‹ Œuvres completesChapitre 67 sur 232 · GOS · texte numérisé non relu

GOS

OF.LVKES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN

ronsenleraent irrévocable de tous les frères qui ne forment cnsenibie qu'un seul et môme é()iscop;it, et île vengei' enlin ce décret des insultes qu'il a reçues dans cesderniers temps. Les lémoignages innombrables qui déposent en faveur de la constitution n'ont pas besoin d'être rappelés. C'est une matière éjMiisée par nos prédécesseurs, par nousmôiiii s, dans les m^uvemeMls de toute espèce, et surtout dans les actes de plusieurs assemblées du clergé. 11 ne nous reste plus qu'à dire avec saint Augusiin : La cause est finie. Plaise à Dieu que l'erreur finisse éijalemenl (k).

Nous espérions, Sire, et nous avions lieu d'espérer que la fin de celte erreur n'était pas éloignée ; mais la protection accordée à ses partisans par quelques tribunaux séculiers de votre royaume, a ranimé ses restes expirants; il semble même qu'on veuille la faire revivre toute entière, en effaçant jusqu'aux premières traces de sa condamnation. On commence à ébranler la foi du formulaire; celte loi si juste en elle-même, si conforme à l'esprit et aux usages de l'Eglise, si précieuse au clergé de France, si l'orlemenl sollicitée [)ar le roi, votre auguste bisaïeul, revêtue des formes les plus aullientiques qui manifestent le concours des deux puissances, et depuis son origine, exécutée sans interruption, soit i)ar les prélats de voire royaume, soit par les parlements eux-mêmes, dont elle a réglé tous iesjugements.

A|)rès cela on ne devait pas s'attendre qu'un ecclésiastique, résignalaire d'une cure au diocèse d'Auxerre , convaincu par ses propres réponses, d'un refus obstiné do signer purement et simplement le loiniulaire. et en conséquence de ce refus, juridiquement déclaré, tant par son suiiérieur immédiat que p;ir le métropolitain, incapable de la cureà lui résignée, trouvât un asile au i)arlement de Paris ; qu'il y lût reçu ap[)elani comme d'abus d'un refus dont la justice était notoire par les pièces mêmes qu'il produisait, et qu'en éludant par une vaine subtilité, la disposition expresse de Jadéclaraiion do 1663, on l'y envoyât en possession civile de la cure qu'il demandait non-seulement sans qu'il eût juslilié de la signature du formulaire dans la forme prescrite, comme l'ordonne celte déclaranon (5j, mais après avoir môme justiUé du refus qu'il avait fait de le signer.

Quelque couleur qu'on ait voulu donner aux dispositions irrégulières de cet arrêt; les funestes conséquences qu'il entraîne se (lécou\rent trop clairement. On ouvre une porte à la désobéissance contre une loi dont l'une des principales vues a été d'exclure des bénéfices ceux qui refuseraient do la souscrire. On accorde la liberté de met-

(i) Causa liiiita est ; ulinam aliiiiianiio iiniatur error ! S. AiiccsT., tome V, eJit. liciieJ., serin. 132, p. 645.)

(5) Lesqufls (nos officiers) ne pourront donner ladite peimission de prendre et bc nicllre en pos-

tre en quoslion dcvdnt des juges qui exercent. Sire, voîre autorité, si le Iransgresseur de cette loi a mérité la peine qu'elle prononce, et si les supérieurs ecclésiastiques qui Si réclament l'exécution, ont commis un abus que vos officiers doivent réprimer. On f)réjugomême cette étonnante question en faveur de celui qui, ayant eu l'audace de la f)roposer, est envoyé en possession civile d'un bénéfice que la loi lui refuse, et contre les supérieurs ecclésiastiques qu'on permet d' intimer à l'audience, pour venir y rendre compte de leur fidélité à observer la loi. N'est-ce pas inviter et enhardir à la violer, tous ceux h qui son joug salutaire peut paraître odieux? N'est-ce pas réveiller do malheureuses disputes, nées de l'orgueil et de l'indocilité do res[)ril humain, et terminées par des décisions sur lesquelles il n'est plus permis de revenir? N'est-ce pas enfin préparer les voies à l'anéanlissemenl de tout ce qui s'est fait pour l'extirpation du jansénisme sous le règne de Votre Majesté et sous celui de Louis le Grand de glorieuse mémoire?

Sire, une pareille entreprise n'intéresse pas moins l'autorité royale que celle de l'Ei;lise. Il n'y a plus rien de stable dans l'Etat. Le caractère sacré de législateur, qui réside uniquement dans la personne du Souverain, perd toute sa force et toute sa majesté, si des magistrats, soumis eux-mêmes aux lois, s'élèvent au-dessus d'elles, s'ils se croient en droit d'en apfirécier l'importance, d'un fixer la durée et de dispenser, à leur gré , les infracleurs des peines qu'ils ont évidemment encourues.

Qui ne serait effrayé du motif sur lequel on a fondé depuis quelque temps, les alla- (|ues livrées à la condamnation de la doctiine de Jansénius 7 On a osé dire que cette condamnation, et même les décisions plus anciennes de l'Eglise contre les erreurs renouvelées par Jansénius, sont comprises dans la loi du silence ; il n'en faudrait pas davaiilEge pour prouver les inconvénients ij'une loi, dont on fait une si étrange aiiplicalion; mais, sans examiner si les termes trop généraux et tro|) vagues de la loi doi!nenl quelque lieu à celte application, des évoques instruits des maximes et de l'histoire de l'Eg-lise, ne peuvent vous dissimuler, Siro, eu qu'ils jiensent et ce que tout fidèle doit penser sur le fond de la loi du silence.

Si quelques empereurs l'ont portée, leur véritable motif, couvert du spécieux prétexteile l'union et do la Iranciuillité, était également connu, et des hérétiques qu'ils |irotégeaieiit, et des catholiques qu'ils n'aimaient pas. L'Eglise voyait avec gémissement tout le prt^udice que ces ordonnances impériales apportaient à la religion; la vé-

scs&ion d'un bénéfice, qu'à ceux qui feront bien et ilùineiii apparoir par devant eux avoir sousci il ledit toiniulaire en la Ibrme prescrite ci-dessus. {Déclar.

d'il mois (t'iiviil IGOj.)

«07 l'vur. Mil niioi. l'Asi. -'lU-MoMit m iidi m II i.iiSM.vux m: i.v ui;ur,.

rilé roiil'iiH'liK' iivoc l'i'iTi'iir |i;ir uri Ir.iiloiiiitiit iiiiiroi'iiif : riiiii', iiijus'i'iiii'ii: il(''|iitiiilléu >lt's ilrmls et du hi lilicrlé i|iie lui .'l^Sll^u son oriyimi ci'IoJlo ; r.iulii', si- rurlili.iiit ;\ l'oiiibro d'uiio lolérarico (|iiu lo suntiiiiuiit ilo sa |iro|)ro l'aiblosse l'oii^rt;.;!.' h (li'iiianiliT d'ubunl ; les partisans du l'iTruiir rOiiJpnnt iiiipuiit^iiioiil , uu gardant lu siluiicu suldii leurs inti^itls ; les diït'eiiseiirs do la vt5iilt5 réduils 5 l'allurnalivo, ou do |ir(3vari(|uer en Sf lai-:aiil, ou d'Olru si-vùiemiiiil puni en l'fflriaiil par devoir t.'t par iiLVossilé.

Nous savons. Sire, eonil)itMi le eœur religieux d" \dlre Majeslù délesto ces pcrnitieux ell'els de la loi du silence. Vous n'avez jamais cntenilu (pi'oile déiruisit , ni inèino qu'elle allaibift dans vos litals, l'aulorilé de la conslitulion Unifjenilus; el loin do l'avoriser l'erreur et i'osj)rit do révolte, vous n'avez connu de (laix solide, parmi vos sujets, i]uo celle ijui aurait pour base l'obéissaiice ;'! l'Fgliseet raltaclieruoiU au centre de l'unité. Mais <]u'il nous soit (lerruis do vous le représenter aveu une huinhio coiiliance. La voie du silence, proposée à Votre Majesté, n'éiait ni conforme aux intérêts do la religion, ni propre à caUner les esprits; et ce qu'il y a eu do plus déplorable, les clauses avec lesquelles vos parlements l'ont enregistrée , les excès où quel'jues-uiis d'eux se sont portés, eu l'exécutant d'une manière si opposée h vos intentions, ont reproduit les mômes maux qui ont alllj^é l'Eyliso dans les lois publiées par des oin- |)ereurs aussi peu semblables à Votre Majesté que l'amour de la vraie religion diffère de la protection du l'erreur.

Nous ne pouvons donc qu'applaudir au zèle courageux do la faculté do théologie de Paris, lors{]uo le |iarlcuient a voulu l'assujettira l'exécution arbitraire et manilestement abusive d'une loi (lui ne pouvait jias môme la regarder. Nous l'aurions vue avec plus de joie rétablie ensuite dans ses fonctions par les ordres immédiats de Votre Majesté, si ces ordres ne lui avaient en moine temps imposé une gêne aussi contraire à l'intérêt des études, qu'à la nature d'une compagnie instituée pour enseigner la science des choses divines, pour combattre l'erreur et pour défendre la vérité. Grdces au ciel, cette gêne ne subsiste jilusdans les derniers ordres que la faculté de théologie de Paris a reçus de \'ntre Majesté. Nolrejuio serait com|]lète si elle jouissait réellement de toute la liberté qu'on a paru lui rendre; mais des inquiétudes continuelles sur les thèses même les plus irrépréhensibles ne lui font que trop sentir le |)ùids des chaînes dont on l'accable. Un tribun. d ijui n'a d'autre inspection sur elle que de protéger et de maintenir l'observation de ses statuts, ni d'autre droit de surveillance sur ses exercices et ses assemblées , qu'à l'égard des maxiiues (lu clergé de France , dont a|)rès loul, elle est aussi jalouse et mieux instruite que lui, ce tribunal exerce sur elle un genre d'inquisition capable de décourager ses élèves et d'éteindre bientôt toute éinu-

l.ilinri. On supprime unu partie dfS propo- >itiuns lus plus nécessaires el les pliisaiilolisées ; co n'(!-.t (pTrii tremblant i|u'on répèlo l'aiilre. On oxlénue même, on déguise en ipiolquo sorte les projiosilions qu'on relient ,iar dos circuits et di.-s détours peu <ligne do la noble franchise inséparalilo du langage ecclésiastique; et malgré ces adoucissements, ouest tous les jours à In veillo de voiroxposés h des poursuites rigoureuses, el l(^s maîtres qui onl enseigné ces thèses, elles élèves (lui les onl soutenues.

Sire, il est de notre devoir d'implorer votre protectir)n pour inie école si ancienne et si célèbre. Rlle esl l'un des principaux oiiiennnils di; la France ; elle y forme l.» |dupart des prélats el des docteurs qui l'éclairenl. L'Fglise niiiversollo l'a toujours regardée comme l'un des plus lerines appuis de la religion. Votre .M ijesté peut-elle permettre (juocilti; é.;ole, réduite dans un esclavage qu'elle n'a pas mérité, cesse de recueillir dans son sein les jeunes ecclésiastiipics destinés aux plus imp<u-lantes fonctiois du sai'il ministère, el que sa chute devienne, |iour le clergé de ce royaume, répocjijo fa, aie de l'ignorance ol de l'avilissemenl?

Il est triste, nous l'avouons, |iour des pasleurs des âmes, d'avoir tant de jilainles à former contre une pnrlion illustre de citoyens ({u'ils respectent comme magistrats, et qu'ils e^ll)|•as^enl comme leurs frères dans la charité de Jésus-Christ ; mais celle même charité aj^prend à coindlier tous les devoirs, à honorer la puissance, en lui montrant ses limites que Dieu a plantées de sa propre main; à chérir et à révérer li;s personnes, en s'opjiosant aux abus (pj'elles s'etforcent d'introduire ou d'accréditer. C'est dans ces sentiments que nous recourons, Sire, à votre autorité, comme de plus grands atteniatsque tous ceux do:U il a été parlé jusqu'à présent.

Qui pourrait compter le nombre prodigieux d'arrôts, d'arrêtés, de sentences, de procédures, où les peisonnes ol les choses saintes ont été indignement traitées? La (lostérité sera étonnée en lisant ces événements dans rhisloire de nos jours; elaprès que la chaleur des disiiules et le feu des liassions auront été amortis, les magistrats, auteurs de ces événements, ou leurs successeurs, en croiront à peine leurs yeux, quand ils verront les regislresdes biens, de l'Iionneuret de la vie des citoyens, chargés presiiu'à char|ue [lage pendant quelques années, d'affaires concernant la. doctrine ou les sacrements.

\'us officiers. Sire, nous le disons avec une |irofonde amertuine, mais avec la plus exacte vérité, vos officiers n'ont rien épargné dans le sanctuaire. Les jugements de I Eglise universelle, ils en ont inlerjelé appel comme d'abus ; la pobce ecclésiastique, ils l'ont attirée à eux, en faisant des lègleinents pour les [iréparations exlérieui'os qu'on peut exiger des mouianls, avant de

ŒUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN

l'^ur administrer le viatique, et ils nous l'cint enlevée , en déclarant nos ordonnanciis suspendues par le seul appel comme (l'abus par le ministère public: l'immunité I)ersonnelle des clercs, ils l'ont violée dans une multitude d'ecclésiastiques dénoncés , poursuivis, décrétés pour de simples refus de sacrements, qui n'auraient pu être que des délits communs, si l'injustice en eût été prouvée devant des juges compétents: 1« mission pour annoncer publiquement la parole de Dieu , ils l'ont arrachée des mains lies évoques, pour la transporter en celles des cuiés : le pouvoir d'administrer aux malades les <lerniers sacrements, ils l'ont attribué h tous les prêtres requis, à des jirètres dé()Ourvus d'approbation , formellement môme interdits; et tout cela sous le prétexte chimérique d'une nécessité que les sainis décrets ne reconnaissent que pour Je baplêrae et la pénitence : la subordination établie de droit divin entre le premier et le second ordre du clergé, ils l'on renversée en défendant à un évêque d'exercer j>ar lui-môme, ou par des coopéraleurs qu'il av.iit choisis, les fonctions sacrées du saint ministère à l'égard de ses diocésains, sur lesquels il a une juridiction immédiate ({ supérieure à celle de leurs curés: les pratiques édifiantes d'une piété usitée parjni les fidèles, favorisées par les souverains j)ontifcs et ap|irouvées par les premiers jpasteurs, ils les ont attaquées par des précautions inutiles et dangereuses, et par lies défenses dont l'exécution consternerait les peuples et tarirait la source de mille biens: enfin la majesté du plus auguste de nos sacrements, ils l'ont foulée aux pieds on ordonnant, sous différents noms et sous des puines grièves, de l'administrer sans <lélai, au hasard du sacrilège que pourraient commettre les personnes qui le recevraient iiinsi sans y être disposées, et avec la certitude de le profaner eux-mêmes par l'indécence d'une administration si violente et si précipitée.

Tous ces monuments injurieux à l'Eglise, et dont l'assemblage ne trouve pas môme d'exemple dans les tribunaux des pays où régnent le schisme et l'hérésio ; tous ces monuments ne peuvent subsister: si le malheur des temjis leur a dunné naissance, leur destruction. Sire, doit être l'ouvrage lie votre piété et la gloire de votre règne. La religion catholique se croira toujours humiliée dans ce royaume, ses i)laies y saigneront toujours, jusqu'à ce que votre autorité souveraine casse et annulle des arrêts et des jugements que la justice n'avoue pas, que la saine doctrine réprouve, qui contredisent ouvertement le langage et les maximes de Votre Majesté.

Par là tomberont tous les décrets flélris-

(C) Parmi ces prêtres on remarque singulièrement le iieur de l'Ecluse, vicaire général el curé de i une des piiucii)ales paroisses de Paris; le sieur Perrein, curé de Sl.-Leu, dans la même ville; et li-s •leuïbeuls curés de la ville de Montpellier, dont 11 ii'uation est d'autant jiiiis iiiléies^a iio, qu'tls tt>u-

sants prononcés contre des prêtres (6), dont la foi pure et la coniuito irréprochable ne leur ont laissé d'autre crime aux yeux des magistrats qui les ont condamnés, qued'avoir fidèlement obéi aux ordres de leur supérieur. Devenus par celte obéissancel'oljjet d'une implacable persécution , bannis de leur résidence, privés de l'exercice de leurs fonctions, éloignés de leurs troupeaux dont ils ont emporté les regrets, ils attendent dans leur exil, moins pour eux que pour l'Eglise elle-même, des jours plus tranquilles el plus sereins. Nous les attendons. Sire, avec la plus vive impatience , et nous les regarderons comme dignes d'une étertielle mémoire, s'ils nous rendent des coopérateurs dont nous partageons les disgrâces. '

V(Jtre Majesté n'a point exigé des ecclésiastiques décrétés dans le ressort du parlement de Provence, qu'ils comparussent pour rentrer .dans leurs places, devant les magistrats séculiers. Nous nous féliciterions de cet acte de religion et d'équité, si les dilTérentes clauses des lettres expédiées] à ce sujet, étaient aussi favorables à l'Eglise, aussi conformes aux véritables sentiments de Vôtre cœur, que la fin dont Votre Majesté s'est occiiiiée, quand elle a voulu remettre ces ecclésiastiques datis tous les droits de leur état. Nous ne pouvons, Sire, vous laisser ignorer que plusieurs de ces clauses ont justement alarmé la plupart de nos jirovinccs, (]ii'elles se sont récriées coniro les termes d'abolition , de clémence, d'indulgence, de peines déjà subies, el d'animadversion de vos pdiicments, qu'elles ont aperçus dans le |ioambule îles expressions, qui pouvaient faire entendre que ces ecclésiastiques n'avaient obtenu leur rétablissement <]uo |)ar des assurances incompatibles avec la conviction do leur innocence, l'honneur et la dignité de leur caractère. Nous vous exposons, Sire, avec le profond respect et 1 ingénuité que nous devons à tiolre souverain , les alarmes de nos confrères el les noires. A Dieu ne plaise que nous accusions les motifs qui ont lait agir Votre Majesté 1 Le clergé de votre royaume coiinnît trop la tendre alfectiim dont vous l'honorez, lîcoutez-la , Sire, el ne consultez en môme lenijs cpie votre respect pour la religion. Niius n'aurons |)lus alors que des actions do grâces à rendre au Toul-Puissaiit , et les ))laiiites ne se mêleront plus aux lé:noigiia^cs de la joie qu'exciteront dans nos cœurs 1 s bienfaitsdonl vous nous comblerez.

11 est une autre grâce de ce genre que nous altendons, Sire, avec d'autant jilus de coiili;uice que ne trouvant [las les mômes fbslacles, elle regarde une personne consliiuée dans une jdus haute dignité. Daignez Sue, [lermeltre à M. l'évêque de Saml-

clicnlau icrmc fatal de leurs décrets, cl fjue <railleurs les prélats qui entrent aux étais du Lansuedos ont la douleur de voir, tous les ans, une aussi grande ville, où il y a beaucoup de luiyue lois, dé- (lourvut de secuurs i-piiilueU,

'VUi \lll. ilIKOI,. l'AST. - UKMO.NTIl. AU HOI SUIl LES MAUX DK LV m.LIC.

TW

Puns (!■' ri'louriior diins son diocèse, oiir^s Uiif obscnro do (:iiii| minimes. V.\nc.\ ubscrvaleiir dt) In ri^sidoiico , il l'a rarciiii'iii iiilfrrinn|uio diiiis uti loiij; t^iiisi^omil , cl toujours |i()iir dt!S caiiïH'S, dor.l la léniliinilé n'émit pas doiiii'USf. Il lut [irL^vovait |i;is i|'ie Dieu réscrviU à sa vjrillt'sst! la doiiliMir ii'iiiie séparai ion i|u'il avait évili'-t' avi'c tant de sont dans la fori-f et la vi^uoiir de son Age. Les vieux et les Ix'sniiis do son Iroupeau le rappelleid. Ses vertus , ses Inlenls. riniporlance et l'aneieuDcté de S(!S servii'cs, S"S s uillVances, tout vous |arle. Sire, en sa laveur; tout nous assure que vous accorderez eniiii son retour aux supplications réitérck^s du clergé de voire royaume.

f.e serait peu que do remédier à des cahniilés particuli^-res de PK^Iise gallicane. Ui) inlériH plus général l'ohlige h renouveler ft >'olre SLijesté ses respecluciises remontrances toucliunl deux déclaralions (pii ont été le germe ou l'aliment des maux (ju'elle vient, Sire, de vous exposer. Nous Jie répéterons point ce que nous avons déjà dit sur la loi du silence, objet principal de la déclaration du 2 septembre 17oi. L'assemblée du clergé, tenue on 1755, s'est expliquée au nom de toule I Eglise de France, et nous pouvons le dire, au nom de l'Eglise entière, sur celle déclaralion. L'assemblée de 1758 a suivi -es traces, et a reiit'ernié dans les mêmes f)lainles la déclaralion du JO décembre 1756. Elle a pris la liberté d'observer. Sire, h Votre Majesté, que l'article premier de cette déclaralion , qui dél'end d'attribuer à la constitution Unigenilus la dénomination, le caractère et les elLits de règle de loi , décide une question importante sur laiiuelle il n'ap[iartienl qu'à l'Eglise de prononcer, et que cet article, ajoutant au défaut de pouvoir le défaut d'exactitude et de justesse, favorise une é(]uivoque dangereuse, déjà pleinement éclaireie dans la suivante écrite en 1728 à Voire .Majesté, par un grand nombre de cardinaux, archevêques et évoques, lettre com[)Osée , Sire, en consé |U(!nce de vus ordres, honorée de votre a|)probation, et dont nous nous faisons gloire d'adopter les principes et le langagi', dans tout ce (]ui concerne la dénomination, le carac;ère et les elfels de la bulle Unigenilus : que l'article deuxième de celte déclaration, en conservant les droits (ju'ont les archevêques et évùques d'enseigner les ecclésiastiques et jes peuples conliés à leurs soins, limite et enchaîne l'exercice de ce tiroit par des cxhorlations et même des injonctions ipii s'accordent mal avec la liberté de leur ministère et avec la confiance qu'ils croient avoir méritée de la part de leur souverain ; que l'aiticle troisième en distinguant dans l'admiiiislralion et le refus des sacremenis, les causes, ou actions civiles, d'avec les poursuites crimiliclles, réservant les premiers au tribunal ecclésiastiiiiie, renvoyant les secondes tanl devant le juge d'église pour la connaissatice ou délit comujun, que dev.mt le juge royal

pour le (iélil (irivilé^ii^ , n'eiplii|ui! pas co (pii est dans cetli» iiialièro inlérr-ssmiln délit riimmwii, et co ipii peut duverdr ijélit privil<''..;ié; que même il donne trop h entendru qu'un simple refus public des sacremenis, quand il ne serait |ias accompagné d'ai:cuno ciri'onstanco acccssiure et oulrageanh» , est par lui-même un eas privilégié, cmilre In disposition des ancier)nes lois du royamne, contre l'usage un ivprsel(!l immémorial des tri banaux, soit eccli'sinstiques, soit séculiers, et conire la naltM'o des clioses.qui élant essenliellemenl spiriluelles, ne peuvent cesser d(! l'élre par leur publicité ; (pie l'article (pi:ilrièmo seiidile n^' leco-inaître , comme légilirivs, ou du moins à l'abri de toules |ioursuites, que deux cas de refus de sacrenients, pour cause de déso!)éi<sante à la conslilutioii Uniyrititus, ;pioi(iu'il puisse y en avnir tl'autres, selon une doctrine constante, adoptée et consignée dans le bref de BenoilXIV.

(^es deux lois, si elfrayanles par ellesmêmes pour l'Eglise, sont encore devenues plus funestes par les mains à qui l'exécution en a été conliée. I'!lles formeront toujours, tant qu'elles dureront, un nmr de ilivision entre le sacerdoce et la inagislralure. S'il est de la dernière conséquence de travailler h rapprocher l'un do l'autre doux corps aussi considérables, il n'est pas moins Ci.rlain que l.i révocation, ou du moins une inler|)rélation salutaire à l'Eglise de ces deux déclarations, est l'unique moyen de cimenter solidement celle heureuse réunion.

Ehl quelle autre lui, Siro, plus propre h éteindre dans voire royaume les troubles sur les affaires de l'Es^lise, que celle donl nous parlions tout à l'heure, la lettre encyclique de Benoit XiV? Elle a dans sa forme extérieure tous les caractères qui peuvent la rendre clière à sa naiion. C'est une décision sur des doutes canoniquement proposés, par les prélats de votre royaume, au Pai>e, chef visdjie de l'Eglise. Votre Majesté n'a pas seulement approuvé, elle a autorisé, elle a secondé leurs démarches. Vos inslances aujirès du Souverain Pontife ont ajouté un nouveau poids aux nôtres. C'est par votre canal , Sire, que nous avons reçu la réponse que nous avions demandée.

A^ous voulûtes bien nous exhorter dès lors à y conformer notre condui le, et uons nous empressâmes de vous faire connaître la satisfaction (ju'elle nous causait. Une assemblée, tenue depuis l'arrivée de ce bref, lui a donné les plus grandes louanges dans des remontrances particulières qu'elle a eu l'iionneur d'adresser à Votre Majesté. La plupart des assemblées provinciales qui ont (uécédé la nèlre, ont témoigné iinuienient leur vénération jiour ce jugement du Sainl-Siégc. Euiin Voire Majesté ayant désiré que le Pape actuellement assis sur la cluirede saint Pierre coidirmât la décision de son i)rédécessour, notre assemblée, Sire, sur la connaissance de vos intentions cl do celles de Sa Sainteté, (jui nous out été

OEUVRES COMPLETES DE LEtRANC DE l'OMPIGNAN.

communiquées par vos ordres, vient d'nccepler solormeilement et avec une parfaite contorcie la lettre encyclique de Benoit XIV. Nous osons nous llatter que tous les autres évoques de vos Etals applaudiront et joindront leurs suffrages à notre délibération.

Si des caractères antérieurs de ce jugement nous (lassions au développement de ce qu'il contient, il nous serait facile de montrer que sous ce point de vue il est encore plus digne de respect et de soumission. Mais Votre Majesté qui, dès ses plus tendres années, a fait profession d'être plus docile à la voix des pasteurs de l'Eglise que le nioiniJre de ses enfants, n'a pas besoin de cet éclaircissement. Elle accepte, sans balancer, de la main de cas mêmes pasteurs, Ja décision qu'ils lui présentent. Elle trouve dans l'uniformité de leurs sentiments et de leur conduite, le gage le plus certain et le principe le plus solide de la tranquillité publique parmi ses sujets. Sous de tels auspices, les ministres inférieurs n'ont plus qu'à niarclier avec assurance dans la roule qui leur est frayée. Il serait par trop cruel pour eux d'avoir encore à craindre, en suivant fidèlement celle route, les injustes vexations tant de fois éprouvées par leurs confrères.

L'Eglise combattra toujours sur la terre, jusqu'à ce que, rassemblée dans le ciel, elle y jouisse d'une éternelle paix. Soutenue au inilieu de tous ses combats, par la présence invisible de son époux, qui ne la quitte point, elle attend aussi le secours extérieur des maîtres du monde, associés par Jésus-Christ au glorieux ministère de protecteurs et de défenseurs de son Eglise.

Sire, votre auguste prédécesseur a fait triompher, dans ce royaume, la religion catholique des plus formidables ennemis qui l'y eussent attaquée depuis le coramencemenlde la monarchie. La révocation de lédit de Nantes a jiorlé, sous son règne, un coup mortel à l'hérésie de Calvin. Des esprits légers et superûciels, de prétendus politiques ou philosophes, des chrétiens chancelants dans la foi, ont osé critiquer une démarche profondément méditée, dans le conseil de ce grand roi, pendant olus de vingt ans, amenée de proche en proclie et par les plus sages mesures à son exécution, et aussi nécessaire au repos du royaume qu'à l'affermissement de la vraie religion. Nous no suivrons pas ces téméraires censeurs dans tous leurs écarts, sur les divers dommages que la France a soufferts, selon eux, par la révocation de l'édit de Nantes. Ces domma-; ges, réduits à leur juste valeur, sont bien au-dessous do l'excès qu'on leur a jirêté. Mais indépendamment de ce détail, qui peut sérieusement comparer les maux mêmes qu'on a défioints avec les avantages inestimables du projet exécuté |)ar Louis XIV?

Ce projet, en ne laissant subsister dans la France que l'exercice publicdu cullc catholique, a fait rentrer dans le sein de rE,.;lise un nombre infini de protestants français. Chaque année de nouvelles conversions nous promettaient la réunion sincère do

tous les sujets de Votre Majesté dans une môme foi. Ce grand ouvrage s'avançait vers sa perfection, lorsque de malheureux événements ont interrompu l'ol)servation des lois que vos prédécesseurs, et vous-même. Sire {Déclaration de 1724-), avez portées au Sujet des religionnaires. Depuis ce moment, presque toutes les barrières opposées au calvinisme ont été successivement rompues.

Des ministres et des prédicants, élevés dans des écoles hérétiques et chez des nations étrangères, ont inondé quelques-unes de nos provinces. Ils y ont tenu des consistoires, des synodes, et n'ont cessé de présider à des assemblées, tantôt plus secrètes, tantôt plus solennelles, faiblement recherchées dans les premiers tenifis, mais depuis quelques années absolument impunies. Toute la liturgie calvinienne se pratique dans ces assemblées; on y baptise selon le rit qu'elle enseigne; on y chante des psaumes, dans la traduction basse et rampante adoptée par les prétendus réformés ; on y distribue leur cène sacrilège; on y explique la Bible, altérée par la traduction de Genève; on y prêche des sermons , oij, (larmi quelques traits do morale, les dogmes hérétiques sont inculqués ; on y célèbre de faux mariages, qui, ne produisant pas d'union légitime entre les parties qui les contraclent, n'assurent point d'étal aux enfants qui doivent naître de ces conjonctions illicites. Ces ministres et ces prédicateurs ne craignent pas de délivrer des certificats de ces baptêmes ;et de ces mariages, comme si la signature degens sans aveu, sans caractère, suspects h toutes sortes de titres, et, puisqu'il faut le dire, proscrits dans ce royaume, pouvait être de quelque poids. Ils ont même entrepris de construire des temples en certains lieux, et d'ériger d'avance des trophéesh la tolérance prochaine du calvinisme, qu'ils ont la hardiesse d'annoncer à une populace séduite. Les intentions de Votre Majesté sont assez connues, pour dissiper l'espérance frivole dont les docteurs de l'hérésie flattent leurs prosélytes. Toutefois, Sire, les désordres que nous venons de raconter durent depuis longtemps, et s'entretiennent à l'abri de l'impunité. Il a paru, et il paraît encore des ouvrages, qu'on ne peut pas croire d'énués de toute protection, où l'on propose des systèmes, où l'on établit des principes favorables à l'exercice public du calvinisme. On nedemandait d'abord pour ses partisans (Mémoires politiques et théologiques sur les mariages des protestants } , d'autre faveur que de pouvoir célébrer, dans une forme purement civile et profane, le mariage, ce contrat sacré que tous les peuples policés ont accompagné de cérémonies religieuses; et quoiqu'on feignit do se borner à cette permission, il était évident qu'elle conduisait par elle-même, par ses suites inévitables, par les princi|)es sur lesquels on en fondait la nécessité, à la tolérance entière du culte calviniste. Aujourd'hui l'on prêche |ilus hautement celle tolérance; et dans un éi:vit [Esprit de Jésus CItrist sur la loléntncc),

lAKl Mil. IIIKIII,. l'AST. - IIKMOMII AI liol si 11 |.| S MM \ M. I,\ UI.I.K;.

doiil les OM'iiipliiires r<)iiit;i''.s I'diiI soiipronlier nii'il a iM6 revu |inr di-s iiiuiiis niilmisées, un blas|>lit'iiii', sous k- iiuin du l'iititour, l'oiiln; les saiiils l'ùn-s ul lus coiifiles ^ôiicraux. ot suus lo nom tli'!> |irole»lniil$, (ioiit lo laiigagu i-»t it^|it-l(!> avi'c coiii|>laisaiico, coiitro la loi fallioiiiiiii'.

Ces iJem ouvrages nous averlisspiU.Siie, tlu l'OrliT nos |ilaiiilus h \'olre .MajosUS sur lo dolugo iiurni'usi' du livres pcinicieux, ini- ITiuius ul ri'|iaiiiltis dans votio royaiiinu. Il en esl dont on a été l'orcù do révoijuur lo |iriviléj;o miiuuduinniunl ncror.lé; d'autrus tloiit l'imprussion, ai'liuvôo sous le sceau do l'aulorilé, n'a reçu encore aucuno atleinlc, nialgiO le scandale i|u'elle a causé : |ireuve lro|i IVappatile, dans l'un et l'autre cas, do la nù,^liyelK■u ou de la inauvaiso volonté dus pursonnus commises à l'examen de ces mauvais écrits, et du peu do soin (ju'un apporto h étûuU'er, dus leur naissance, ces produclions criiiiinellos, ou à en retrancher du moins les vices dont elles sont inl'eclées; beaucouji de mauvais livres, ou sorlent des

Iirusscs étrangères , ou s'im|ninient en 'rance clandestinement. Combien de ces livres, que ro(>inion publique regarde comme introduits et déliilés par connivence ilans la capitale et dans le reste du royaume? Il eu est cutin dont ou ignore ellectivcinent les aultmrs, les imprimeurs et les distributeurs ; connaissance néanmoins qu'il Serait aisé d'acquérir, si l'on voulait mettre en œuvre toutes lus ressources que procure l'adminisiralion [iubli(jue et que le véritable zèle suggère.

Serait-il doue possible d'arrêter, après plus de trente années, lo cours ()ériodique di! cul atroce libelle, qui, sous le titre de !S'ouvelUs ecclésidstiques, (irodigue les éloges les plus outrés aux ennemis de l'Eglise, vante l'œuvre abominable des convulsions, qui attirent eiitin l'attention des magistrats, déclame outrageusement contre les décisions et l'autorité du Saint-Siège et des premiers pasteurs, détbirc, sans pudeur comme sans vérité, tout ce qu'il y a sur la terre de plus respectable. Nous ne nommerons pas à Voire Majesié tous les autres ouvrages de ténèbres qu'on ne cesse de publier, contre les jugements ecclésiastiques, ou contre les droits de I épiscojiat. Mais nous ne pouvons nous dispenser, Siie, de vous délérer un livre plein du même esprit, et d'autant plus remarquable qu'il a paru avec privilège. C'est le nouveau commentaire, composé sur l'édilde 1095, par un conseiller au iirésidial d'Orléans : commentaire dont les maximes erronées ont soulevé tout le clergé de France, et qui n'écliap()erait point à la juste auimadversiun des prélats, s'ils ne devaient espérer que Vo re Majesté, informée des égarements de cet auteur, révoquera le privilège de cet ouvrage.

Ce ne sont là que des erreurs particulières, quoique très-nuisibles aux fuièies. Dieu

(1) Sicvt dhisioncs aqitarum, ila cor retjis in (Pruv. x\<. 1.)

n pi'rinis ipie lo siècle où nous vivons cnfaiiLU des inonstres encore plus allreui. In lilé sainte n'esl plus seiilomi-nt assaillie par des Piineiiiis (|ui cliercln-ni à surprendre i>u h vaiiicn- ceux (|uii Dieu a chargés d'en éln; les sentinelles ut les gardiens; elle v. il autour de ses remparts une milice plus insoh.'nto et plus aeliarnée, i|ui ne parle de rien moins que do la démolir jusqu aux rnndeiuerits.

Une foule d'écrivains .>emble s'èiro liguée contre leSeigneur e't contre son Christ. Ils ont dériarô la guerre à toutes les vérités (|ue la raison démonlre, que le consenlciiieiit universel du genre humain ralitio, (|ue la révélation a consacrés. La spiritualité et l'immorlalilé de l'Ame, les idées |irimitives du faux et du vrai, la distinction essenliello du vice cl de la vertu, l'existence d'un Dieu, créateur du monde et arbitre de tous les événements, lie sont, à les entendre , (|U0 des |)rt\jugés tlont il était temps de désabuser les hommes trop crédules. Ils ne leur sudisait pas de rejeter les mystères contenus dans la parole do Dieu; de nier les miracles les mieux attestés ; de tourner en dérision la pompe du culle public; de mettre au rang des fables l'enfer et le paradis; il a fallu que, suivant jusqu'au bout la chaîne de leurs principes, ils anéantissent toute règle de mœurs; ils entreprissent do détacher les enfants de leurs pères et les sujets de leurs souverains ; ils hlchassei.t la bride aux plus honteuses passions ; ilsasservissent toutes nos actions à l'empire despotique du [daisir ou de l'intérêt ; et (ju'iis dégradassent ouvertement l'homme en le conlondanl avec la brute : détestable philoso|iliie, dont l'école infime d'Epicuro n'aurait pas avoué toutes les horreurs, et qui no s'est ainsi dévoilée, [)ar une secrète disposition de la Providence, que pour convaincre avec plus d'éclat l'univers entier que les ennemis du christianisme sont les ennemis de la républiciueet de l'humanité.

Sire, nous n'avons pas trompé Votre Majesté, quand nous lui avons annoncé d'abord lo misérable état de la religion. Les faits parlent plus haut que nos discours, et leur énergie, su|)érieure à celle de l'éloquence, n'a pas besoin d'un secours emprunté pour émouvoir votre cœur. Nous nous reposons sur lui de la réponse qu'il vous dictera, et nous demandons à Dieu, qui le tient dans sa main (7), comme le cœur de tous les rois, qu'il y allume des désirs [ilus ardents quejamais, d'em[)loyer pour sa gloire la suprême puissance que vous ne tenez que de lui.

Ce sont. Sire, les Irès-liumbles et tièsrespcctueiises remontrances qu'ont l'honneur de piéseiiter,

A Votre Majesté,

Ses très-humb!es, Irès-obéissants et ircs-tidèles serviteurs et sujets, les arcluvêques, etc.

manu Domhii : rinocunque rolitciit inclinabil illiid

œUVUES COMPLETES DE LEFRANC LE POMPIGNAN.

REMONTRÂINCES AU ROI

Page 1