CHAPITRE Vin
P;'< dictions sur la ruine de Jérusalem et de son temple par Us Romains.
Parmi les prophéties de Moïse que nous avons citées dans le premier chapitre, il s'en est trouve une qui annonçait tout à la fois les deux sièges de Jérusalem, l'un par les Chaldéens, l'autre par les Romains, les deux destructions de cette ville et de son temple, les deux captivités du peuple juif. Nous avons distingué dans celte prophétie les caractères communs à ces deux événements, et ceux qui sont particuliers à l'un ou à l'autre. Mais il faut reprendre ce que Moïse a dit de plus exprès sur le second, et y jciadre les autres prophéties des livres saints qui regardent le même événement.
Moïse (3) avait menacé les Israélites des armes d'une nation éloignée, d'une nation qui viendrait des
(2) Dan. 2, 20.
(7)) Peuier. 28. 10 et seq.
extrémités de la terre, qui fondrait sur eux avec l'impétuosité d'un aigle, dont ils n'entendaient pas la langue, qui n'aurait pitié ni de l'âge le plus tendre ni de la vieillesse décrépite, qui mettrait tout à feu et à sang dans leurs villes et dans leurs campagnes, qui renverserait ces hautes murailles dans lesquelles ils avaient tant de confiance. Il leur avait prédit l'affreuse famine qui éteindrait parmi eux pendant cette guerre les sentiments de la nature , et porterait les pères et les mères à se nourrir de la chair de leurs propres enfants. Il les avait avertis qu'ils seraient chassés de leur patrie, dispersés au milieu de tous les peuples d'un bout de la terre à l'autre, emmenés sur des vaisseaux en Egypte, où il leur était si sévèrement défendu de retourner, et vendus dans ce même pays pour y être esclaves sans pouvoir trouver assez d'acheteurs.
Une partie de ces prédictions a pu s'appliquer à l'expédition de Nabuchodonosor roi de Babylone contre Jérusalem. Mais il est visible qu'il n'est aucune d'elles qui n'ait été plus littéralement accompiie dans le siège de cette même ville par Titus , et que les dernières ne peuvent convenir qu'aux événements qui suivirent ce siège. Personne n'ignore que les Jui.'s séduits par de fausses espérances, s'étant révoltés contre les Romains, Vespasien, qui commandait dans la Syrie, marcha d'abord contre eux ; qu'appelé ensuite à l'empire, il laissa le soin de cette guerre à son fils, qui fit investir Jérusalem par son armée, coupa aux habitants toute communication au dehors par les ouvrages dont il resserra leur ville, la réduisit à celle famine qij> produisit ces monstres d'inhumanité prédits par Moïse, fit périr durant ce siège onze cent mille Juifs, et s'étant enfin rendu maître de Jérusalem, vit celle ville infortunée et son temple consimiés par les flammes et réduits en cendre, malgré les précautions qu'il avait prises pour conserver l'un ej, l'autre.
Josèphe, historien juif et contemporain, nous montre dans le récit de cette guerre, où il a eu tanldepart, les marques de la justice divine qui poursuivait les Juifs; marques si éclatantes, que Titus, tout idolâtre qu'il était, ne put les méconiiallrc. il attribua hautement sa victoiresur les Juifs à une puissance supérieure dont il n'était que le ministre et l'instrument. On peut voir dans l'admirable discours de M. de Meaux sur l'histoire universelle les prodiges qui précédèrent le dernier siège de Jérusalem, ceux qui l'accompagnèrent et qui le suivirent. L'unique merveille que nous envisagions dans cet événement, c'est qu'il a été prédit. Nous renvoyons à un autre chapitre l'exil, la captivité, et la dispersion des Juifs.
David a prophétisé cette rume lie Jérusalem dansie psaume 68, où il décrit avec tant de clarté les souffrances et la mort du Messie. Il annonce aux auteur» d'un si noir forfait que leur (1) habitation sera aeserte et inhabitée. Jésus-Christ répéta celte prophétie, et
8-2;. l'AUr. IX. TIIKUL. lAMiKT.-I.'I.M.m.lil I en tli'ifriiiiiu II- âciis, iurt<|u\i|>rty« avoir dcp^uré le» niaui i|uf Ji'rusali-iii Uevail i'|irouvi'r, il ajouta ces prolcîi: Vvità que (I) voire maisuii va devenir di'serle. Main quelque claire que suit cette [iruphètie, nous on avons une autre plus coiivaincanto dans raiicien Teslanient ; et il n'est pas ti'inps encore d'examiner celles que Jésus-Clirist a faites.
Daniel s'était mis en prières pour implorer sur lui et sur le |H>uple d'Israël lu miséricorde divine. A ne jui;er île l'objet de ses vœux que par le premier sens qu'ofl're son discours , il paraissait ne demander (|ue la tin de l'esclavage des Juifs dans la Clialdéc, leur retour dans la Ïerrt>-Sainie, le reiablissenieni de la vHIe el du temple de Jérusalem. Mais la réponse que lui apporta un ange , pour le consoler, prouve que ses di'sirs s'élevaient plus liant , et qu'il demandait une plus haute délivrance, déj:\ prédite par les prophètes, comme celle dont Jerémie avait tixé la date à la soixante-dixième année.
Écoulez ces paroles (i), lui dit-on, et compreuez cette vision. Soij:aiite-dix semaines ont été déterminées sur votre peuple et sur la ville sainte , afin que la prévarication soit consommée, que le péché trouve sa fin, q:i3 l'iniquité soit effacée , que les visions et les prophéties soient accomplies, que la justice éternelle vienne sur la terre, et que le Saint des saints reçoive l'onction. Stuhez donc et remarquez bien ceci. Depuis l'ordre qui sera donné pour que Jérusalem soit rcbàlie jusqu'au Christ, chef de mon peuple , il y aura sept semaines et soiianle-deux semaines ; et les places et les murailles de la ville seront bâties de nouveau dans des temps difficiles. Et après soixante-deux semaines le Christ sera mis à mort ; et le peuple qui le doit renoncer ne sera plus son peuple. L'n peuple avec son chef qui doit venir détruira ta ville et le sanctuaire. Elle finira par une ruine entière ; et la désolation qui a été résolue co]Uinuera après ta fin de la guerre. Il confirmera avec plusieurs son alliance dans une semaine ; et dans le milieu de cette semaine, les hosties et les sacrifices seront abolis. L'abomination de la désolation sera dans le temple ; et la désolation durera jusqu'à la consommation et jusqu'à ta fin.
Rien ne prouve mieux que cet oracle célèbre combien notre controverse avec les incrédules est indépendante des questions qu'on a tant de fois agitccs sur le sens des prophéties. 11 s'en présente deux sur celle-ci : l'une qui partage les interprètes chrétiens ; nous aurons occasion de la traiter avec plus d'étendue dans la seconde partie de cet ouvrage; l'autre entre les Chrétiens et les Juifs. Les interprètes ne s'accordent pas sur le commencement et la fln des soixante-dis semaines. Les Juifs prétendent qu'il ije s'agit pas dans cet oracle de Daniel de l'arrivée el de la mort du Messie.
On a souvent observé que Dieu n'a pas permis qu'une preuve si décisive contre les Juifs pût être obscurcie pai des disputes de critique et de chronolo-
(1) Mallh. 93, 58. Lu,". 13, ô5.
(2) Dan. 9, 25 , cl seq.
lU. liO.WAIMU; l'AK I.IIS l'KOI'lILTIES. S-20 gie. Kn eiïet , que le commenccincni des soixanlc-ilii semaines soit livé à l'edit accordé par Arlaxerxès Longuemaiu à la prière d'Lsdras , ou ii celui que Néliémias obtint de ce prince ; qu'il ait été associé à l'empire par son père Xerxès, ou qu'il ne l'ail pas été, alternative qui augmente ou (|ui diminue les années de son règne ; que les semaines de Daniel Soient composées d'années (1) solaires ou lunaires , les Juifs sont également confondus, cl le triomphe du christianisme est complet, quelque sentiment i|u'on embrasse. Nous n'av(ms besoin contre les Jui!s que de ces deux raisonnements , aussi victorieux qu'ils sont sinqilcs. 1° Les soij^ante-dix semaines de Daniel sont écoulées. Or, le Messie .1 dû arriver avant qu'elles finissent. Donc il est déjà arrivé. 2° La ville el le temple de Jérusalem ont été détruits par les Romains. Les sacrifices de la loi mosaïque ont été abolis. Or, suivant cet oracle , la venue du Messie a dû précéder ces événements. Donc , encore une fois , il esl arrivé. Il était digne de la majesté de Dieu et de sa boiU<;
(1) Les incrédules peuvent demander pourquoi on veut les obliger à croire que les 70 semaines de Daniel sont un espace de 4!I0 ans. La réponse à cette question est que le terme original qui répond à celui par lequel nous exprimons le nombre de sept jours ne signifie en général qu'un nombre septén;iire qui peut s'ajipliquer à tout espace de temps ; de là vient que quelipies Juifs, pour éluder cet orac!e, ont voulu !'ex|)lii]uer de semaines décennales ou de dix années chacune , de semaines jubilaires ou de cin<|uaiite années chacune , de semaines séculaires ou de cent années chacune : en quoi néanmoins ils n'ont pour eux aucun exemple ni de l'Écriture ni de quelque autre auteur ancien ; et ils contredisent, comme nous Talions voir, le texte de Daniel. Mais la semaine, hebdomus, ou le nombre septénaire, s'applique dans la Lingue hébraïque aux années comme aux jours. Xons compterez , est-il dit au Lévilique :23, 8, sept semaines d'années qui font ensemble 49 ans. .\ristote chez les Grecs , et Varron chez les Latins nous fournissent des exemples de pareilles semaines. 11 est évident que le prophète n'a pu parler de semaines de jours. Les événements qu'il prédit sont trop reculés au-delà du terme de -190 jours. 11 semble même que , pour mieux lever cette équivoque, il fasse mention dans le chapitre suivant des trois semaines de jours , pendant les(i\:clles il jeûna : In diebus illis ego Daniel lugebam trium hcbdomadurum diebus. 10, 2. L'on a lieu do croire, qu'il a voulu distinguer ces semaines de jours des semaines d'années dont il avait parlé auparavant. De plus ces 70 semaines lui ont été annoncées à l'occasion des 70 années que devait durer la capii\ité des Juifs à Babylone. Il est aisé de sentir le rapport entre cet espace de temps, qui faisait l'objet des méditations du prophète, et ce même espace multiplié par le nombre de sept, que l'ange lui révèle. C'est comme s'il lui disait 70 ans d'esclavage ont eié marques au peuple juif. Il y en aura sept fois davantage ou 490 ans, jusqu'à la délivrance plus précieuse qui lui est promise. Enfin il ne peut être question de semaines ou décennales, ou jubilaires, ou séculaires . telles qu'il a plu à quelques Juifs de les imaginer. Les semaines de Daniel ont dû èlre écoulées avant le siège et la prise de Jérusalesn , avant l'abolition des saerifices mosaïques, avant la dispersion des Juifs. Or. elles ne léseraient p.is même encore, s'il s'agissa.i d'un espace aussi long , qui n'a été pioposé que pour se débarrasser dune prophétie dont la destiiiation manifeste est de fixer les vœux cl rattenlc des Israéli'.cs sur la venue du -Messie.
pour les hoitimes , de leur faciliier IVlude cl rintelligence d'une des principales preuves de la Religion. C'est par ce nioiif que, voulant donner une date certaine de l'arrivée du Messie, il a aiiaclié celte date, non à des suppulaiions embrouillées ou à des faits susceptibles de contestalion , mais à des événements connus et avoués de tout le monde, comme la prise et la ruine de Jérusalem , l'abolition des sacrilices de l'ancienne loi , ou à «n signe qui n'est pas moins évident, je veux dire la (in des soixanie-dix semaines, personne ne pouvant douter qu'elles ne soient écoulées depuis longtemps.
Si la victoire sur les Juifs n'est pas difficile, celle sur les incrédules l'est encore moins. Que faut-il prouver contre eux? Que Daniel a été un véritable prophète, et qu'il a prédit des événements qu'il n'a pu savoir qi:e par une lumière divine. C'en est assez pour les confondre , quand même il ne serait pas question dans le texte que nous avons rapporté de l'arrivée du Messie. Or, n'est-il pas de la dernière évidence qu'au moins le siège de Jérusalem par les Romains avec toutes ses suites est renfermé dans la prophétie de Daniel. Lorsqu'elle a été faite, cette ville n'était pas encore rebâtie ; et c'est déjà une première prédiction que d'avoir annoncé son rétablissement. C'en est une seconde plus merveilleuse encore que d'avoir prédit la nouvelle destruction de Jérusalem , qui ne devait arriver qu'après plus de cinq siècles. Daniel voit le peuple et son chef auteurs de celle deslruciion. Il voit le temple enveloppé avec la vi'le dans une même ruine , si entière du reste et si irréparable, qu'il la compare , selon la force du texte original , à un déluge qui couvre et qui submerge la terre. Il voit que la désolation des Juifs n'est pas terminée par la guerre où ils ont été vaincus. L'abominalion de la désolation est dans le lieu saint, et la désolation continue jusqu'à la fm des siècles. Tout cela s'est accompli, lorsque les Romains conduits par Titus , et cessant de ménager les Juifs , dont ils voulaient punir la rébellion , introduisirent dans la Terre- Sainte l'abomination de la désolation, en y déployant leurs enseignes , qui représenlaicnt leurs dieux et les empereurs objet de leur adoration ; lorsqu'après s'être emparés de Jérusalem, ils la rasèrent jusqu'aux fondements , et brûlèrent ce lemple auquel le culie judaïque était attaché. L'accomplissement de celle prophétie subsiste encore à nos yeux par la désolation <lu peuple juif, qui a toujours duré depuis leur défaite , cl dont ils n'ont aucun espoir de se relever.
Je sais que le chevalier Marsham , aulcur d'un Canon chronologique estimé par quelques savants , ré- P"0uvé par les autres, fait (1) finir les soixanle-dix semaines de Daniel longtemps avant la naissance de Jésus-Christ, et qu'il ne voit que la persécution d'Anliocbus dans les malheurs annoncés aux Juifs par celle prophétie. Une telle explication ferait triomplicr '.es Jui.'s , Cl nous enièverail l'avantage de montrer
(!) Can. Chron. îccbI. 18 , p. 610 ei,seq.
LEFR.\NC DE POMPIGNAN 82!«
dans ces pa.'-oles à rorpl:yi'e cl aux autres incrédules une pré.liciion accomplie après le temps des Machabées. Mais pour juger de cette csplication, je priesealement nos incrédules de se rappeler ce qu'i's oui lu dans toutes les histoires , et je m'en rapporlc ensuite à leur bonne foi.
La désolation prédite par Daniel a ces deux caractères : elle détruit entièrement la ville el le temple de Jérusalem ; elle ne (Init pas avec la guerre, et doit durer jusqu'à un temps dont le prophète ne marque pas la fin. Trouve-t-on ces deux caractères dans la perséculion qu'Antiochus lit aux Juifs? Il entra à la vérité avec son armée dans Jérusalem , qui ne lui fil aucune résistance. Il pilla la ville et le lemple. Il plaça sur l'autel du Dieu vivant l'idole de Jupilcr Olympien. 11 exerça d'affreuses cruautés contre les Juifs fidèles à leur loi. Mais des pillages cl des profanations ne sont pas une ruine totale. La ville ne fut brûlée qu'en partie. Le temiile subsista dans son entier. L'un et l'autre reprirent Lieniôl après leur première splendeur, cl le Heu saint souillé par Aniiochus fut purifié par Judas .Machabée. Celte désolation fut courte. Les victoires de Judas et de ses frères rendirent aux Juifs non - seulement rexcrcicc tranquille de leur religion , mais une parfaite iibcrié , en les affrancliissant de louie domination clrangère. La désolation ne dura donc pas (1) après la'Juerre, ou, pour mieux dire, elle finit auparavant ; et de quelque façon qu'on envisage celle qui est annoncée par Daniel , il est impossible de méconnaître la deslruciion de Jérusalem par les R(miains, et l'étal déplorable du peuple juif, suite encore subsisianle de cette destruction.
Celle preuve historique et facile à comprendre réfute sufiisammer.i l'inlerprélalion du chevalier Marr sliar.i. M;ds elle a beaucoup d'auires défauts , que je me conicnterai d'indiquer en peu do mois pour no p:is m'écarler trop de mon sujet.
1° Il supiiose que celte révélation fut faile à Daniel îa vingt-unième année de la ca|iiivi!é des Juifs dans la Chaldée; d'où il conclut que les quarante-neuf ans qui restaient jusqu'au réiablissemcnt de ce peuple par les ordres de Cyrus forment les sept premières se.Tiaincs qu'il trouve dans la prophétie : Ab exiiu
(1) Le sens que le chevalier Marsham d(>nne à ces paroles détruirait celle preuve, s'il était vrai. Car, ;iu lieu de rendre ainsi le texte original , la désolaliun n'solue. durera Ciicore après la fin de la guerre ; il traduit au conlraire : Ltle ne durera (pie jusqu'à la fin de ta guerre : Usqiie ad fiuem beili decisœ dcsnlalioue^. Mais la suite de la prophétie démenl celle explicaliou. Car elle finit par ces paroles : La désolation durera jusqu'à la consommation et à la fin. Ce qui prolonp/i la durée de celle désolation beaucoup au-delà du temps où Jérusalem el son temple lurent ruines. D'ailleurs le sens que Marsham attribue à Daniel sérail manifestement Taux. La désolation causée au pi'H|)le juif par Aniiochus finit par les victoires de Judas Machabée. Mais la guerre dura longicmps après. Elle ne lut terminée (|ue lorsque les rois de Syrie , successeurs d'Anliocbus Epiphane, reconnurent l'indépendance de la nation juive et l'autorité légilimç des princes asmoncens.
su lAIlT. IX. IIIFOI.. KXKGKT.-I.INCIlKOr
»€nnom$, ut ilcriim iTJifictlur Jérusalem, uique ad l.ln illum ilmem, hebdomaUes itptem (1) ; et que ces di'iix l'spuces tli- lenips jomls ensemble 8011I les soKanledii ans (le cu|ilivué (irt-tlits par Jcréiiiie. Or, il est l'uiislaiit que (•!) ce Darius , /i/j d'Assui'rus , de lu race des iièdes, qui était à la première aimée de sou lèijne tur ta Chaldi'e , lorsque cette révélation arriva , est le jiriuee connu ilaiis l'Iiistuirc profane sous le luiiii i'" <')a\are, onole el pnilcefsseur iiimiéiliat de (!vrus dans l'euqiiro d'Orient, le même dont il est dit aux versets 30 et ôl du 5' chapitre de Daniel, qu'il cornnif/tfa (on règne dans Babyloue, âgé de 02 ans , après la mort de Uallhaiar ; le même qui fit jeter. m:di;ré lui , Daniel dans la (osse aux lions, et lui rendit ejisuilc SC& bonnes grAces, dont il lui avait donné auparavant des témoignages si éclatants ; le même enliii dont il est dit au verset 28 du 6' chapitre de Daniel , que ce prophète vécu! jusqu'à son règne , el à celui de Cyrus , son successeur. Il ne restait donc pas quarante-neuf ans depuis le tcnijiB de celle révélalion , qui arriva la première année du règne de Darius le Mède :\ Babylone , jusqu'à celui du rétablissement des Juifs par les ordres de Cyrus. Cet événement iu contraire était sur le point d'arriver. Les soixanledix semaines louchaient à leur (in ; et Marsham cherjt:he inutilement dans l'édit de Cyrus , pour le retour des Juifs, le terme des sept premières semaines, qu'il juge h propos de séparer, par une époque parliciiliére, des soix.inlc-deux autres qui les suivent dans la prophétie de Daniel. Si la preuve même qu'il apporte de cette date de 21 ans, mériiait quelque aiteniion , elle se tournerait contre son système. Il pré'.end (sans aucune apparence à la vériié ) que celte date est exprimée par le jeûne de Daniel qui dura trois semaines de jours, raconté aux versets 1 et 2 du 10' cliapiire. Ce jeûne arriva la troisième année du règne de Cijr.is , verset 1 du même chapitre. Ce n'est donc pas la vingt-unième année de la captiviié des Juifs à Babylone, et quarante-neuf ans avant leur rétablisscniont par les ordres de Cyrus , que D.-iniel a eu sa révélalson. 2° Tout lecteur atieniif et sincère conviendra que les soixante-dix semaines annoncées à Daniel font un espace continu et successif ; et qu'il faut par conséquent trouver 490 années depuis le temps où ces seinaines commencent jusqu'à celui où elles finissent. Marsham est bien éloigné de ce compte dans le labyrinthe de calculs où il s'égare. Je ne lui conteste pas, comme j'aurais droit de le faire , les deux époques difl'érentcs qu'il choisit pour le commencement des septs premières, et pour celui des soixante-trois suivantes , quoiqu'il soit évident que les sept et les soixante-deux semaines, et enfin la dernière dont il est parlé , verset 27 du chapitre 9 , formant toutes (5)
(1) Dan. 9,25.
2) Dan. y, 1, 2.
(j) Celle décomposition d'un nombre total en jilusieurs nombres partiels n'est pas sans exemple parmi les Hébreux. Nous lisons dans EzéchicI, 43, 12 , que vingt siclcs , vingt-cinq sicU's cl quinze sicic.s , en l<iUt i.jivanle sicîos . fcni la ti.i-ie. Nons .ajuit, v! i'l';s h"iil