MANDEMENT
rOUR ORDONNER DANS SON DIOCÈSE LES CONFÉRENCES ECCLÉSIASTIQUES.
Jean-George, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, évèque et seigneur du Pu.v, comte de Velay et vie Brioude, suffragant immédiat de l'Eglise romaine, à tous doyens, chanoines, curés, vicaires et autres ecclésiastiques de notre diocèse, salut et bénédiction.
Nous ne pouvons, mes Irès-chers frères, procurer un plus grand bien à notre diocèse que d'y rétablir les conférences ecclésiastiques. L'usage presqu'uni versel des diocèses de France jirouve évidemment la nécessité pt l'utilité de ces assemblées. Elles unissent les prêtres revêtus du même ministère par les liens d'une société d'autant plus douce qu'elle est plus sainte et plus instructive. Elles les retirent ou les préservent de l'oisiveté, ce dangereux vice, la source de tant de crimes et de tant d'abus. Elles font fleurir dans le clergé la science ecclésiastique et le talent de la parole, qualités essentielles aux pastimrs des âmes, quoiqu'il ne soit pas nécessaire qu'ils les aient tous au même degré de perfection. Enfin les assemblées établissent dans un diocèse l'uniformité de doctrine dans la prédication des vérités chrétiennes, et de conduite dans l'administration des sacrements, uniformité précieuse qu'un évêijue no peut trop recommander à tous ses coopérateurs et de laquelle seule il peut attendre l'heureux succès de leurs travaux, li est temps de renouveler l'usage de ces conférences, qui n'ont été interrompues que depuis quelques années.
Nous saisissons avec joie pour les rétablir, mes très-cliers frères, l'occasion du synode où vous êtes tous as.<iemblés ; nous sommes persuadés que c'est seconder vos désirs, que (le vous rendre des assemblées si conlormesà l'esprit de votre état : mais comme l'expérience a fait connaître que cet établissement quelque salutaire qu'il soit par luimême, dégénère bientôt et se détruit mémo insensiblement si l'on n'en écarte avec les f récnulions les plus sévères, les abus qui peuvent s'y glisser, nous vous pro[)Osons le règlement qui nous a paru le plus propre à entretenir ie bon ordre dans les conférences de notre diocèse; nous déclarons quo ni>us regarderons comme un de nos plus impoitanls devoirs de veiller à l'observation de ce règlement. Si, ce qu'a Dieu ne plaise, quelques-uns de vous refusent de s'y conformer, nous em|iloierons ()Our les y contraindre, l'autorité que Dieu a mise dans nos mains. Mais nous espérons que vous ne nous réduirez pas à cette extrémité f;\cheuse, et qu'animés jiar les seuls molii's de votre état, de l'édification des fidèles, de votre propre avantage, vous suivrez à l'égard des conférences oii vous devez assister le plan que nous |)rescrivons.
Lu et publié dans le synode du diocèse Je 15 mai 1748.
t JEAN GEORGE, évêque du Puy.
Par Jlonseigneur,
Ukbrakd, chanoine secrétaire.
HARANGUE AU ROi A LA FIN DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU CLERGÉ DE 17G0.
(Extrait des procès-verbaux desAsseoiblées du clergé, l. VIII, § 14, p. 1004.)
SIBE,
Les ministres d'un Dieu de justice et de paix s'apjirochent avec confiance d'un trône où siège l'amour de la paix et de la justice. C'est l'union de ces deux vertus, si chère à Votre Majesté, iiui fait aujourd'hui tout le l)rix des homouages que nous vous otfrons.
Les délibérations de notre assemblée ont
ou pour objet principal d'établirsolidement la concorde et la paix ; non pas cette paix que donne le monde : Pacem meam do vobis, tion quomodo mundusdat (Joan,, xiv, 27), et que Jésus-Christ réprouve; elle n'eiit été digne ni de votre ministère, ni de votre médiation : la paix, fille du ciel, sœur et compasne insé-
l'Ain. Mil. TIIEOI.. l'VST.
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parablu du la jusiico, ost iiiodestu sans bassesse, cirC()iis|ioclo sans IjU-tiuté, prulotilo sans arlitiee, iiidiilKi'iiln sans |iri5viiiieali(in; fllo n'olôvo point un iSlilico frajjile sur los dôliiis lies lois riMivcrsi^cs et les Ironbles i|n"i'llo l'toinl ne linisseiU t|iit.' par l(! Irioniptie lie la vérilé, de l'ordn; et do l'auloiilé.
>'oil;N, Siro, (pielle csl l.i paix de Jésus- Christ et de son Iv.^liso, et voil.i le plan do (•onei!i;iiioii (|u';'» dû nous inspirer indépendannnent des autres niolds, lo désir de vous plaiie et de vous servir.
Co niôuie désir, (pii s'allio si bien avec le zèle pour la eiuisi' de Dieu, a iiitlué sur toutes nos démarelies. D'une iiuiin, nous avons ollVrl î> Voire Majesté, lo tribut volontaire du nos biens; do l'autre, nous lui avons présenté lo tableau des ealainités qu'éprouve la religion. L'iiuropo entière a dû voir avec éloniieuieiil les ellorts prodigieux et les diuis iiiiiuenses d'un corps déjà épuisé. Si nos plaintes ne sont jias également publi(|ues, lo respect dont nous devons l'e.Keni|i|e à tous vos sujets, nous lo défend. Mais Votre Majesté veut l)ien qu'on sache que nous lui avons dit toute vérité, que nous ne lui avons (\iché ni ies maux, ni les remèdes, et dès h [irésent elle nous absout du rejuoelie (|u'elle aurait dioit un jour de faire à noire silence.
Un monarque, ennemi de la llalterie, jaloux de la vraie gloire, pénétré de l'étendue et de l'importance de ses devoirs, n'a fias besoin qu'on lui dissimule ou c|u'on allaihlisse à ses jeux les dangers qu'il redoute iiii-mème et les malheurs dont il gémit. Nous sentons, Sire, et nous aimons à le publier, tout ce que (iromettent à l'Iiglise les favorables dis|)osilions de Voire Majesté. Celte espérance est le co:itre-|ioids de nos alarmes. Elle nous montre un avenir plus heureux ourles ciiconslances laisseront un libre cours à votre attachement pour la religion, où des hommes qui méritaient de soutenir une meilleure cause, rendront à la sagesse et à la modération du clergé do voire royaume une justice trop longtemps refusée, où la licence réprimée fora [ilace dans les discours et dans les écrits à des maximes jilus saines, où les deux puissauces malignement, peut-êlre, du moins imprudemment commises, respectées dorénavant autant qu'elles doivent l'être, et se prêtant un mutuel secours, trouveront Chacune, dans les objets qui les concerneiit, une soumission qui ne sera plus éludée.
(!) Quomodo rei;os Domino serviuiit in limore, r.isi ea qua; duilra jussa Domini liunt leligiosa sevcrilaie pioliibendo ati|ue pleclendo. Aliier eiiim servit, quia lioino esl ; ailler, quia cliani re\ est : in
Siro, les peuples qui vivent sous vos lois, att(Miilent d'un souverain (|u'ils aiment, ratlermissement do leur religion. Tous les autres «oins dont la grande .liiie de Vnlro Majesté s'oeciipt; pour leur bonheur, sont subordonnés i) celui-liu II no sullirait pas 5 I« gloire di; votre règne d'étouller uno mierro qui fait couler îles lleuvos de sang (ians l'un et dans l'autre monde; de sacriti(!r au retour de la paix lo ressentiment lo plus juste; de ne metlro à ce sacrilice d'autres bornes que celles que vous jirescrivent des engagcinonls sacrés, la dignité do votre couronne, l'intérêt de vos [iropres sujets; d'adoucir à une nation dont lo zèle dépasse les forces, le [loids des charges publiques ; d'encourager au milieu du calme et de l'abondance, les arts, le commerce et l'agriculture. Ce sont l?i, comme disait Tertullien, les vœux de l'homme et de César : Quœcunquc kuminis cl Cœsaris vola sunt [Apolog.); mais les vœux du lils aîné de I ligliso s'élèvent au-dessus de la terre; ils n'aspirent à rien moins cpi'îi étendre et à perpéluiM- le culte du vrai Dieu ; fonction la plus auguste que des rois peuvent exercer; usage le plus salutaire d'une autorité dijnt l'origine est céleste. Les maîtres du monde ont de commun avec le reste des hommes, d'ailorer le Seigneur en esprit et en vérité; il n'a|ipaitient (ju"à eux de lui conserver par leur [luissance ou de lui atlircr des adorateurs; et l'apanage précieux de la royauté esl de taire, pour lé service de Dieu, ce qui esl impossible à des hommes qui ne régnent pas (I).
La religion nous ordonne, Sire, de hâter |)ar nos vœux i;t jiar nos sacrilices l'accomplissemeiil des projets de Votre Majesté pour la jirospérité temporelle de ses Etats. Nous le devons comme citoyens, nous le devons comme évoques, vos sujets |)ar leur naissance, [ilus dignes encore de l'être par leur tidélité; mais cette obligation no nous fait pas perdre de vue les prières ardentes qu'exigent de nous les besoins de la religion. Puisse cette religion sainte, toujours sujiérieure dans ce lojaume aux attaques qu'on lui a livrées, passer sans altéra- ' tion à nos derniers neveux I et ]iuissent les siècles à venir s'écrier en lisaiil riiistûire de notre temps : C'est ainsi que l'Eglise tut alors. combattue; mais elle dut sa victoire à la protection d'un prince aussi religieux que bienfaisant 1
hocergo Domino serviunt reges, in qnaiilum siiiit reges, cum ea l'aciunt ad servlendum illi , qiue liici possuiil facere aisi reges. » (S. Auuust., l. !1, epist. 18.5.)
ŒUVRES COMPLETES DE LEKRANC DE POMPIGNAN