CHAPITRE PREMIER
Messie promis aux Israélites. Développement successif de celle promesse. Epoques de son accomplissement désignées.
Il serait facile de prouver que l'attente d'un Messie remonte à l'origine de l'univers ; que cette tradition s'est conservée sans interruption depuis nos premiers aïeux jusqu'à leur postérité la plus dispersée ; qu'altérée par les fables et déguisée par les inventions de l'esprit humain , à mesure qu'elle s'est éloignée de sa source , elle a fait néanmoins le fond de toutes les religions. Mais cette discussion étrangère à notre sujet nous mènerait trop loin. Il s'agit maintenant de montrer aux incrédules , non ce qui a été oxu en tout temps et en tous lieux , mais ce qui a été prédit aux Israélites et accompli dans le christianisme.
Les incrédules ne nieront pas que les Israélites n'aient toujours été persuadés qu'il devait venir sur la terre un Messie , c'est-à-dire, un envoyé de Dieu , dont la puissance égalerait la sagesse , la justice et la bonté. Leur religion porte sur ces deux londemenis, l'adoration d'un seul Dieu , et l'attente d'un Messie tel qu'on vient de le décrire. Cette attente dure encore parmi eux et ce fait qui a le monde entier pour témoin, démontre avec la dernière évidence , que la tradition du Messie promis est plus ancienne que le christianisme.
S'il est possible de chercher un témoignage plus convaincant , que les incrédules ouvrent les livres des Juifs , ces livres que les chrétiens ont reçus de leurs mains, que les ans et les autres révèrent comme inspirés. Ils y trouveront presque à chaque page quelque prédiction sur l'arrivée du Messie. Celle longue suite d'oracles , dont les Israélites n'ont jamais révo-
LEFRANC DE POMPÎGNAN. Rf,S
q\ié en doiile la divinité , avait fortifié dans cele nation le désir et l'espérance d'un bien que les pères ne cessaient d'annoncer à leurs enfants. Les textes de l'ancien Testament qui prédisent le Messie sonl sans nombre. Nous citerons bieniôl les plus remarquables, et ce serait perdre un temps précieux que de s'arrêter davantage à établir contre les incrédules qu'avant la naissance et la prédiction de Jésus-Christ lo Messie était attendu par les Juifs et prédit dans les livres de leur religion.
Voilà donc l'une des deux conditions dont on a vu la nécessite dans le discours préliminaire, incontestablement remplie à l'égard des prophéties que nous allons exposer. Ce n'est pas seulement l'existence, c'est encore la publicité des prédictions qui précède les événements. Nul motif de craindre la supposition d'un faussaire , qui lire loul-à-coup des ténèbres une prétendue prophétie de fails déjà arrivés. Les oracles que Jésus-Christ a réclamés en sa faveur, n'ont été fabriqués ni par lui, ni par ses disciples. Il les a trouvés en possession d'une autorité acquise depuis plusieurs siècles ; et sans qu'il soit nécessaire de justifier leurs dates avouées d'un commun accord par les Juifs et par les Chrétiens , les incrédules doivent convenir qu'il n'a été au pouvoir de personne d'insérer après coup dans l'ancien Testament les prédictions que nous soutenons avoir été vérifiées dans Jésus-Clirist et dans son Eglise.
Il ne reste à examiner que l'autre condition. Les événements sont-ils désignés si expressément par les propliélics qu'il n'y ait rien d'équivoque ni d'arbitraire dans l'application des prophéties aux évé.nemcnts? C'est à quoi se réduit toute la dilTienllé. Avant de la résoudre , il est à propos de faire voir par quels degrés la prédiction du Messie a passé, jusqu'à ce qu'elle ait été fixée sur la race de David , et à quelles époques son accomplissement a été lié.
La première promesse du Messie , rapportée dans l'ancien Testament , n'en apprend autre chose , «inon qu'il devait naître d'une femme. C'est Eve, c'est la mère de tous les vivants, qui selon l'Iiistoire de Moïse s'est précipitée elle-même et a entraîné l'humanité dans un abîme de misères. Mais elle n'a désobéi à Dieu qu'à l'insligaiion d'un esprit pervers Iravesii sous la forme du serpent. Le Juge suprême qui la punil, cl qui enveloppe c'ans celle punition son époux complice du même crime , avec toute leur postérité , déclare , avant même de prononcer l'arrêt de leur condamnation , que de la race de cette femme séduite par le démon sortira l'ennemi irréconciliable et Ifc vainqueur du serpent infernal. Je mettrai (l), dit-
(1) Inimicitias ponam inler te et mulierem , el SPiiicn tuum, et semen illius. Ipsa conleret cnput tuum, et lu insidiaheris calcaneo ejus. Gènes. 3, ih.
On sait que suivant le texte original et les plus anciennes versions, le pronom ipsa, se rapporte non à la femme mais à son rejeton. L'Eglise' en adoptant la leçon de la Vulgale , ne reconnaît dans la femme la force d'écraser la tête du serpent, que par l'enfant qu'elle doit mettre au monde.
8C9 IVMir. I\. TIIKOI.. FAKC.KT. -I.IM.HKhl I il à ce s.-iliifli'ur, Miii; inimilié éternelle entre loi et In femme , entre ta race et lu tienne. La race île lu femum l't'cratera la If le , et lu l'etforceras île Ini montre le lahn. Ce rwlaiirall'ur do la iialuri» liiiiiiaiiic il(''j;ra- (Itv , col iHro liii-iil°ais:uit , liai ol allaciiu- par le démon , mais sinirrii'iir à sa raj;o cl à sa malice, n'csl-il |Kis le vcritaliîc Messie? Toutes les victoires que les Juifs en altemletit sont-e!les eninparables nii triomplic «pi'il iloil remporler sur le plus rurieiit et le plus redoutable eiiiit'iiii?
L'Iiomnii! ("ut averti di^s lors ipie son libéralenr serait son frùre; (|u'il ne descendrait point du ciel s;ins sortir de la terre; qu'il naîtrait d'une femme, revi^n par coniîi''(|m'nt des apana'^es de riiinnanilé, alin que la cause de iios nianx en devînt le remède. Mais il ne sullis.tit pas de savoir que le Messie serait boninie. Quelle heureuse finiillc , dans la inulliludc iimnmbrablc de celles qui peuplaient l'univers, devait lui donner la naissance?
Celle d'Abraluin lui choisie. Ce saint homme, lidèle au Dieu de ses pères dans un siècle et dans un pays où il n'avait plus ni culte ni autels, mérita par l'ardeur et la constance de sa loi une protection particulière du ciol. Le Dieu qu'il servait le fit sortir de sa patrie, pour aller dans une terre inconnue; et dès ce munienl il l'assura (1) qu'e/i lui et dans sa race lotîtes les nations, tontes les familles de la terre seraient bi'nies. Celle promesse souvent (2) renouvelée au même Palriarclic déterminait au sang d'Abraham la descendance du Messie. Une bénédiction répandue sur tous les peuples élail inséparable de la présence ei du ministère de celui que Dieu e.nverrait sur la terre , pour y èire rinierprèie de ses volontés et le dispensateur de ses bienfaits. Aussi celle promesse a-i-elle été le l'ondcmeni de l'espérance des Juifs et des prcrogalivcs qu'ils se sont (laiiés d'avoir sur les •lutres nations. Ils ont vu la môme promesse iransiiMse non à Ismaël (ils d'Agar, non aux cnfanls de Cétura, autre femme d'Abraham , mais à Isaac (Ti), fds de Sara, l'épouse chérie, la seule qui en ait eu le titre et la prééminence. D'Isaac, ce précieux héritage passa au eadc de ses enfants. Esaû , l'aîné, mérita d'en cire exclus. Dieu promit à Jacob , comme à son père et à son aïeul , i[-\'en (4) lui et dans sa race taules les tribus de ta terre seraient bénies.
Ainsi les Israélites issus de Jacob étaient assurés que le Messie naîtrait au milieu d'eux; et que les autres nations descendues d'ALraham et d'Isaac n'auraient rien à prétendre à celte inestimable faveur. Mais Jacob avait dou/.c enfants , chefs d'autant de tribus qui composaient le peuple d'Israël. Si une distinction de celle nature eût été due à l'innocence et à la vertu , sans doute Joseph aurait élé préféré à SCS frères, pour être la lige du Messie. Mais Dieu qui avait suivi cette voie dans la famille. d'Abraham, vou-
(3) CcnèR. 12, ô.
(2) Ihid. 13, 18; ibid. 22, 18.
{'->) <;enès. 20, i.
<4, Cenès. 28, 11.
.ITi: ( llNVAINCIi; PAU I.F.S l'IlOPlIKTIF.S. fiTO lut m(niln'r dans celle de J.icob, que par dm vu<.-s «if dément saines, la généalo^ne du Messie |H>uvait être mêlée de pécheurs. Il annonçait, en le promettant, le chef-d'œuvre de Ra ndséricorde; et il lalhui préparer les iKunnii^s à recevoir U: Messie , non comme attiré sur la terre par la justice de ses habitants, mais comme envoyé d'en haut, pour la purifier des iniquités dont elle est couverte. Juda , tout souillé qu'il était du vice de l'incontinence , coupable avec huit de ses frères du projet odieux de tremper ses mains dans le sang de Joseph , et n'ayant détourné ce crime que par le conseil injuste , quoi- (pie moins barbare , de le vendre à des élrangers , Juda lut celui des enfants de Jacob dont on destina la tribu à donner le Messie au momie.
I.e teslanionl prophétique de Jacob, déjà cité dans la première partie de cet ouvrage, manifesta cette destination. Ce vieilbird vénérable, entouré de ses douze fils, préilit à chaciin le sort de sa postérité. A peine .1t-il jiroféré le non, de Juda, qu'il s'écrie, transporté do joieet d'admiration : {l)Juda, tes frères te loueront. Ta main sera sur ta léte de tes ennemis. Les enfants de ton père t'adoreront... Le sceptre ne sera pas retiré de Jnda, ni le conducteur, de sa race, jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et qui sera l'alten'.e des nations.
Ces paroles indiqueraient encore plus clairement que le Messie devait sortir de la Iribu de Juda, si , par une construction à laquelle rien ne, s'oppose, et qi.'i lève, comme nous le verrons bientôt, les principales dilliculîcs du texte, on lisait : Jusqu'à ce que l'envoyé de Dieu et le désiré des nations vienne de sa race (2). Mais en conservant la leçon ordinaire, et sans détacher de la phrase précédente ces mois de sa race, on voit toujours que Jacob promet à cette race de Juda l'honneur d'enfanter le Messie. Quel autre fondement peuvent avoir ces louanges que Juda recevra de ses frères, portées jusqu'à l'adoration, celte force invincible contre ses ennemis , ces magnifiques prérogatives perpétuées dans sa postérité jusqu'à l'arrivée du Messie;? N'est-il pas évident que ce roi successeur de Juda doit recueillir son patrimoine en montant sur le troue, et fonder un nouveau royaume sur les nations étrangères comme sur ses propres citoyens , au moment que ses ancêtres seront totalement dépouillés de leur gloire et de leur grandeur?
Celte prédiction est si peu susceptible d'un autre sens, qu'elle a sulii pour apprendre aux Israélites de quelle tribu le Messie devait naître. Quelque émulation qu'il dût y avoir entre les douze tribus, pour aspirer à un si grand avantage , aucune ne Ta disputé à celle
(1) Jnila te laudahunt fratres lui. 5Ianus tua in cervicibus inimieorum luorum. Adorabunt le iilii patris lui... Non aiilcrelur scepirum de Juda, et diîx bE fejioRE EJiis, donec veniat qui mittendus est, et ipsc erit expectatiogentium. Ceues. -i!), 8, 9, 10.
(2) Cette leçon ne peutsubsister, qu'en plaçant la virguleaprèsces moLs et dux, et en rapportant ceux-ci, de femore, à la phrase suivante : Non auferctur sceptrumdeJuda et dux, de femore cjus donec veniat qui mittendus est.
de Juda : ni la tribu de R;iben l'aînée de lotîtes, ni celle de Lévi honorée du sacerdoce, ni celle d'E phraïm principale héritière des bénédictions abondantes accordées à Joseph, ni celle de Benjamin si guerrière, et qui donna au peuple d'Israël son premier roi. Toutes ont constamment attendu leiH- Messie de la tribu de Juda, et toutes ont puisé cette attente unaniiue dans l'oracle de Jacob qui vient d'être allégué.
11 n'a pas été moins constant que, parmi toutes les familles de la tribu de Juda, le Messie tirerait son origine de celle de David. Les Juifs en étaient convaincus, lorsque Jésus-Christ parut au milieu d'eux. Que vous semble du Cltrisl (1), demandait-il aux Scribes et aux Pharisiens, de qui doit-il être fils ? de David, répondaient-ils sans hésiter. Réponse qui annonçait une conviction ancienne et généralement établie dans le corps de la nation, particulièrement consignée dans les écrits et les enseignements des docteurs de la loi, et qui donna lieu à cet argument si pressant contre les hommes qui méconnaissaient le profond mystère de l'incarnation : Si le Messie, ajoute Jésus- Christ, est fils de David, comment ce même Daiid i'appelle-t-il son Seigneur dans ces paroles du psaume 109 -ie Seigneur a dit à mon Seigneur, asseycz-tous à ma droite ? Les apôtres dans leurs premières prédications aux Juifs supposaient avec une égale confiance le principe admis par tout Israël, que le Messie devait naître de la race de David. Ce roi prophète (2), leur disait saint Pierre, sachant que Dieu lui avait promis avec serment que son trône serait rempli par un de ses descendants, a prévu et prédit la résurrection de Jésus- Clirist. S. Paul rappelait dans les synagogues la même promesse, suivant laquelle il soutenait (5), que Dieu avait fait naitre le sauveur Jésus de la semence de David.
Il ne faudrait pas d'autre preuve que ce consentement universel des Juifs au temps de Jésus-Christ pour s'assurer que leurs livres prophétiques plaçaient l'extraction du Messie dans la famille de David. Quelle autre autorité eût pu réunir leurs esprits dans un point de cette importance? Mais indépendamment d'une présoKîptioH si forte, nous pouvons en juger par nos propres yeux. Nous voyons d'abord que le prophète Nathan lit (4) connaître à David qu'après sa mort Dieu lui donnerait un successeur de sa race, dont il affermirait le trône pour toujours. L'objet immédiat de cette promesse était à la vérité Salomon, fils et héritier de David, destiné à construire, dans le sein d'une longue paix, un temple que les mains ensanglantées de son père ne devaient pas commencer. Mais la gloire et les richesses de Salomon ne remplissaient pas toute l'étenduede cet oracie. On prévoyait (5) dès
(1) Matth. 22. Marc. 12. Luc. 20.
(2) Aci. 2, 30, 51.
(3) Act. 13, 23.
^i) 2 Reg. 7, 12, 13.
(5) Qui si inique aliquid gesserit, arguam cum in Tirgâvirorum et in plagis filiorum hominum. Misericordiam autem mejim non auferam ab eo, sicut absluli àSatil... et ffdelis erii dnmus tua, et regnum
lors que lut ei quelques-uns de ses descendants pouvaient se rendre criminels; et pour montrer que la promesse faite à la postérité de David, s'étendait plus loin qu'une succession ordinaire de princes du même sang, on déclarait que les châtiments exercés sur les coupables descendants de David n'empêcheraient pas que sa maison et son trône ne subsistassent éteriellument.
Nous retrouvons cette prophétie pins claire encore et plus expresse dans les psaumes 131 et 88. Dans le j)reniier, Dieu rappelle le serment (1) qu'il a fait à David de maintenir sa famille sur le trône, et il proteste de nouveau que ce serment sera exécuté. Les paroles suivantes (2) semblent en faire dépendre l'exécution de la fidélité des enfants de David à gapder la loi du Seigneur. Mais il faut distinguer dans celte promesse deux objets, l'un conditionnel, l'autre absolu et irrévocable. L'objet conditionnel est la possession constante cl paisible de l'empire des douze tribus, et d'un royaume dont Jérusalem serait la capitale. Si les enfants de David avaient imité ses vertus, ils auraient égalé sa puissance , régné comme lui sur toute la Palestine , et le siège de leur empire fut demeuré sans interruption dans Jérusalem jusqu'à la venue du Messie. Par le défaut de cette condition la postérité de David a été privée de son autorité sur lix tribus d'Israël, chassée ensuite de Jérusalem et réduite en une captivité, après laquelle on ne trouve plus dans cette famille aucune trace de succession royale. Mais un second objet de cette promesse indépendante de toute condition est la naissance du Messie, qui devait occuper le trône de David et en rendre la possession éternelle dans la famille de ce prince.
On a déjà vu, dans la prédiction de Nathan, que les ini(juitcs de Salomon et des autres descendants de David ne devaient point former d'obstacle à raffermissement inébranlable de son trône et dosa maison : Qui si inique aliquid gesserit... misericordiam nieam non auferam ab eo... et fidelis crit domus tua et regnum luum usqne in œternum. Cette éternité de puissance est prédite d'une manière non moins absolue dans le psaume 88 : Si les enfants de David (3), y dit Dieu , abandonnent ma loi, s'ils violent mes commandements, je punirai leurs péchés. Mais je ne retirerai point ma miséricorde de dessus sa race. Je ne romprai pas mon alliance, et je n'annulerai pas les promesses sorties de ma boiiche. Je l'ai juré une fois à David, et je ne lui manquerai pas. Sa postérité durera éternellement. Son trône subsistera en ma présence comme le soleil et la lune, dont le cours est un témoin fidèle dans tes deux de ma toute-puissance et de l'invariable uniformité de mes lois.
tuumusqtieii/Eetemum ante faciem meam, et thronns tuus erit firmus jugiter. 2 Reg. 7, 14, 15, 16.
(1) Juravit Dominus David veritatem, et non frusirabitur eam...be fructu ventristui ponam super sedem tuam. Ps. 151, 11.
(2) Si cuslodierint filii lui lesLimenturn mcum ci tesliinonia mea haec qu.t docebneos. Ibid. 12.
(5) Ps. 88, 51-38.
h7j l'vur. i\. iiiiiii.. KXK(.KT.- i.iMiiinii.ni; connainc ik par i.i:s i'ikh'jiitiks. mi
F.t ff ijui prouvf ijurt ci'iii- pniniiiwt! rtMifiTiiio collfi il'i Mcssit» , tV'sl i|Uc raiili'ur ili; lo |jsjuiiii>, l'iiiiiiyoîs*! durant la citptMte de liali>loii(-, a>lr<'!>st' loul di* siiilc U parole à l»ipu, pour lui rrpre&onlcr les funestes riin:ii.'(|uriu'i-s (|no tir<-iit lis riiiii-iiiis ili; son mmi ilo ropprcssidii ilu |ic'U|iU' d'UiMcl, cl il>' r.iliaissfuifiil de la maison di' l»a\id. Vous avez promis toutes ces 4-lioses, tlit il à Dieu (I), e< efi)eiuliuil rous ava banni de Jérusalem et de la Tern--Saiiite votre peuple et ses to'm; rous les ai Cl rendus un obji-t île viépris, et vous diffêrei la ve.iue de loire l liiisi. Il continue la description des maux qui accablent Israël et la rainillc royale ; et .•^p^^s avoir demandé ;"i l>ieu leur délivrance cl leur rélablissenionl, il le eotijuie de (i) se souvenir du repimlie iijnneuj: que les luttions étranrjcies foui à ses serviteurs, iiuela piomesse de ce .Messie, ijui devait naître «le la race de David, était révoquée. Comme s'il (lisait : Nous , Seigneur , qui connaissons l'ininiuablc vérité de vos paroles, nous ne douions pas qu'elles ne s'accomplissent ; mais les nations inddi les , lenioins de noire exil et de notre esclavage, demandent d'où peut sortir ce Messie que nous attendons, enfant et successeur de David. C'était donc le zèle et non la défiance qui dictait cotte liiimlile et l'ervcnte prière. L'auteur du psaume, qui avait commcncé.(ô) par chanter les miséricordes du Seigneur et par célébrer sa fidétilé, termine (4) son discours par une protestation des mêmes senliments; cl il nous .ipprend qu'espéi^T raccomplisscmcnt des proiiicsscs lailes à la maison de David, c'était la mémeclioseclioz les Juifs et nièiiie chez leurs ennemis, qu'allcndre l'arrivée du Messie.
Isaie et Jérémie déclarent formellement le Messie descendant et rcjeion de David. Le premier l'appelle (5) unebranche et une lle:ir serlie de la racine île Jcssé. C'est le nom du père de David. !l ajoute que sur cet enfant de David se reposera l'esprit du Seigneur , esprit dont il développe les principaux allribuls, et il achève le portrait de ce Messie, connue d'un roi pacilicateur de l'univers, aussi formidable aux impies, que bienfaisant envers les justes et les pauvres. Peu de lignes après, cetl* niènie racine de Jessé (C) est un signal autour duquel les peuples se rasscmbleronl. Les nations lui adresseront leurs prières, et son sépulcre sera glorieux.
Jérémie prédit (7) que Z>/e« suscitera le juste reje-
(l)Tu vero repulisli et despexisii. Disiulisli Christum luum. Ps. 88, 39.
(•2) Mcnior este. Domine , opprobrii servorum tuoruni (quod cnniinui in siiiu njco) niullaruni genlium. yuoil exprobraverunt inimici tui. Domine , quod exurobaverunl commuialiunem (luisli lui. Ps. 88, 51. 52.
(3) Misericordias Domini in xternum canlabo. In t;piieralioneni et generationom annunliabo veritalem luam in ore meo. Ps. 88, 1,2.
(4) liencdiclus Domiims in aeiernum. Fiat , fiai.
(5) Et epredietur virga de radice Jcsse, et Ans de radice ejus ascendet. El requiescet super euni Spirilus Djniini : Spirilus sapienu;e et inlelleclùs, Spiritus consilii et torliludinis. hai.iï, 1 elseq.
(6) Ibil. 11,10.
(7) Ecce dies veniunt, dicit Dominus, et susciiabo David gernien juslum. Jerem. '23, 5, G.
(on de David ; que ce roi régnera avec lugesie, et jugera tes sujets aiee justice ; qu'alors Juda sera sauvé , el /«rael rempli de confiance ; et que le nom qu'on doi.i era à ce Roi sauveur sera le nom même incomiiiuiiicalilK de Dieu, avec le surnom de juste : Et hue est nomen quod vo:ubunt eum, Uoiiiinus justusnosler. A ers trait» on ne peut méconnaître le .Messie, non plus (pi'a une prédiclion (Ij tiiulesend)lable du même prophète, oii, après avoir attribué au rfjr/ciH(/ei>uf/(/ les fonciionx de roi el de sauveur, avec le luun par exellenee di- Dieu , il répèle jilusieurs lois (pie la posléi ile de David régnera éleinellementsur le ir»)ne d'Israël. El pour coiiff)ndie les incrédules qui osaient assurer que les deux familles qui avaient été choisies étaient rejetées, il fait dire h Dieu que le pacte qu'il avait fait avec le jfur et la nuit, pourquel'un succédât perpéluellcmcnl à l'autre, serait détruit, et les lois qu'il avait prescrites seraient anéanties, avant qu'il abandonniit ta race de Jacob et celle de Dav'd, pour ne pas en tirer des vrinces de son peuple. Jérémie avait néanmoins annoncé lï) que Jéchonias, roi de Jérusalem, emmené captif à Babvlone par NabuchoJonosor, el dont lesenfanis retournèrent en Judée sous le règne de Cyrus , n'aurait point de descendant qui fut assis sur le trône de Duvid , et qui exerçai après lui aucune puissance dans Juda. Nouvelle preuve que les prophètes ont parfait(;inent distingue, dans les promesses faites ii la maison de David, la succession caduque et temporelle des princes nés de son sang, de ce règne d'un ordre supérieur, perpétué dans sa postériié par le Messie, son véritable héritier.
C'est celte descendance si souvent et si généralement reconnue qui a fait dotmcr par les prophètes au Messie le nom niènie de David ; dénomination dont le fondement nécessaire est le rapport de David au Messie, en qualité de père, celui de figure ne suflisant pas pour appeler la vérité du nom de ce qui la représente. On a vu dans la pn'mière partie qu'Osée , annonçant ia conversion future des Juil's, assure (5) qu'ils chercheront le Seigneur leur Dieu, el David leur roi. Ezéchiel, envisageant le Messie et comme pasteur et comme prince, le nomme également David dans l'exercice de ces deux fonctions. Je susciterai, dit (4) Dieu dans ce prophète, mon serviteur David pour paître mes brebis. Je serai leur Seigneur et leur Dieu, et David mon serviteur (5) sera prince au milieu d'eux. C'est enfin par celle raison que David dans plusieurs de ses psaumes, où nous monUerons les principaux caractères du Messie manifestement prédils, parle eu son propre nom, lorsqu'U décrit ce qui ne devait êlrc accompli que dans la personne de cet auguste rejeton, la gloire de sa famille el le terme de tous ses désirs.
C'était beaucoup que d'avoir indiqué la nation el
(1) Jerem. 33, la el scq.
(2) Jerem. 22, 50.
(3) Osée 3, o.
(4) Ezech. 54, 23, 24.
(5) Même nom donné Eiech. 57, 24.
OEUVKES CO.UPL. DE LEtUANC DE POMPIGNiN. I!.
ŒUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
la liniilie d'où nallraii le Messie. Mais des signes encore plus précis l'isposaienl les esprits ii le recevoir. Le temps de sa venue était déterminé dans les livres de l'ancien Testament par des époques qu'il faut à présent expliquer.
La première est l'état d'abaissement et d'abandon où devait se trouver alors la tribu de Juda. Nous venons d'entendre dire à Jacob que le sceptre, ne serait point retiré de Juda, ni le cunductetir de sa race, jkqu'à l'arrivée du Messie : Non auferetur sceptrum de Judà, et dux de femore cjiis, donec venial, etc. C'est au moins ainsi qu'on construit orûinaireraenl les paroles de ce texte, et cette construction produit de grands embarras dans l'explication de la prophétie.
Les uns reculent le temps où son accomplissement a dû commencer jusqu'au règne de David, sous prétexte que la propliéiie maniue bien quand la puissance promise à Juda doit finir, mais ne nous apprend pas la da!e de son commencement.
D'autres pensent avec plus de fondement que la prérogative qui est ici promise à la tribu de Jada , a dû être exercée dès que les douze tribus d'Israël, affrancliiesde la captivité d'Egjpte, ont reçu, de la bouche même de Dieu, des lois, un gouvernement politique, un culte religieux , tout au moins dès que ces douze tribus sont entrées en possession de la terre de Chanaan ; que c'est alors que les promesses faites à la postérité des autres entants de Jacob ont commencé à s'accomplir ; qu'il serait d'autant plus étrange d'excepter de cette règle commune la ii ibu de Juda, en renvoyant à un temps plus éloigné l'accomplissement de ce qui lui est promis, qu'on voit clairement, par la conduite et les discours de Jacob, qu'il a partagé entre trois de ses enfants , Juda , Lévi et Joseph, les droits d'aînesse qui appartenaient à Ruben , et dont celui ci était déchu par son inceste abominable avec une des femmes de son père. Ces droits, selon l'usage des premiers temps, étaient de trois sortes : la prééminence et l'empire sur le reste de la fimtille, te sacerdoce, une double portion dans l'hérédité paternelle. Le sacerdoce fut transféré à la postérité de Lévi; la double portion, aux descendants de Joseph, qui, formant deux tribus distinctes et séparées, eurent une double part dans la division de la Terre promise. La jouissance de l'une et l'autre de ces prérogatives commença ou dans le désert, ou après les conquêtes de Josué dans la Palestine. Pourquoi la tribu de Juda aurait- elle joui plus tard du droit de prééminence et d'empire que Jacob lui avait accordé sur les autres tribus ?
Les mêmes auteurs ajoutent qu'on trouve des traces dô rexercicc de ce droit dès le temps de l'administration de Moïse; que dans les campements (1) des douze tribus autour du tabernacle, la première place A l'orient était assignée h la tribu de Juda ; que parmi les offrandes que les douze tribus firent par leurs ciiefs à la dédicace du tabernacle ei de l'autel, celle
(1) Niimer. 2 , 3.
de Nahasson, prince de la tribu de Juda, fut présentée et rcgue le premier jour (1) ; que dans les marches des Israélites au désert (2), la tribu de Juda précédait également toutes les autres ; que la même tribu fut partagée la première (3), lorsque Josué fit tirer au sort les possessions qui devaient éciioir à chaque tribu dans la terre de Chanaan ; qu'après la mort de Josué, Dieu, n'ayant pas jugé à propos de le remplacer, ordonna (4) aux Israélites d'entreprendre, sous U conduite de la tribu de Juda, toutes leurs guerres contre les Chananéens ; que cette prééminence d'honneur et de digiiiié était tellement acquise au sang de Juda, que David la reconnaît antérieure au droit de sa propre maison sur le trône d'Israël : Le Seigneur, dit-il (5), a tiré les princes de Juda, Il a jeté tes yeux dans celte tribu sur la maison de mon père. Il m'a choisi parmi tous mes frères pour m'établir roi sur Israël, et Salomon est celui ae mes enfants qu'il a désigné pour me succéder.
La tribu de Juda, continuent ces interprètes, avait donc de tous les temps sur le reste d'Israël une véritable supériorité, que le règne de David et des princes ses descendants rendit plus éclatante et pjiis auguste, mais qui, n'ayant pas commencé avec la royaulédo cette famille, ne finit pas non plus avec elle. SédjJcias fut le dernier roi de la race de David. Mais la tribu de Juda n'en conserva pas moins tous ses droits. Elle devint même si dominante dans le peuple de Dieu , qu'elle lui donna son nom après la capiiviic de Babylone. Jérusalem, située dans sou ancien territoire, fut toujours la ville capitale. La Palestine se confondit avec la Judée. L'aulorilé souveraine, exercée d'abord par des magistrats principaux, ensuite par les princes et rois Asmonéens de la tribu de Lévi, ne cessa pas de résider dans le corps de la nation juive, qui choisit (6) volontairement pour ses chefs les enfants du généreux Mathatias , qui ne leur confia même, à parler exactement, que le commandenicnt des années, et se réserva toujours une très-grande par4 dans l'administration politique par le Sanédrin qui le représenlait. Ainsi la réptiblique judaïque a subsisté sous des conducteurs issus d'une autre tribu, par la même raison que l'empire romain a conservé son nom et son essence sous des empereurs qui n'étaient pas même originaires de Rome, et que le royaume de Pologne s'est ordinairement soutenu et se soutient encore sous des rcis étrangers.
U est des interprètes qui étendent au peuple entier d'Israël la promesse du pouvoir souverain continué jusqu'à la venue du Messie. Mais comme ils avouent que cette prophétie assure à la tribu de Juda une prérogative pariiculière pendant la durée de ce pouvoir, leur sentiment revient au fond à celui que nous
(1) Ibiil., 7,12.
(5) Jos. 15.
(4) Judic. 1,2.
(5) 1 Paralip. 28,4, 5.
((j) 1 Mach. 9. 50; ibid. 13,8.
k:; iviii. i\. niKoi.. i.\r.(;i:T.-i/iN(;iu:m
v«nuus ilV\|Mi-.i>r. Il l'aut iliro, selim eux, (|iit; Jacob « |iri-ilit à M iialiiin l.i |mt|>('IuUi' iI'uii ).'MUViTii(>iiii-iit UnliU absiiliiini'iil lilirc ol iii.ii'pi-ii laiit de toute |tui!W4iu*(* oiraii);ère, queUiuelois rpstreinl el gOno |ur (le [H'iiibles et liuiiiillaiites servitudoA, inséparable iii'.iiiiiiiiiis ilii (xiiiuiir leKi!>lalil , iriiiie iiiagl>lrature iiiiiiiicipale, et ilu driiil ilu vie et de mort sur $0S |>ri'pres sujets; que ee (jouverir-ineiil ne di'vail cesser qu'au toiiipH du Messie, et i|ue dans le ini^ine leuijisla tribu de Juda serait iir'pouillée du privilège et du rang disliiij;ué qu'elle devait avoir jtisqii'à la ruiue totale de l'empire d'Israël.
Ces iiilerprotatioiis pourraient S'illire si iio'is n'avions à cumb itire que les Jiiils. Tout se réduit à prouver contre eux que le Messie est déji arrivé. Ils éludent par deu\ réponses la preuve fondée sur celle prophétie de Jacob.
L'une consiste à expliquer en mauvaise part ce sceptre qui ne sera pas ôlé de dessus Juda , et à l'entendre, couronnement àd'aulre'î textes do l'Ecriture, d'une verge de fer dont Dieu frappera continuellement Jnda jusqu'à ce que le Messie paraisse. Par celte explication les Juifs se croient autorisés dans leur attente cliintérique d'un libérateur. Mais ik déinentent leur propre bistoire, cl ils (lonncnl la torl'ire aux paroles île Jacob. Il est faux que la tribu d'.' Juda ail toujours élé coupable et mallieurcusc. I;ii'n de plus liorissani que les règnes de David, de Saloinnn, pour ne point parler ici de tant d'autres leni|is où la tribu de Jiid.i, soit avec celles de Lcvi et de lîeiijamin, roil avec l;)ul le peuple d'Israël, a joui d'une véritable prospérité durant que la loi du Seigneur était fidèlement observée. Il est encore p'us faux que le moi de sceptre, non an(erc[ur scepirnm de Judà. puisse être entendu en mauvaise pan dans une prophétie également consolante et glorieuse pour cette iribu ; et quand il serait équivoque dans ce commencPinonl du discours, la suite qui promet la présence continuelle d'un cliof et d'un législateur, et dux, le déterminerait à un sens favorable.
La seconde réponse, plus commune parmi les Juifs, est de nier qu'il soit ici question du Messie. On voit que l'intérêt seul de leur cause a pu la leur inspirer, ('ar tous leurs anciens pnraplirasles ou targ-imistes, les .tuteurs du Talmud, les plus babiles rabbins, ont reconnu dans cette p'-cdiclion un signe certain de l'arrivée du Messie. Le terme original (1), unique dans l'Ecriture, ne peut s'appliquer qu'à lui. Il signifie, selon les différentes racines dont on le fait soi tir, ou celui qui doit être envoyé, comme notre Vulgate l'a traduit , ou celui à qui ou de qui, comme l'ont entendu les Septante, c'est-à-dire, celui à qui est réservé l'accomplissenienl des promesses, celui à qui le royaume appartient, celui de qui dépend le peupie d'Israël , ou le Pacifujue el le Sauveur; ou enfm, omme rexpliquent de curieux observateurs dos finesses delà langue liébraîquc, le fils de la femme,
(J) Schiloh.
LITK CONV.VINt'.l'E l'Ail LES l'K(»I'lll.riKS. S78 ce qui ferait allusion à «a iiaisiuinre ndr:iculeuM> d'ime vierge. Il e>t plus simple de r.i^Nendiler tmiti-s ces l>ignilicalions,et de supposer ipii- l'auteur de celle prophétie, en fonnanl un terme exprés |)our dé-«igner le SIessie, a eu en vu d'i'sprmier ses diverses qualités par tous les sens que ce tenue pouvait avoir ; et p.)ur prévenir l'esiiéce d'ambigiiile qui eût pu nailie de cette multiplicité de sens, quoique parlaitenieiit compatibles, il ajoute une qualiPic^lion du Messie plus distincte et plus précise, en disant que celui dont il aanonçait la venue serait l'attente des nations: ou, ce qui est encore plus fort, celui qui ras'^e.mbleruit les unli )us, celui à qui tes nations obéiraient. Il n'en laul pas davantage pour détruire les explications du mot schUuli, invenlà's de|iuis quelques siècles par les Juii's modernes, réfutées d'ailleurs par nos théologiens dans un détail qu'on nous dispensera de rapporter.
Tout cela pnsé, quelle ressource peut rester aux Juifs"? Le Messie devait paraître avanl la révolution prédite par la prophétie. Or elle est const^iir.mi'nl arrivée, de quelque niaidère qu'ait été accomplie la promesse faite à Juda. Soit que cet accomplissement ait eu lieu immédiaienienl après la sortie de l'Egypte, ou l'entrée dans la Palestine, soit qu'il n'ait commencé qu'avec le règne de David, soit que l'autorité Sriuveraine cl cette suite de conducteurs dont il est jiarle, regardent uniquement la tribu dcJuda, soil qu'elles embrassent tout le peuple d'Israël avec une distinction |«riiculiore réservée à cette tribu , il n'en est pas moins vrai que le peuple juif, depuis dix-scpl siècles, est dépouillé de toute espèce de pouvoir et de liberté ; qu'il n'a plus ni lois, ni magistrats , ni patrie. Qui peut méconnaître dans celle époque le signe annoncé par Jacob de la venue du Messie?
Mais nous avons en tète d'autres adversaires qui n'ont pas le même respect que les Juifs pour les livres sacres. Les incrédules, dont la cause est toute différene, laisseraient sans peine les chrétiens jouir de leur triomphe sur les Juifs, s'ils po:ivaient eux-mêmes se llaiter de vaincre les uns et les autres, en prouvant la fausseté d'une prophétie de l'ancien Testament. Celle de Jacob ne serait pas entièrement à l'abri de leurs attaques par tout ce que nous venons de dire. Ils insisteraient à demander qu'on leur montre dans toute l'histoire des Juifs, jusqu'à leurs derniers malheurs, la suite non interrompue d'un gouvernement libre el national.
Trouvera-l-on celle suile depuis Nabuchodonosor jusqu'à Cyrus, temps où les Juifs furent non feulement sujets, mais captifs des rois de Babylonc? La Irouvera-t-on même après leur retour dans la Judée jusqu'au règne des Asmonéens? Tant que l'empire des Perses subsista, ils en reconnurent les rois pour leurs maîtres. Les tributs qu'ils payaient se levaient au nom et au profit de ces princi^s. Les magistrats qui les gouvernaient tenaient d'eux leur autorité. Alexandre, en détruisant l'empire des Perses, compia la Judée parmi ses conquêtes. Il combla les Juifs da grâces, mais comme un souverain qui distingue dans
ses siijels cl qui rivonipense le niérile. Après sa mort, la Jiiik'p dcviiil une province ilu royaume d'Egyple. Elle passa ensuite sous la iloniinalion des rois de Syrie, qui n'y exercèrent pas seulement tous les droits de la souveraineté, mais souvent la plus odieuse et la plus barbare tyrannie. Les premières victoires des Asmoiicens ne suflireni pas pour enlever aux Séleucides toute leur aulorilo sur la Judée. Ils acccpiorenl de ces princes des marques d'honneur pour euxmêmes, le droit de fabriquer des armes, d'assembler des troupes, de battre monnaie; et pour leur nation, la remise des impôts précédents, l'exoinplion de tout tribut à l'avenir, en propres termes, ta liberté (1). Ce ne fut qu'après cette concession que (2) les Juifs commencèrent à dater leurs actes dans les registres et monuments publics de la première année du sacerdoce et de la principauté de Simon. Une sujétion qui a duré plus de cinq cents ans lait un étrange vide .dans l'accomplissement d'une propbétie qui promettait à la tribu de Juda ou au peuple d'Israël la perpétuité du pouvoir s<mverain.
lîépondre que, pendant ce long intervalle, les Juifs ont toujours eu des magistrats de leur propre nation qui les jugeaient suivant leurs lois, cl pouvaient condaninof à mort les crimineis, c'est ne rien accorder de jilus aux Juifs sous l'empire des Assyriens, des Perses el des Macédoniens, que ce que les Romains laissaient aux nations el aux villes qu'ils avaient soumises, que ce qu'ont encore quelipics provinces du royaume de France, qui ont des coutumes propres et une juridiction territoriale. Ce sont là des usages ou des privilèges particuliers, dont la conservation n'empêclie p;is une véritable el parfaite dépendance. Ajouicr que là domination des étrangers était injuste, comme le grand-prêtre Simon le (3) déclare neltement aux ambassadeurs d'un roi de Syrie ; que les Juifs avaient recouvré l'héritage de leurs pères par les armes des Machabées, el qu'en aeceptanl les concessions des Séleucides, ils n'avaient fait que rentrer dans les ilroils qu'on leur avait ravis; c'est toujours donner alti-inle à une propliélie qui n'assure pas seulement à la tribu île Jiida un droit imprescriptible à l'autorité souveraine et à la liberté, mais la possession et la jouissance continuelle de ce droit jusqu'à l'arrivée du Messie : Non auferetur sceptrum de Ji'.dù, et du:v de femore ejus , donec veniat.
Je laisse le soin de résoudre celle objection aux interprètes el aux théologiens qui adaptent la construction ordinaire. Us sauront concilier le sens qu'elle lormc avec l'IUsloire du peuple juif; el je ne crois pas cette conciliation aussi dilTicile que les incrédules le
,1) Et Jérusalem sii sancia et libéra cura omnibus tinibus suis. 1 Mach. 10, 51.
Jeins:ilem sanciam esse et liberam. Ibid., 15, 7.
(2) fi;rf.,13, 42.
(7)) Nequealienamtorram sunipsimus, neque alien.i delinemus, sed li.fredilalem palrum nostrorum, qu:e injuste ab ininiicis no^tris aliquo lempore possessa est. 1 .lifli/i. 15, 53.
présument. Mais il est une voie plus courte pour trancher la dillîculté.
Elle tire sa force de l'opinion commune que Job i prédit la continuité du pouvoir souverain, et une succession non interrompue de rois ou de législateurs el de capitaines dans la tribu de Juda, du moins dans le peuple d'Israël. Mais si ce sceptre ou celte houlette (car le mol (1) original est susceptible de ces deux sens), qui ne doit jamais s'éloigner de Juda, lioii auferetur sceptrum de Judâ, est le sceptre ou la houlette de Dieu ; si ce chef ou ce législateur, et eux, qui doit toujours le gouverner, est Dieu même ; si ces paroles, de femore ejus, n'annoncent pas une succession de princes ou de conducteurs nés du sang de Juda, imis les embarras disparaissent, et il n'y a plus la moindre ombre de contradiction entre la prophétie et l'événement. 11 suffit, pour établir leur accord, que la Providence ait toujours veillé d'une manière sensible sur la tribu de Juda ; que le peuple juif ait toujours paru être le peuple de Dieu jusqu'à une révolution assez remarquable pour qu'elle ail pu désigner l'arrivée du Messie. Or ces deux choses sont évidentes par l'histoire des Juifs.
On voit d'abord que la tribu de Juda a clé spécialement favorisée depuis que les Israélites ont eu une forme de gouvernement. C'est ici qu'on peut appliquer tout ce qui a été dit plus haut sur la prééminence de celle tribu avant le règne de David. L'élévation de ce prince sur le trône , et la suite des rois ses descendants, conserva longtemps avec éclai cette prééminence. Le royaume de Juda subit à la vérité le même sort que le royaume d'Israël. Les trois tribus qui formaient le premier, furent transplantées dans un pays étratiger, comme l'avaient déjà été celles qui composaient le second. Mais les suites de ce m.alheur furent bien différentes pour les unes cl pour les autres. Les dix tribus ne relournèreni plus dans la Palestine. Elles se mêlèrent et se perdirent parmi les peuples dont elles étaient captives; et l'on ne retrouve plus dans le monde aucun vestige de ces Israélites schismaiiques. Il n'en fut pas de même de la tribu de Juda, dont le nom se communiqua aux deux tribus de Lévi el de Benjamin qui suivirent toujours sa destinée. La nation juive, quoique exilée, quoique esclave même, et n'ayant plus, si l'on veut, aucun apanage de souveraineté, ne perdit pas toutes les marques extérieures qui la distinguaient aux yeux des autres peuples, comme l'Iicrilage du Seigneur. Soutenue par des prodiges durant son esclavage, éclairée par des prophètes , elle recevait d'eux dos avertissements salutaires pour la correction de ses mœurs, el de fréquentes assurances de son retour, dont la date avait été fixée à la soixantedixième année de sa captivité. Rappelée après ce terme dans le pays de ses pères, autorisée d'abord à rebâtir le temple et à y offrir des sacrifices, ensuite à rétablir la ville de Jérusalem, elle éprouva de non-
bsi i-.vui i\. iiii.tti.. k\kget.-lim;uki»u
i«-JU\ riïi'U de lj |iroii*ciiiiii divine. Klle ne n-i-uiivra pas, j'rii t-oiitii'iis, jUM|ii'.iiiv li'iii|>s de-. Maclidn-ii», luul>' riiule|H-ii'!:iiK'e et l.i lilinii' de !>oii (;i)U\rriieliii'lil. Mais malgré cet ussujetlis-ieiiieiil ù deii iiiullreA ru Jiiger», Dieu lie cessa pas alui» d'iHre »iiii roi, S(iii (i.iateur, siiii i;uiile el son le^isl:ileui-, coiiuiic Jaciib l'avail predil ; Mon iiir/iTcdir nepnmn tle Jiulà et iliix, l> règiio el t-i-lle euiiduite de Uiou sur Juda ii'e\i- ^eail pas une suecension coiiliiiuelle de princes uu de utagislrals lires de celte Iriliu. Celle suci-rs.siiiii, qui n'est p;is aiscc à vérifier, n'a eu d'autre l'iMidenient parmi les inlerprèles rjuc la liaison iproii a mise entre ces paniles e» i/iu-, et celles qui suivent, (/<; [t-mire ejus. Slais il est plus naturel de cruire ()uo Jacub, annonçant la généalo'^ie du Messie, a voulu faire entendre par ces dernières paioles, qu'il naîtrait du sang de Juda : De /l'more cjiis douée leiial ijtii mitlendHs est. I.a [H)nelualioii des livres saints est trop ri-cente pour faire loi. Elle est conlrcdiie avec succès on d'autres endroits de l'Écriture. Mais s'il faut absolument la conserver dans le texte dont il s'agit, si la transpositiiin que nous proposons parait trop dure, quoique les exemples n'en soient par rares, le luéuie sens subsiste sans altération. Car, soit qu'on culeudc ces mots, de femore ejus, d 'S enfants et de la postérité de Juda, suivant une ligure singulière aux Hébreux, de semine ejus, de /iliis ejus ; Suit qu'on les explique des étendards que chaque tribu |:ortait devant elle, de veîiUis ejus, soit qu'on les traduise littéralement, d'entre ses pieds, de trier pedes ejus, pour montrer l'action d'un (I) lion qui tient entre ses priflVs sa proie que personne n'ose lui arraclier, il est également vrai que Jacob promet à Juda que Dieu veillera ccmiiimellemcnt sur lui comme un roi sur son peuple, conukie un berger sur son troupeau ; el que la tribu de ce patriarche conserver.T les droits et les avantages de la portion chérie du Seigneur : Non auferetur sceplrum de Judà el dux de femore ejus.
Enfin est venu le terme marqué à cette protection de Dieu jusqu'alors si constante sur le peuple juif. Il n'a pas été seulement livré à une domination étrangère dans son propre pays , gouverné immédiatement par un prince Idumécn tel qu'Hérode, ce qu'on n'avait jamais vu , privé par une humiliation inouïe du droit de punir de mort les traiisgrcsseurs de ses propres lois . il a été encore chassé de sa patrie , dispersé dans toutes les parties de l'univers, foulé aux pieds de toutes les nations , frappé de la plus terrible malédiction sans adoucissement et sans espoir. Voilà certainement l'époque prédite par Jacob. Voilà dans l'histoire du peuple juif une révolution assez éclaianie pour avoir été le signal de l'arrivée du Messie. Le règne de Dieu a cessé sur les Juifs, comme Jésus Christ les en menaçait (2) : Aufeielur à vobis reymim Dei. Et
(l) Jacob venait de comparer, dans le verset précédent, Juda à un lion qui se lève pour saisir sa proie, et qui se couche ensuite jiour la tenir à ses pieds. CatiLUs leonis Juda. Ad prœiam , jili mi , ascendisli , requiesceiis accKbnisli ut Ico.
l?)Mallh,'-2l, 13.
III. l.t)N\AI.M.l I. I-.VII l.l.^ l'KDI'III.IIKS. «Hi s'il a |KU(é duiis lo iiiéiiie temps , «eliiil celle prétiicliou hUr les p'Mlils, et diibiiur yeiili fnciculi frai lui ejut , on ne peut plus doulrr ipie ce cliangemeni ilaiib l'etuI desJuilH ne c(uicoure avec la venue du MeMJe , qui devait, après leur disgr.W* , rasseiiihler liM naliung BuuK ses luis : iVuii uujerelur tcepinim de Judà et diu de femore ejin, dunee veiiial i/ui mitteiidus ett , cl ip\e erit expCitaiio ijentium.
('elle explication écarte tons les menus iléluilg de l'administration politique du peuple; juif, ilans les- (|Uels il est dangereux de donner (pieli|ue prise à la censure des iiureduh's. Elle jusiilie l'aecomplisscnient d'une prophétie inqxtrlantepai'degi'aiids événements, dont la certitude est incontestable. Le P. Tuurneniine l'a fortiliée de beauc4nip d'antres preuves dans un des première volumes du journal de Trévoux (I). Je lui restitue volontiers ce i|ue j'.ii emprunte di; lui ; elce n'est pis le seul tribut ipie je dois à la mémoire d'un lioiniue qui joignait à un amour sincère pour la religion une connaissance peu commune des livres saillis , el une critique aussi judicieuse que pénétrante.
Une seconde époque également célèbre de l'arrivée du Messie , est la fin des soixante-dix semaines de Daniel. II est déjà prouvé (2) contre le cln'valier Marsham que ces semaines n'ont pu finir au temps des .Machabées et d'Antiochus Epijj'iane ; que ni L-s sept semaines , dont il est parlé séparément , n'ont commencé à la vingtième année de la captivité de Dabylonc , ni les soixante-deux, q'.i'il en détache mal à propos, à la première année de celte même captivité ; que tant les sept que lessoixanle-deux cl la dernière, dont il est fait aussi une mention expresse , ne sont autre chose que l'assemblage des soixante-dix semaines annoncées au commencement de la prophétie de Daniel ; (pie ces soixante-dix semaines so;it un espace successif el continu de 490 années , dans lequel il est absarde el ridicule de chercher un double emploi , qui réduirait le nombre de 70 à G3, et celui de 490 à 441 ; que la désolation qui termine la prophétie, n'est pas celle qu'éprouvèrent les Juifs sous Antiochus Epiphanc, mais la ruine de Jérusalem par les armes des Romains, et les désastres qui ont suivi cet événement. Il ne s'agit maintenant que de montrer en premier lieu que !e Messie a dû paraître vers la (in des soixante-dix sercaines; et en second lieu que le commencement de ces semaines avait été assez nette ment indiqué , pour qu'il lût facile de s'apercevoir du temps où elles approchaient de leur terme.
Il est évident par le discours de l'.Xnge à Daniel que, vers la fin des soixante dix semaines , la prévaricaton devait être consommée, le péché trouver sa fin, r iniquité être effacée , la justice éternelle venir sur la terre , les visions et les prophéties s'accomplir, le Saint des saints recevoir l'onction. L'arrivée du Messie pouvait-elle être mieux désignée que par cet amas de merveilles ? Les anciennes écritures nous représeii-
(1) Mars ITO.j.
(2) Part. I.cliao. 8.
883 œUYRES COMPLETES DE
tcnl sans cesse îc Mcsf ie , comme l'ouvrage de Dieu le plus accompli, son image la plus parfaite , le terme de tous ses desseins. Il ne peut donc y avoir que cet envoyé du Très-Haut , qui par sa présence expie et détruise l'iniquité , reconcilie avec le ciel les Iiommes pécheurs , apporte la justice éternelle sur la terre , vérilie dans sa personne les anciennes promesses , et reçoive celte onction précieuse qui caractérise et forme le Saint des saints.
Vainement dirait-on que le texte original exprime une cliose , et uvgatur Sanctilas sanclitatum, au lieu de la personne énoncée dans notre Vulgate : Et ungatiir Sancius sanctorum. Car ce qui s'explique aisément selon la doctrine chrétienne serait faux dans toute autre hj-poilièse. On conçoit très-bien que riiumaniié unie personnellement au Verbe de Dieu a pu être appelée le Saint des saints à plus juste titre que l'Arche , et que celte union a été pour elle la plus sacrée de toutes les onctions. Mais les Juifs ne nous montreront jamais dans le second temple un Saint des saints dont l'onction ait pu concourir avec la fin des soixante-dix semaines. Sans faire valoir contre eux une de leurs traditions , qui exclut de ce nouveau temple l'huile sainte qui avait servi lux onctions dans le premier, il est certain du moins que l'Arche ne s'esl plus relronvée depuis que Jérémic l'eut (1) soustraite avec le tiibernaclo et l'autel des parfums à la fureur impie des Assyriens. Le second temple , dépourvu de ce qui faisait la gloire et la majesté du premier, n'a donc pu mériter le nom de Saint des saints. La dédicace qu'en fit Judas Machabée après les profanations d'Anlioclius n'a pu être l'onction prédite par ces paroles , quand il ne serait pas d'ailleurs démontré contre Marshani que les 8C'ixantc-('ix semaines étaient alors bien éloignées de leur fin ; et l'auteur de la Vulgate est entré dans le vrai sens du texte original, en appliquant personnellement au Messie ce qui ne peut convenir qu'à lui: Et uugatur Sancius sauclorum,
niais enfin si l'on exige que le Messie soit nommé , qu'on achève la prophétie. On y verra que jusqu'au Christ chef, ou prince du peuple , il doit y avoir sept tt soixaule-dcux , en tous soixante-neuf s(;i»aî;ies ; et peu de lignes ensuite, que ce même Christ , qui sera mis à mort , confirmera dans une semaine son alliance avec plusieurs. Voilà les soixante-dix semaines exactement dénombrées : sept et soixante-deux jusqu'au temps où le Christ promis commencera l'exercice public de son ministère ; une soixantedixième , où il confirmera son alliance , où il sera mis à mort , dans le milieu de laquelle cesseront les nctimes et les sacrifices de la loi mosaïque.
Ce Christ n'est ni Cjtus, ni Zorobabel qui, par les oydresde ce prince, ramena les Juifs dans la Palestine, ni le gi'and-prêtre Josué , qui seconda les soins de Zorobabel pour le rétablissement du temple. En quelque temps qu'on veuille placer, selon les idées
de Marsham et de ses copistes , le commencement des semaines de Daniel , on n'en trouvera j:imais que très-peu d'écoulées jusqu'aux événements qui regardent ces trois personnes. \ parler même selon la vérité , elles n'étaient pas encore commencées. Ils s'en faudra beaucoup aussi qu'on en trouve soixante^ neuf jusqu'à la mort du grand-prêtre Onias tué (1) en trahison sous le règne d'Antiochus Epiphaae. Ceux qui ont prétendu que sa mort était annoncée dans cet endroit de Daniel n'ont pu allier leur sentiment avec la chronologie , qu'en comptant deux fois les mêmes semaines, et en substituant par ce double emploi le nombre 63 à celui de 70 , si dîsertement exprimé par le prophète. Ce Christ n'est pas Hircan dernier roi de la race asmonéenne , incapable de porter un si grand nom , et d'en exercer les fonctions. C'est encore moins Hérode Agrippa, qui n'a pas régné sur la Judée , mais sur la Chalcide , qui loin d'avoir péri par l'épée des Romains a été leur allié , et a survécu à la ruine de Jérusalem.
La plus légère attention suffît pour découvrir dans toute la suite de celte prophétie un seul et unique Christ ; le même qui est appelé le Saint des saints , le même qui doit venir après les sept et les soixante-deux semaines ; le même enfin qui doit être mis à mort , el qui dans la dernière et soixante-dixième semaine C')'' fumera son alliance avec plusieurs, et au milieu de cette semaine fera cesser les victimes et les sacrifice* de l'ancienne loi. De purs hommes , fussent-ils plus illustres et plus saints que ceux à qui les Juifs et les Chrétiens judaîsanls appliquent celte propliélic, n'ont jamais été appelés dans l'Ecriture du nom de Christ sans restriction. Ce titre appartient exclusivement au Messie. Lui seul peut opérer les prodiges qui devaient signaler la fin des soixante-dix semaines, la destruction du péché , l'introduction de la justice éternelle , l'accomplissement de loules les prophéties. Tant de traits réunis ne laissent aucun doute que cette époque n'ait été destinée à marquer le temps de sa venue.
Pour que l'intruciion fût complète, il fallait que les hommes sulTisamment avejtis de la date où les sfiixnnle-dix semaines devaient commencer, ne pussent se méprendre au temps où elles appprocheraient de leur terme. Il n'était pas nécessaire, je l'avoue , de leur déterminer avec la plus parfaite certitude un point fixe et indivisible. Dieu ne prétendait pas que les hommes qu'il disposait à l'arrivée du Messie , fassent tous des savants consommés dans l'histoire et dans la chronologie. II ne prétendait pas dissiper toutes les obscurités qui dans l'étude de ces Ecicnces exercent et surmontent souvent l'esprit humain. Il ne devait leur donner, dans les vues qu'il se proposait , qu'une assurance morale -et proporiior.néc à la capacité des hommes ordinaires , satisfaisante même pour les plus habiles , compatible d'ailleurs
{î)2 Mach. 2.
2Mch
l'AUT l\. TIIIOI. rXKCIT. I. INmF.nri.ITF. CONVAINTIT PAU I.I'S pnoi'iirTii.s.