‹ Œuvres complètesChapitre 107 sur 140 · LL · texte numérisé non relu

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Voilà pourquoi les cHrths sont plus sujets à la hernie par l'anneau de l’ombilic, et pourquoi les adultes sont plus sujets à la hernie par l'écartement des fibres aponévrotiques de la ligne blanche

que par Panneau. Je suis même persuädé que, s’il se fait des hernies

par Fanneau même de l'ombilic dans des adultes, ce ne peut être qu'à des personnes en qui cét anneau se trouve naturellement dilaté par un vice de la premiére conformation , ou bien en qui il resterait encore quelques vestiges ‘des hernies orbilicalés qu’elles auraient eues dans leur ehfance : encore faut-il. que ces personnes se trouvent exemptes de fout ce que nous avons : dit pouvoir causer des écartemens dans les muscles du. ventre oudans leurs aponévroses ; et, pour dire encore plus , je. pense , que, s’ilse trouvait dans quelqu” un une disposition de la part de la dilatation: de l’anneñu, et des causes qui produisent l’écartement dans les muscles, etc.; je pense, dise, que la bernie se ferait plutôt par les écartemens

que par l'anneau le l'ombilic. tn

Le relâchement et les écartemens de la ligne blanche sont quelquefois si grands, surtout dans les femmes , que toute la partie extérieure du ventre, depuis le cartilage. Xiphoïde jusqu'aux os pubis , est dilatée, et permet la sortie de presque tous les intestins, de l’épipioon, de Festomac, du mésentère, et même de la hitttice avec le fœtus. Ces bernies différent par rapport à à leur volume, que! dépend de la: grandeur de la dilatation , qui ne se fait. pas

‘toujours dans toule l'étenûlue que je viens de marquer : ce n’est

quelquefois que la partie supérieure de la ligne blanche qui se

dilaté depuis le nombril jusqu’ au cartilage “xiphoïdé. Dans ces

sortes de cas il m'est arrivé pluSieurs fois de toucher dans Ja tumeur l'estomac, qui n'y est cependant compris .que lorsqu'il est gonflé par les alimens ; car cette hernie disparaît lorsque Y estomac et les intestins sont vides. D'autres fois la dilatation de la ligne blanche est dans la partie inférieure, c’est-à-dire depuis le nombril . jusqu’à los pubis; et alors ce sont pour l'ordinaire les intestins grêles et le mésèntere qui sortent , et quelquefois Ja matrice , el

‘Presque toujours la partie supérieure de la vessie lorsqu’ elle est

pleine d'urine: Si, dans Ja dilatation dé toute la ligne blanche, É ombilic se maintient et résiste, ‘alors il paraît deux hernies, : l'une au-dessus et l’autre au-dessous du nombril ; mais, lorsque, par la persévérance des’ ‘causes qui poussent les viscéres, le: nombril est obligé de ‘cédér, alors ces deux hernies n’en font plus qu’ une, qui, comme j'ai dit, occupe tout le devant du ventre, depuis le tilage xiphoïde j jusqu’au pubis : en ce cas les. muscles ‘droits, qui se trouvent lun à droite et l’autre à gauche de cette cffroyable hernie, semblent la borner sur les côtés : cependant ils ne contribuent guère moins que les autres muscles à y pousser. des intestins. Ce n’est pas ici lé lieu de parler des accidens qui accom-

È ! HERMIES. | ne 615 pagnent cette. maladie ; c’est pourquoi je passe aux autres, dilatations qui péuyent causer ou saciliter les hernies. nl Adt r à

v a a Pp ETES ue DAT "à .e s #: NE SET RE* k "A la Suite des grossesses qui ont dilaté considérablement les muscles du-ventre, on a vu des hernies se former en d’autres

endroits que ombilic et la ligue blanche. yo

J'en ai vu une, de la grosseur de la tête d’un enfant , placée entre les fausses côtes de la partie postérieure de la crête de los des îles du. côté gauche; elle disparaissait très-souvent lorsque la malade. était couchée ; d’autres fois on était obligé de la presser pour la faire rentrer; mais, un jour que ni la situation ni la pression n'avaient pu réussir, la malade tomba dans les accidens de létranglement , et me fit appeler à son secours. — Je trouvai la tumeur beaucoup plus grosse qu’ellé n’avaitjamais été (du moins selon le rapport que l’on me, fit) ; personne ne soupçon it que ce fût'une hernie, Les uns regardaient

cette tutneur comme un dépôt laiteux, d’autres laregardaient comme Yenteuse..… « SSAT" ‘e . PT ARE. À 1 ! FA e .

Il estvrar que jusqu'alors elle n’avait été accompagnée d’aûcuns des acçidens

de, la hernie, et que d’ailleurs le lieu où elle était placée n’est pas'un lieu ordinaire aux hernies ; inais,, malgré tout cela, et quoique je n’en eusse jamais vu de cette espèce, les nausées, les défaillances et les vomissemens des matières sfercorales ne me permirent pas de douter que ce ne fût une vraie hernie qui-s'était faite à travers les fibres aponévrotiques du iransversal, entre le

muscle triangulaire et l'endroit où nissent les obliques. Les particularités

dont cette maladie, était accompagnée méritent bien que j’en donne un détaik

circonstaficté ÿ mais, comme je ne pourrais le faire ici sans nécarler de mon sujet ; je me réserve. d’en parler ailleurs. NE ROMANS.

La plupart des hernies ventrales n’oteupent point le lieu que nous venons de d signer : ce sont les environs de la ligne blanche qui (après Panneau) sont les endroits où les muscles du bas-ventre résistent le moins. Je ne dis pas qu'il ne puisse s’en faire en d’autres endroits ; mais celles que j'ai vues ailleurs avaient été précédées de plaies pénétrantes ou dabcès qui, quoique bien consolidés , avaiént apparemment laissé quelque débilité. dans ces parties : en conséquence de quoi, elles ne se trouvaient point en état de résister à la sortie de lépiploon ou de 'Hrtes tin AMIE QU Ti AE 60 NRA ARE COR

Tout le monde sait, que, à la suite des plaies Pénétrantes dans le

bas-ventre, il arrive très-souvent des hernies, à moins que, pen-

dant.]Ja réunion, quelque partie intérieure ne se rende adhérente avec la plaie du péritoine, comme je l'ai vu dans plusieurs cadavres de gens qui avaient eu anciennement de semblables plaies, sans qu'elles eussent été suivies de hernies ; mais presque foujours ceux en qui cette adhérence favorable ne se fait point sont tôt ou tard attaqués de Per aie S, qui se forment aux uns plus où moins promptement, aux autres peu à pen, selon le. degré de dilatation ou de débilité qui-se trouve à lendroit.de la plaie: a mans *

Quelques auteurs, poùr prévenir la hernie dont il ést question , recommandent que , en faisant la gastroraphie, on rapproche exactement les bords de Ja plaie du péritoine ; mais, quels que soient les

616 TRAITÉ DES MALABIES CHIRURGIC ALES.

soins que les plus habiles chirurgiens puissent prendre pour satisfaire à cette-intention , le pér itoine ne se réunit jamais avec.lé péritoine : c'est une vérité établie sur l'ouverture des cadavres, et je suis persuadé que, si l'on a vu quelques-uns de ces blessés guérir ‘sans être ensuite sujets à la hernie, ce n’est que ‘parce que quelque partie intérieure s'était (comme je l'ai dit ) réunie avec le péritoine.

A l'égard des abcès, pour que, aprés. leur guérison, ils laissent

une disposition à la hernie, il faut.que la matière. qui les forme se

trouve logée entre le péritoine et les muscies. Jai vu deux fois ce cas, et l’un:et l’autre à 14 suite des grossesses ; ce qui venait sans doute de la nécessité où l’on s'était trouvé, en ouvrant Fabcës , de couper les fibres de ces muscles pe âttendu de e. étant triplemenit croisés , on ne peut couper selon la direction de fibres qu’un de ces muscles, tandis que les autres ont leurs fibr res coupées transversalement : d'où il arrive que les. eue derg d de la force résistante se trouvent affaiblis. | e | -Ajoutons que c'était à des femmes grosses , où Le 2 accouchées , dont les parties n’avaient pu encore reprendre cette élasticité (je ne dis pas qui leur est naturelle, car elles ne la reprennent jamais ), mais du moins cette élasticité Fe elles peuvent reprendre à à Ja suite des temps. : | 2, des Nes Les hernies qui suivent la chatte ae plaies du bas-ventre. qui n’ont divisé que les muscles sans pénétrer dans la cavité ne’ diffèrent pas beaucoup de cellas qui se forment à la suite de là guérison. des abcès dont nous venoñs de parler : mais les hernies qui süccèdent à la guérison des plaies qui ont pénétré dans la cavité du venire différent essentiellement de ces premièresen ce que ; dans celles-ci, les parties intérieures ne peuvent sortir par l'endroit. débilité” des. muüscles qu'en poussant avec.elles le péritoine, qui, leur servant

ensuite d'enveloppe, forme ce. que lon appelle. le sac hernfaire ; L

au lieu que, dans le dernier cas, c’est-à-dire quand le péritoine à été divisé, et qu’il n’a point contracté d’adhérence avec les parties intérieures » Comme nous avons dit qu’il pouvait le faire , les parties passent nues à travers celte division, et forment par ‘conséquent des hernies qui n’ont point de sac. OL ts

A toutes les hernies qui tirent leurs différences des ouvertures par où sortent les parties qui les forment j'ajouterai celles qui se font, dans la poitrine, à travers le diaphragme ; celles qui se forment par l’interstice ou l'écartement des muscles qui bornent et bouchent l'espace que laissent entre eux Fos sacrum , %e COCCyX et les os innominés ; et celles enfin que l'on dit se res ga; Je trou ovalaire. +4

* J'ai vu deux fois la. hernie. à travers le ds llià et ples urs de mes confrères m’ont assuré qu ‘ils en avaient vu aussi. Les fibres . de ce muscle ne sont pas toujours. sibien liées qu elles ne se trouvent

quelquefois er les unes des autres en quelques endroits 4 comme. peuvent, sans peine , sen être aperçus ceux qui ont beaucoup disséqué. Dans une telle disposition on ne doute point qu'un effort considérable ou plusieurs efforts réitérés ne puissent pousser les parties. du ventre entre ces fibres écartées , et les faire passer du bas-ventre dans la poitrine. |

de deux hernies atiokcetigobé que: j'ai vues, l’une était fort ancienne , du moins “selon le’ rapport du malade, fui nous dit, quelque temps avant sa mort ,- que, depuis” quarante ans qu'il était au monde, il était attaqué de temps en temps d’une colique qu’il appelait colique d'estomac ; que, lorsqu’il était dans’ accès, il he 24 grande difficulté de respirer, avec un étouffement si considérable qu’il a cru plusieurs fois en mourir ; et que cet étoufparce n avait pas plus tôt cessé qu’il avait des nausées, où il rendait peu de chose à la vérité, mais avec de très-vives douleurs ; enfin que cette prétendue colique ne le prenait jamais tant qu’il avait Testonmné rempli d’alimens, et qi la faisait cesser en mangeant. Cet homme étant mort, j’en fis l'ouvértüré, ete! trouvai , du côté gauche, une grande portion du colon, de l’épiploon et du fond de ee engagée. dans le diaphragme , et passée dans la poitrine. Pour mieux examiner le fait; sans déplacer ces parties, j ’ouvris la poitr ine, Où je les trouvai à nu.et sans enveloppe : elles étaient passées par un écartement des s fibres charnues et des tendineuses de ce qu’on appelle le centre nerveux du 1'diaphragnie. Quoique la hernie fût fort ancienne, ces parties n’avaient contracté aucune adhérence, ni‘entre elles, ni avec les bords de l’ouverture da diaphragme, .ce qui leur per mettait de sortir et rentrer avec facilité.

Cefait me paraït si igüier que, quoiqu'il m séte te un peu de mon sujet, je ne puis me résoudre à le passer sous silence , d'autant que je n'aurai peut-être pas d'occasion d’en parler. ailleireis On s’étonnera en effet qu'une hernie de quarante années se soit trouvée sans adhérence : cependant, si l'on fait réfiexion que les parties qui la formaient sont, de toutes celles que renferme le ventre , les plus mobiles et les moins disposées à garder leur pläce datarelle et si l’on considère que'leurs fonctions mêmes exigent qu’elles aient en certains temps ‘une éterfdue considérable ; et qu’ensuite elles se réduisent peu à peu à un moindre volume , on ne sera plus surpris. Quand l'estomac était vide, il passait facilement par la dilatation aussi-bien que Parc du colon, et le malade n’avait pas de moyen plus prompt pour faire cessér sa colique (füt-elle dans sa plus grande violence ) que de bien manger. Sans doute que le poids des alimens qu’ilavalaïit, poussant en bas, faisait sortir, du trou du diaphragme, les portions de l’estomac et du colon qui s’y étaient engagées, et réduisaient (si j'ose le dire) la hernie. On conçoit donc maintenant que ces parties , ne faisant pas un long séjour dans la dilatation, n’y pouvaient contracter d’adhérence ; mais une chose encore plus particulière, c’est que nonseulement l'estomac plein ne pouvait pas , Comme nous l'avons dit, entrer dans le trou du diaphragme, mais qu’il le bouchait si exac-

tement qu'il servait comme d’un brayer; ets *opposail au passagèdes parlies flottantes. C'est:ce. que je vis clairement lorsque , aprés Vexamen, j’eus rempli l'estomac d’eau, et ‘ensuite d'air, de même que la portion du colon qui l'accompagnait, pour les sébhef êt les « conserver; de plus on voyait distinctement , à l'estomac et au colon, une marque à l'endroit où sé bornait leur introduction. danÿ la boitrine , c'està-dire le lieu où les bords du trou du diaphragme avaient ‘fait impression, et la portion, tant de: l'estomac que du: ‘colon, “<omprise dans cette marque ; était plus diatée que lé reste! ; quoique les membranes né fussent hs moins épaissés ‘en cet. endroit

qu'ailleurs. « Li ve

Quant.à-ce qui ae du diaphragi Le elle était oblongue : large d’un’ pouce dans son petit diamètre, de. deux. dans sôn grand, Enfin, comme je lai dit plus haut, il. n’y'avait point de sac herniaire : ce qui étonnera sans doute; car lonpouvait s'attendre à trouver le péritoine prolongé comme lorsqu’ il produit e sac herniaire du bubonocèle, ou que; à son défaut, la plévre: qui

couvre la surface ‘du diaphragme qui regarde la poitrine aurait pu

faire la même chose; mais ces deux membranes étaient rompues » et si bien réunies au bord du trou que cette ouverture paraissait naturelle. Je suis même persuadé que bièn des gens’ en jugerônt ainsi, ne pouvant croire que Ja chose-ait été possible autrement ; mais l’analogie nous prouvera la possibilité de ce, fait, ét-nous verrons bientôt que la hernie dont je viens de faire Y'histoire n’est pas la seule où l’on ne trouve point de sac herniaire ; car, ‘outre ( que j'en ai rapporté ci-dessus. plusieurs’, entre lesduënies y en a même qui ne peuvent jamais avoir de’sac, telles que sont celles où Je péritoine a été divisé par quelque blessure , ilyena d'autres encore j comme ; par exemple, lexomphale , où lon ne ‘trouve point de sac herniaire , quoiqu'il n’y ait. eu aucune division par cause externe. C'est celles-là que nous allons comparer avec celles du. diapbra: me , pour trouver, s’il est possible , la raison pourquoi il n'ya jamais de sac dans les hernies de l'ombilic, et qu'ilestdes cas © où il peut n à en point avoir dans celles du diaphragme. |

On sait que le péritoine est si intimement stone à la ligne ph che qu'il semble comme confondu avec toutes les aponévroses. qui la forment ; tandis qu’au contraire iln ’est a attaché partout ailleurs que par le tissu cellulaire , qui, étant: extensible , lui permet de glisser sur les muscles , et de se dérober , pour ainsi dire, à l'action des parlies intérieures ttué elles font érrér pour sortir de leurs bornes ; de manière que, en conséquence de cette facilité que ‘le péritoine a a de glisser sur les muscles, il arrive que celles de ces fibres qui répondent dans un temps aux anneaux dilatés ; ; OU AUX endroits où les fibres des muscles sont écartées , peuvent n’y répondre pas dans un autre temps , CE qu’ainsi ce ne sont pas toujours les mêmes fibres

quisont exposées aux efforts des parties internes : au lieu que, à Ja. ligne blanche, le péritoine , comme nous l'avons dit, lui étant intimement uni, et ne faisant qu’un même'lissu avec elle, ne peut présenter que le même point aux efforts, lesquels, réitérés ou poussés jusqu’à un certain degré, obligent enfin de se rompre, ne pouvant fléchir nïse dérober dans cet endroit aux impulsions, comme il fait ailleurs. On sait encore que le péritoine et la plèvre sont aussi fortement attachés aux fibres tendineuses et charnues du diaphragme que le péritoine l'est à la ligne blanche, Les hernies qui se font dans ces endroits ne doivent donc point avääir de sac herniaire.

La seconde hernie du diaphragme que j'ai vue ne me paraît guère pouvoir être ere mn vice de la première conformation. Cette hernie était au côté gauche, aussi-bien que la première, et mes confrères m'ont assuré que toutes cellesqu'ils avaient vues étaient du même côté ; ce qui me porterait à croire que la partie convexe du, foie défend mieux le côté droit du diaphragme que le gauche ne l’est par les viscères qu’il contient : peut-être aussi que les parties renfermées dans l’hypocondre gauche sont plus capables de faire effort contre ce côté du diaphragme. Quoi qu’il en soit, cette seconde hernie était bien plus considérable que la premiére : l'estomac s’y engageait bien plus avant, et entraînait par conséquent avec lui une plus grande partie du colon, avec l’épiploon presque tout entier. — Le malade qui fait le sujet de cette observation avait été pendant long-1emps attaqué d’un: prétendu asthme, qui

vraisemblablement n’avait pas d’autre cause que cette hernie, puisqu'il se sentait soulagé de ce prétendu asthme dès qu’il avait mangé. Sans doute que la raison de ce fait est la même que celle que nous avons apportée du soulagement du malade qui a donné matière à l'observation précédente. — Enfin, celui dont nous parlons ici étant mort d’une inflammation de ventre, je l’ouvris; et, comme ceux qui le croyaient asthmatique avaient pris cette inflammation de ventre pour une hydropisie thorachique , je commençai l'oùverture par la poitrine , où je ne trouvai que très-peu d’eau avec une tumeur de Ia grosseur d’une petite courge. — Cette tumeur, siluée, comme je l’ai dit, au côté gauche, était presque aussi large. par sa base que par son milieu, et se terminait en un cône mousse de la hauteur de trois à quatre pouces. Ea la pressant je sentais quelque résistance, ce qui venait sans doute de ce que tont le‘bas-ventre, tendu par Pinflammation, s’ôpposait à ce que je vidasse latumeur, qui s’effaçait cependant un peu à mesure que je comprimais, mais qui se remplissait aussitôt que je cessais de.comprimer. … : ! LAN OPUS 7) LP TRS L LT TRS Pour la‘toucher dans toute son étendue javais été, obligé d’en sépater le poumon, auquel elle. était collée par une lymphe épaissie. Ayant ensuite ouvert le bas-ventre, je trouvai l'estomac, le colon el l'épiploon dans l’état que j'ai dit. Tout le bas-ventre était enflammé ; les parties renfermées dans la hernie se trouvèrent collées les unes aux autres, et toutes ensemble avec la surface interne du Sac qui les contenait ; je dis collées, car ce n'était pas une adhérence solide telle que celle @ont il est fait mention dans quelques espèces de hernies, mais une adhérence semblable à celle qu'avait la tumeur avec le lobe gauche du poumon » €t Qui venait de cette lymphe épaissie que l’on tronve ordinairement dans tous les ventres quand il y a eu-inflammation. — Les parties tirées hors du sac se tenaient encore par celte lymphe, de manière qu'élles conservaient la forme de toute la tumeur, Quant au sac, ayant porté

ma main dedans, et l'ayant même renversé, jé reconnus qu'il n'était autre chose que la prolongation du péritoine, du diaphragme et dela plèvre ensemble, sans aucune rupture dans les membranes, ni aucun écartement pe: les: mére musculeuses et tendineuses du diaphragune.. pig os

dre des Hernies par rapport à leur volume, deur forme, leur figure. etc. pl

| Les hernies ne diflèr ent pas seulement par tout ce que. nous. Venons de dire, elles tirent encore leur différence du. temps, en .ce qu'il yen a de nouvelles et de plus ou moins anciennes : ‘de plus leur volume, leur forme et figure ji aussi-bien que leur couleur leur consistance, et leur sensibilité plus ou moins grande, étc., sont des différences dont il est utile d’être instruit pour bien. juger de ce que ces maladies sont ,:et de ce qu elles peuvent devenir par la suite, puisque c’est en réfléchissant sur leurs formes «extérieures qu’on se met quelquefois à portée de juger de l'état qu peuvent se trouver les parties renfermées dans ces tumeurs. | # Selon que les anneaux sont plus ou moins dilatés à. Ou. que Vécarfement des fibres tendineuses ou charnues est plus ou moins grand, le volume des hernies est plus ou moins considérable. Celles qui se font. à la ligne blanche, au-dessus et au-dessous du nombril, sont énormes en grosseur ; mais c’estbien pis encore lorsque l'ombilic a cédé à l’écartement, parce qu’alors toutes les parties de abdomen, pressées à droite et à. gauche par les muscles , sont obligées d’entrer dans cet écartement, et de former , pour ainsi dire , un second ventre. . ce Les hernies, qui se font par ‘lécartement des. fibres soit aux environs de l’ombilic, soit aux environs des änneaux ou. des, arcades des muscles du bas-ventre, ne sont jamais si considérables ;. mais elles. le sont pour l'ordinaire plus que celles qui se forment par les anneaux, soit de lombilic, soit desyaines ; et il n "est pas, difficile d'en trouver la raison. 7

J’aivu, à une femme grosse de six mois, et de son prenriér énfant, ja liernie par l'écartéiient de la né blanche : dutre uñe RP AERS partie dés intestins, du méséntèré ét de l’épiploon, la matrice avec l'enfant s’y trouvait contente, " ce qui formait une tumeur énorine en grosseur.Il y à lien de croire qué l’écartement s'était fait peu à peu, quoique la malade ne s’en était aperçue que dans son troisième mois, par la saillie que. faisait son ventre dépuis le nombril jusqu’à l'os pubis., Une shge-fénimé qui devait l’accoucher, et qu’elle consulta lui dit qu’elle ne devait point s'étonner, et qu’elle n’était pas la seule qui portät ainsi son enfant surle devant du ventre: ce qui la rassura si bien qu’elle passa ( encore trois mois sans être alarmée de son état, quoiqu’elle fût de temps “en LEps travaillée de coliques et'de vomissemens, qui l’inquiétaiént d'autant moins qu’on lui faisait envisager ces accidens conie des symptômes dé grossesse; mais enfin, vers le sixième où septième mois, les coliques et les vomissémens étant dévébts plus fréquens-et plus violens, et la saillie que

faisait son ventre s'étant étendue plus haut, elle m'appela à son secours. Par l'examen que je fis je trouvai que l'ombilic s'était séparé , et qué la partie supérieure de la ligné blanche, jusqu’au cartilage xiphoïde, avait cédé à mesure que l’enfant s'était accru. PAR Us

“Je dirai ailleurs les moyens que j'employai pour lui procurer quelque soulagement ; mais je'ne puis quitter cet article sans faire part au public de deux observations, l’une concernant la hernie de cette femme, et l’autre sur ce qu'on est dans l'usage de dire que certaines femmes grosses portent leur enfant sur lés côtés du ventre, d’autres sur le devant, les unes plus haut , et les autres plus bas.

A l'égard de ce que j'ai à dire sur la hernie dont je viens de parler, c’est que la malade avait eu, dans son enfance , une faiblesse dans les fibres aponévrotiques de la ligne blanche, pour laquelle on lui avait fait porter fort long-temps un corset qui se laçait en devant, et lui maintenait tout le ventre ; mais » à l’âge de quatre ou cinq ans, ou lui avait fait quitter cé corset pour l’habifler comme les autres, et on avait cru qu’elle était entièrement rétablie de cette indisposition. Je n’en jugeai pas ainsi, et je pensai bien que ces parties , autrefois dilatées , n'avaient pas repris lonte leur consistance et leur solidité naturelles > de manière qu'elles n'avaient pu résister aux efforts qu’avaient faits les parties intérieures à chaque degré d’accroissement de Penfant. ANR

‘Comme j'ai dit ailleurs que les enfans travaillés de tranchées, coliques , de toux et de ce qu’on appelle vulgairement coqueluche , aussi-bien que ceux qui crient beaucoup, sont fort exposés à ces sortes de dilatations, je dois avertir ici que cette partie du ventre n’est pas la seule qui puisse se dilater dans les jeunes sujets. J'en -ai vu quelques-uns en qui, bien loin que la partie qu’occupe 1a ligne blanche fût saillante , elle était au contraire ‘aplatie ; tandis que les flancs se trouvaient considérablement dilatés , et, pour ainsi dire ; affaiblis, depuis la crête des os des îles jusqu'aux fausses côtes , et j'ai remarqué que cet aplatissement de la partie antérieure du ventre venait de ce que les muscles droits s’étaient maintenus côte à côte l’un de l’autre sans s’écarter ; de manière que la ligne blanche m'était véritablement qu'une ligne. On conçoit bien qu’une pareille <onformation mettait la partie antérieure du ventre en pouvoir de résister, et que la contraction des muscles droits; en qui résidait cette résistance , devait donner an ventre une forme plate depuis la poitrine jusqu’au pubis. Là GPS

Tout ce que nous venons de remarquer nous met en état de rendre maintenantraison de l'usage où l’on est de dire que certaines femmes grosses, portent leur enfant sur ies côtés du venire, d’autres sur le devant, les unes. plus. haut, les autres plus bas. M

Si la conformation est telle. que les «muscles droits se trouvent proches lun de l’autre , le concours de ‘leur résistance s’opposera à

l'élévation du ventre en avant, et alors , la matrice s'étendant sur les côtés, les femmes grosses se trouveront dans le cas où elles disent porter leur enfant dans les flancs. Cette situation que prend la matrice est d'autant plus ordinaire que, dans les premiers temps de son extension jusqu’au trois ou quatrième mois, les flancs résistent moins que la partie antérieure du ventre ; de sont: que les femmes sont quelquefois grosses jusqu’à sentir remuer leur enfant sans qu’on s’apercçoive de leur grossesse, ce qui; ‘ayant plusieurs fois trompé les matrones , a donné lieu à cette façon | proverbiale. parler qui leur est ordinaire : À ventre plat, enfant y a.

Dans les enfans de faible complexion et en qui la maigreur permet de distinguer, au toucher , les muscles du bas-ventre et leur jeu , on observe que la distance étitie les muscles droits n’est pas toujours la même , et que la ligne blanche, quin’est, dans quelquesuns , qu’une ligne fort étroite, peut avoir , dans d’autres , depuis un jusqu'à deux ou trois travers de doigt de largeur dans toute son étendue. Ce plus ou ce moins de largeur de la ligne blanche dépend dece que les muscles droits sont plus ou moins écartés les uns des. autres , soit dès la première conformation, soit par quelques-unes des causes dont nous avons parlé ci-dessus. À l'égard de la première conformation , la dissection nous apprend que les muscles droits se trouvent, dans certains sujets , plus écartés depuis le pubis ; jusqu’ au nombril, tandis qu’ils sont plus rapprochés depuis le nombril jusqu’au rtilage xiphoïde ; et que , dans d’autres, le contraire peut arriver. Il résuliera de ceci que non-seulement ces différentes conformations établiront des différences dans les hernies auxquelles elles pourront donner lieu , mais qu’elles seront encore la source des différences qui se trouveront dans les grossésses des femmes qui seront nées avec les uns ou les autres de ces vices de conformation, sans qu’on ait pris

soin d'y remédier dans leur bas âge ; c’est-à-dire que, comme lac-

croissement de l'enfant doit naturellement le porter du côté du ventre de sa mére, où il trouvera moins de résistance, les femmes en qui la-ligne blanche , sera fort étroite par l'intime adhésion des muscles droits porteront leurs enfans sur les côtés ; cellesen qui la ligne blanche sera dilatée dans toute son étendue: les porteront sur le devant ; celtes qui auront cette ligne dilatée seulement depuis le cartilage xiphoïde jusqu’au nombril les porteront sur le devant, et fort haut; et celles enfin en qui la ligne blanche ne sera écartée que depuis le nombril jusqu’au pubis se Seth encore sur le devant ; mais fort bas. 11 Tout ceci ne regarde pas les femmes seulement : je suis dasisaé que , si, parmi les hommes que l’on appelle ventrus , il s’en trouve qui ont le ventre haut, d’autres bas, et d’autres enfin qui gardent le milieu entre ces deux extrémités ; je suis , dis-je’, persuadé qu’ il n’en faut pas chercher d’autres raisons. ’

RSHERNEESM EUX 623

il me reste à parlér d’une observation des anciens , qui est que les musclés droits ont leurs énervations plus nombreuses depuis le pubis jusqu'au nombril chez les femmes, et au contraire depuis le nombril jusqu’au cartilage xiphoïde chez les hommes. Quoique cette observation ne se trouve pas toujours juste, elle mérite bien cependant de n'être pas négligée. no A

Différences des Hernies par rapport à l'état où se trouvent les “parties qui contiennent et celles qui sont contenues.

Il arrive quelquefois, dans les hernies, que la peau et les autres enveloppes s’enflamment et deviennent douloureuses. Souvent même la peau devient œdémateuse et de couleur brune ou plombée ; ét, si l'altération va plus loin , l'épiderme s’en sépare : c’est l'effet de la pourriture ou Sangrène qui affecte non-seulement les parties contenantes, mais quelquefois aussi celles qui sont renférmées dans la tumeur; c'est même par ces derniéres que commence Ordinairement le désordre. ve SET Eh A st cal

Ces accidens peuvent arriver ou par la négligence du malade, Où par l'ignorance de ceux qui le soignent. Un chirurgien qui temporiserait en pareil cas ne serait point excusable , parce qu'il donneraif lieu à l’étranglement de faire des progrès, et sé rendrait par conséquent responsable de tous les accidens qui le suivent. ww.

De ce que, toutes les fois qu'il y a étranglément , les par ies r

fermées dans la hernie ne peuvent rentrèr , il ne s'ensuit pas que, toutes les fois qu’elles ne peuvent rentrer , il y ait étranglement. :

Je reconnais trois obstacles capables de s'opposer à la réduction des hernies ; savoir : l'étranglement, les adhérences et l'augmentation du volume des parties. Les parties contracteront adhérence,

Ou par leur long séjour dans la hernie, où parce qu’elles ÿ souffriront quelque phlogose; c’est même cette dernière cause qui st

la plus ordinaire de celles qui produisent les adhérences.

. L'augmentation du volume des parties vient ordinairement de ce que ; élant comprimés par l'anneau, les sucs noürriciers sont ar: rêtés dans leur cours : cette cause est commune à lépiploon et à lintestin ; mais celui-ci en a, outre celle-là » d'autres qui lui sont particulières; car, sans compter qu'il peut retenir dés matiéres fécales qui s’y. accumulent » et ÿ prennent une consistance solide: c'est qu’il peut s’y arrêter des corps étrangers, comme je Pai vu arriver plusieurs fois , et notamment à un rôtisseur de la‘rue Montorgueil, auquel on trouva, dans la tümeur » Un pied d’alouette tout enlier, qu'il avait avalé par gloutonnerie. J'ai aussi trouvé plusieurs fois des noyaux de cerises , une fois entre autres, j'en trouvai en si grand nombre qu'ils remplissaient toute la portion de l’intes- . {in contenue dans la hernie : heureusement je pus les faire passer dans

la portion contenue dans le ventre, et je réduisis la hernie. Ce ne sont pas les seuls corps qu’on peut “trouver. dans les hernies » j'en rapporterai dans la suite plusieurs.

Il‘ y a quelquefois des hernies qu’on nomme marronnées , parce qu’elles ressemblent à un marroh. Ce n’est autre chose que le collement ou l'adhérence dés replis de l'intestin les uns aux autres , de manière qu'on n’y reconnait aucun répli ni circonvolution : il a la forme et la figure du sac qui lui a servi de moule ; les parois de sa cavité intérieure sont collées les unes aux autres , de manière qu’il a une consistance dure et solide : tout y est plein : on n’y aperçoit, au toucher , aucun endroit mollet qui puisse faire souppçonner un vide. Il arrive la même chose à l'épiploon, et quelquefois à tous les deux ensemble. C’est l'inflammation qui est la cause de l’adhérence de ces parties les unes aux autres. Ces sortes de hernies ne sont pas rares : ceux qui ne les connaissent point sont fort embarrassés lorsque , ayant ouvert le sac, ils trouvent une masse charnue sans dfétinction d’intestin ni d’épiploon; et l'embarras est d'autant plus grand pour Fooran novice que ces Lee sont toujours sèches.

Nous appelons hernie sie celle dans laquelle il n’y a aucune humidité ; et la hernie humide est celle dont l’intérieur du sac est. mouillé : a sécheresse est: quelquefois portée à tel excès que la masse de l'intestin et de l'épiploon confondus est attachée au sac, de re qu’on 2 encoue plus de peine à les distinguer qu’à les séparer ; et au contraire Mhumidité est.quelquefois si considérable que les parties sont nageantes. dans la sérosité au point que j'en ai quelquefois trouvé un demi-setier dans le sic herniaire.

Lorsque l'intestin est gangrené dans celle-ci, il est rare que sl mortification se manifeste aux tégumens, parce que la sérosité qui se trouve entre les parties et le sac empêche la communication de la pourriture; au lieu que, dans celles qui sont sèches, la gangrène devient commune aux parties contenantes et à celles qui sont contenues : on trouve même que l'intestin et l’épiploon gangrenés sont déjà entamés par la pourriture et tombent en escharre. J'ai observé que non-seulement les hernies humides tombent moins facilement en gangrène que celles qui sont sèches, mais que celles dans lesquelles l'intestin .est rempli de matières “fécales sont de même, à moins que les matières ne soient fort épaisses et dures , ou qu'il n’y ait quelque corps étranger, comme nous en avons Vu ci-dessus ;

car, dans la hernie du rôtisseur, l'intestin ne fut gangrené que dans l'endroit où le pied de l’alouette avait pressé l'intestin; dans les autres cas, la liqueur qui entoure l'intestin et les excrémens liquides qu'il renferme étant capables d’éluder une partie de la compression, l'épiploon et l'intestin sont moins exposés à tomber en pourriture que dans les -hernies sèches ; OUR encore que la sérosité

est une-espèce de fomentatlon et de préservatif favorable en pareil cas, à moins qu'elle ne soit de mauvaise qualité ; enfin une autre preuve que la gangrène est causée par la compression c’est qu’elle est moins ordinaire lorsque l’épiploon et l'intestin sortent ensemble que lorsque l'intestin est seul, parce qu’alors l'intestin souffre seul la compression ; au lieu que, lorsqu'il est accompagné de l’épiploon, celui-ci le soulage en partageant avec lui une. partie de la compression* Dans la plupart des hernies gangrenées que j'ai vues l'intestin était seul. | : | HAT Cependant ce que je viens de dire touchant la présence de V’épiploon n’est pas une règle générale : il yen avait beaucoup dans la hernie du rôtisseur; mais aussi doit-on croire que non-seulement la dureté, mais les inégalités et les. pointes du pied de l’alouette, étaient seules capables de produire tout le désordre. Une pauvre femme, qui portait depuis plus de trente ans nn entéro-épiplocèle de plus d’un pied de circonférence, avait, pendant dix ans, fait rentrer sa Lumeur;mais, comme elle avait pu se gêner à porter un bandage, l’adhérence se forma d’abord à l’'épiploon; elle ne pouvait faire rentrer que l'intestin, qui, aprés plusieurs années, devint adhérent lui-même, et alors, quand elle sentait quelque douleur à la partie, elle pressait sa Lumeur et elle se soulageail; non qu’elle fit rentrer l'intestin, car il était adhérent, mais parce qu’elle vidait les matières stercorales, qui, y étant retenues, causaient la tension douloureuse par laquelle elle était déterminée à preëser et manier la hernie, Un jour, malgré la dextérité qu’elle avait acquise sur elle-même, elle ne put vider l'intestin; la douleur et tous les accidens survinrent : la crainte de opération lui fit cacher son mal ; mais, élant aux abois, elle consentit à me voir. Je Ja déterminai à l’opération, quoique je n’eusse: pas grande espérance; je la fis, et je trouvai l'intestin percé par la pourriture et les matières féeales répandues dans le sac.La difficulté qu’elle eut de faire rentrer cette fois-là les. matières et Ia causé de la pourriture et de la perforation de l'intestin étaient une grosse épingle qu’elle avait avalée sans s’en apercevoir : cette épingle était entrée obliquement dans l'épaisseur des membranes de l'intestin ; la péinte ne sortait que très-peu au dehors de l'intestin; le reste était dans l'épaisseur des membranes ou dans sa cavilé. Je dirai ailleurs ce que je fis pour guérir cette ma-

ladie:, qui fut longue, mais qui se-termina heureusement,

. Il'yaune grande différence, par rapport à l'étranglement , entre les hernies qui se sont formées peu à peu , que l’on porte depuis longtemps, et qui sont ,. pour ainsi dire, habituelles , et celles-qui arrivent subitement, par un effort violent, à des sujets qui n’en ont jamais été affectés , et à qui il n’a jamais paru aucune disposition à celte maladie.

La principale différence qu’il y a entre ces deux sortes de hernies se trouve principalement du côté de la force, qui pousse les parties internes, et du plus ou du moins de résistance que l'anneau fait à leur sortie. Quand la hernie est habituelle , la moindre toux, l'éternument, les efforts ordinaires pour aller à la selle, font sortir les parties ; et, comme l'effort n’est pas grand , gt que l'anneau est dilaté depuis long-

temps et péu à peu, les parties ne souffrent point dans le passage ; elles y sont, pour ainsi dire, habituées, et même j'ai vu. plusieurs malades qui, lorsque leur hernie était sortie, se trouvaient mieux que lorsqu’ elle était rentrée. Il est vrai qu'ils n'avaient j jamais porté de braÿer ; j'en ai vu plusieurs, dans ce cas, que Fon n’a jamais pu résoudre à porter ce bandage : c’est la facilité que ces parties avaient de sortir et de rentrer qui les exemptait de la douleur et des: accidens. Le contraire arrive quand l'anneau est plus serré, puisqu’alors, pour que les parties sortent, l'effort doit être plus grand, et plus grand encore lorsque, étant sorties, on veut les faire rentrer. Ce n’est pas que, dans les hernies habituelles, il n’y en ait où les anneaux sont peu dilatés, et qui ont assez de consistance pour s'opposer à une dilatation plus forte que celle à laquelle ils sont habitués ; et c’est aussi à celles-là que l’étranglement arrive plutôt qu'aux autres et où cet accident est dangereux , mais plus dangereux encore AE les hernies qui se font subitement, et qui paraissent pour la première fois, parce qu’alors les parties sont étranglées dès l'instant même qu’elles sortent ; car le lieu qu’elles occupent n'existait point .avant l'effort; elles forcent subitement Fanneau à les laisser passer, et le péritoine à s'étendre avec elles. dans le lieu étranger qu elles vont occuper : voilà pourquoi elles y sont serrées.

Les hernies habituelles n ’angmentent que dans les commencemens; lorsqu’ elles sont païvenues à un certain degré de grosseur, elles n’augmentent plus; et, si elles ont été retenues pendant quelque temps par un bandage, et que le malade en cesse l'usage, elles peuvent bien reparaître; maïs elles sont d’abord moins grosses qu'avant l'usage du brayer, à moins qu’il ne survienne une cause nouvelle, violente et subite qui force le sac à s'étendre autant qu’il Vétait dans £ plus grande grosseur dé la hernie ; car on sait que le sac s’efface peu à peu pendant l'usage du brayer lorsque celui-ci retient bien les parties, et que ceux qui les portent ne guérissent que parce qu'ils en font usage jusqu'à ce que le sac soit ehtiérement effacé , ou , pour mieux m'expliquer, jusqu’à ce que la portion du péritoine qui le forme se soit rendue adhérente à l'intestin, ou qu’elle se soit entièrement conformée au reste de cette debate qui est dans le ventre, en reprenant sa polissure, son étendue et son élasticité naturelles : c'est effectivement ce qui arrivé, comme je Pai observé à F ouverture de plusieurs cadavres qui étaient morts de toute autre maladie , lesquels, dans leur jeunessç, avaient été

guéris de la hernie par usage du brayer. Je ne dis pas que cela

soit toujours aïnsi ; mais je Yai observé le plus souvent : depuis plus de quarante ans je n'ai fait aucune ouverture de cadavre que je n’y aie examiné les anneaux, et les endroits du péritoine où se forment les hérnies, et je crois au peu de gens ont examiné la

SJ

chose avec plus d'attention, surtout dans les sujets qui avaient eu quelque descente, guérie , soit par le bandage ou par l'opération, soit depuis peu ou depuis long-temps. J'ai observé dans plusieurs que. l'intestin, l’épiploon et quelquefois tous les deux s'étaient rendus adhérens avec la portion du péritoine qui leur servait de sac avant la guérison de la hernie; et je crois que .cette adhérence n'avait pas peu contribué à leur guérison. PURE |

IL suffit qu’un malade ait porté un brayer pendant six mois, et que les parties.ne soient pas sorties pendant tout ce temps-là, pour que le sac, ou, pour mieux dire, la portion du péritoine qui le formait, ait repris cet état naturel dont nous venons de parler ; mais, si, avant qu’il aît pris cette consistance, le malade quitte son bandage, il court risque de tomber dans un état plus fâcheux que celui qui l'a engagé à le porter. En effet, s’il fait une chute, un faux pas, en un mot, un effort capable de forcer l'anneau, et que les mêmes parties sortent, elles seront étranglées dans l'instant de leur sortie, parce qu’alors ce n’est plus une dilatation graduée de l'anneau, comme a pu se faire la première hernie, c’est une dilatation subite à laquelle l'anneau a quelques dispositions ; car on sait que le resserrement de l'anneau ne se fait pas si promptement que celui du péritoine” qui fait le sac, puisqu'il y a des personnes à qui les anneaux restent fort peu resserrés toute leur vie.

On peut regarder ces hernies comme subites , il y arrive presque les mêmes accidens; ce sont celles-là qui peuvent augmenter en peu de temps par le volume des parties qui sortent, surtout si elles ont été grosses dans leur premier règne ; car une hernie qui aurait rempli le scrotum, qui aurait été guérie par le brayer, et qui se reformerait subitement par la négligence du malade à porter son bandage, pourrait n’avoir dans l'instant que la grosseur. d’une noix ; mais, comme elle est étranglée, d’abord:les efforts du vomissement qui survient eg peu de temps peuvent bien la rendre à peu près aussi grosse qu’elle l'était la première fois, c’est-à-dire que, en cinq où six heures, elle remplira les bourses: mais cet accroissement subit ne me paraît pas possible lorsqu'on n’a point eu de descente, parce que les parties forcées n’ont point de disposition à $’étendre davanz tage. Ce qu'il y à de vrai c’est que j'ai vu plusieurs fois le premier cas, et que je n’ai jamais vu le dernier. Je n’en nie cependant pas la’ possibilité; je dis seulement que j'ai lieu d'en douter jusqu'à ce que quêlqu'un soit assez malheureux pour m'en fournir l’occasion ; ce que je souhaite ne jamais voir. Gus SAS

Je n'ai jamais vu de hernies par rupture : quelques auteurs en parlent ; je n’en nie pas la possibilité, et je concois même qu'elles peuvent se former très-grosses en peu de temps, parce qué, le périloine étant rompu, l'intestin et l’épiploon n’ont plus de bornés, el peuvent s'étendre hors du ventre, en quantité et en peu de

temps, de la même maniére’et par la même raison que les hernies qui n'ont point de sac, comme:sont celles de Yombilic, celles qui surviennent à ceux à qui on à faït autrefois l'opération en détruisant le sac : je suis même tenté de croire que les anciens, qui opé-

raient avec intention de détruire. 16 es fine dû voir souvent 7 pareilles hernies.

J'ai vu moi-même une rupture du péritoine mais fe Eh une autre circonstance. +

Un palefrenier avait une hernie d’intestin et d’épiploon plus grosse que Îles deux poings; elle rentrait et ressortait presque sans effort; ce qui prouve que la dilatation de l’anneau était considérable, et que les. parties n° étaient point adhérentes. Le malade avait toujours négligé cette maladie, parce que le premier bandage dont il. s'était servi éfajt un des vieux de son maître : comme il n'avait point été fait pour lui, il se trouva si peu convenable € qu lui “comprima le cordon des vaisseaux, et lui causa un gonflement considérable du testicule. II quitta ce bandage "dantant plus volontiers qu’il ne souffrait point de sa hernie Jors même qu ‘elle était dans son plns gros Volume, et que d’ailleurs 11 n’avait'jamais éprouvé l’état fâcheux dans lequel se trouvent les malades:lorsque leur hernie est étranglée. Depuis cinq où six ans qu’il avait la sienne il n'avait donc. éprouvé aucun accident; mais, un jour, en. pansant ses chevaux, il en reçut un coup de pied sur la. tumeur. Si le pied n’eût fait qu’appuyer, les parties seraient rentrées, peut-être sans beaucoup de douleur, parce que l’anneau était très-dilaté; mais le coup fut porté avec tant de vitesse que l'intestin et lépiploon, ne pouvant rentrer avec la même promptitude , crevèrent le sac qui les contenait, comme on le verra dans le moment. — Noni-seûlement le malade tomba du coup, mais il perdit connaissance; il eut des convulsions universelles , puis des faiblesses, et dés défaillanog de temps en temps, avec des sueurs.froides', le hoquet et des nausées : c’est l’état où je le trouvai deux heures après le coup reçu. J’examinai l’état dè la tumeur sur laquelle le coup avait porté ; elle avait la figure d’une calebasse ; la petite panse était du côté de l'anneau, et la plus grande dans le, scrotum ; celle-ci était dix fois plus grosse que la petite. Le malade, étant revenu à ui , me dit que cette figure n'était point eelle que sa tumeur avait Toujouys eue; qu’elle était ronde avant d’avoir reçu le conp, et qu’elle n’avait jamais été si grosse. Je le saignai, et lui appliquai une compresse trempée dans de l’eau-de-vie , soutenue par un suspensoir. — J’allai le. voir deux heures après : il vomissait, et souffrait de très-vives douleurs dans le ventre : je le ressaignai, et, voyant que sa tumeur était brune et considérablement accrue, je le. ini ef à l’o- .Pération, de laquelle je parlerai dans son lieu; jé dirai ici seulement que, ‘lorsque j'eus ouvert la grosse panse de la tumeur; je trouvai l’épiploon et V'intestin sans enveloppe ni sac, l’un et l’autre nageant dans une game quantité de: sang à demi coagulé. Ils étaient étranglés dans le passage de la petite tumeur à la grosse : ce passage était un trou fait au sac par le coup.de pied du cheval ; de sorte qu’un volume considérable d’intestin et d’épiploon était sorti par. cette ouverture, ne restant dans Ja petite tumeur que la dixième partie de ce, que contenait la hernie ayant que le malade eût reçu le coup. Enfin Ja partie du’sac qui avait abandonné l'intestin s était retirée au comméncement

de la pelite tumeur , et for rmait # dans cet endroit, ‘in grand nombre de replis fort épais, ;

HERNIES. fJ 629

De tout cect il résulte que les ‘hernies diffèrent. encore en ce qu’elles peuvent rentrer ou ne pas rentrer ; être sans adhérence ou avec adhérence ; sans corps étranger ou avéC corps.étranger ; sans étranglement ou avec étranglement ; enfin sans inflammation ou avec inflammation, suppuration ou gangrène. Îl y a encore des différences particulières que j'aurai soin de faire remarquer dans leur lieu, quoiqu’elles soient cependant comprises dans ce que je viens de dire en général. Ù | sir

… Différences par rapport aux causes.

Les causes capables d’occasioner les hernies sont les dispositions que nous apportons en naissant, ou celles que nous acquérons par le mauvais régime. On a pu voir ci-dessus en quoi la première conformation peut contribuer à la formation des PE Ton a pu remarquer aussi que les cris des enfans, les efforts des femmes en *, travail, et la grande dilatatiôn de leur ventre pendant les neuf mois de leur grossesse sont des causes ‘très-capables de-seconder et de rendre efficaces les premières dispositions à cette maladie; ajoutons à tout cela le mauvais régime, les habitations désavantageuses , même les professions d’une certaine espèce, les jeux, les luttes, les exercices violens , et certaines maladies. Ge

Les hommes qui vivent de poisson, de laitage, et qui font un fréquent usage du beurre et de l'huile, sont beaucoup plus sujets que d’autres à la hernie; et, si cette incommodité est si ordinaire aux Proÿençaux, aux Languedociens, aux Espagnols, aux Flamands, aux Hollandais, à tous les religieux en général, et en particutier aux bénédictins et aux minimes, c’est que les uns et les autres font un grand usage soit du beurre, soit de l'huile. Cette maladie est aussi très-commune parmi ceux qui habitent les ports de mer, les rivières, les lieux marécageux, etc., de même qu'aux cavaliers, par les efforts qu’ils sont cbligés de faire pour charger sur leurs chevaux des trousses de fourrage d’une pesanteur énorme , aussibien que par les longues marches, qu'ils font quelquefois sur des chevaux lourds et d’une allure rude, sont souvent affligés des hernies; comme on peut lobserver dans les hôpitaux d'armées, où l'on fournit deux fois plus de bandages à la cavalerie qu'à l'infanterie, quoique celle-ci soit beaucoup plus nombreuse. On peut dire la même chose de ceux qui sonnent de la trompette, qui donnent du cor, ou qui se mêlent d'autres instrumens à vent, des sauteurs, des danseurs de hautes danses , etc. Ces sortes de personnes sont souvent obligées de renoncer à leur profession , parce qu'il deur survient des descentes , auxquelles on ne peut remédier que. par le bandage et le repos. Enfin l'expérience noùs apprend que les hydropiques, les personnes sujettes à la rétention

d'urine, à la constipation , Sont communément attaquées de hernies ÿ aussi-bien que ceux. qui ‘ont: eu des abcès, ou quelque plaie pénétrante au bas-ventre, ainsi que je Jai déjà fait remarquer ailleurs. Chacune de ces causes en: particulier , ou : plusieurs ensemble ; produisent des hernies qui. portent quelque caractère différentiel dont il faut être instruit, parce que l'on en tire. des connaissances pour le diagnostic, pour le pron gaie, ou pour la cure, soit palliative, soit radicale. |

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