‹ Œuvres completesChapitre 83 sur 232 · SS · texte numérisé non relu

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ave* PiiiciTiiluvIo Ji- iiucliiuci amu'i's ilo plui ou île iiioius. L'i'i)<)(|ue él lil aisoz rfconnai».<al)le , quand l'Ili- 110 «irlail p.is d'un i>sp;u'c île iIduïc h Ireiie ans. I.i'i ililtiiulus qu'im pouvail riMicnnlicr à clioi^ir le iiiDuiout piitis ilaiis un imervalle aussi court ne ilevaieut pas enipiVIicr <iuo raccompliisemcnl île celte inleri'ss.inle prophélic ne frappAl les regards , il ne rcveillAl l'allenlion , dès i|u'il serait arrivé.

Il n'y a offeelivenionl que douze ."l treize ans de dilTerencc entre les deux dates, ijuVin peut raisounableinent donner au conuiieneeiueat des SDixaiiic-dix semaines.

Suivant les paroles du prophète ces semaines ont dû prendre leur cours depuis l'ordre ou l'édit donné pour rebi\lir Jérusalem : Ab exitu sermoiiis, ut iterùm irctificetur Jenisalan. De là il résulte (;uc ces semaines n'ont pas cemmencê à l'édit de Cyrus rapporté (1) au premier chapitre du prender livre d'F-silras. Cet édit , dont nims avons souvent parlé , ne permet que la reconstruction du temple de Jérusalem , il ne dit pas un seul mot de ta ville. L'édil de Darius tils d'Hysiasi>e li), cité dans le sixième chapitre du même livie, ra|ipelle celui de {'.yrus, en ordonne de nouveau l'exicution, révoque tout ce qui avait pu lui donner atteinte , et se renferme cgalcii'.ent dans la permission de rebâtir le temple.

Ces deux dates mises i l'écart , les s;ivanls ne peuvent être partagés et ne le sont plus aujourd'hui q l'inlre deux autres, l'une prise de l'édit accordé à Es J ras par Artaxerxès Longuemain , la septième année de son règne; il est transcrit au chapitre septième du premier livre d'Esdras : l'autre prise de l'édit accordé à Néhémi par le même prince ; il en est fait mentiori au chapitre second du second livre d'Esdras.

Cette dernière date a l'avanlage singulier d'être lilléralement conlorme ;i la prophétie de Daniel. Car nous voyons, par le récit de Néhémie, que jusqu'alors il n'y avait pas eu, à proprement parler, de ville b.îtie dans l'ancienne situation de Jérusalem : des maisons construites au hasard , sans alignement, sans proportion , destinées au logement des Juifs qui avaient travaillé au rétablissement du temple , ou qui ne voulaient pas s'en éloigner; du reste point de portes ni de murailles , point de rues , point de places, point d'édifices publies, à l'exccplion du temple; partout des traces encore fumantes des ravages exercés par les Assyriens. Néhcmie fut autorisé par Artaxerxès h relever les ruines de Jérusalem. Muni de ces ordres, il pressa le travail avec une ardeur que les menaces ni

(1) Ilacc dieil Cjtus rex Persaruni : Omnia régna terne dedii mihi Dominiis Deus cœli et terra; , cl ipsc prœcepil mi::i ut œdilicarem ei domum in Jérusalem. . . . Quis est ex vobis de universo populo cjus. . . . ascendat in Jérusalem qua; est in Ju<l;cà , et a^dilicet domum Domini Dei Israël? l E.utr. 1, 2, 5.

(?,) Diniirntefieri templiim Dei illiid à duce Jn.!;i;orum , et h senioribus eorum , ut domum Dei illam ^dificent in loco suo. Ibid.. 6, 7

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les einhûehc» des ennemis du peuple de Dieu ne purent ralentir. La ville fut environnée de niurii dau» l'espace de cinquante-deux jours. On éleva di-s loum et des bastions avec la inème pronqititude. Les portes ne tardirc lit pas h être posées , et rembellisscinent de la ville au dedans suivit de près les ouvrage» extérieurs, qui en faisaient la force el la sArcté. C'est dans ces jours de trouble et de travail , où Jérusalem lut prreipilannneiit rcb;^tie par une moiiiô de ses bahitanls, tandis ipie l'aulre moitié continuellement sous les armes veillait à la défense commune , qu'on trouve raccoinplissement de cet endroit de la prophétie de Daniel , où il est dit qu'après l'ordre qui permettra le rétablissement de Jérusalem , les murailles et les places seront rebities en des temps courts et dilliciles : Ab exila sermouis, ut iterùm

œdiftcelur Jérusalem Et rursùm œdificabiUir

ptutea, et nmri in aiigm^tià lemporum.

L'unique diUiculté qui résiste.îune interprétation si claire el si naturelle, c'est que depuis la vingtième anni'e du règne d'Artaxcr^és Longuemain , il manque dix i douze ans pour former les soixante-dix semaines. Les partisans de cette opinion répondent en deux manières à cette dilliculté : ou en prenant les 490 années pour des années lunaires plus courtes que kv, solaires, ce qui ramène les calculs cbronologiqucs à l'exacte mesure des soixante-dix semaines ; ou en assignant deux commencements différents au règne d'Artaxerxès Longuemain; l'un, lorsqu'U régne» seul .iprès la mort de son père Xerxès , c'est celui où les soixante-dix semaines ne sont pas complètes ; l'autre , lorsque, suivant l'usage des Perses, il fui associé à l'empire par le même Xerxès prêt à sortir de ses états pour porter la guerre dans la Grèce. Si l'on fait remonter à cette association la première année du règne d'Artaxerxès Longuemain , les soixante-dix semaines commencées à la vingtième , finissent sans aucun mécompte aux événements marqués par la prophétie.

Ces deux réponses ne paraissent pas assez solides à d'autres savants. Ils aiment mieux chercher uns cpo([uc dégagée de toute objection chronologique. Ils la trouvent dans l'édit accordé à Estlras par ce môme Artaxerxès la septième année de son règne. Quoique cet édit ne contienne pas expressément une permission de rebâtir la "ille de Jérusalem , ils la tirent néanmoins par des inductions assez plausibles des termes dans lesquels il est conçu , et des circonstances qui l'ont accompagné.

Je l'ai déjà dit dans la première partie de cet ouvrage : le champ est ouvert aux conjectures , et le choix des opinions libre dans cette controverse. Mais qui croira sérieusement qu'une question de critique , dont la décision n'entrait point dans le plan de la conduite de Dieu sur les hommes, ait pu rendre incertaine uns époque renfermée dans l'espare do douze à treize ans? Cette légère différence , quoique difficile à éclaircir, a-t-elle jamais pu former un obstacle légitime à la conviction qu'cniraîiie miceb-

saireniciit une propliciic caracicriste par des traits si éclatanis. On savait à peu près quand les semai- Dcs prédites par Daniel avaient pris leur conimenceiiient. Et quand on était témoin des événements qui devaient les terminer , faliait-il une autre preuve pour se convaincie qu'elles touchaieirt à leur fin , (ju' elles étaient expirées, et par conséquent que le Messie paraissait , ou même qu'il était déjà venu.

Les Juifs et l'univers entier purent d'autant moins en douter quelques années après la mort de Jésus- Clirisl, qu'on vit alors arriver tout ce qui devait suivre, selon la prédiction de Daniel, les soixante-dix sen)aiiies : Un peuple conduit par un chef victorieux, tlélniisil la ville et le sanctuaire. L'abomination de la ilésolution fut placée dans le lieu saint. Les malheurs du pcu]i!e juif ne finirent pas avec la guerre. Les victivies et les sacrifices de la loi de Mojse, lesquels, suivant la doctrine elirélicnne, étaient abrogés de droit par la mort de Jésus-Christ, ne tardèrent pas à être abolis réellement et de fait. Les soixante-dix semaines étaient et paraissaient donc écoulées, sans qu'il lût nécessaire d'en étudier le commencement et la fin avec le secours de l'histoire et de la chronologie. Voilà le vrai dénouement qui doit contenter tout esprit raisonnable au milieu des obscurités inévitables dans les recliercbcs de l'antiquité.

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