ARTICLE IL
DU PARAPRIMOSIS. *
Le para phintusts est une maladie dans raqelle le cine n'est point couvert : On peut apporter cette maladie en naïssant : c’est ce que j'ai vu plusieurs fois ; mais alors il n’y a ni remède ni opération à faire ; car naître sans prépuce est une erreur de la nature que Part ne péut corriger. Heureusement. ce défaut n’est pas considérahle $ d'autant qu'il w’intéresse point les fonctions viriles, à moins que louverture de l'urèthre ne soit changée : ce qui arrive quelquefois à ceux qui naissent sans prépuce. Nous aurons lieu d'en parler dans Ja suite.
Le prépuce n’est cependant pas une partie inutile ; on sait que, dans l’inaction, cette enveloppe mobile conserve et défend la membrane du gland, qu’elle la préserve des corps extérieurs, qui, à la longue , la rendraient dure et calleuse comme le reste de la peau ; elle perdrait cette sensibilité voluptueuse dont jouissent ceux qui n'ont celte partie découverte que dans l’action à laquelle la nature l'a destinée. Cette sensibilité n’est utile que comme le sont celles qui sont attachées aux fonctions de manger et de boire; mais les unes et les autres ne sont pas absolument nécessaires à ces fonctions; car, quoique ceux qui n’ont point le gland caché soient privés de la sensation voluptueuse dont il s’agit, ils n’engendrent pas moins que les autres , de même que ceux qui mangent et boivent sans plaisir ne digèr ent et ne se nourrissent pas moins. ! |
Si cette sensation n’est pas absolument nécessaire à la sélération à il n'est pas absolument nécessaire de réparer la difformité qui nous en prive , suppôsé que celte réparation fût possible, ce que je ne crois pas.— Depuis que j'ai fait-cette opération sans succès, je conseille à céux qui: me: consultent pour pareille chose de ne rien
faire: peut-être en jugera-t-on comme moi quand on aura lu ce qui suit :
Un jeune homme dé trente ans ET absolument que je lui fisse une opération pour faire en sorte de lui reconvrir le gland, que la nature avait privé de son prépuce : ïl est vrai que malheureusement je lui avais fait entrevoir
la possibilité de la faire et de réussir; mais je ne lui avais pas moins fait voir tout ce qui pouvait s'opposer à cette entreprise: Les premières idées prévalurent ; je fus obligé de le satisfaire, un peu malgré moi. Je lui avais déjà dit que l’on ne peut régénérer le prépuce, mais. que je croyais qu’il était possible de l’'alonger , @t de le faire passer au-delà du bout du gland.
Pour y parvenir je fis une incision circulaire de la peau, vers [e milieu, dans toute l'épaisseur de la verge; ensuite je tirai le tégument vers le bout ; jusqu ’à ce que le gland fût couvert , et le milieu de la vergé dénudé, l’espace de deux travers de doigt, dans toute la circonférence. Je pansai cette plaie avec de la charpie sèche à cause de l’hémorrhagie, et la portion de peau dont j’avais fait le prépuce fut assujettie sur.le gland par le moyen d’une - bandelette emplastique. Je ne levai l’appareil que le troisième jour ; je trouvai tout disposé de manière que le malade et moine doutions presque point de la réussite. Le premier appareil fut levé sans causer la moindre douleur; je couvris la plaie de simples plumasseaux de baume d’Arcéus ; je continuai de retenir la peau de laquelle j'avais formé le prépuce. La suppuration s'établit; elle fut peu abondante ; les chairs se disposérent à former la cicatrice; enfin je criais victoire lorsque je n’apercus de deux choses qui me firent désespérer du succès : la première est que, à mesure que la cicatrice: se formait, l’endroit de la verge à laquelle j'avais, pour ainsi dire , dérobé de la peau devenait chaque jour plus étroit, c'est-à-dire que la distance entre les deux parties de la peau coupée était moindre de jouren jour. La deuxième chose qui me fit désespérer c’est que la partie de la peau du côté du gland se gonfla, et que le prépuce factice conimençait peñ à peu à ne plus couvrir le gland, soit à cause de ce gonflement qui l’empêchait de s’étendre; soit à cause de Ja cicatrice qui la retirait vers la racine de la verge ; enfin le malade, étant guéri, n'eut, pour tout fruit de l'opération que je lui avais faite, que la satisfaction d’avoir eu sept où huit jours un prépuce. Pendant un an et plus il eut la verge très-difforme; car la peau du côté du gland , restant gonflée , formait un bourrelet qni s'élevait plus que le gland de la grosseur. du doigt. L'endroit de l’incision fut long-temps étroit , et comme étranglé par la cicatrice-dure.qui s’y forma ; mais, conne le malade était fort et vigoureux, les fréquentes érections fou girent , et la verge prit sa forme naturelle, ou, pour mieux dire, celle qu’elle avait avant cette opération in- FuCrie ne, Mais, comme je l'ai dit,je me déterminai à la faire, moins par une possibilité apparente de réussir que par les empressemens du Hiôlä dés ‘je n'aurais cependant point cédé à son sentiment sans une disposition ‘favorable dans laquelle était la partie, disposition qui se trouve rarement à eeux à ant le prépuce manque::Celui-ci avait le frein. ou filet fort long, au lieu qu’on sait que. la plupartgde ceux qui naissent sans prépuce naissent sans frein. Dans ceux-ci il est rare que l’orifice de l’urèthre se trouve au milieu du bout du gland ; ils ont presque tous cette ouverture dans l'endroit où devrait être la racine du fréin, c’est-à-dire dans le creux qui se trouve entre les deux lobes du glard, précisément dans la fosse navicutaire. De plus ils ont: la péau très-mince en cet endroit, et tout le voisinage du trou de lurèthre semble une cicatrice enfoncée-, comme s’il y avait eu un ulcère en ce:lieu. Dans des dispositions pareilles l'opération dont il s’agit ne peut avoir lieu,
parce que, après l’incision circulaire, comme je lai faite dans le cas précédent, la pean adhérente an trou de Purèthre ne pourrait passer par-dessus pour recouvrir. la partie. inférieure du gland. Je conclus donc que , dans l'uù et. dans l’autre cas, il ne faut point faire RP DR quoique je l’aie. faite,
J’ai cru devoir fair part du mauvais succès pour prévenir ceux qui auraient dessein de faire dans la suite de pareilles tentatives.
J'ai vu quelquefois des hommes à qui le prépuce ne manquait pas entièrement, mais ce qu'ils en avaient leur était plus incommode que s'ils n’en avaient noint eu du tout.
. Unnouveau marié vint me consulter sur un cas de cette espèce. Toutes les
parties inférieures et latérales du prépuce lui manquaient; le frein même et l'ouverture de l’urêthre étaient, comme je l’ai dit ci-dessus, vis-à-vis de la fosse naviculaire : ce qu’il y avait de prépuce tombait sur le gland, et le surpassait d’un travers de doigt. Cette espèce de pendeloque était large d’un pouce par sa base, et se terminait en cylindre comme une seconde verge, qui, quoique petite et sans érection, incommodait fort ce jeune marié lorsqu’ en cette qualité il faisait ses fonctions: Je fis laniputation de ce lambeau, malgré la crainte que bien des gens lui avaient inspirée : il fut bientôt en état de réparer le temps qu’il avait perdu, L
Un autre, Que la nature a traité à peu près de même, a hésité pendant dix ans de se laisser faire l’opération : à celui-ci le lambeau, au lieu d’être alongé comme au précédent, est tout retiré vers la partie supérieure du gland, et forme une espèce de bourrelet transversalement placé ; il est de la grosseur du pouce, et peut couvrir cinq ou six lignes du gland lorsque la verge est dans l’inaction; et, dans l'érection , le gland est entièrement déconvert. Ce bourreiet, qui tient beaucoup de place , Nuit si fort qüe l'introduction se fait avec beaucoup de peine et de douleur : malgré cela, le malade ne put se résoudre à l’opération, qui n’est cependant qu’une bagatellet: je suis assuré qu'elle aurait été faite il y a long-tempss’il n'avait pas épousé une Yeuve.
Le prépuce mal formé cause quelquefois un paraphimosis d’une espèce particuliére : quoiqu’elle soit plus rare que Jes autres, je l'ai cependant vue déüx fois. On peut appeler celle-ci bec-de-liévre parce que le prépuce ressemble à la lèvre des enfans qui naissent avec le bec-de-liévre. Il en est de même sans doute pour la cause et pour les opérations qui y conviennent, desquelles je parlerai dans leur lieu. Je dirai seulement ici qu’il n’est pas si facile de les pratiquer au prépuce qu’à la lèvre :il y a cependant cette différence , par rapport à la suture, que celle de la lévre doit être complète, c’est-à-dire que l'union doit être dans toute l'étendue de la division, de manière qu'il n’y ait aucune difformité ; ; et au contraire il est essentiel que ia fente du prépuce ne soit point réunie jusque dans son bout, parce qu ‘il en résulterait un phimosis, attendu que l'ouverture du prépuce serait trop étroite pour laisser passer le giand : c'est ce que j'ai prévu en faisant l'opération dans le cas suivant :
De deux hommes que j'ai vus. avec ce vice de conformation l'un avait le prépuce fendu dans son milieu depuis sa base jusqu’à son extrémité; dans l’autre le prépuce l'était beaucoup moins : on ne voyait que la moitié du gland, et je jugeai à propos de n’y rien faire; mais je fis à l’autre l'opération. qui convenait : ce qui m’y détermina principalement c’est que les deux lambeaux,
repliés l’un à droite et l’autre à gauche, formaient un bourrelet qui rendait l'introduction de la verge difficile, ce qui causait froissement et tiraillement aux deux conjoints. d
Avant que d'opérer, j’examinai ces deux lambeaux : ils étaient mollets, et j'eus la facilité de les étendre, et d'en couvrir amplement le gland Cette opération préliminaire élait absolument nécessaire, parce qu’il ne convenait pas de coudre ces lambeaux sans s’assurer si, après cette opération, le gland serait. à l'aise, et s’il pourrait glisser aisément sous le prépuce non-seulement dans le temps que là partie est en repos, mais principalement lorsqu'elle est dans l'érection, puisqu’alors il faut que le prépuce laisse sortir le gland, et qu'après Paction, lorsque le gland se retire, le prépuce puisse passer par-dessus pour le recouvrir; et il faut que cela se fasse avec facilité et sans contrainte. Ayant donc reconnu que le prépuce était assez ample, je rafraîchis les bords de chaque lambeau , et j'en fis la suture. |
IL faut remarquer que le rafraîchissement des bords ne doit se faire que dans l’étendué du prépuce‘qui doit être réunie, et qu’ainsi il ne faut pas couper les bords dans toute l'étendue ; car il ne faut pas que toute cette étendue se réunisse, parce qu “il resterait une trop petite ouverture qui ne permettrait pas le passage du gland, et le malade n'aurait que changé de maladie : au lieu d’un paraphimosis, il aurait un phimosis. On ne doit donc couper les bords que dans l'endroit où le prépuce est.assez ample pour contenir aisément le gland, et lui permet{re d'en’ sortir et d'y rentrer avec facilité : c’est ce que j ’observai en ne coupant les bords que jusqu’à où le prépuce commençait d’être étroit.
Une autre remarque € est que je ne fis ni la suture éntrecoupée ni l’entortilléé : je passai l'aiguille enfilée transversalement , d’abord à quatre lignes au-dessus de l'angle que formaient les deux Jambeaux; et, sans couper le fil pour faire le second point, je passai tabrs arsenal comme pour coudre à surget ; je laissai les deux bouts du fil fort longs pour les renverser circulairement sur la verge sans les nouer , afin de pouvoir facilement les relâcher ou les serrer selon le besoin. Cette manière de coudre peut être utile dans bien d’autres cas; mais il est essentiel de la pratiquer. dans celui-ci, le
prépuce étant plus susceptible de sonfemnent qu ‘aucune autre partie.
J'ai dit ci-dessus. que l'hypospadiase accompagnait souvent le paraphimosis de naissance ; je ne me souviens pas d'en avoir: vu auquel il ne manquât au moins la partie inférieure du prépuce et le filet : il est rare que ceux qui sont attaqués de cette maladie aient une érection parfaite ; la verge est presque toujours courbée quand l'érection se fait, ou, pour mieux dire, quand les corps caverneux et le gland se gonfient pour produire cette érection, et elle se courbe presque toujours en. dessous : on trouve même souvent la peau adhérente à l’urèthre; elle y est quelquefois dure, crispée, el incapable de $ ‘alonger. Cette disposition de la peau n ‘est pas la seule
cause de la courbure de la verge, comme on va le voir par les obser vations suivantes C' is f
Un étranger me consulta pour savoir si la mauvaise conformation de sa verge, qu’il avait apportée, de naissance, pouvait, se réparer, ou si, telle qu’elle était, ellé le rendrait impropre au mariage qu’il était près de con tracter : il avatt la verge si considérablement FLE que la peau du scrotom lui servait Pétiveléype dans toute sa partie inférieure. Le gland était la seule partie saillante lors de l'érection, ou plutôt lors du gonflement des cor ps caverneux et du gland ; l'ouverture de l'urèthre était placée à l'endroit de la fosse naviculaire, de manière que , quand il rendait son urine, elle sortait en nappe, et mouillait tout le scrotum. Je le j jugeai impropre au mariage, et lui conseillai de ne se point rendre aux raisons de ceux qui auraient envie de le délivrer de son incommodité par quelques opérations. Je lui dis que, quoique les parties qu’on aurait à couper en faisant une opération ne fussent pas de conséquence, les suites ponvaient'en être dangereuses; mais de plus qu’il wobtiendrait jamais ce qu'il espérait; que, quand même il n’arriverait aucun accident ; quand, après la cicatrice, la verge se trouverait entièrement séparée du scrotum ; elle resterait toujours courbée en se gonflant, parce que la cicatrice ne pourrait jamais se prêter à l’alongement de la verge; que, outre cela, il Y avait une autre cause de la courbure à laquelle l'opération ne pouvait remé= dier. — Il ne suivit point mon conseil : un autre le persuada, Cependant, quoique jé fusse d’un avis contraire, le malade désira que j'assistasse à lopération : elle fut faite avec béaucouÿ de dextérité; mais la verge, quoique exactement séparée du scrotum, conservait sa courbure, et jamais ne püt être redressée ; elle resta telle ‘après la cicatrice. :
Cette observation , prouve premiérement que la crispation de: la peau n’est pas la seule cause de la courbure , et que les cellules des corps spongieux de l'urèthre et des corps caverneux y ont la meilleure part , et sont ; dans, le cas dont il s’agit, conformés , de naissance, plus petits ou moinsnombreux, de manière que, quand rien ne les gênerait à l'extérieur , ils auraient loujours celte figure courbe en se gonflant : c’est ce que je prouverai ci-après.
Secondement c’est que, quand l'uréthre et les corps cavérneux n'auraient pas, naturellèment, cette figure, la cicatrice la leur donnerail, à moins que la verge ne restât en érection depuis le commencement jusqu’à la fin de la guérison , ce qui est impossible.
Il ne faut donc point entreprendre. ces opérations : je m'étais trouvé dans le cas quelques années avant; et je n’avais malheureusement pour assistant personne qui eüt vu ce cas, et qui pût me donner un conseil que j'aurais suivi sans doute : les éclaircissemens que je vais donner sur ce fait sont trop “iRinies et trop nafurels pour ne $ y pas rendre.
te La courbure de la verge vus dépendre de la crispation de la peau, comme il arrive à la brûlure de ces parties, aux gangrènes qui enlèvent quelques portions du serotum cet de la peau de la
verge : malgré les soins que l’on prend, dans les PERSnnE. de tenir ®
ces parties écartées du scrotum , elles se rapprochent , et se collent, pour ainsi dire , ensemble par une cicatrice crispée , qui les gêne de si près qu elles sont toujours courbées | dans l'érection la plus .
forte. : - 20 Après Jes chaudes-pisses cordéés et autres inflammations soil
des corps caverneux, soil de l'urétbre, ilarrive souvent que la verge» qui, dans toute ces occasions, est recourbée, reste dans cette posture, et on remarque, dans la partie cave de ja courbure, une petite tumeur plus ou moins considérable. Cette petite pa te se trouve plus souvent le long de l’uréfhre que dans les corps caverneux : je Vai observée pendant que la chaude-pisse ou l’inflammation de toute la verge existait. Jai toujours pensé qu’elle était cause de la courbure ; car, selon toute apparence, elle n’est autre chose que l’affaissement et même l’obstruction d’un certain nombre de cellules qui forment le tissu spongieux de lurèthre et des Corps Caverneux. Or, dans l'érection dela verge, le sang n’entrant point dans “les cellules de la partie de l’urêtkre , ou des corps caverneux que fait cette tumeur, ne peut gonfler cet endroit pendant, qu’il gonfle et alonge {out le reste; et voilà précisément ce qui fait la courbure.
. Cela est encore démontré par lincliuaison de la courbure; car, si cette tumeur est à l'urêthre, la vérge incline etse courbe en dans : lorsque la tumeur est en dessus, la verge se courbe du côté du ventre ; sielle est au corps caverneux du côté droit , elle se courbe à droite, et elle s ’incline et se courbe à à gauche quand la tumeur est de ce côté. On sera persuadé de ce que je dis par les observations suivantes.
Comme ces tumeurs sont la uit des symptômes de vérole, j'en'ai vu plusieurs se fondre par le flux de bouche : alors la courbure a cessé, et l'érection a été aussi parfaite qu auparavant : cependant ceux qui portent ces tumeurs depuis long-temps guérissent rarement par le flux de bouche ; en voici la raison :
J'ai toujours pensé et je pense encore que, pendant l'inflammation d’une chaude-pisse cordée ou autre, les parois des cellules de luréthre des corps caverneux deviennent adhérens les uns aux autres ; ét, si le mercure est capable de détacher ces adhérences lorsque la maladie est FÉCERLES ce remède ne les peut détacher lorsqu'elle est
ancienne.
J'ai remarqué de plus que ces tumeurs se fondent ordinairement pendant le traitement soit d’une -chaude-pisse cordée., ou -de toute autre inflammation de la verge; mais qu’elles subsistént toujours à ‘ceux qui perdent l'érection , el qui ne la recouvrent point pendant le traitement ou immédiatement après. Cette observation semble confirmer mon idée sur la formation de ces tumeurs ; car, si ceux
‘qui sont fatigués de l'érection pendant le traitement de ieur chaudepisse n ont point ces tumeurs aprés leur guérison , c’est parce que le
sang force ces ceilules à se dilater, au lieu que » à CeUX qui ont perdu l'érection, les adhérences deviennent de plus en plus fortes, et subsistent après leur guérison , parce que, n'ayant point d'érection, le sang ne passe point dans les cellules soit de l’arêtbre, soit des Corps caverneux. ! "1 À
Toute ces observations font voir clairement que ceux qui naissent avec la verge courbée, soit qu’il y ait hypospadiase ou non, ne peuvent guérir de cette courbure, parce que , les cellules du tissu spongieux de lurêthre n’existant point, les corps caverneux auront beau se gonfler , la verge ne S’alongera point : elle se trouvera raide
à la vérité, mais courbée en dessous, puisque l’urètbre ne pourra point s’alonger dans la même proportion que les corps caverneux
s’alongeraient s'ils n'étaient pas retenus en dessous par l’urétbre, qui ne peut prêter à cet alongement. gi
J'ai eu occasion de me convaincre de la réalité de ce fait sur le cadavre d’un enfant qu’on m'avait fait voir le jour même de sa naissance, et auquel je ne voulus faire aucune opération : on me l'avait amené plusieurs fois pendant le cours de sa vie, espérant que je pourrais trouver quelques moyens de le guérir de l’hypospadiase, accompagné d’une courbure Pareille à celle dont il s’agit. Je le renvoyais toujours sans lui rien faire, disant aux père et mère que: cette difformité était irréparable. Cet enfant mourut d’une fluxion de poitrine à l’âge de dix ou douze ans; je demandai d’en faire l’ouverture , ne voulant pas échapper cette occasion de satisfaire ma curiosité.
Je découvris d’abord l’un des corps caverneux : j'y fis ouverture; j’y passai un tuyau dans lequel je soufflai; la verge se gonfla, se courba en dessous ; et, pour la conserver dans cette figure, je fis une ligature, au moyen de laquelle je retins l’air, puis je disséquai la verge, et je trouvai que tout l’urèthre était fort court ; qu’il, était, pour ainsi dire, ligamenteux, et incapaBlé de s'étendre, n'ayant aucun tissu cellulaire. Je le séparai des deux Corps caverneux fort exactement, mais avec beaucoup de peine : malgré cette séparation, les corps caverneux ne s’alongérent que fort peu; la verge resta courbe , ce qui me fit juger que la mauvaise conformation de l’urêthre n’était pas la seule cause de la courbure, et que le dessous des Corps caverneux y avait quelque part. — Pour examiner la chose à loisir j’emportai les pièces chez moi : ayant séparé les corps caverneux de toute autre partie, j’observai que, en les tirant par les deux bonts, je ne pouvais les alonger; et, les sonfflant de nouveau par la première ouverture que j'avais faite, ils reprenaientla figure courbe, ce que j'attribuai d’abord à une bande ligamenteuse qui régnait à l'endroit d’où j'avaisséparé l'urèthre. Je séparai de cette bande tout ce que je pus sans ouvrir les corps caverneux; je Coupai même lransversalement les fibres que je n’avais pu enlever ; malgré tout cela, et malgré l'air que je soufflais avec force, les corps caverneux conservèrent toujours leur courbure. Les ayant soufflés pour la dernière fois, j'y retins l’air par une ligature, et les fis sécher : quelque temps après, je les coupai l’un longitudi- . nalement, l'autre par tronçon; je reconnus que la figure courbe qu'ils avaient. toujours conservée dépendait de ce que leurs cellules étaient presque bouchées dans la partie cave: de la courbure; et que, par degré, elles s’élargissaient jusqu’à la partie convexe où étaient les plus grandes , soit que ces
cellules aient été ainsi dès la premiére conformation, ou que, ayant toujours été gênées par l’urèthre et par la bande ligamenteuse | elles soient restées petites, n’ayant pas eu la facilité de s’étendre comme les autres.
De tout ceci je conclus que la courbure de la verge , l’hypospadiase et le paraphimosis qui vient de naissance sont des maladies incurables. |
ARTICLE IIL.