CHAPITRE VF
Prédictions de Daniel sur les rois d'Egypte et de Syrie, et principalement sur Antioclius Epipliaue.
Nous avons vu dans le chapitre précédent les propliéties de Daniel sur les victoires, sur la mort d'.4.texandre, et sur le partage de sa succession en quatre empires principaux. Deux de ces empires, celui de l'Asie mineure bientôt affaibli et démembré, celui de Macédoine qui se soutint plus long-temps, n'eurent rien à démêler avec les Juifs, C'est pourauoi le pro-
phèle, content d'avoir annoncé la formation de ces empires, tourne ensuite ses regards vers ceux d'Egypte et de SjTie, dont la durée fut plus longue, et l.i destinée plus intéressante pour les Juifs. Il s'en occupe depuis le verset .'i du chapitre onzième jusqu'à la fin du même chapitre ; et l'on ne doit pas être surpris que, parmi tous les rois qu'il y dépeint, il trace avec plus d'étendue le portrait d'Antiochus Epiphane, l'ennemi le plus implacable des Juife et le persécuteur de leur religion.
S'il décrit, avant que de venir à ce prince, quelques événements particuliers arrivés dans l'Egypte et dans la Syrie, qu'on ne demande pas la raison de ce choix, ni du silence qu'il garde sur d'autres événements. On aurait tort d'attendre d'un prophète une histoire complète et suivie. La partie de l'avenir qu'il plaît à Dieu de lui dévoiler, ou qi.'il lui permet de prédire, sullit pour la preuve de sa mission projihéiique et pour la conviction des incrédules. Mais il est remarquable que ces événements, choisis pour être la matière des prédictions de Daniel , ont un caractère de singularilé, qui les rendait plus inaccessibles que beaucoup d'autres aux conjectures et aux prévoyances humaines.
Daniel avait dit, ainsi que je l'ai déjà observé, que le royaume d'Alexandre (1) serait divisé vers les quatre vents du ciel; el laissant les deux empires, qui étaient à l'orient et à l'occident, il ne parle plus que de celui d'Egypte situé au midi de la Palestine, el de celui de Syrie au nord du même pays. Le roi du miVi dans son langage est donc le roi d'Egjpte, et le roi du nord est celui de Syrie. C'est sous ces noms qu'il v.-» nous les représenter
Il commence par le roi du midi, et il déclare (2) qu'il se fortifiera. L'un de ses princes, ajoute-l-il, sera plus puissant que lui, et il dominera sur beaucoup de pays. Car son empire sera fort étendu. On voit d'abord sous le nom du roi du midi Ptolomée Soler, l'un des capitaines d'Alexandre qui fonda en Egj'pte l'empire des Lagides, appelés ainsi du nom de Lagus père de Ptolomée. Daniel prédit qu'il se fortifiera. Tout ce que l'histoire nous apprend des conquêtes de ce prince vérifie cette prédiction. Il possédait, outre l'Eg)pte, ce pays si riche et si fertile, la Libye, la Cyrénaïque, l'Arabie, la Palestine, la Célésyrie, une parlie des provinces maritimes de l'Asie mineure-, l'Ile de Chypre, quelques îles de la mer Egée, et quelques villes même dans le continent de la Grèce, comme Sicyone et Corinthe.
Le prophète continue en assurant que l'un de ses princes sera plus puissant que lui. S. Jérôme applique ces paroles à Ptolomée Philadelphe, second roi d'Egypte, dont la puissance, dit-il, fut supérieure à celle de son père le premier Ptolomée. Pour le prouver, il fa-it l'énnmération de la quantité prodigieuse de ireupes, d'éléphants, de vaisseaux, qu'avait Philadelphe, ei de ses immenses richesses. Mais outre que les termes
(1) Dividetur in quatuor venlos cœli. Dan. 11 •!•
(2) Dan. lï. o.
7NI rvKi i\ iiiiioi.. KXi;(;ET.-Li.N(;iu:i>ri.
dont Hc «on lo pro|il>èle, ditsigiifnt plutill une graiulu i^lcmluo lie pays que (Im furci'» cl dos Iré&ors (I), lo verset suivant aiiiiDUCC une ciiiiiparaUiMi dcJLi laite entre deux princes, t|ul ont dis empires dillërenl^i. Queli/ues uiiiii'Vi ii^iri'j , ils s'utlifronl ensemble. De là il ré&ulte que l'un de tes princes, c'est-à-dire l'un des |)enérau\ et des.sueeesseurs d'Alexandre, diint il étiit parle au vei'set préeédent, est Sileueus Nic.ilo.- roi du septentrinn et liimlateur de l'empire de Syrie, dont les souverains issus de son saii;; onl été nonuiiés Séleucides. Les piiys soumis aux lois de Séleucus, à qui SCS victoires tirent donner le surnom de Nicator, étaient sans contredit plus étendus, que les étals de Ptolomée Soler. Il âail niaitre de tout l'orieiil depuis le monl Taurus jusqu'à l'Indus, de plusieurs provinces de l'Asie mineure entre le mont Taurus et do la mer Egre, et un peu avant sa mort il eut encore la Tlirace et la Macédoine.
Voilà les premiers traits de ces deux grands empires, crayonnés par la puissance de leurs fondateurs. Le proplièle passe aux descendants de ces deux princes , et il prédit (i) ([u' après plusieurs antu'cs ils s'allieront ensemble. Que la fille du roi du midi viendra épouser te roi du nord , pour cimenter par ce mariage r alliance des d«ix rois. Mais qu'elle ne fera point un établissement solide , et que sa race ne se perpétuera pas. Qu'elle sera livrée , elle et les jeunes gens qui l'avaient amenée , et tous ceux qui l'avaient soutenue en divers temps. On voit ici un des évcnemenla les plus singuliers de l'histoire de ces princes. Ptolomée Pliiladelplic , fds de Soler, et Aniiochus surnommé le Dieu, petit-fils de Séleucus Nicalor, s'élaient fait pendant plusieurs années une cruelle guerre. Enfin ils consentirent l'un et l'autre à la paix. L'une des conditions de ce traité fut qu' Antiochus répudierait Laodiee, sa femme dont il avait deus fils, et qui! épouserait Bérénice , fille de Ptolomée; qu'il déshériterait les enfants de son premier mariage , et assurerait la couronne à ceux qui naîtraient du second. Bérénice est donc cette fille du roi du midi , qui vient épouser le roi du septentrion, pour cimenter leur alliance par ce mariage. Les funestes suites de cette union injuste en elle-même et dans ses conditions, sont présentes à l'esprit du prophète. Il voit que cette princesse n'aura pas en Syrie un établissement solide, et que sa race , quoique le trône lui fût promis, ne se perpétuera pas. Antiochus ne tarda point à se dégoûter d'elle , et après la mort de Ptolomée Philadelphe, son père, il l'abandonna pour reprendre Laodiee avec ses deux fils. Celle-ci, outrée des premiers mépris d'Antioc'utis , et craignant que, par un nouvel elTct de son inconslînce, il ne retournât à Bérénice, empoisonna ce malheureux prince, et fit monter sur le trône Séleucus Callinicus, l'aîné de ses enfants. Bérénice se relira dans l'asile de Daphné, près d'Antioche , avec le fils qu'elle avait eu
(1) Dominabitur ditione : mulia enim dominatio eJHs.
(i) Dan. H, 6.
ITE tONVAINCl F. l'AU LLS PROPIILTIKS. 782
d'AnliocIms. Mais elle en sortit , troin|iéc par les fausses promesses de ceux <|ui l'y avaient |MJursuivie. La morl violiyiie de son lils, telle de ses femmes , do se»-, gardes , des domestiques el des olficiers égyptiens (lui étaient toujours demeurés auprès d'elle, la sienne enfin , accomplirent de point en point la prophétie de Daniel (]ui la regardait, lille ne s'établira point solidement. Su race ne subsistera pas. Elle sefa livrée, elle et les jeunes gens qui l'avaient accompagnée, et tous ceux qui l'avaient soutenue en divers temps. La vengeance du crime commis dans la personne de Bérénice ne tarda [las. Daniel l'a également prédite (1). Il sortira , coiitiimc-t-il, un rejeton de sa race (du roi du midi), c'est Ptolomée Evcrgète, fils de Philadolidie et frère de Bérénice. // viendra avec une année, et entrera dans les provinces du roi de l'aquilon. A peine ful-il instruit des projets de Lao dice, qu'il entra avec une armée dans le royaume de Syrie , pour prévenir la perte de sa sœur ou pour la venger. Elle était morte. Mais l'horreur de cet attentai avait icllement aigri les peuples contre Laodiee et contre Séleucus, son fils , que les troupes de l'Asie mineure se joignirent à celles d'Egypte. Ptolomée , .ivec ce renfort , ne se contenta pas de faire mourir Laodiee ; il s'empara de toute la Syrie , de la Cilieic , et des provinces mémo au-delà de l'Euphrate jusqu'à Babylone et au Tigre (2). // fera de grands ravages dans ces provinces , et s'en rendra le maître. Il aurait pu , dans une disposition si favorable de? esprits et avec des forces si redoutables, subjuguer tout l'empire de Syrie ; mais les nouvelles qui lui survinrent des troubles excités dans ses propres étais, le forcèrent d'y retourner. Le prophète prévoit la relraitc qui arrêtera le cours d'une expédition si glorieuse. Le roi (") du midi entrera dans son royaume {du roi de l'aquilon), et il reprendra le chemin de son pays. Mais il voit auparavant le riche butin dont il sera chargé en se retùanl. // emportera leurs dieux et leurs statues (4). Dans le nombre de deux mille cinq cents sialues que Ptolomée prit en Syrie, se trouvèrent les idoles d'Egypte que Cambyse , lorsqu'il s'en rendit maître , avait emportées dans la Perse. Ptolomée les replaça dans leurs anciens temples. Les Egvpiiens , peuple le plus superstitieux qui fut j.imais, furent si charmés de recouvrer leurs dieux , qu'ils donnèrent à ce prince , qui les leur avait 4endus , le surnom d'Evergète ou de bienfaisant (5). // emportera leurs vases d'or et d'argent les plus précieux. C'est un fail attesté par l'histoire, qui nous apprend aussi que Ptolomée ramassa dans le royaume de Syrie , pendant qu'il le ravagea , jusqu'à quarante mille talents (six vingt millions) , et qu'en parlant pour l'Egypte . il partagea le gouvernement des provinces qu'il avait conquises entre deux de ses généraux, ce qui achève
(1) Dan. 11,".
(2) Dan. 11,7.
(3) Dan. 11,9.
(4) Dan. 11,8.
(5) Idid,
783 f8:UVRES COMPI.ETKS DE
racconiplisscn'.piit de celle prophétie do Daiiît'l , qu'alors le roi du midi prévaudra sur (1) le roi du nord,
Sélcucus Callinicus , si mallraiié par Ptoloméc Evergèlc , eut deux fils . Séleucus surnommé Cérau- Kus ou la foudre , et Aniioclius à qui ses grandes actions acquirent le nom de Grand. L'un et l'autre conçurent le dessein de reconqué.-ir les provinces que leur père aval t perdues, et de se venger de l'Egvpte. Mais Séleucus ne put l'exécuter. Son règne ne dura que trois ans. Après qu'il eut perdu la vie par la noire trahison de deux de ses officiers qui l'empoisonnèrent , Antiochus monta sur le trône. Il n'eut pas plus tôt dompté les rebelles de ses états , qu'il arma contre l'Égvpte. C'est pour cela que le prophète ayant d'abord dit que (2) les enfants du roi du septentrion , irrités de tant de pertes , assembleront de puissantes armées, ajoute , qu wi d'eux marchera avec une grande vitesse, cortime un torrent qui se déborde , qu'il viendra plein d'ardeur et de courage, et c mbattra contre les forces de l'Egypte. Antiochus commença par reprendre Séleucie, place importante près d'Anliochc sa capitale, où les Egyptiens s'étaient maintenus depuis l'expédition de Ptolomée Evcrgèle. Il entera ensuite h Ptolomée Pliilopator, fils et successeur d'Evergète, la Célésyrie qui lui fut livrée par Thcodote , gouverneur de celte province , s'empara d'une partie de la Phénicie , battit les généraux de Philopaior aux défiiés , près de Béryle , et porta la guerre jusqu'aux frontières d'Egypte.
Pbi'opalor était un prince faible et adonné, à ses |ilaisii'S. Il lui fallait un danger aussi pressant pour le réveiller de sa léthargie. Le prophète remarque qu'étant (3) excité par les apjiroches d'un fi formidable ennemi , provoccttus rcx auslri , il se ir.e'.tia e.i campagne, lèvera une grande armée, et que des troupes nombreuses lui seront livrées. C'est ce qui ariiva dans la bataille de Raphia , qu'Antiochus perdit contre Ptoloiné«. Celui-ci (4) fera un grand nombre de prisonriers, dans celle bataille. Il y en eut quatre mille. // (5) passera au fil de l'épée plusieurs milliers de ses l'iiiiemis : dix mille hommes d'infanterie et trois cents de cavalerie. Son (G) cœur s'élèvera de celle victoire. On le présume aisément , quand on ne saurait pas d'ailleurs qu'étant allé tout de suite à Jérusalem , ii voulut par une présomplicm impie entrer dans le lieu saint , et n'en fut empêché que par un châtiment visible de la main de Dieu , qui lui inspira plus de insscRliment contre les Juifs, que de honte et de repentir (7). Mais il ne prévatidra pas. L'histoire observe que s'il eùi su lirofiter de ses avantages , il aurait pu dépouiller Antiochus de ses états. Mais amoureux de son repos , impatient de se replonger dans la
(1) Ibid.
(2) Dan. 11,
(.)) Ibid.
((i^ Ibid.
a) Dan. n,
LEFRANC DE POMPIGNAN. Jfi
vie molle et efTéminée qu'il n'avait interrompue qu'.» regret , il accepui les propositions de paix que lui lii faire Antiochus , et se contenta d'avoir regagné la Phénicie et la Célésyrie.
// ne prévaudra pas (I). Cor le roi du septentrion viendra de nouveau , et assemblera une armée beaucoup phis nombreuse qu'auparavant. Et après uncertain nombre d'années, il s'avancera en grande hâte avec des troupes et des forces redoutables. Antiochus-le-Gra.id, méprisant la lâcheté de Ptolomée Philopator, qiil s'était rendu odieux à ses sujets par ses infâmes débauches , forma le projet de l'attaquer de nouveau , après qu'il cul glorieusement terminé les guerres qui l'occupaient au-delà de l'Euphrate. Il assembla pour l'expédition d'Egypte une armée prodigieuse. Quatorze ans s'étaient écoulés depuis le traité conclu avec Philopator. Cependant ce prince mourut , et laissa le royaume à son (ils Ptolomée Epiphane , Âgé de quatre à cinq ans. Antiochus, profilant de celle conjoncture , s'avança vers l'Egypte , battit à Panium, près des sources du Jourdain , Scopas général des Egyptiens , et se rendit maître des provinces que PtoloBiée Philopator avait conquises par la victoire de Raphia.
En ce temps-là (2) plusieurs s'élèveront contre le rot du midi. En effet l'Egypte se vit tout à la fois attaquée, sous la minorité de Ptolomée Epiphane, par des ennemis étrangers et domestiques. Antiochus, roi de Syrie, el Philippe, roi de Macédoine, se liguèrent ensemble pour dépouiller ce roi pupille. Ils étaient convenus de porter chacun la guerre dans les pays limitrophes de leurs étals, et de retenir ce qui était à leur bienséance. L'Egypte n'était pas moins menacée au dedans. Agatbocle et sa sœur Agalhoclée , qui avaient si étrangement abusé de leur faveur sous le règne précédent , tentèrent de s'assurer la régence pendant le bas .ige d'Epiphane , par la mort de ses plus fidèles serviteurs. Scopas l'Etolien , qui avait rendu de grands services au père , conspira contre !;« vie du fils, pour usurper sa couronne.
El les enfants des (3) prévaricateurs de votre peuple seront exaltés , pour accomplir la prophétie , et ils tomberont. L'ange qui révèle l'avenir à Daniel interrompt ici les prédictions qui regardent les royaumes d'Egypte et de Syrie , pour lui parler d'un événement qui intéresse sa nation. Il s'agit de savoir queUe est cette prévarication commise par des Juifs, qui seront élevés, pour accomplir la prophétie, et tomberont ensuite. Saint Jérôme Pexplique de l'er. treprise léiiiéraire et impie d'Onias , qui , s'étant retiré en Egypte avec plusieurs Juifs attachés à sa fortune , obtint la permission d'y bâtir un temple sen>blable à celui de Jérusalem. Ils prétendaient aeconiplir cet oracle d'isaîe (4) : En ce temps-là il y aura cinq villes dans la terre d'Egypte, qui parleront le
(1) Dan. 11,13.
(2) Dan. 11, 14.
(5) Dan. 2, 14.
(4) Isai. 19, 18, 19.
785 l'Ain. i\. iiii:oL. k\h:i;t. lin( iii.ku
lanijaje Ut l.kuiutmi, et qui jurirrunt par U Stiijwur liei armées. L'une de cet vitltt s'aiipellera la ville du Soleil. En ce juur-Cà il y aura utt autel tUilié au S<-iyiwur uu milieu lU l't'ijijpie. l'our mifux accoiii|)lir fcUi" |irii|ilii'Ui' , Oiiijs conslruisil wm ti'iii|ilo iluiis le Ivrriluire il'lliliti|i«)lis, qui si(;iiilii' l'ii grec ville du Soleil. Celle a|)|ilie:itii>n arbilraiie et iiianifesleiiienl f;iussc , ne jusliliail pas le projet scliisiuatiquc de bùlir un leiiiple dun& ucie lerie iii:iiii;ère, cl dVripcr aulel contre autel , lualgre la deleiise tant de lois léiléree d'ollrii des saeriliees nu Sei^jneur dans tout autre lieu que celui qu'il avait cliuisi. Le temple appelé Omoii . du iioiu de son fondateur, et la ville peuplée de Juifs autour de ce temple , furenl dans la suite détruits |>:ir les Humains.
Une forte dilliculte s'oppose i celte ingénieuse ex- |ilicaliun. L'événemenl doni parle ici le prophète parait cire du nu^me temps que la minorité de l'iolomco Kpijiliane, agitée de lant de troubles. In tcmporibtts mis mulli ejurijeul ailversits reijem austri. Filii quo'jue i>ra:vaiiculorum, etc. Onias ne se retira en Egypte ei ne bùtil son tenqile que sous le règne de Ptolomée Pliiloniétor , lils d'Lpipliane ; il est donc plus naturel de clierelier une prévarication commise |iar les Juifs dans l'époque que nous avons marquée.
Josèplie (I) el Polybe (2) nous apprennent qu'après la victoire remportée A Panium par Anliochus sur l'armée d'Egypte, les Juils de Jérusalem se retirèrent volontairement de l'obéissance de Ptolomée Epipbane leur véritable souverain ; en quoi, suivant le langage el la doctrine de l'Ecriture , ils prévariquèrent. Ils fournirent à Aniioclius tous les secours qui dépendaient d'eux, pour lui faciliter la prise de la citadelle de Jérusalem. Les bienfaits dont Anliochus les combla durant sa vie, furent la récompense de celle prévarication. FiUi quoque prœvaricatortim populi lui extollentur. Mais leur crime et le bonheur passager qu'il leur procura, préparèrent les voies à l'aeconiplisseineni d'un oracle funeste à leur nation, .asservis par leur propre choix aux rois de Syrie , ils éprouvèrent de la pan d'.\j»tiochus Epiphane, lils d'Antiochus-le- Grand, celle persécution prédite par Daniel , qui désola Jérusalem cl toute la Judiie , el entraîna dans l'apostasie un grand nombre de Juifs. Eitollentur, ut impleant visionem, el corruent
Daniel continue sa prophétie sur Antiochus-le- Grand. Le roi du nord viendra. Il élèvera des terrasses (5). // prendra les villes les plus fortes. Les bras du midi ne pourront soutenir ses efforts. Les plus vaillants d'entre eux se mettront en devoir de lui résister, et ils demeureront sans force. En venant dans les états du Midi, il y fera tout ce qui lui plaira, et il n'y aura personne qui puisse tenir devant lui. Anliochus , après la défaite de Scopas, vint assiéger Sydon , où ce général s'était renfermé avec les débiis de son ar-
(1) Aniiq.judaic. lib. li, chap. 3.
(3i iiau. U 13. 16.