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DE LA HERNIE DE VESSIE, OU KYSTIOCÈLE

Quoique cette maladie ne soit connue que depuis peu, il y à,

toute apparence qu elle n’est pas nouvelle : le grand nombre d'exemples que nous en avons tout à la fois peut faire penser que, si on ne s’en est point aperçu plus tôt, c'est faute d'attention.

En effet, comme ce n’est pas toujours le plus formidable accident qui Gractérise une maladie, on doit écouter fout ce dont se plaint le malade, et faire attention à ce qui paraît bagatelle comme aux choses graves. C’est pour cela que , si quelqu'un des symptômes qui accompagnent une maladie suffit pour nous la faire connaître, et

que quelque autre semble n’en point dépendre, c’est à celui-ci particulièrement qu'il faut s'attacher ; il nous pourra peut-être découvrir l'affection. de quelques parties que nous ne croyons pas affectées, et qui le sont cependant : il y à trop d'exemples de ce que je viens d'avancer dans la pratique de la médecine pour que je sois vongER d'en donner.

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Des Différences et des Causes des Hernies cystiques.

Quoique jusqu’à présent nous ne puissions pas établir un grand nombre de différences dans les hernies de la vessie ; il est cependant certain qu’elles peuvent différer comme les autres hernies des aines ; et, dansle petit nombre que nous en avons vu de nos jours, il y en à qu’on peut appeler simples lorsque la vessie sort toute seule par les anneaux, et composées lorsqu'il y a en même temps une hernie d’intestin ou d’épiploon ; de plus les unes et les autres sont grandes ou petites , anciennes ou récentes, avec étranglement ou

sans étranglement, avec ädhérence et sans adhérence.

Il me semble que les causes de cette maladie ne doivent point être essentiellement différentes de celles qui produisent les hernies intestinales : je sais bien que, lorsqu'il y a-vice de conformation, les causes ordinaires agissent plus puissamment ; maïs je ne saurais croire que ce: vice puisse être la seule cause de toutes les hernies de la vessie, puisque nous en avons actuellement enffe les mains, qui, depuis quarante et cinquante ans qu’ils sont au monde, ne se sont aperçus de la hernie que depuis peu ; je penserais plus voloné. tiers que cette maladie serait la suite de quelque rétention. d'urine ou des fréquentes grossesses.

Dans la rétention d’urine la vessie est si considérablement dilatée qu’elle.s’élève jusques et quelquefois même beaucoup au-dessus du nombril ; elle ne s'étend pas moins sur les côtés, puisque , dans les efforts que font les malades pour uriner , on sent qu’elle est vivement poussée vers les anneaux par l’action des muscles de la poitrine et du bas-ventre.

On m'’objectera peut-être que, si lai vessie est pleine , elle est trop tendue pour obéir et entrer dans les anneaux : cela est vrai si elle reste toujours dans cette même tension ; mais, dans ceux qui n’urinent que’ par regorgement , la vessie n'ést pas toujoufs si tendue : en effet, après que la tension excessive a fait sortir une portion de l'urine , elle devient flasque., et alors elle peut obéir aux contractions rinlentes des muscles de la poitrine et du bas-ventre , qui la poussent insensiblement dans les anneaux, d'autant mieux que, les envies d’uriner éfant fréquentes, ces contractions sont souvent répétées.

On w'objectera encore que la vessie s’affaisse, qu’elle se vide,

et qu’ainsi elle s'éloigne des anneaux : je réponds qu'il est vrai que ; dans l’état naturel, quand on urine, la vessie rapproche toutes ses parois du côté de son col par la contraction de ses fibres charnues; mais, dans l’état contre nature dont il est ‘question , il est impossible que cela soit : 4° parce que les fibres charnues ont perdu leur ressort ; 20 parce-que la disposition inflammatoire qu'ont soufferte la vessie et les parties du péritoine qui la couvrent a rendu les fibres membraneuses de toutes ces parties dures et épaisses de minces et pliantes qu’elles étaient : ce qui fait qu'elles ne peuvent plus obéir; de sorte que, quand même les fibres charnues auraient toute leur force , elles ne pourraient point replacer la vessie .en son lieu : d’ailleurs on sait que, quand l’inflammation dure quelque temps ou qu’elle revient souvent , ilse fait une adhérence plus intime de la vessie à toutes les parties du péritoine, auxquelles elle n’est naturellement. attachée que par un tissu celluiaire , c'est-à-dire par des fibres membraneuses trés-extensibles. FR | |

La grossesse est encore une cause. de cette maladie. On sait que, dans les derniers mois, la tête de l’enfant appuie Sur le fond de la vessie, de manière que, lorsqu'elle se remplit d'urine, an lieu de s'élever du côté de lombilie , elle ne.s’étend qu’à droite età gauche, formant, pour ainsi dire, deux cornes disposées à s'introduire dans les anneaux, d'autant mieux que , dans la grossesse, toutes les‘enveloppes du bas-ventre, étant obligées de s'étendre, perdent leur ressort, etque les anneaux, affaiblis et plus dilatés, sont encore moins en état de s’épposer au passage de la vessie. À # .

Les observations que nous fournissent les ouvertures des cadavres, et l'examen des malades qui sont affligés de cette maladie , ne serviront pas peu à confirmer ce que je viens de dire de ces causes. | vx RP

{eo Dans ceux qui sont morts de rétention d'urine on trouve les anneaux affaiPlis par l’extension que cette région a soufferte.dans le temps de la dilatation excessive de la vessie. 2 0 0

2% Lorsqu'on a entiérement vidé la vessie, on Ja trouve large et aplatie ; elle est adhérente à la surface du péritoine depuis la région hypogastrique jusqu'à lombilicale, au lieu que , dans l’état naturel, le ressort de ses fibres la ramène toujours dérrière les os pubis, qu’elle ne déborde point, s’élevant tout au plus jusqu’à leur niveau. | fa: 2 SERA MI DOS :

3° J'ai même remarqué, à d’autres cadavres qui p’avaient point eu cette maladie, que la vessie, étant vide et retirée, dans ses bornes ordinaires, au-dessous du pubis, était arrondie ou plus ou moins plate, selon l’âge ou la vigueur du sujet; de manière qu'aux jeunes gens vigoureux elle était plus arrondie ; mais aux faibles et vieillards elle se trouvait toute plate : ce qui montre bien’que ;:dans les premiers, les fibres charnues de la vessie ayant toutes leurs

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