‹ Œuvres complètesChapitre 12 sur 140 · KXXH DISCOURS SUR LE TRAITÉ · texte numérisé non relu

KXXH DISCOURS SUR LE TRAITÉ

qu'il faut combiner les mouvemens pour relâcher à propos certains muscles, en étendre d’autres, avec des efforts variés ‘en différens sens, à mesure que la tête de los se rapproche de la cavité ‘pôur y être replacée ? M. Petit décrit très-méthodiquement les différentes manœuvres que chaque espèce de luxation du bras exige; et lon sent bien, pour peu qu'on y réfléchisse, qu'avec sa machine lon n’a pas la facilité de les metfre en pratique, parce qu’elle ne 8e prête pas aux différentes combinaisons qui sont requises. C’est sous cet aspect qu'il fallait saisir la difficulté. On trouve dans ce qui’ a été l'objet des. censures les moins mesurées le germe ‘des principes les plus lumineux. Un homme d’un génie vaste, à qui les détails de la chirurgie n'étaient point familiers, mais qui s'était cru ‘obligé de l'étudier en grand pour se mettre en état d'être le Reis teAtr de la médecine, l’illustre Boerhaave, fut frappé de l’excellence de la doctrine de M. Petit sur les inxations et sur les fractures. IF en parle dans les termes les plus honorables, qui vengent bien lauteur des injures qu’il a éssuyées à l’occasion de ce même ouvrage. + Jamais il n’y en eut de pareil, dit Boerhaave en motivant les &loges qu’il donne au Traité dés maladies des ‘os. L’on y parle des changemens qui arrivent aux muscles, des attentions que méritent les vaisseaux sanguins, les ligamens , etc, Ce qui fait, continue ce grand homme, qu'il n’est. à la portée que des personnes trèsinstruites : sed scriplus tantüm est pro eruditis (4). IL nous sera permis d’opposer ce témoignage respectable aux écrits satiriques par lesquels on à vexé M. Petit. Des hommes ordinaires n'étaient pas faits pour sentir l’étendue des connaissances qui sont le fondement de l’art de réduire les luxations : les difficultés ne se présentent qu’à ceux qui ne peuvent les apercevoir. Les hommes/médiocres parlent et se mêlent de tout avec GoMAntee Is s’estiment habiles parce qu'ils ne doutent de rien.

Je crois pouvoir partir de lidée. avantageuse que Boësihiffe avait conçue du Trailé des maladies des os pour recommander aux jeunes chirurgiens une étude plus particulière qu’on n’a coutume de la faire des rapports mutuels des parties osseuses et des muscles qui les font mouvoir. Il ne suffit pas de bien savoir ces’ choses séparément, c’est l'ensemble qu’il faut saisir par la méditation sur le corps humain même : c’est le livre original qu’il faut consulter. La dissection apprend les noms et les attaches des muscles , et leurs différentes directions. Ces faits bien connus éclairent suffsamment un chirurgien pour lui faire faire avec méthode les incisions nécessaires, soit pour donner issue-à des matières épanchées, soit pour faire l’extraction des corps étrangers. Mais il y a des gaines aponévrotiques, des brides tendineuses, des faisceaux liga-

(1) Method. discendi medicinam.

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