'n d'occasions lus liommcs n'a;;issunt-

laissi^ durant plusieurs siècles inlrodiiiru et ils pas contre leurs plus eliers intérêts? L'nu

régner dans st)n >uin dos opinions diamé- passion doniiiiaiilu (iéiuneerlu dans l'c\écu-

• ralument opposées à celles (pi'clle avait lion d'un ^rand projet les niuMires lus mieuv

reçues do saint Auj,'uslin. (^)uellu coni|iu- prises. Tout eu (|u'ello permet au cu;ur

raison enlro les expressions peu précau- qu'elle entraîne, ù l'esprit (lu'ullo avuuyiu,

tionnées do quel(]uos Tères, et cette ij^no- est du rumplaccr par d'autres moyuns i>eux

rance, pour ne rien dire de plus, dont Jan- dont elle lui Ole l'usage. On cliercliu alors

sénius accuse, dans un point capital de la à concilier la tin (ju'on se propose avec ce

relii^ion, l'Orient et l'Occident! Ignorance qu'on accorde à la passion dont on est es-

commcncéu de si bonne heure dans l'un ut clave.

dans l'autre ; si piofondùuH'nt enracinée Le but du novateur est do répandre ses dans le premier, ilissipée assez tard dans le senliments : poury parvenirjilus lacilemenl, second, pour y être du nouveau répandue il laudrait jiouvoir les cacher sous le voile pendant un si long espace de temps. de la loi ancienne etconunune. Mais quand Auisi Jansénius a doublement condamné cela se pourrait, consenliruit-il à perdre ou sa doctrine. Il la condamnée , en avouant avoir | asser en d'autres mains la gloire l'élat où il la Irouvait dans l'Kglisu au mo- des heureuses découvertes (ju'il croit avoir nient qu'il a voulu la [luliiiei'. Il l'a coiidam- l'ailes '.' Laisscra-1-il ignorer aux liommus, née, en la déclarant iiica|)ablu do (irélendro dont il prétend dessiller lesyeux et rétormer h ces trois caractères d'un dogme aposto- les préjugés, les obligations qu'ils lui aulique, l'universalité, ranti(|uilé, ruiiitbr- ront V Tant de veilles et do sueurs n'abuuiiiité'du consentement : universitatcm, auti- tiront-elles qu'à le confondre dans la luulo (juilatem, consensionem. Que pouvait faire des écrivains vulgaires qui ne pensent que l'Eglise après de pareils aveux, que ratilier par autrui, qui ne disent et n'a[)[)rennent par sesdécrets lasentence (juo l'auteuravait rien du nouveau? Celte idée révolte une en quelque sorte dictée ? lille « i'a jugé par Aine telle que la sienne. Il sait que s'il y a sa pio|ire bouche; » et si laissant à Uieu le des chiéliens délerminés ou par habitude, jugement de sa personne, elle a présumé ou par des maximes qu'il traite de supeislique des assurances de soumission, reiiou- lieuses, à suivre les roules battues, il y eu veléesau lit delà morl, avaient trouvégrâce a d'aulres que le charme de la nouveauté au tribunal sui)réme, jiouvail-elle se (iisfien- attire, (/esta ceux-là qu'il veut plaire ; jiui>ser du proscrire dans le sien une doctrine (jue aussi bien ce soni ceux dont les sentimar(|Uee avec tant d'évidence au coin de la menlssont plus conformes aux siens, et dont nouveauié? Eu vain a-l-on voulu dans la lu sulirage lui promet lu réputalion à lasuite utfacur la houle de cette origine. Les quelle il aspire. (Juuiit aux premiers, ne aveux du chef et du |iatriarche subsislenl pouvant les salisfaue également, il travaille en témoignage éternel contre ses partisans à les adoucir par lus cori-eclil's les plus proet ses iJiscipk'ï. Ils nu parviendront jamais près à leur insinuer la nouveauté qu'ils déh rendre ancien dans leur bouche ce qui a testent. Du laces variations et ces déguisuété nouveau dans la sienne. ments assez ordinaires dans des auteurs, Ici, mes irères, se [)résente une réflexion qui d'une part veulent bien qu'on sacho instructive, et qui nous raïuèiiu à des idées qu'ils innovent; et qui, de l'autre, crai- [)lus générales. Vous voyez un écrivain ha- giiaiil les suites de l'aveu qu'ils font, le mobile, éfiris de son système, atleniifà tous (iilient, l'exlénuenl, semblent quelquefois les moyens de l'accréditer, taire néanmoins le rétracter, el cependant y reviennent des aveux qui le ruinent de fond en comble toujours, parce qu'enlin il usl nécessaire que dans l'esprit des véritables lidèles. Il n'est « la bouche parle de l'abondance du cujur. h pas le seul ; tous les novateurs en ont été Si l'on désespère de gagner ou de lléchir les réduits à celte dure nécessité. Quiconque, rigides amateurs de la doctrine élabliu dans à leur exem[ile, voudra ébranler l'antique l'Eglise, on a la ressource do décrier par édilice de la foi, sera forcé de s'expliquer desnomsodieux celledisjiosilionsi contraire oe même. Vous en êtes surpris; vous de- aux piogres de la nouveauté. On s'ell'orcu mandez couiment il ariivu, quu tout inven- de rompre ce qu'on no peut faire plier: leur, Uinl déieiisuur d'hérésiu .se cuiutuinne mais soilquula nouveaulé vuuille se former ainsi in:r son propre jtKjemenl. des |iarlisans, soit qu'elle se déchaine cun- A ne consiilérer que les n ssorls naturels Iru ses adversaires, elle en dit toujours assez du cœur humain, celle condamnation est pour se déceler elle-même; elle ne serait liiuvitablu. Lu même orgueil (|ui lail nino- plus ce tiu'elle est , s'il était [lossible (lu'elle ver fait ipi'on se vanlede celle innovaiioii. ne prononçai pas ce o jugement » i|ui la Il s'.-raii utile ïaiis duulu aux vues du nova- Halte, et (pu ceiieiida.'it la « uondainnc. »

OEUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPiGNA.N.

Ainsi Dieu n'a qu'à livrer les hérésiarques i*» la penlft naturelle de leur orgueil, pour jiréiiHinir les fidèles contr-e les pièces <ie l'hérésie. Le remède est à côlé du mal , nu pour mieux dire le poison porte avec luimême son antidote. J'avoue qu'il n'y eut jamais de poison plus adroitement préparé. Tout concourt à rendre la séduction des hérésies dangereuses .-les dehors de la piélé, ies démonstrations du zèle le plus pur et le plus ardent pour la vérité, de pressantes invitations de clierrher dans sa source celle vérité si nécessaire ri connaître , des promesses flatteuses de l'enseigner à tous ceux qui l'aiment, des citations multipliées de l'Ecriture et des Pères, des talents rares, un savoir imposant . qualités qui n'ont jamais manqué aux chefs et aux principaux soutiens des secies liéréli(]ues (l"2ij. Mais si la tentation est forte, le pr-servalif est aussi facile qu'il eî.t sûr. Dieu ne permet pas iiue ces séducleurs puissent, en commençant leur entreprise, demeurer inconnus ; ni que ces loups ravissants s'approchent sous la j)eau de brebis, sans un signe qui les iléitoiivre et nous avertisse d'éviter leur fureur. Ce signe est l'aveu que les hérésiarques font de leur innovation. L'orgueil (|ui enfante les hérésies se trahit lui-même; plus il vante son ouvrage, plus il en déclare aux tidèles la honteuse et criminelle origine.

Il ne reste donc aucune excuse à l'imprudence de ceux qui se laissent séduire. Supposons-les (125), dit Tertullien, devant le tribunal de Dieu, et laissons-les jilai- (1er leur cause : a ()u'cllègueront-ils? Que les doctrines qui devaient s'élever no leiu' avaient été annoncées ni par Jésus-Christ ni par ses apôtres? (Ju'il ne leur avait pas été ordonné de se tenir en garde contre ces doctrines, et de les délester? Qu'ils reconnaissent plutôt que c'est leur faute et non pas celle » de nos maîtres «qui iiouj ont prévenus depuis si longlemps. » Ajo-Jteront-ils « qae l'autoriié des docteurs hérétiques leur en avaitj imposé? Qu'ils avaient conlirmé leur doctrine par des résurrections de morts, jiar des guérisons de malades, par des prédictions de l'avenir; de sorte (pi'on avait eu raison de les prendre pour des apôtres? Comme si cela même n'avait pas éié écrit qu'il viend.-ait des hommes » qui chercheraient dans de prétendus « prodiges un ap-| l)ui à leur i)rédicalion trompeuse et corrompue. Mériteraient-ils donc que Dieu leurij pardonne? » Eux qui n'ignoraient pas qu'ils' devaient dire (12G) analhème à un ange

même, s'il était possible qu'il en aescendît un dn ciel, (lour leur prêcher un évangile différent de celui qu'ils avaient appris. La dllérence du nouvel évangile était constante par l'aveu du prédicateur. Quels. motifs de confiance et d'estime pouvaient être mis en balance avec une telle condamnation? Et s'il leur en fallait une seconde, toujours sortie de la propre bouche des hérétiques, ceux-ci se condamnaient encore eux-mêmes par leur désobéissance opiniâtre aux décisions de l'Eglise portée expressément contre leurs erreurs.

Ce texte de [l'Apôtre, que Vhérélique est condamné par son propre jugement, élant expliqué comme nous venons de le voir, résout sans peine une question qu'on propose sur l'hérésie. On demande si l'on peut être hérétique de bonne foi. Le nom de la bonne foi est si favorable , qu'il semble que de le joindre à l'hérésie, ce soit absoudre celle-ci de tout crime au tribunal do Dieu et à celui des hommes. D'autre part, comment séparer l'hérésie de la bonne fui, si ce n'est en niant que les héréliqiios puissent être réellement persuadés du la vérité de leur doctrine?

C'est en etfet ce qui est |nié par des catholiques [ilus zélés qu'instruits; soit ipi'étant eux-mêmes pénétrés de cette conviction inébranlable que la foi inspire, ils ne comprennent pas que les dogmes sacrés de leur religion puissent être sérieusement révoqués en doute, et à [ilus lorle raison attaqués comme faux; soit que leur haine pour l'hérésie les incline vers les sentiments les plus désavantageux aux héréliiiues ; soit qu'ils ignorent jusqu'où ies illusions de l'esprit humain peuvent s'élendre; soit qu'ils n'aient pas des idées assez nettes do la bonne foi qci jusiilic et do celle qui s'accorde avec dos erreurs condamnables : plusieurs de ces causes, ou toutes ensemble , engagent soï;vant des ea- Iholiques à former ce jugement, que les héréliijues', et surtout ceux qui fixent davantage leur attention , ou ne ci oient pas ce qu'ils disent, ou no le croient que jiar un excès d'ignorance. Point de milieu dans celte alternative.

Il y en a un cependant; et si ioute autre preuve manquait , l'expérience supérieure aux raisonnements sudirait pour le démontrer, il est contre la nature du cœur humain, coatre toutes les règles de la prudence, contre les (irincipes du la certitude des faits d'attribuer cette mauvaise foi, qui consiste à soutenir ce qu'on ne

' (lii) Nulliis poiesi liaercsim siniero, nlsi qui arilcnlis iiigt'iiii est; el lialiel doua niuiirae qiup a Deo artilico suiil cieata. i (S. Hieron., libr. ii, Commenl. in cap. \, Osée.) — i Non putelis, frairos, quia poluerunl lieii li.oreses per aliqiias parvas aiiiuias. Non rLceriinl lueieses iiisi iiiagiii liomines. > (S. AcG., tliiiiridi. in ps. cxxiv, ti. .t.) I '0-S) • Crcilu allogai>uiil ulliil uiiquaju sibi ab illo (Chrislo) vcl ab apostulls ejus de sons cl pcr- ,versis doclrinis pricniinlialiiin , ul de cavi^ndis abo- 'iiiiuaiidisquc prxctpumi ? Agiiosvaiil buiiii poiius

culpam qiiam illoriiin, qui nos lauloanle praesiruxeruMl. Ailjicieiu pr;elerea niulla de auciori'-f'.e fUjuscuiiiiue docloris ba'r>'licl ? lllos maxime ilotiiiiia; sii:e (idem coiiliiitiasse , ninrnios suscilasse, jebiles relormasse, l'uliira signititasse , uli merJKi tposloli credcrenUir : Quasi iiec lioc scriplum sii, icDiuros miillos qui eliam virjat3s maximas edereiil ad fallaciain muiiiendam corrupla; prxdicalionis. Iiaque veiiiam .mcrebuiilur ? » (De prœscript., 11. II.) (1-20) Galal. i, 8.

i\Kr i\ iiii.ni,. roi.F.M.

INSTIUICTION SLIl l.lir.llESIE.

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poiisr |ias , ^ ili's linniiiics (|iii |ii)ilt'iit l'nlluuliciiii'iil à b iliiitriiit- iin'iN ont ciiiliriissét* jusi|u'ii rfiiiiiiiiT |i(iui- fllu «lit fsin'niiu-i'S les plus lliillfiiscs; jiisiiii'i't n)iii(iiu li'S lui'iiils li'S plus loris, ((Mii ilu san^, ilc l'amilii', île lit pairie; jusiiu'ù sacriliiir li'ur ri'pos , leurs liions et i|uel(piflbis leur vie. Ou a beau dire ciuo loul cela cède h l'arilont auiour lio la gloire; nous verrons liienliM iiue celte pas>ion est le germe des liérésies. Nous convenons qu'elle a dans .0 cœur des hi^rélii|ues un empire qui subjugue ordinairement toutes les autres passions; et nous no sommes pas surinis (ju'ello les anime dans ce (|u'ils soufirenl comme dans co qu'ils l'ont. Mais il serait aussi trop absurde el Irop insensé iiu'un lionuuo edt con^'u, et qu'il soutint invinciblement le projet de se l'aire lionnour d'une O|iinion qui n'est pas la sienne, aux di'p'.'ns de ce (|u'il a de plus clier : qu'il se llatiàt do s'imniorlaliser en persuadant à d'autres co qu'il n'aurait pu se persuader à lui-même, et que dans ki poursuite de celle allreuse et dégoûtuntu cliimère il voulût courir le risijue certain de vivre et de mourir malheureux.

Disons donc que le désir d'élre connu, d'élre applaudi, d'avoir dns disci[iles, a déterminé riierésiaique au choix d'une doctrine nouvelle ;(|Ut;ce même désir de gloire, iiioditié suivant les circonstances, exciio tous les hérétiques à défendre les erreurs qu'ils oui adoptées; niais ajoutons que ce désir, dont leur cœur esl possédé, aveugle en même temps leur esprit et leur l'ait regaider les senlimenls dont ils l'ont profession conutievéïitables. Celle l'ansse lueur de vérilé, l'ruit de leur orgueil , en devient à son tour la pàlure : de ces deux principes fondus ensemble, naît leur indomptable persévérance dans le parti qu'ils ont pris. Ces confesseurs, ces martyrs de l'erreur ne sont pas des hypocrites et des fourbes, au uioins dans ce sens que leur bouche publie une doctrine iiue leur conscience démente. Il sont troui|iés, parce qu'ils iloivent l'être, s'élant déiouinés du droit che- Uiin pour s'égarer dans des routes perdues: ils sont tromueurs, parce qu'ils ne tient [tas

(1^7) / Joan. 1,1.

(liis) On ir:!isi>le dans le moment que sur ia circonslance l;i plus ilctisive du leuiuiynage reiitlu |);ir les apoues. C'esl l.i seule qui ail un rapport marqué au sujel (|ue l'un tiane. C'est d'ailleurs une lonnoverse aussi teilaine (|ii'alirégéo en faveur de la religion chielienne. Car si la déposiliun des apô- Ires prouve invincibleiiienl la résnrreelioii de Jesus- CliiiSl; celle-ci pionve lont poui sa peisunne, pour sa duCUine , pour ses menac'îs et ses promesses. Il est impossible de liier de semlilaliles conelusi(ms des supplices sondei is par des lieiéiiipies ou par des inlidéles , eu laveur de leurs senliiiRiits. Au surplus si l'on joint les apùlres à tous les martyrs du ehristianisine , leni' eonstanee tonne une preuve à part que les autres reli^iiins ne peuvent nous disputer. 11 n'est pas au-dessus de la iiatuie de renorn er quel(|uelois aux biens, au\ plaisirs, au repos, a ses aiui> , à ses proches , de braver en de ceriamis oci »jioiis les lourineiils el la iiioil iiiènic. liiic pas-

h eux (pi'ils ne ciuMinuniqin'nl h d'autres la fausse (loeirine doni ils sont infatués.

Kt voilà ce ipii distingue leur ténioigliagO de ceHii tpie lus npAlics ont rendu aux miracles, el snrlont l\ la résiii leclioti di- Jésus-Christ. On soutient aux im'ré. Iules (|Uo ce mol do .M. l'ascal : « J'en crois des lémoinstpii se font égorg(!r, » renferme uni) preuve déinonsirative. Non, ilisonl-ils ; car il y a eu dans le christianisme des béréli(|ues constants et intrépides sous le tranchant do l'épée, ou au milieu des llammes: il y n ou aussi dans les autres religions des viélinies infortunées do l'attactienient h des préjugés. Uieii n'est /dus certain, ri'pliquonsnmis ; mais qu'ont témoigné ceux (ini sont morts d(! celle manière ? Ce c|u'ils pensaient inléiieuroiiient. Nous demandons la mémo justice pour les apt-itres. De bonne foi, pouve/.-vous la leur refuser'/ Si jamais des témoins fermes iiisipi'aux dernières extrémités ont (itl passer pour sincères, où en tioiiverez-vous cpii 'joignent comme eux h ce caraclère de sincérité tant d'autres traits dignes de la plus [larfaile conliance ? AccordiHis môme, sans conséquence , que tout soit égal jus(pn!-là entre les apôtres et les martyrs de Teneur : voici du moins oij la ressemblance dis|)arait. Que croyaient ceuxci ? Une doctrine sur laquelle ils pouvaient se tiomper, indéfiendante en elle-même de leurs qualités personnelles, qui ne lire pas une preuve certaine du témoignage qu'ils lui onl rendu, parce ((u'il esl très-possiblo que l'erreur, après avoir pris dans une âme les couleurs de la vérité, y protluise le mémo courage à la défendre. iMais ce cpie les apôtres ont cru, en le signant de leur sang, c'est un fait sur lequel ils n'ont pu être trompés; un fait en témoignage du(|uel ils citent leui-syeux, leurs oreilles, leurs mains; (/uod audicimus, quod vidimas uculis noslris, (/uod pcrspeximus , quod tncinus noslrœ contrectaverunt (l'2"j; un fait enlin , dont la certitude esl inséparable de la foi ([u'ils y ont ajoutée. La dill'érence est-elle assez ipalpable? Et les incrédules seront-ils encoro surpris qu'on veuille en croire de [lareils témoins qui se font égorger (128).

En général il faut être sobre à juger que

sion forte el dominante, le désespoir, la mélancolie, la trempe d'un caractère inllexible el liaulain, peuvent absoliinient taire ces sacrifices à l'erreur travestie en vérité. C'est une exception au cours ordinaire des choses linniaines , comme c'en est une iin'il y ait des homiiies assez las de la vie pour se l'arracher de leurs propres mains. Toutes les exceptions sont rares, el ces denx-là le sont phis (lue beaucoup d'aiilres. Mais (pie durant trois siècles tant de sang ait coulé pour rendre lioinmage à la divinité d'une religion , que tant de maiiyis de tout âge, de tout sexe, de toute coiuiiliou, de pays si difterenls, grands ou niédiocies esprits, savants ou ignorants, qui n'avaient qu'un mot à dire pour vivre heureux et tranipiillcs sur la terre , aienl mieux aime soullrir et mourir ipie d'abjurer ou de trahir leur loi, c'est une gloire (pie le christianisme ne partage avec auciineaiitie religion. La vérité descendue ou ciel a pu seule se foriner a ellelucino ce merveilleux assemblage de témoins. I-c

œUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAX

(les hommes ne croient pas «ians le fond de leur cœur les senlinients qu'ils font profession de soutenir. On a pu le dire des pirrlmniens qui attaquaient loule espèce de connaissance et de certitude. Le doute universel serait un délire s'il n'était |)as un mensonge. On peut le dire aussi, et nous l'avons souvent dit des impies qui 'se donnent pour alliées. L'existence de Dieu tient de si près aux premiers axiomes de la raison, elle est si profondément gravée dans notre âme, la nature et le genre humain l'annoncent [lar tant de voix, que l'athéisme peut hien êlre un désir forcené, jamais une conviction réfléchie, que Dieu n'existe pas. liiifi'i nous sommes bien éloignés de penser que tous ceux qui se vantent d'être incrédules le soient réellement. Nous vous donnâmes (129), il y a quelques années, les preuves du peu de fond qu'on doit faiie sur ces démonstrations d'ir.crédulité si multipliées de nos jours. Nous vous déclarâmes pourtant qu'il pouvait y avoir en-deçà de l'atliéisme de vétiiahles incrédules; qu'il n'y en avait que trop, quoi(]ue leur nombre fût beaucoup moindre qu'il ne paraissait l'èlre; et (|ue s'il ét;iit de l'intérêt de la religion tle démnsquer ce nouveau genre d'hypocrisie qui atlecte une fausse audace conire Dieu et contre ses f)racies, les indices ne nianquaieiil pas, pour dislinguer les incrédules lie pcrsu.ision des incrédules de désir.

Les raison'; qu'on a de remnniuer entre eux celle dilTéience, celles qui obligent à nier la siucériié des pyrrhoniens et des Jithées de profession, ne subsistent pas à l'égard des hérétiques, si l'on ne considère du moins que la nature de leurs erreurs : (car nous savons bien que des motifs parliculieis peuvent attirer ou retenir, parmi eux, des honuiies inlérieurement persuadés de la fausseté de leur doctrine) : Nous examinons si l'hérésie est tellement incompatible avec un acquiescement réel de l'esprit huDJain, qu'on soit en droit de supposer que la profession de l'hérésie est toujours, ou presque toujours, une feinte et un déguisement : Or qui peut autoriser cette supposition?

Est-ce la fausseté de la doctrine hérétique? Mais s'il n'y a rien de si faux et de si absurde qui, avant Cicéron et longtemps après lui, n'ait été écrit et jiensé par quelque philosophe, doit-on trouver incroyable que la curiosité présomptueuse, qui sonde les mystères d'une religion divine, se brise contre des écueils et fasse de funestes naufrages ?

Est-ce la condamnation prononcée par le tribunal suprême de l'Eglise contre les erreurs des héréiiques ? Mais l'obstination el l'iiidocilité sont des suites naturelles de la contiance en ses propres lumières. Et

doigt de Dieu est manifeste , où les forces de l:i nature sont visiblcniOMt insiillisanles. On ne se coiilenle plus alors do conclure du Icnioigiuiyc re. du parles niaiiyis, ipills oui oie sinccienienl coiiviineus de ce qiiMs dis:iiont. Leur Icnioiijnage, revêtu de toutes ces cii constances, porte iiiiii'édia-

pourquoi le novateur rebelle ferail-il au dehors, s'il est permis de parler ainsi, tous les frais de la résistance à une autorité si révérée, tandis qu'au dedans de lui-même il approuverait ce qu'elle aurait décidée?

Est-ce le savoir et le génie supérieur de quelques hérétiques? Il n'en sont que plus propres à être les émissaires et les ministres du démon. Ils ont été pris les premiers à ces filets que l'esprit de mensonge leur a tendus : séduits eux-mêmes, ils sont devenus des séducteurs. C'était une faiblesse d'esprit que de ne pouvoir comprendre que de sublimes génies, des savants du premier ordre tombent dans de grossières erreurs. Dès qu'ils sont hors de la voie, ils doivent s'en écarter plus que d'autres. Leur marche plus ferme et plus prompte n'est alors qu'un plus long égarement. J'ose même dire que c'était une faiblesse dans la foi que de ri'oser avouer que des personnes distinguées par leurs talents et par leurs connaissances ne crciient [)as des dogmes catholiques. Il semble qu'on craigne pour eux de si puissants adversaires, et qu'on ait besoin soimême, pour être immobile dans la croyance de ses dogmes, de s'assurer qu'on est d'accord, en les croyant, avec des hommes dont on admire l'esprit : comme si la vérité ne tirait pas sur la terre, où Dieu l'a placée, son origine et sa force du ciel, et que ce fût lui rendre un hommage digne d'elle que d'attendre qu'il soit ralitié par des sulfrages humains , quelque poids qu'ils puissent avoir.

Inilépendamment de l'injure qu'on fait à la vérité, ou plutôt h soi-même, que gagnet-on à cette défiance qu'on témoigne de la sincérité des hérétiques? Prétend-on réduire toute la controverse avec eux à ce [loint unique, s'ils pensent intérieurement ce qu'ils disent ? elle serai! bientôt terminée à leur avantage. Elle le seiait au tribunal de leur conscience : convaincus par son témoignage de la fausseté de ce qu'on leur impute, ils n'en auraient que plus d'éloignement et de mépris ()our des honimiis (jui les connaissent si mal, ou leur rendent si peu de justice. Elle le serait aussi au tribunal des autres iiouunes. Tout le monde est porté à croire, (piand de fuites raisons ne s'yopposent pas,(iu'un langage conslaiiiment souleiiuestrexpression lidéledes sentiments intérieurs. Mais qui empêcherait les hérétiques d'objecter à leur tour h ces catholiques vainement ombrageux, qu'ils ne sont pas eux-mêmes persuadés de la doctrine qu'ils professent. Etrange controverse qui se passerait tout entière de part et d'autre en assertions dénuées de [neuves, et en démentis outrageanls 1

Les Pères, dont la foi élait plus éclairée que la nôtre et cependant aussi vive el aussi

lement sur la vérité même des choses qu'ils oni

crues.

(1-29) Questions diverses sur l'iiicràdulilé , qiie^l. 1. S'il V il lieaiitoup de véritables incrédules. (Voir lunie !■'.)

r\iu. IV nu oi iolkm. - i.\stiuc.ïion sim i/iikhksie.

IVrvi'iiti' (|iiii ci'lli' lies liilrics It's plus sDiiiiiis, suiviiitMit une l'Uiilc liu'ii (IIHVtuiiU! dans It'iiis (|is|iiili!S avi'c; les iiiii-t'lniui-s. Ils his coniiaissAieiit |iniiailt'iiu'iit, ils nu les llallaiiMit l'ns; ils n'ont pas ciu (pio la véiilii lour permît do conlcsler dans les clids, oii ios principaui di^t'onseni'S des liùrésies, les dons prt^eienx de la nature ni Ios fruits es- (iinablns d'un travail assidu, lis les ont roeonnus sans jieiiie, et n'ont jamais apprélieridé (|uo la cause de l'Kgliso soull'rît (|iiel- (|uo piéjuiliie de cet aveu. Kncure iiioiiis ont-ils pensé h en prendre droit, pour reprochera ces hommes tMoiiuenls, inj^Onieux, liabili's, (pi'ils soutenaient co (pi'ils ne pensaietu pas. Je ne vous citerai à ee sujet ^ue saint Augustin, qui jKulora pour tous.

Il écrivait h l'un dos coryphées du parti donatiste : « J'avoue, lui dit-il (130), que vous et les vôtres ditlérez des Juifs par les sacrements du christianisme (juc vous ave/, et (]u"ils n'ont pas encore. Du rcsle vous leur- ressemblez dans lu lénioij^iiago (pio l'apôtre leur rend, (pi'ils mit du zèle |)our Dieu, mais un zèle ([ui n'est pas selon Ja science. J'exce(ite néannn)ins, s'il y en a de tels parmi vous, ceux ()ui savent w qui est vrai, et qu'une opiniAlro perversité anime contre la vérité qui leur est pleinement connue. » Nous ne nions pas non plus (pi'il ne puisse y avoir, et ()u'il n'y ait dans les sectes héréli(]nes, de ces ennemis |iervers de la vérité qu'ils connaissent. Nous disons seuleiuont (|ue l'esjjiit liéréliquo n'opère l'oint par lui-même celle perversité ; qu'elle doit sa naissance à a'aulres principes, et que les hoiuiiit!s n"ont pas droit de la sujiposer, à moins qu'elle ne se manifeste [lar des preuves étruugères au fonds de la doctrine. '

Saint Augustin avait aussi un motif particulier de faire cette exception parmi les donatistes. Leur schisme était originairement fondé sur des accusations personnelles, dont la fausseté avait été démontrée dans plusieurs tribunaux et parplusieurs jugi;uienls. il était naturel de (lenser que i'équilé de ces jugements n'était pas inconnue à quelques donatistes, et qu'étant instruits ainsi du vice primitif de la séparation, oii leurs ancêtres les avaient engagés, ils n'y (lersislaient que ()ar,une haine iuqdacable contre l'Eglise catholique.

Mais en admettant celte exception, saint Augustin ne fait pas difficulté d'étendre (131) « à tous les hérétiques séparés de la vérité ou de l'unité de Jésus-Christ, » ce que saint Paul a dit des Juifs , et ce qu'il avait dit lui-môme des donatistes, savoir

«jn'il-- ont ilu zélé pour Dieu, ir.a'<(|ui n'est p.is mIoii la science.

Il et pourtant vrai ipu? les chefs et les principaux délciiseuis des hérésies sont nirement c\em|il.i dans lofeude leursdi pûtes du vici' de la mauvaise foi. .Mais ce vico nu consiste pas à sii déclarer hautement pour une doctrine qu'ils jugent intérieurement erronée. Il y a delà mauvaise foi à (onlrouver des faits, nu à dénier ceux d(jnt on n'ignore pas la vérité: c'est do quoi les anciennes et nouvelles hérésies fournissent mille exemples. 11 yen a,(pi(ii(piij avc'ciiinins d'indignité, à exténuer les faits, ou à les exagérer, selon qu'ils peuvent Cire miles ou nuisibles à la cause (pie l'on dérend : h'S exemples en sont encore plus commiins. Il y cna une très-iiKir(piée, i.-t qu'on a souvent vue. ;i suppiimer des mois essenli(;ls dans des cilalions; à y (!n ajouter qui cli;ingeiit entièrement le sons; à supposer dans un livre des prop(jsilions (jiii n'y sont pas; à donniT la réponse jidur l'objection, et celleci pour la preuve; h traduire inliJèlement des textes (pi 'on allègue. Il y e'i a eidin, et c'est la plus ordinaire, parce qu'elle se gliss(.> ini|ierceptibleiiient dans un esprit pas.-ionné pour la tloctiine qu'il soutient, il y en a, dis-je, ;"! prendre, dans une coniroveVse, des avantages ijue la justice et la véritii n'accordent pas; à préjenier sous un faux jour l'état de la qneslion principale; à y mêler des incidonls dont elle est indépendante ; à déguiser l'es raisonnements de son adversaire, i)Our les réfuter (dus facilement; à les passer sous silence quand on les trouve trop piessanls et tropforis; à tiiiuupher d'une méprise légère; à interpréter malignement des paroles innocentes; à nieltre en œuvre tant d'antres siralagèmes, que les jsprits mémo les [dus droits ont bien de la jeine à s'interdire en suivant les inouveiients de leur zèle jiour la vraie religion, et lont l'usage presque continuel doit encore noins sur(irendre dans les écrits com()Osés pour la défense des hérésies.

Mais tous ces artilices, ceux même qui blessent le plus la probité, ne jirouvent point (jue les héiéti(]ues soient persuadés au fond de leiir cœur que leur doctrine est mauvaise. Ils' prouvent plutôt qu'ils la jugent si bonne, qu'ils n'épaigeiU rien [lOur que tout le monde en porte le même jngeiiienl. Leur altachemeut jiour elle est si violent, que les uns .--e cachent, [lar une illusion dont l'homme en général n'est que trop susceptible, l'iniquité des moyens qu'ils emploient pour la soutenir, d'autres, (lins audacieux et plus livrés à l'esprit do [larli , fiaiicliissent de propos délibéré ta

(130) I In liac ergo aposlolica sciitenti.i qiiam de Jiulaiis pruliilil ^.iposlolus Piiiiliis) hoc disliUis a Jii- (la;is-inioil vos lialjells sneiamenla Clirisliaiia rjuibus^illi adliiic tarent. Caileiuni ad lioc <|nod ait... teslinioiilnni lllis pcrlilbuo ipiud zeliiiii Del liaIxMit, sed nun sucniidiini scienliain , pares eslls uiniiiiio c\ci<|ilis diinlaxal jllis, qnii:inii|iie in vid)is stinl , scieiile» quid vcruiii sil, cl pio aniuiosil.ilc sux

pcrversilalis coiilra veiiiaiem eiiain sil i iionssimam (liniicanles. ) (l'^pisl. 'Jô , ud Viiiienliian liogutiiliim.)

(Ijl) l'^l lioc qnidi'in de onin bus lia?retlcis, qui {llirisliaiils saeiaineiilis iuibnuiiUn-, ci a (Jlirisli verilalo sive uiiilale dissoiiliunt, vol DoiiaUstis omnibus dixeiiin. » (S. Auc, ibid., posl verba supelius relata J

borne sacrée du devoir : tons les moyens leur sont égnux pour une fin à laquelle ils immolent lout.

Ce n'est donc point en vertu de celte contradiction prétendue entre les sentiments de l'hérétique et ses discours, que l'Apôtre nous le représente comme condamné par son propre jugement. L'hérétique croit ce qu'il dit. Il se rondamne en le croyani, ainsi qu'en le disant, parte qu'il s'est choisi luiuiême sa doctrine sur la religion; parce qu'il l'a tirée, et qu'il est forcé de l'avouer, ou de ses propres recherches, ou de renseignement d'autres maîtres que ceux qui sont assis dans la chaire élahlie par Jésus-Christ; parce qu'il préfère ses lumières personnelles', ou celles de ses maîtres que Dieu ne lui'avait pas données, à l'autorité la plus émineute qu'il y ail dans l'univers. Voilà l'uniiiue sens dans lequel on doive dire que l'hérétique est condamné oar son propre jugement.

De là il faut conclure que l'hérétique n'a pas une bonne foi qui puisse le justitier au tribunal de Dieu, ni à celui de l'Eglise. La bonne foi ainsi entendue n'est pas seuleuieiilune pi rsuasion réelle, qu'on ne défend que la vérité; ce n'est pas une ignorance <luelconque de la vérité qu'on combat : les juifs, les niahomélans, les idolâtres pourraient être excusés par cette espèce de bonne loi. Il n'v en a point d'autre qu'une (lersuasion sage et prudente ; c'est celle que Dieu commande et qu'il a|)prouve : ou qu'une ignorance véritablement invincible; et c'est celle que Dieu ne fiunil pas. Or, l'hérétique n'a ni cette persuasion, ni cette ignorance. Il est persuadé, j'en convu-ns; mais il l'est contre une autorité, dont la persuasion devrait l'emiiorler sur la sienne. Plus il s'affermit dans celle-ci au préjudice de cellelà, plus sa témérité le condamne. Il ignore qu'il est dans l'erreur: mais il n'ignore pas qu'il s'est servi de guide à lui-même, ou qu'il a pris des conducteurs auxquels il ne devait [las une obéissance nécessaire dans l'ordre de la religion. Il aille avec une ignorance, dont il est coupable, dus connaissances qu'il écarte, qu'il obscurcit autant qu'il le peut, et qui s'élèvent en témoignage contre lui par les elforls même qu'il fait pour s'en débarrasser. Que s'il goûte une fausse paix (le châtiment de sa présomption, et le comble de son aveuglement) sa condamnation n'en subsiste pas moins dans ses premiers aveux ou dans ceux de ses maîtres. Il suffit môme, pour que l'hérétique le plus intimement convaincu de la vérité de sa doctrine soit toujours son censeur et son juge, qu'en aucun temps il ne puisse se rendre le témoignage île croire ce que l'Eglise actuelle autorise par ses décrets et par son enseignement universel.

« Vous perdez voire temps, dira quelqu'un de nos incrédules, ou de ces hommes qui ne conservent qu'une faible écorce de religion : « venons a ce qui nous touche. De votre aveu l'hén^lknifi^t persuadé que

LEFRANC DE POMPICNAN. ICO

sa doctrine est véritable. Si cela est, pourquoi le damnez-vous? Cherchez-lui des crimes que nous puissions croire réservés à la vengeance divine. Convainquez-l'en, si vous le pouvez : et venez ensuite nous effrayer par des peintures menaçantes du supplice qui attend les pécheurs. Mais ne mettez pas dans ce nombre des hommes, dont les mœurs sont au-dessus de votie critique, à qui vous ne reprochez qu'une doctrine pour laquelle ils sont prêts à tout sacritier. Vous les accusez d'orgueil et d'opiniâtreté; leur douceur, leur modestie, leur profond savoir dément cette accusation. On veut bien ne pas la contredire. Esl-ce un crime digne de la damnation, que l'entêtement à soutenir des opinions spéculatives? N'estce pas assez pour ne pas encourir la disgrâce de Dieu dans la recherche de la vérité, que de l'avoir aimée, et de s'y être sincèrement attaché, lorsqu'on a cru l'avoir trouvée? L'hérétique n'en a saisi que l'ombre et le fantôme : à la bonne heure. Mais cette ombre avait à ses yeux les traits de la réalité : ce fantôme s'est confondu dans son imagination avec le corps. Il est opiniâtre; tant qu'il vous plaira : cette opiniâtreté même suppose un ardent amour de la vérité. Il est plein d'estime pour lui-môme; d'accord: il a cela de commun avec les âmes qui s'élèvent au-dessus des préjugés vulgaires. C'est une généreuse coiitiance inspirée par le vif sentiment du mérite personnel: c'est l'encouragement dés travaux utiles, le salaire anticipé des grands services rendus à l'hnmanilé. 11 y a de l'excès dans celte présomption : cela peut être. Mais encore un coup cet excès, qui n'a d'autre effel que de rendre plus précieux et plus chers des dogmesfqu'on juge essentiels à la religion, merile-l-il tous les tourments de l'enfer.

Vous entendez, mes frères, le langage qu'une [irétendue philosophie a mis à la mode. C'est pour vous précautionner contre des maximes si opposées aux premiers principes de votre foi que nous avons entrepris celle instruction. Il a été nécessaire d'approfondir d'abord et de vous développer la nature de l'hérésie. En toute matière, la connaissance nelte et distincte d'une chose est la base des jugements qu'on doit en former. Il reste à vous raonlrer que l'hérésie, qui vous est assez connue, ne mérite [)as l'indulgence que les partisans du tolérantisme réclament pour elle. Qu'ils oublient, s'ils le peuvent, qu'en plaidant la cause des hérétiques, ils travaillent à leur propre sûreté. On sent assez ce que l'incrédulité doit craindre, si l'hérésie, qui n'en égale pas à beaucoup près la témérité, ne peut se soustraire aux redoutables fléaux de la colère divine. Fuudra-l-il toujours répéter à des hommes qui se {larent du titre de philosophes, que le plus grand ennemi de l'espril philosophique est l'intérêl personnel? Cet intérêl mis à part, il doit leur suffire que la religion chrétienne, dont nous avons droit de supposer la divinité démontrée, réi'rouve l'hérésie, et qu'elle la réprouve

tui

l'Mir IV. Tlli;()M. l'OLL.M.

iiarcii's iDnlils uvuuùii inôiiiu uu tiibuiiul du lu raisitii (i;J*i).

(Jiiu 11' ilinslimiisiiu' n5|>riiiiv(i l'IiéicV^io, lii (iruiivo un l'.stluJte; il ust inutile tlu la reiiii'Uio sous vos veux. Les iiicréilules tli! <j»! li'Uips nous iliS|it'iisL'nt volonlieis de cello preuve. Ils no sunl |nis d'ijunieur à •."t^puisiT , ooniuio les sociniiuis, en v;iiiis ridlineiuenls, pour ctlacer du rFciituro sainlo , piir des sens iinnrupres et Ibrcés , tous les mystères qu'ellu contient. Ils ne s'arrt^lent pas à séparor dans les ensci^ncnionls de Jésus-Christ sa doctrine de sa morale. Aussi bien celle-ci, i]uoiiiu'ils paraissent la respecter, est trop élevée et trop pure, pour (pi'ils veuillent s'y soumettre : et, dans le l'ond, lu haine qu'ils ont i)ourelle est ordinairement la vérilahlu souico de leur incrédulité. Pour la doctrine, ils savent bien iiue Jésus-Christ en exii;e la croyance, sous les mCmes [luines (jue la pratique des lioimos œuvres. Ils aiment mieux, et en cela ils sont plus conséquenis et plus sincères, contester la justice que l'eiistenco il'une lot si claire et si souvent inculquée daiis le Nouveau ïestauient.

Mais lorsqu'ils nient l'étroite obligation de croire les dogmes sjjéculalil's de la religion, connaissotil-ils bien les droits de Dieu et les devoirs de riu)mme? Le droit de Dieu, comme vérité |)ar essence, est de régner sur l'esprit humain avec la môuje plénitude et la mémo souvcrainelé, qu'il doit régner sur son cœur comme premier principe et dernière lin. Le devoir de l'houime est de se soumettre sans réserve à ce double empire: il n'est pas moins obligé de lui sacritier ses lumières et ses pensées que ses all'ections ut ses penclianls. Dieu demande à l'homme, il est vrai, dans ces deux sacritices le renoncement à i;e qu'il a de plus intime : mais que demande-t-il que l'homme |)uisse lui disputer? Le cœur humain est son ouvrage. C'est pour cela que la |iossession entière lui on est due; et qu'il ne peutsoulfrir que des attachements illégitimes lui en dérobent une partie. La raison, dont nous sommes si jaloux, n'est-elle pas aussi un présent de sa libéralité? 11 nous l'a accordée avec des bornes. Ce n'est pas à nous de les méconnaître, et ce qui est encore plus téméraire, d'entreprendre de les reculer. Il veut qu'elle soit subordonnée à son intelligence inlinie ; rien de plus nécessaire et de plus juste que celte subordination. La distance entre sa raison et la nôtre n'esl-elle pas assez grande? U'ailieuis il n'use de ses droits suprêmes que pour notre avantage. S'il exige que notre lœur soit tout à lui, c'est parce qu'il peut hxer ses désirs, assurer son repos, et qu'il l'a lait trop vaste pour que tout autre objet jiuisse le remplir. De même, s'il nous or-

"(lû2) ^ous n'avons gariie de préiendre que l'aveu positif «lu niliiiiial (Je la raison soil nécessaire ;:iix niaxi:nes île la leligioii. C'est à la raison à se s;)unieUre. Il ne lui y|ipartieni [)as de valider les eiiseij;nenienls de la riiigioii. Mais dans la question présente, ceux-ci n'onl rien (|n'elle n'adiipie. C'est un avanlai;e dont il est juste de pioliler axée

INSTUL'CTION SLU LUI.UI.ïmI'.. vn.

lionne de croire aveug'éiiieiit tout en qu'il a révélé, c'est p.'irce ipie tiolie esprit u hisoiii d'un giiidi' ini.illlililo pour ne pus s'é'gariT, et (pi'indi'peiidamiiieiit même de ce danger, il ne |)(Mirrait s'élever seul à la connuissaiicii des sublimes et s.dulaiies vérités, ijue la révélation lui découvre. j

D'après ces principes, il est aisé de voir (jui'l est le crime de l'hérélique envers Dieu. Il ralt.i(|ue dans I'iiik! de ses perleclioiis, (;ui est hi vérité : il lui altribue ou une erreur indigne do sa sagesse, ou un mensonge incompatible avec sa sainteté : il lui rei'iise, malgré ses commandeinents absolus, malgré ses menaces réitérée^ , l'hommage de sa laison ; et usur(iai!t sur lui-méiiie et sur d'autres une auloiilé qui n'ap|iarlient (lu'à Dieu, il érige une chaire où il commence à être son propre docteur, pour lo devenir ensuite de tous ceux qui voudront l'écouter. •

Oiielle injure plus atroce le Créalimr peutil recevoir de sa créature? Son élre, je l'avoue, no |)eut en élre altéré ; ses atliibuls n'en souH'rent aucune atteinte : il est nécessairement tout ce ([u'il est. Les elForls impuissants de l'homme qui l'oulrage no nuisent qu'à lui-même. Quand il transporte, l)ar le dérèglement de son cœur, <'i des objets créés l'amour et le service qu'il ne doit qu'à Dieu, il ne lui enlève pas réellement sa qualité essentielle de souverain bien. 11 n'est [las même nécessaire, pour qu'il soit coujiable de cet attentat, qu'il ait la volonté réfléchie de la lui contester ; c'est assez qu'il veuille librement ce qui l'éloigné do Dieu en cette qualilé. La disiuisition dominanle de son cœur et ses actions prononcent ce jugement horrible et sacrilège qu il n'ose s'avouer à lui-même. Dieu n'est plus pour lui le souverain bien, dès qu'il cherche ailleurs sa félicité. S'il ne peut le dépouiller de ce tilre auguste et inaliénable, il iio tient pas à lui qu'il ne le perde du moins à son égard. La majesté divine, impénétrable aux traits de sa malice, loin de lui servir d'excuse, la rend plus odieuse par le contraste ilu néant lebelleavec le Ciéaleur méprisé.

C'est ainsi qu'il faut raisonner de l'hérétique. Son oimuilire indocilité ne ravit jias à Dieu une perfection insé|iarabk' de sa nature, la science qui voit et qui connaît tout. L'incrédulité (133) de riiommo ne détruit ni n'ébranie la certitude du témoignage tiivin. il n'est jioint non |)lus d'héiélique, il n'est point d'imiiie, qui | orte l'orgueil et la frénésie jusqu'à dire au dedans de luimême, que Dieu est trompeur ou trompé.

Les démons mômes, dans les transports do leur rage, n'osent m ne jieuveiit le dire. Jls croient malgré eux, et ils tremblent (134j ;

les adversaires que nous avons à cornbailrc.

(135) Quid eiinn si quidam iltoiuiii iioit crediderttnt , iiuiiiiiiid i/iiiii/ii/i/rts illoruiiL lidt'ni Dei evaciiabit ■' Absii. {Hum. m, 5.)

(loi) Uœmuiu's cicduiit e: coiilrciiiiicunl. (Jac. ii, l'J.)

OEUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMl'lGNAN.

:nnis l'IiériMique et l'impie agissent comme .•;i I>i('ii nY-tait pas pour eu\ la souveraine vi^iilé. Ils Taccusenl par le fait d'ignorance ou do mensonge ; ils ap[)ellent de ses oracles à leurs propres luniières; ils ne croient pas, ils méprisent ouvertement ce qu'il a r6vél(^. Le iihre arbitre qu'il leur laisse (et •dont l'état des démons et des réprouvés ne leur peimet plus de faire usage pour s'aveugler eux-mêmes), ils le tournent contre lui, eu s'écartant de la soumission qu'ils doivent à sa parole. Que feraieni-ils de plus quand ils déclareraient qu'ils regardent Dieu comme tributaire de l'erreur? Ce blasphème insensé retomberait sur eux. Leur révolte est-elle moins criminelle, pour 6lre sans force et sans ell'et contre Dieu ? Est-elle moins réelle', parce qu'ils la couvrent du faux prétexte que Dieu n'a point parlé? C'est leur faute de n'avoir pas entendu son langage ; il leur était parvenu de manière à ne devoir pas le méconnaître. Une obéissance, où les discours sont démentis par la conduite, n'est pas une obéissance sincère ; il n'est pas de souverain sur !a terre qui s'en contente dans ses sujets : peul-on croire que Dieu l'approuve, ou qu'il la laisse impunie dans ses créatures?

L'unique dilTérence, h cet égard, entre l'hérétique et Timpie, est que celui-ci rejette toute révélation ; celui-là en admet une, et n'en exclut que les dogmes révélés qui ne s'accordent jias avec f.es idées. L'un est semblable à un citoyen séditieux, qui porterait l'amour do l'indépendance jusi]u'à ne vouloir reconnaître dans l'Klat aucune autorité publique, aucun pouvoir législatif. L'autre à un sujet qui, s'avouant eu général soumis à la puissance souveraine, s'élèverait contre quelques-unes de ses lois, [larce qu'il les jugerait i;;iqiiesot pernicieuses. La téraéiitô du premier sur])asserait celle du second; (es eTels en seraient plus funestes; aussi l'incrédule est-il plus coupable que l'hérétique, et l'incrédulité un ili'au plus affreux que l'hérésie. Mais ce n'e.'-t là, comme dans l'exemple que nou« venons deciier, qu'une dilférence du plu» au moins. Le même esprit, dans une mesure inégale, produit la désobéissance qui a des bornes, et celle qui n'en a point. L'incrédule est trop iirésomptueux, tro[i épris de lui-raôrae, pour se soumettre à une révélation marquée du sceau de la Divinité. L'hérétique ne s'y soumet qu'autant que son propre esprit, dont il n'est pas détaché, le lui suggère; il choisit dans celte révélation, qu'il adopte, ;'objet de sa soumission : il la resserre ou l'étend à son gré; il veut bien croire une partie de ce que Dieu lui enseigne : d'autres fois il ajoute aux oracles célestes ce qui

n'y fut jamais. Tout ce qu'ils disent de contraire aux préjugés de son orgueilleuse rai' son, il l'en retranche avec la môme audace que l'impie attaque le corps entier de la révélation.

Voil.h pourquoi saint Thomas renferme l'hérésie dans l'idée générique d'infidélité. '< On peut, dit-il (135), s'écarter en deux manières du droit chemin de la foi chrétienne. L'une est lorsqu'on refuse h l'autorité même de Jésus-Christ la soumission » qui lui est due. Celui (jui est ainsi disposé « a comme une mauvaise volonié par rap- (lort à la tin même » qu'il abandonne. « Cette première n;anière a()partient à l'espèce d'iniidélilé où tombent les païens et les juifs. » Il aurait mis à la tète de cette classe d'inlidèles les incrédules, s'il y en eût eu de son temps comme dans le siècle où nous vivons. « La seconde manière est quand on a l'inlenlion de croire en Jésus-Christ, mais qu'on s'égare dans le choix des choses qu'il faut croire sur son témoignage. On ne choi: sil pas alors ce que Jésus-Christ a véritablement enseigné, mais ce que dicte l'esprit particulier. » C'est, suivant la pensée du docteur angélique, une erreur, non datis lo choix de la fin, qui est bonne et vers laquelle on a raison de tendre, mais dans celui des moyens, dont on néglige les vrais qui conduiraient à la fin, pour leur en préférer d'autres qui en détournent. « L'hérésie, conclut-il, est donc une espèce d'infidélité; elle comprend ceux qui professent la fui de Jésus-Christ, mais oui corrompent ses dogmes. »

Or en matière ae oevoirs et ae rtevoirs surtout qui lient la créature au Créateur, l'accomplissement d'une partie est comptée pour riin, s'il est joint à l'infraction du reste. L'apôtre saint Jacques nous apprend (136) que celui qui observe toute la loi, excejilé le seul point où il la viole, se renci coupable de la transgression universellede la loi. Est-ce la même docirine cjuc celle des stoïciens, qui égalaient tous Tes péchés? Non sans doute; mais ci>mme tous les articles de la loi divine émanent de la même autorité et qu'ils se réunissent tous dans la charité, l'àine de toutes les vertus, il est vrai de dire que l'inobservation d'un seul de ces articles ne déroge pas moins à la majesté du suprême législateur, n'éteint pas moins dans le cœur la clianilé et la grâce sanctifiante, ne lait pas moins déchoir de tout droit à la béalilude immortelle que le méfiiis de toute la loi. Il en est de même (pour reprendre noire comparaison entre ce qui est dû à Dieu comme vériié par essence et ce qui lui est dû comme premier princijie et dernière fin, il en est de même

(135) I A reciiludiiie fiilci Clirislian.'c (lupliciler quis pulCbl devjare. Unu iiioilu quia ipsi Cliiislu non viilt asseiiiire; el hic luibcl (|ii;isl iiial.iiii vuhiiitalein c'ii'ca ipsuiii liiiLiii , el hue peilliim ad speciem iiWiilt'IJlalis pu^aïuiruiii t^l Jutkcui'iiiii. Aliu iiiudo per liuc (piud iiileiidil qiiideiii Chilsio asseniirc, sed deticil iii eliguiido ea qiiihus Ctuislo us<eiinal, quiu

non eligit ea qiise siint vere a Christo tradita, sed en qiia; bihi propria mens »uggeril. El ideo ha.'ifsis e»l inlidtliialis spi'cies, peiiinens ad eos qni lidcici Chrisii prolileiilur, sed i^us dogniala coirunipiiul. > (i-"2, qua:sl. ii, arlic. 1.)

(lùOl iJuiciiiKjue loturn leijeni servanerit , o/fendat aman in uno, /'^rais e^l viniiium nui. ^Juc. ii, iu.)

lOo l'ART. IV. TIIIOL. l'I'I.KM. -

de l'hiSi tHiiiuc «'luiiiiHrL' i'i l'iiicri^iluli'. <'nlui-ci n'jt.Ui' lo S) iiibulo oiiluTilu iiolio toi ; il n'en ifCDiiiiuil |iHs im^iiic runaino itli'Slu; il osl iKiiis rurdro do la cio^aiice n' (|i)V<st dans l'urdi'o dus iiianirs un Iioiiiiikï livré à loules li's passions : dans cel ùliU jiuint do i-riuu-s im'on ne ciMninelliî ou (|u'un no soit |iiifl h (.■oinniidlio, |ioinl do vuilus (|u"on no l'oulo iiuv |iieds. Cclni-là loiiil lioiniiiagu à la diviniio du nolio luligion, il en iuliiK'l plnsitMirs do^^iiu'^; mais n'en utlaiiucUii i|n un seul, il oulraijoi-ail la souviTaino Nénlo (|ui les a loiis égalemoiit révélés : il iuSM.'inljle au pécliutir titlùlo au reste du la loi, juévariiatuur dans un seul point, coupable à ré;j;aiil do tous : OlftniUl in iiiio, ftttlus est omnium reiis.

Ju sai> (pie la piétuiuluu pliilosopliie du nos JOUIS ajoute à lieauLO.ipd'aulies cireurs Ci'llii du ne iiiullrL' au rang (ius iriinus que les actions nuisibles aux intérêts temporels de riium.inité, cl de ne ciuuplcr [Kiriiu les Vertus que les .SCI vices ipi'oii peut rendre aux lioaiines dans le même genre. Avec de t'ds princi|ies on est peu touclié des injuies que la perversité humaine [leut l'aire au Créateur. Il est trop grand, dil-oii, pour en être oirensé. t)ui, si par cette otl'ense on CDlend un préjudice réel éprouvé dans son être ou dans ses perfections : oui encore, si l'on se ti^ure dans la justice vengeresse d'un Dieu outragé les mômes senliuienls de colère et d'indignation dont les hommes sont animés lorsqu Us se veiigoiil de leurs enneuiis. Mais la raison, cette lumière si vaniée par les incrédules, et dont il ne leur arrive que trop souvent d'éluuir-r les rayons les plus puis, la raison leur crie que les premiers devoirs de la créature sont ceux qui rattachent au Créateur; que ces devoirs plus sacrés en eux-mêmes que ceux qui obligent d'homme à houime, en sont la racine el le fondement ; qu'il n'y aurait plus de loi naturelle, de droit des gsns, de vertus sociales, et par consé luenl jilus d'injustice essentielle dans le vol, la calomnie, l'adultère, l'homicide, les consjiiialions, la tyrannie, en un mol dans toutes les actions nuisibles aux intérêts teui- [lorels de l'humanité, s'il était une fois établi que l'homme ne doit rien à Dieu, ou qu'en manquant à ce qu'il lui doit, il n'est pas criminel à ses yeux; que si Dieu exige de nous l'accomplissement des devoirs qui le regardent, ce n'est pas qu'il ait besoin de nos hommages ni de nos services ; mais parce que ces devoirs sont fondés sur un ordre éternel et immuable comme lui; qu'ils nous sonl aussi utiles que nécessaires, et que le double amour qu'il se porte essenliellement à lui-même et à so.:i ouvrage, ne lui permet pas de lutus en dispenser ; que s'il punit l'inl'raction de ces devoirs, c'est sans trouble, sans inquiétude, sans emportement, sans toutes ces faiblesses dont les vengeances des hommes, môme les plus justes, sont toujours mêlées ; que sa haine et son courroux contre le (>éclié ne sont autre chose qu'un amour Iran- OKuvuES COMPL. DE LE^RA^c de Pomi

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