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us Doleltstiiiisdhesl Rae
L'uretère peut s'enflammer ; il peut être comprimé par quelqués tumeurs voisines ; une pierre qui aura gros$i dans le bassinet du rein, tombant dns l'uretère , peut s’y arrêter : dans {ous ces cas, l'urine ;” ne coulant point, sera à l'égard du rein ce qu’elle est à l'égard de la vessie ; lorsque son col est'bouché ou oblitéré par les causes que nous avons dites , avec cette différence néanmoins que , comme il y a deux reins, on s'aperçoit bien plus tard de cette rétention d'urine que de celle qui se fait dans lfvessie, si l'oblacle n’est que d’un côté, parce que lautrer rein, faisant librement ses fonctions, fournira à la vessie assez d'urine pour qu’on ne s’apercoive point
qu’il y ait rétention dans le rein, malade. Cette maladie reste ainsi cachée : ce n’est pas qu’ elle n ’ait ses. symptômes ; 3: mais il faut. être grand praticien pour ne pas attribuer ces pappimes à à toute autre maladie qu’à: celle qui existe réellement.
M*** voyait, chez un apothicairé dé la’ rue Dauphine, un malade de province, chez lequel je fus appelé au dixième jour de sa ‘maladie; suivant le récit qué mon confrère n’en fit, le malade étant à table, et jouissant d’une santé parfaite, sentit un frisson, à la vérité léger ; mais qui finissait et recommençait à chaque instant. T1 sentit le besoin d’uriner,-etilurina assez copieusement; il se remit à table, bnt et mangea comme auparavant, Le même frisson le-reprit , et alors, ‘faisant confidence du premier quil avait eu, et que jusqu'alors il avait caché, on le força de quitter la table; il eut de même envie dariner, il urina , on le ps au it, et peu après une légère douleur qu'il avait eue dans la région des reins augmenta si considérablement que ; malgré
la plénitude: de ÉLTO at Bthisennt le préjugé , il fut copieusement saigné deux fois en une heure. M. qui, deux heures après, fat appelé, jugea à propos de le ressaigner encore ; et d'appliquer un cataplasme anodin sur d’endroit douloureux, qu'il trouva considérablement gonflé; et, s’apercevant.que cet endroit serait et formait une tumeur, H le fit reésaignet et renouyela le cataplasme. Le nialade cependant paraissait sans fièvre ; et, si, de temps en temps, on apercevait à son pouls plus d’élévation et de vitesse, ce m'était précisément que lorsque ses douleurs augméntaient; car‘elles n'étaient pas toujours si fortes : elles avaient diminué depuis la dérrieré saignée:, es diminuèrent encore jusqu’au huitième ou neuvième jour, qué, devenues plus vivés. que jamais, le pouls s éleva ; et engagérent M°**° de m'appeler en consultation. Instruit par lui de tout cé que je viens .de dire, je fus. convaincu, comme lni, de la nécessité absolue d’ouvrir cette tumeur; mais nous n’étions
as du même sentiment sur son caractère, ni sur la manière de l'ouvrir. l'avait cru d’abord qwelle était anévrismale; mais, luf ayant objecté que cette tumeur w’avait aucun des symptômes de l'anévrignre naissant, ni aucun de ceux-qui accompagnent son accroissement , et que de Plas elle s'était accrue si considérablement et en si peu de temps qu’il n’y avait pas lieu de croire qu’elle fût un anévrisme vrai ;:qui n'augment@que par degré; elle ne s’était pas montrée non plus sous la forme d’un phlegmon.-Il n’y avait point-eu de fièvre dans la commencement, et fort peu dans l’augmentation : les frissons w'élaient pas durables, ils cessaient et recommençaient d’instant à autre; ils n'avaient point caractère du frisson de ka fièvre ni-du frisson de la suppuration; la tumeur n’était point dure, et la fluctnation avait paçu aussitôt qu’elle : enfin nous ne décidâmes rien poux lors ; on continua le Cataplasme € convinmes de nous rassembler sur le soir. Etant sortis ensemble ; après avoir conféré à l’amiable sur les différens moyens d'ouvrir cette tumeur, nous convinmes. que le trocart était préférable à tout autre; et, comme j'avais dé inventé le trocart cannelé, nous le préférâmes. : "4
Ætant revenus chez le malade à Pheure donnée, nous y trouvâmes deux. autres confrères qu’on y avait mandés à notre insu, el, après l'examen, la chose mise en délibération, il fut décidé que l’on OArinit avec le bélouri. AU premier cour il sortit yn jet que l’on crut être de sang : mon confrère , qui, comme j'ai dit ci-dessus avait cru,la tumeur anévrismale ; ne’ isongeait qu'à boucher au plus vite avec:de la charpie l’onverture qu'ilavait faite , mais, luiayant fait apercevoir que ce quisortaitétait moins du sang que de l'urine, il
se rassura , porta son doigt dans l’onverture, et sentit un corps dur; il dilata l'ouverture , et tira une pierre irrégulière , dont une portion était engagée dans l'uretére, et l’autre dans le: bassinet;. il était sorti. deux pintes d'urine dans laquelle était mêlée environ une palette et demie de sang, ce qui formait unfluide d’un rouge brun, ou’plutôt couleur de café, ce qui est ordinaire, ainsi que je Pai dit dense ;le malade eut une faiblesse qui fut l'annonce d’ün frisson qui dura deux heures, à la suite duquel il eut une fièvre violente. La plaie ne parvint point à suppuration ; la gangrène survint, et le né mourut le septième ou le huitième jour de l'opération. n
Nous fimes l’ouverture du cadavre; nous trouvâmes le rein fort dilaté, puisqu? il avait contenu deux pintes d'urine ou de sang ; nous en tirâmes plusieurs pierres qui étgents —ogées dans les entonnoirs , #toutes irrégulières, mais la plus grosse n’excédait pas le volume d’une fève. Fort étonnés de trouver tant de pierres, et d’en avoir tiré une si grosse dans l'opération, nous crûmes que , n’élant pas possible que tout cela se fût produit sans qu pt se fût montré aucun symptôme , il fallait que le malade n’eût ‘pas été fidèle dañs ses récits : en effet la femme du malade, à qui-on avait mardé la maladie de son mari, nous dit qu’il y avait plus de dix ans qu’il se plaignait de douleurs à la région des reins, ce qu il appelait son rhumatisme ; qu'il était quelquefois deux ou trois mois sans les sentir, mais que d’ailleurs il n’avait aucune incommodité ; et, comme la douleur n’était pas aiguë, son prétendu rhumatisme ne l’empêchait pas de vaquer à ses affaires ;'qu’il avait éprouvé que souvent l'exercice le soulageait, et qu’il lui était arrivé quelquefois d’avoir quelques nausées lorsque Pexeitäce ne Vavait point soulagé : m’étant informé s’il n'avait point eu de coliques néphrétiques, suppression d’urine, difficulté d’uriner, à tout cela elle répondit LD n'avait eu aucun de ces accidens. . ,
De botte Abservition il résulte 1° que la pierre peut se former et exister dans le rein pendant plusieurs années sans que le malade souffre de la colique néphrétique ; 2° que, quoique la pierre qui bouchait l’uretère füt grosse, et, par conséquent ancienne, elle n'avait bouché exactement l'uretère que: depuis peu ; 3° qu'il est possible que le malade ne sentit. ses douleurs de oufatadune lorsque , la pierre cessant de boucher l’uretère , les urines reprenaient leur cours naturel; ‘4° sans ce dernier accident , et sans lopération faite -en conséquence , le malade, qui ne croyait point ayoir la pierre, aurait pu'la porter encore bien äu temps sans'qu’on eût pu la soupeqnner : cependant je.crois que qui ferait bièn attention à tout ce qui arrive ou peut arriver à un malade tel que celui dont il s’agit ;je-crois, dis-je, que lon pourrait trouver des signes qui , s'ils ne nous montraient pas évidemment l'existence de la pierre, nous la feraient du moins soupçonner : je prends pour exemple le malade dont je viens de parler.
Une tumeur qui survient tout à coup, ét dans laquelle on sent aussitôt une fluctuation non douteuse , ne peut être formée que par un fluide qui s’épanche, ou qui est retenu dans une cavité. En réfléchissant sur le lieu que la tumeur occupait quel! fluide pouvions-nous
soupconnér autre que l'urine, ;"ét'quelle cavité POUVIENS nous soup= conner autre que celle du ré? pis
Quand la pierre au rein ne descend point par l'uretère dans la vessie, qu’elle s'arrête à l'embouchure du bassin, qu’elle grossit et se joint à d’autres pierres qui se forment dans les entonnoirs du rein, et forme avec elles des branches en forme de corail, on peut regarder cette maladie comme mortelle; il est vrai qu’ elle cause bien des peines avant que de donner la mort; mais tôt ou tard le malade péri. J'ai ouvert beaucoup de cadavres de gens qui en sont morts après avoir souffert quinze ou vingt'äns et plus ; aux uns j'ai trouvé des pierres médiocres, mais de figure irrégulière , armées. de pointes qui avaient piqué et agacé le rein; elles y avaient causé inflammation et abcès ; le pus de ces abcès peut se répandre de différens côtés ; mais, pour l’ordinaire, c'est dans la cavité du bassinet du rein qu il se vide , et de là, passant par l'uretère dans læ vessie, il s'écoule avec les urinés en plus ou moins grande quantité: À quelques-üns il n’est point survenu d’autres abcès ; mais, comme il reste nécessairement un ulcère, et que, dans ce lieu: glanduleux et toujours, mouillé d'urine, la consolidation ne se fait pas, ils ont eu leurs urines boueuses, et la fièvre lente pendant plusieurs années , sont tombés dans la phthisie, et sont morts : à ceux-là j'ai trouvé la pierre comme châtonnée dans l’ulcère ; d’autres ont'eu plusieurs de ces abcés ‘en différens temps’: jen ai vu qui, pendant quinze ou seize ans qu’ils ont porté cetté maladie , avaient eu, presque chaque année, un ou deux abcès aux reins ; quelques-uns étant morts de ces accidens, je n’ai trouvé, à leur ouverture, qu’une seule pierre, mais si hérissée de pointes . que, ayant piqué de tout côté, elles avaient affecté tout le rein : dans presque tous ceux-là les glandes de ce viscére ne faisaient plus de fonction, soit parce. que tout le refn"éfait devenu squirrheux , ou parce que les suppurations les avafent fondues où détruites : ordinairement il y a toujours ulcération qui fournit du pus ou dé la sanie, laquelle, comme il a été dit ci-dessus, se vide avec les urines tant. que le canal de luretère se conserve libre; et alors le malade jouit de la vie quelquefois des” années, Feria toujours du pus : mais, lorsque Turetère est bouché , le pus ou.la sanie reste dans la cavité du sein, elle s’y accumule, et le malade périt bientôt. Quand je dis qué ces maladies sont mortelles , je veux dire que la chirurgie n’a aucun moyen pour les guérir ; mais la nature a quélquefois des ressources, comme on va le voir dans l'observation suivante : éaul
Un homme de: quarante- éinq à Enrtatté ans, depuis l'âge de vingt, était sujet à la gravelle, et de temps en temps avait vendi des pierres ; je le soupconnai en avoir une dans le rein : il en eut tous les symptômes , et par degré il parvint à rendre du pus avec ses urines; il en rendait quelquefois beaucoup, et quelquefois peu ou point du tont, c’est-à-dire que, comme il urinait dans
des verres, il.s’en trouvait quelques-uns dans lesquels il y avait plus de pus que d'urine; d’autres où il y avait plus d’urine que de pus ; et de temps en temps il s’en trouvait un ou deux dans lesquels lurine était claire et sans pus. Comme ces sortes des malades sont scrupuleusement attentifs à tout ve qui leur’arrive, celui-ci avait observé que, quand if rendait Vurine claire et sans pus, il avait des douleurs ‘aux reins, ét il sentait ‘ne pesanteur considérable qui précédait l’envie Hénin si bien. qu'il nai prédit souvent qüe l'urine: qu’il allait, rendre serait sans pus, ce qui arrivait effectivement. Comment cela peut-il être. puisque l'urine et le pus vieñnent du rein ? Ayant plusieurs fois observé la mêmie chose, je cherchai Pexplication de ce phénomène , et je crus l'avoir trouvée, en disant que la cause de la douleur et de la pesanteur qui précédait l'évacuation ‘de l'urine claire venait de ce que l’uretère du réin malade étaît bouché, et que le pus rétenu causait la douleur et la pesanteur qué sentait le malade ; mais que cela n’empèchait pas À êin opposé qui n’était ‘point malade de filtrer, et’ de fournir à la vessie les urines claires que le malade rendait; et, comme le rein malade pouvait rester plus ou moins dans cette situation, le malade rendait quelyuefois deux ou trois A "40 d'urine claire de site, sans qu'il parût une goutte de pus; mais la pésanteur et la douleur du rein malade en devenaient plus violentes, jusqu’à ce que, l’uretère se débouchant, le pus prenait son. cours; ilen sortait en quantité et presque. pur , et le malade était soulagé, si bien qu’il aimait mieux uriner du pus que’ dés urines toutes claires. «
= “Aprés avoir vécu long-temps dans cette situation, devenu maigre, exténué, il-n’urina plus de pus, et. les urines claires coulèr ent en moindre quantité ;. la doileur: du rein malade augmenta considérablement ; le ventre devint tendu, dur et douloureux; et, quoiqu’il fût saigné plusieurs fois, malgré son état de faiblesse et Cab non onre put empêcher le cours de l’iflammation du ventre, qui éfait cépendañt plus forte du côté du rein malade, où il y avait élévation et rougeur érysipélateuse, et où il se LH dE puration. Je ne tardai pdint à à y faire ouverture; quoique la fluctuation m ’annonçât que le fluide. était profond, il en sortit un pus très-puant et mal digéré. Ayant porté mon doigt dans la plaie, je trouvai une cayerne si large et si profonde que j’agrandis l'ouverture assez pour y porter mes quatre doigts’ : je trouvai dans le fond uñe pierre qui ayait trois branches, qui toutes trois étaient engagées soit dans l’uretère, soit dans quelquês entonnoirs ; mais. je n’eus pas de peine à la dégager, car toutes ces par ties étaient sans Consistance et presque gangrenées : il softail beaucoup de sang veinal, que j’arrêtai facilement avec grds tampons de charpie brute, le tout soutenu d’un bandage de corps : pendant le reste du jour et toute la nuit la’ plaie suinta . $i considérablement que les matelfs du lit en furent pénétrés ; il sortit beaucoup d'urine, du sang médiocrement, du pus et de la lymphe ; car cette opération n'avait pu se faire sans détruire beaucoup de vaisseaux 1ymphatiques. Le malade eut plusieurs envies d’uriner, mais il urina, peu; il n’urina pas même toutes les f@is qu'il s'était présenté; il était faible, ce qui n’est pas étonnant après de si grandes évacuations ; ; il avait fort peu de fièvre : on peut juger que la dite était humide ; car , ‘outre l’humidité qui pouvait provenir de la lymphe oude l’urine, les parois étaient mouillées de pus: toutes les duretés voisines s'étaient beaucoup ramolliés; et, à la réserve de quelques lambeaux graisseux ou membraneux, qui étaient noirs ‘ét à demi détachés, le reste de la plaie était vermeil. Je trempai dans un digestif ordinaire des tampons de charpie liés, presque aussi gros que ceux dont je m'étais servi en premier
appereil ; brelgje pansai mon malade. à l'ordinaire, et: il guérit, à cela prés
d’une fistule a a portée engins ne lincommodant (pas bles que ferait
un cautére, ef di sb ral 4e A
Cette. terminaison de maladie n’a été avantageuse qu’à cause de l'inflammation qui a causé. adhérence, sans laquelle l'ouverture de la tumeur eût causé la mort, parce que l'urine et le pus se seraient’ répandus dans la duplicature du péritoine , au lieu que le bassinet du rein, le rein même, s'étant rendus adhérens à la du-. plicature. externe de cette membrane , et ayant fait une incision fort large, toutes les matières sont sorties comme de plain-pied , n ayant pu s’en échapper entre la membrane du bassinet et le péritoine à cause de cette adhérence. J'ai déjà fait faire cette remarque en parlant-de la rétention de la bile. dans la vésicule du ffel, et j'aurai occasion de la répéter en traitant de l'ouverture de quelques fie abcës du ventre.
Hippocrate à défendu 4 ses PES de pratigfér ta liiHotstie: rriais particulièrement celle du rein : je ne crois pas qu’on puisse nier que l'opération que je viens de décrire ne soit l'extraction de la pierre dans le rein ; et.je n’hésiterai jamais de la conseiller, et de la faire moi-même toutes les fois que je trouverai un malade dans: les mêmes circonstances , c’est-à-dire lorsque j'aurai lieu de croire que le rein s’est rendu adhérent aux*tégumens ; je ne balancerai point nôn plus à la faire lorsque j'aurai un iälädé dans le cas de celui de la rue Dauphine , dont j'ai parlé ci-dessus, parce que le bassinet était si excessivement dilaté qu'il faisait saillie en dehors, et que l’on y pouvait faire uné incision ample , qui est , seJon. moi, une circonstance essentielle à observer. d
Mais je me garderai bien de ongetller cette opération lorsqu il n’y aura ni rétention d'urine ni abcès. Ce qui facilite l'opéra ation dans les deux premiers cas c’est La dilatation i immense du bassinel du rein : il est si spacieux qu’on peut ÿ faire de grandes incisions sans craindre d’endommager les émulgentes , le rein niles uretères ; au lieu que, Jorsque le bassinet est dans sa grandeur presque naturelle, à cela près de la pierre qu’il contient , il est enveloppé parle rein même , qu'il faut inciser pour arriver Jüsqu't la pierre ; ce qu'il est impossible de faire sans couper de grosses branches des émulgentés , et Te tronc même , quelque bien instruit que l'on soit de l'anatomie dé ces parties, et quelle que QUE être la dextérité, ge l'opérateur.
A nr. | pe PEcoulemént involontaire de l'Urine renfermée dans la vessie.
L'urine peut couler involontairement par de fausses routes ou par ses routes nalurelles, Quand la vessie est percée au-dessus du sphincter , l'urine se fait des routes dans les tissus cellulaires, elle forme
des tumeurs , et ces tumeurs urineuses sont ouvertes par l'instrument tranchant; ou bien l'urine, occasionant là gangrène, se fait des ouvertures elle-même : les unes et les autres-ouvertures deviennent
‘des fistules par lesquelles l'urine coule involontairement. Elle coulé ‘aussi involontairement par ses routes naturelles quand le sphincter
de la vessie ne peut point se contracter , et s'opposer aux efforts que font lès urines pour sortir: La. première espèce: d’écoulemént involontaire arrive à la suite des plaies dela vessie; ou des abcès de son voisinage, dans lesquels elle est comprise, et où elle se trouve percée au-dessus du sphincter ; elle peut arriver aussi par quelque vice de la première conformation. ‘Quand , par quelques blessures,
Ja vessie est percée au-dessus de son sphincter, et que la plaie ne
se réunit pas exactement, il reste une fistule par où le malade perd
involontairement ses urines. Ce n’est pas qu'il Soit ‘toujours im-
possible d'obtenir une réunion parfaite : la négligence, l’indocilité des malades, le mauvais état’des sucs nourriciers, et quelquefois même l'impéritie, ont beaucoup de part au défaut de succès. Il est bien vrai que la structure des parties et leurs fonctions ne sont point fayorables. à la réunion : en.effet une plaie, en quelque endroit du corps de la vessie qu’elle puisse être, est.une route par laquelle urine à beaücoup plus de facilité à passer que par luréthre, attendu que, pendant que le sphincter tient le co! de la vessie fermé,
la-plaie, toujours ouverte, ne s'oppose point à la sortie de l'urine : . c'est cette sortie continuelle de Furine par la plaie qui nuit à la ‘consolidation; lattention que le chirurgien doit avoir, en pareil
cas, est donc de rendre le passage des urines au moins aussi facile du côté de l’urèthre que du côté de la plaie, en se servant de la sonde en S, qui, d’un côté, tient le col de la véssie dilaté, lequel, étant toujours ouvert, laissera passer continuellement les urines, d’où il résulte deux avantages : le premier, Cest que l'urine ne s'amassera point dans la vessie, et ne mouillera point la plaie ; et le deuxième, c’est que, la vessie n'étant point écartée par l'amas
des urines, le rapprochement de ses parois concourt à la réunion
de la plaie. sépiis da |
Du temps que le frère Jacques t{aillait à l'Hôtel-Dieu , il a été remarqué par M. Méry que beaucoup de ses taillés restaient fistuleux,,*et il en donna pour raison que, dans la contraction de la vessie, les urines avaient plus de facilité à passer par la plaie que par le-col. IL n’a pas-toujours soutenu ce sentiment quand it à vu plusieurs de ces taillés guérir sans fistule ; il serait encore plus cone vaincu de l’érreur dans laquelle il était s’il avait vu tailler M. Foubert. La taille au haut appareil , et toutes les plaies de la partie supérieure de la vessie, sont plus sujettes à la fistuie que celles qui sont près du col, parce que les prémiers sont dans la partie de la vessie la plus isolée et la moins épaisse, et que les secondes sont dans l'en-
droit de la vessie le plus charnu, plus. épais et moins,sujet à variation, attendu les attaches solides qui. parent cet. endroit avec les os pubis. |
Je ne mettrai point em mat avec ces plaies celles que l'on fait au-dessus des os pubis lorsqu'on fait une ponction à la vessie en conséquence d’une rétention d'urine, parce ‘que la plaie est ” fort petite, que les fibres ne sont: pas coupées, , mais seulement écartées , et qu’on fait cette’ ponction à la partie de la vessie qui est appuyée sur la face interne.des os pubis : d’ailleurs je n’ai jamais vu arriver d’accidens en conséquence de: cette ponction: je la regarde, pour ainsi dire, comme un coup d'épée dans l'eau; j'ai pratiqué souvent cette opération, et je m’éténne qu’elle ne soit pas autant usitée qu’elle mérite de l'être: + *
Aux blessures dont nous venons de parler j'en ajouterais bien d’autres de même genre; que je passe Sous sience pour éviter les répétitions : il en est d’une autre espéce, qui sont les suites des couches laborieuses , et qui sont causes de l'écoulement involontaire
des urines.
de Ja marquise de Ce était en nai d'enfant de sa pr emière grossesse dans son château de... Arrivée à son terme, et sentant quelques douleurs, elle marnda sa sage-femme, qui crut et lui. dit qu’elle acconcherait bientôt, parce qu’elle trouvait l’orifice dilaté de la grandeur d’un gros écu. bei douleurs cependant étaient diminuées : pendant huit heures elles cessérent , et revinrent plusieurs fois; mais elles n'élaient pas assez vives , ni déterminées comme il faut pour faire espérer un prompt acconchement, et la dilatation de l’orifice paraissait diminuée. Les. douleurs augmentèrent enfin; la tête de l'enfant parut, s’avança dans le passage; la malade redoubla ses efforts, tous furent. ar tk à elle perdait ses forces, les vraies douleurs cessèrent, et ne revinrent plus. La sage-femme eut béau donner des cordiaux, des léséthense et appliquer des amulettes sur le ventre, l'accouchement n’avançait point ; la tête de l’énfant resta plus de vingt-quatre heures ‘au passage ; on envoya à la ville chercher un chirurgien, qui, reconnaissant que. ja grosseur de. la tête était le nœud de la difficulté ; après avoir fait tout ce qu’il put pour la faire rentrer, se détermina à la vider; ce qu'il fit après avoir ondoyé l'enfant, et aussitôt la tête sortit, et, profitant de l'instant, il accoucha la dame, puis la délivra. Elle, “eu : pour ainsi dire, de 4 mort à la vie; son chirurgien, la croyant dans le train d’une couche ordinaire, s’en retourna chez lui, abandonnant la conduite à la sage-femme. Elle fut vingt-quatre heures sans uriner; les lochies ne conlaient points læ fièvre survint; la sage- ‘ femme la fit saigner. par, le chirurgien du bourg :. les urines et les lochies recoulèrent, mais Ja fièvre subsista, et une vive douleur survenue dans le vagin, avec ‘un écoulement extrêmement fétide , obligèrent d’avoir recours au RE cout qui reconnnt que toute la partie du vagin qui [touche la vessie était en gangrène. IL ordonna des injections convenables, les fit lui-même pendant deux jours ; et, comme la malade se trouvait oblagée , que les écoulememens étaient moins fétides , il s’en retourna. La sage-femme continua les injections, les escharres de gangrène se séparèrent, tombérént, et la malade se crnt guérie; mais sa joie ne fut pas longue lorsqu'elle s’aper-
çut que ses-urines coulaient involontairement, On atiibua cet accident à la paralysie -du sphineter;"0on -appliqua nombre de médicamens d'espèces autant différentes que de personnes qui furent consultées en proposèrent ; et le fout.sans succès. Je fus consulté. Le mémoire qui me fut envoyé contenait ce que je viens de ‘rapporter ; et, jugeant qu’il y-manquait plusieurs circonstances que ‘l’on n'avait pas crues nécessaires, je me contæentai pour réponse de prescrire quelques injections , et je fis les questions suivantes ; savoir : si l'écoulement des lochies était fini;-si on avait mis une sonde -dans l’urèthre, et en même temps: un doigt dans le vagin, pour’ savoir si les urines. Loulgient involontairement par te où par uh trou que Ja gangrèné aurait fait au vagin. Je ne reçus aucune sépünsé: Deux ans après, la malade vint à Paris; elle *me consulta;: sans mé dire qu’on m'avait consulté dans le commencement de sa maladie; mais je la reconnus bien an récit qu’elle me fit, et, voyant qu’elle voulait feindre, je feignis aussi ; elle ajouta seulement au récit que je viens de faire que, depuis plus de deux . ans, à la Suite de l’accouchement laborieux, elle rendait involontairement ses urines, et qu’elle ne les rendait point par l’ouverture naturelle. Je l’examinaî ayant. un doigt dans le vagin et une sonde dans lurêthre , et lui trouvai une ouverture à la vessie presque ronde et assez large pour y passer deux doigts; le bord de cette ouverture et toute la partie du vagin qui est appuyée sur le rectum étaient âpres, raboteux comme du shatiris ou*plutôt comnie la peau du chien marin. Cette aspérité était causée par un million de petites pierres de même grosseur qui étaient comme enchâssées dans la membrane; elles y étaient du moirs'si adhérentes que quelques-unes ne pouvaient en être détachées qu'avec l’ongle , et celà ne.se pouvait faire sans quelques douleurs : c’est pourtant ce qu’elle était obligée de souffrir tous les sept on huit j jours, qui.est le temps que ses pierres étaient à se reproduire. Il y avait deux mois qu’elle était accouchée ; et. six semaines qu ’elle se plaignait de ses pierres, lorsqu'on les sépara du vagin pour ia première fois. Celle espèce de croûte pierreuse était épaisse , et les pierres se tenaient si bien les unes aux autres qu’avec de la patience on aurait pu l’enlever tout entière; je ne doute point que, si on n'avait pas eu soinide les détacher, elles n’eussent fait dans le vagin une incr ustation pierreuse semblable à celle qui se trouve aux aqueducs de nos fontaines. L'intérieur de la vessie, dans lequel je pouvais introduire les.doigts, était lisse et je n’y remarquai aucune de ces pierres; mais il y en avait quelques-unes se le bord des lévres de la vulve et dans l’intérieur des cuisses; la cavité de la vessie était réduiteà bien peu de chose, tant pat les suppurations qu’elle avait souffertes dans'le temps de la séparation des escharres gargréneuses que parce . a} il y avait Eu de en: ans qu’elle ne contenait point d'urine. ’ vrà x PRE
L’indication curative dans ‘une pareille maladie est la réunion; mais, ne voyant aucun moyen capable. de la procurer, j’annoncai à la nait que tout ce que l’on pouvait faire était de la délivrer de cette croûte pierreuse, et de rendre son écoulement d'urine moins incommode ; mais elle ne fut pas’ contente, élle voulait guérir. Elle asséembla uiétcdhéultatiof nombreuse ; plusieurs des consultars furent'de mon avis : un seul proposa la suture ; mais, lui ayant fait-sentir non-seulement la difficulté de faire cette opération dans un lieu si profond et si caché, mais aussi la nécessité de rafraîchir les bords dans toute la circonférence du trou, et l’impossibilité de Pexécuter exactement, il se rendit au’ sentiment commun, et la malade prit ce parti, non + sans peine. * à
. Elle me choisit pour remplir les deux, points : sur lesquels les consultans ARE d’agcord, savoir d'éviter. le retour de. l'incrustation pierreuse:, et de rendre l'écoulement involontaire moins incommode.: Quant au premier point, je commençai par ôter, autant qu'il me fut possible, .tontes les pierres: où graviers. adhérens, et de lui. faire des injections 4vec. la-décoction de mauve et de guimauve , que je faisais deux ou trois fois par jour, jusqu’à ce que je l’eus bien.instruite à les faire elle-même ;;: mais une:chose quime parut essen: tielle, fut de lui faire cesser l’üsage d'un. tampon de linge qu’elle introduisait dans le vagin pour retenir quelque temps ses urines : avec ce tampon elle: pouyait se. tenir assise,en compagnie; mais elle était obligée de se lever quand elle commençait de se sentir.mouillée,.et.d’atler dans sa: gardershechianger de tampon; ce qui arrivait, tous. les, ME Loue Hiheupes ne La: vu” quelquefois moins. * F | T
La raison pour-laquelle.; je: Jui emeôfésdis Vusagé, e’est que, en visitant ses tampons, jy trouvai des pierres ou graviers que l’urine-en passant à travers le linge y laissait : tout,cela réussit si bien que, au bout de huit jours il n’y eut . plus d’incrustation, et J’eus une. prenante le linge qu’elle introduisait, dans le vagin en était la cause, puisqu’un drap en huit doubles qu’on lui mettait entre-sa chemise etses fesses; soit.dans son lit, ou quand elleétait assise dans un fauteuil, se trouvait semBhide sable: et de graviers. Malgré ‘ce succès, je lui fis-continuer les injections, auxquelles je fis ajouter un peu de lavande : distilée à l’eau-de-vie pour corriger un peu Podeur; car, malgré les soins qu’elle avait de se tenir propre, elle sentait quelquefois l’urine, Il ne s'agissait plus que de rendre cette incommodité supportable. Je lui fis faire une espèce d’urinal, que j'appelle le trou d'enfer, au moyen pi Larmes pouvait uriner sans crainte de répandre une goutte. cond Hohe
Madame de ***'eut un accouchement pr esque sé EME JA celui dont mous venons de parler, La tête de l’énfant avait resté trois jours au passage; le vagin avait été plus long-temps comprimé ; aussi là’ gangrène qui survint avait étéplus étendue ; les pansemens pendant et après là chute -des-escharres gangréneuses avaient été tellement négligés que toute la Circonférence du vagin s'était réunie-en decà du trou fait à la vessie; de manière que, si cette cicatrice , dans laquelle était compris le canal de TU eütété complète, les urines n'auraient pu passer ; mais elles s’étaient conservés ue route qui élait fort étroite, parce que , la vessie étant percée, lès urines, ne coulant que goutte à goutte, ‘ne: pouvaient se conserver une route: plus large : le passage qu’elles s'étaient conservé formait un conduit long de plus d’un pouce , et si étroit qu’à peine y poûvait-on passer un stylet dé médiocre grosseur : on er découvrait difficilement l’orifice lorsque l’on écartait lés lèvres de la valve. Ce conduit devait cependant servir d’uréthre pour l'écoulement des urines , et de vagin pour là sortie des menstrues : il remplissait fort mal ces deux nue tions per il était obligé de les. remplir toutes deux en même temps; car, si l'urine ne passait qu’à peine , comment le sang aurait-il pu passer avec facilité ? Aussi le temps des règles était-il terrible pour la malade; des caillots de sang bouchaient le: passage, ‘et l’urine, retenue dans ce dus restait de vessie et de vagin’au-dessus du conduit, causait des douleurs considérables. Le col de fa matrice, qui, comme on voit, trempait dans les urines etle sang mêlés ensemble, jetait la malade. dans. dos langueurs et dans de grandes faiblesses ; le cäillot qui bouchait le passage était-il poussé au dehors, les
- urines sortaient avec le peu de sang qu’elles avaient délayé; mais, un second caillot prenant la place du premier , la malade retombait dans les même acci-
dens : ce second cailtot sorti, elle était de nouveau soulagé®, et cette allernative durait plusieurs jours jusqu'à ce que tout le temps des règles fût passé, mais,-malgré cela, le réceptacle ini-vagin , mi-vessi( , contenait encôre du sang , quiss'échauffait se pourrissait , ébréndait! pend ot plusieurs jours, les
urines puantes ; enfin insensiblement les urines chargées de gr ht formèrent
une pierre de la grosseur d’un œuf.
-Voiïlà la situation dans laquelle était la malade lorsque M: rate me la fit voir chez lui en consultation; où il fut décidé qu'il était absolument nécessaire de faire l’extraction de la pierre. Je fus chargé de l'opération, pour laquelle je fis faire quelques instrumens particuliers; car cette taille n'était pas dans l’ordre ordinaire: Le conduit qui servait d’urèthre était, comme j'ai déjà dit, si étroit qu’à peine y Érh N passer un stylet de itédione grosseur ; il avait un pouce et demi de long; ses parois étaient épaisses , dures, calleuses et incapables de s'étendre. Ils Asics pour tant de le feudre dans but sa longueur. Pour y parvenir, suivant l’idée que je m étais faite, je fis pratiquer deux espèces de gor gerets, dont lun se terminait par une espèce de sonde à bouton; je l’introduisis jusqu’à ce que je touchasse la pierre. Le reste de cet instrument était une large sonde cannelée ,.ou petit gorgeret, qui me servit à conduire un
bistouri droit et mousse, avec lequel j e coupai cet urèthre ên hant ét sut 1es
deux côtés, ne voulant point inciser la païtie inférieure de peur de couper le rectum, avéc léquel elle était adhérente, et, pour ainsi dire, confondue. L'autre gorgeret ne me servit point. À la faveur dû premier, . j'introduisis le doigt, avec lequel je touchai la pierre, que je trouvai tendre; je préparai la voie pour introduire une petite tenette en forme de tiré-balle, je chargeai cette pierre avec beauçoup de précaution, dans la crainte de blesçer Morifice extérieur du col de la matrice; puis, étant assuré que ma tenelte ne mordait que la pierre, comme elle était molle et tendre, j’essayai de la rompre, et jy réussis; à plusieurs reprises je la tirai presque toute, persuadé que Île reste sortirait par la suite, comme cela arrive ordinairement : c’est pourquoi je mis une des canules que j'avais, quelques jours avant, fait consiruire, en con-
-formité de l’idée que je m'étais faite de la forme que prendraient ces parties .
après l’opération : la malade ne sourit pas pete x et elle se fouva sotlagée,
Dans la lithotomie Brin après avoir tiré la pierre, on tâche de PT la plaie, et, dans célle dont il s’agit, au contraire, oh a double raison de Ja maintenir Géverté car il faut conserver le passage non-seulement aux urines; mais aux menstrues. Si lon se rappelle l’état de la maladie, on conçoit bien qu'il était impossible de guérir l'écoulement involontaire des urines, mais qu’il leur fallait conseñver un passage, et que, les deux portions restantes du vagin et de la vessie étant réunies, et forifant un réceptacle commuf anx urines et aux menstrues , dans lequel même était renfermé le col de la matrice , il fallait conserÿer ouvert ce canal commun aux menstrues et à l'urine. S’il ne Le fût agi que du passage des utines, une ouverture médiocre aurait suffi; mais a nécessité du passage des menstrues m’obligea de conserver cette. onverture plus grande : pour cet éffet je me servis d’un morceau de liége fin de la forme et figure dé la canule dont je m'étais servi; je le trempai dans de la cire bouitlante pour le rendre poli, incapable de blesser ;: : et facile. à introduire et à retirer.
Si je n’avais eu d’autre intention que de conserver louverture, la canulé aurait suffi; mais je n'avais pas encore perdu l'espoir de remédier à l'écontement involontaire, regardant ce morceau de liége comme un bouchon, que la
malade intioduirait pour retenir les urines jusqu’à ce que, ayantenvie d’uriner, elle l’ôterait pour les laisser couler. La malade ne s’en servit que dant l'in térieur du canal fut bien cicatrisé; elle ent d’âbord de la peine à s’y accoutumer : de temps en téinps elle en cessait l’usage,, et, au bout de deux ou trois jours, elle était obligée de s’en servir; mais elle avait pins de difficulté à le remettre, parce que, pendant le temps qu’elle cessait de s’en servir, l’ouver-
ture acquérait quelques degrés de rétrécissement, si bien que, par.sa négli- gence, au bout d’un mois, le rétrécissement du passage fut a$sez considérable pour diminuer la grosseur du bouchon ; mais, par Ja suite , la circonférencé de cetteouvertures’étantrendue calleuse, elléquitta l'usage du bouchon,et, attendu la callosité confirmée, l’ouverture se conserva assez large pour permettre l'écoulement des urineset des menstrues ensemble-etséparément. Elle ne put s’accommoder du trou d’enfer en forme d’arinal dont j'ai parlé ci-dessus; elle fut obligée de placer une éponge entre ses cuisses, et de se fâäire mettre sous les fesses un drap en plusieurs doubles, tant dans sont litquesur son fauteuil, lorsqu’elleétait levée : elle a vécu, elle vit,et vivra encoresi l’on en croit l’embonpoint qu’elle a acquis, etle réfour des prAcés dont elle était ornée avantsa maladie.
Je fus. consulté par une mère qui désirait marier une fille unique ; mais, comme cette fille avait été nouée’, et'élle avait encore les cuisses et les Jambes. un peu courbées , elle craignait qu’elle ne pût pas mener à bon port ses enfans si Dieu lui.en envoyait: voulant s’en assurer, elle me pr ia de passer chez elle, et fit venir dans sa chambre sa fille, qu elle avait prévenue de la visite que nous.allions faire, et, du motif pour lequel nous la faisions. Je trouyai la conformation naturelle dans tous les os qui composent le bassin, et je l'assufai que, de leur part, il n’y aurait aucun obstacle à l'accouchement. Je bornai là mon examen, et elle renvoya sa fille. Comme son:intention était que je visitasse le vagin, dans. Ja conformation duquel elle craignail quelque vice, parce que, toutes les fois qu’elle était réglée, elle sentait un obstacle que rendait la sortie des menstrues difficile, “ir me demanda pourquoi Je
n'avais pas introduit mon doigt dans celte partie pour examiner l'obstacle qui pouvait y être. Je lui répondis que, selon les lois, je ne le pouvais pas sans détruire les marques de la vir ginité, -que réellement elle avait, A quelque temps de là, la jeune fille fut mariée, ét la mère ayant fait confidence à son gendre de la visite. que j'avais faite, et des raisons que j'avais aliéguées pour ne pas porter l’examen plus loin; ces raisons n’existant plus, ils convinrent ensemble que j’achèverais (péri Ils en prévinrent la jeune dame, qui, depuis qu'elle était mariée, avait été trois fois incommodée à la sortie des règles, et qui actuellement l'était pour la quatrièmg fois. Je trouvai, au-dessus de l'orificé du vagin, une tumeur de la grosseur d’un œuf, laquelle s’élargissait en montant ; comnie la-malade ne souffrait point ï je portai mon doigt aussi avant qu’il me fut possible, et, comme si j'avais percé une poche, il sortit en abondance du sang rouge et. fluide, puis. des caillots noirs, et, en pressant tout l’espace qu'occupait la tumeur, je Ja vidai tout entière; puis, portant mon doigt au-dessus à dtoite et à g gauche, je reconnus que cette poche avait la PE d’un panier de pigeon, ayant son fond en bas, et son ouverture, qui était fort grande, était en haut ; de manière que le sang ménstruel, au lien de sortir, tombait dans cette poche, et la remplissait au point qu'elle formait une tumeür qui bouchait, tout le
vagin. Tout ce que je viens de dire se: passa sans douleurs. Pour remédier à cet accident , quoique la membrane qui formait cette poche eût l'épaisseur
d’un écu, je fus d'avis de la fendr& dans présque toute sa longueur; et, si l’on m'avait cru , cette dame ne serait‘pas morte. : -: On consulta’à mon insu différentes personnes, qui rejetèrent bien Join l'idée de cette opération, et en firént üne description telle que la mère, le gendre et la fille en furent effrayés. PRE ‘On conseilla un pessaire, qui, introduit et placé à propos au commencement des règles, presserait la poche, et la tiendrait appliquée contre le vagin, pour empêcher qu’elle ne se remplît, pendant que’ le sang coulerait ‘librement par l'ouverture du pessaire. Cette idée fut suivie; la malade ent ses règles ; le pessaire réussit parfaitement, et l'on erut la malade guérie. La dame devint grosse; la grossesse se passa Sans incommodité; l'accouchement ne se passa pas demême: la poche, en forme de panier de pigéon, à laquelle on ne songeait plus, et dont la sage-femme ne fut point prévente, retarda long-temps l’accouchement, et, s'étant enfin déchirée , on tira heureusement l'enfant, que l’on trouva mort; mais la tête avait été retenue si long-temps
au passage que la poche, le vagin et la vessie, qui avaient été fort com-
primés contre le pubis, tombérent en gangrène. Je fus appelé à ce désastre : Le déchirement et la pourriture régnâfent dans tout le vagin et la vessie, et la gangrène attaquait même l’urèthre, le clitoris, les nymphes et Pin= térieur des grandes lèvres. Après, avoir emporté les laubeaux pourris, fait des scarifications dans tous les endroits gangrenés ou menacés de gangrène, j'appliquai les médicamens les plus propresvà rappeler la vie, et, malgré l'écoulement continuel des urines, la suppuration s’établit. Les évacuations étaient si abondantes qu'il fallait renouveler l’a ppareil, les chauffoirs et autres lignes sept à huit fois par jour, parce que les Suppurations, les urines. et les lochies étaient fort abondamtes. Ce fut les urines surtout, parce que la malade, qni avait une soif ardente, buvait béaucoup ; elles charriaient du
gravier, lequel s’attachait, dans tout le voisinage, à la peau de tous les endroits qui en étaient mouillés, et rendait ces endroits comme du chagrin ,'
en un mot, tels que jé l’ai observé dans l’une des observations précédentes. Tout semblait promettre un bon succès lorsque , après un chagrin qu’eut la malade, les lochies se supprimèrent : une fièvre violente survint, puis le délire, enfin la mort. Elle aurait pu ne pas mourir, mais elle aurait, le reste de ses jours, rendu involontairement ses urines. *
Jai vu de ces accouchemens laborieux, auxquels l’écoulement involontaire survint dans l'instant même que l’accouchement venait d'être fait, parce que le vagin et la vessie avaient été déchirés dans l'instant même du passage de la têté de l'enfant. FAN
J'ai vu aussi des femmes qui, après un accouchement laborieux , ont retenu et rendu volontairement leurs urines péndant sept ou huit jours, quinze jours et même un mois, au bout duquel temps elles n’ont pu les retenir. Celles-là n’avaient font eu la vessie déchirée dans le temps de l'accouchement ; elle n’avait été que meurtrie, et, quoique gangrenée dans un endroit, elle avait pu retenir les urines jusqu’à la chute de lescharre , qui, en se séparant, avail laissé un trou par où les urines sont sorties : or, comme cette séparation peut se faire plus tôt ou plus tard, l'écoulement involontaire des urines arrive aussi plus tôt ou plus tard. Jai vu aussi qu'au
cancers de Ja matrice, lorsqu'ils me, sont pas encore ulcérés ; j'ai vu, dis-je, que, quand inflammation. qui précède l'ulcération est considérable, et qu’elle attaque le col de la-vessie et Purèthre’, il y a rétention d'urine et j'ai été plusieurs fois- “obligé de me servir de la sônde pour faire uriner les malades. Comme cette inflimmation cesse lorsque le cancer suppure et s’'ulcére, le col de la vessie reprend ses fonctions, et la rétention d'urine cesse : maïs par la suite lulcère rongeant entame la vessie, la perce, et alors les urines coulent involontairement. J'ai vu même le rectum percé dans le vagin par cette même cause, et l’un et l’ autre arriver dans la même personne «Ilest fâcheux de n’avoir pas -de remèdes curatifs dans de , Pateilles maladies; si j'en parle dans:ce Tr aité, c’est particulièrement pour donner aux jeunes élèves des lumières qui puissent leur servir à faire un ‘pronostic, el pour engager les personnes malades de se . déclarer de bonne heure pour qu'on puisse prévenir la maladie .si elle n’est pas encore formée , ou ,sielle l’est, pour adoucir et pallier les accidens. C’est encore pour avoir occasion de les avertir.que , de trente malades de cette. espèce, il Yen a peu qui soient atlaqués du vrai cancer; et, pour ne point exagérer, sur trente de ces maladies, j'en ai trouvé plus de wingt que l’on pouvait assurer être véroliques. J'en ai guéri grand nombre que j'ai traitées comme telles , lesquelles n'auraient pas guéri si la tumeur eût été véritablement cancéreuse. Il faut donc bien. s'assurer de leur caractère par les dns Con j'ai parlé en plusieurs endroits de cet ouviage. NAT
Pour finir entiérément cette matière il me reste à ide de Lécdu lement involontaire qui se fait par les voies naturelles, et de celui qu'occasione quelque vice de la première conformation. :
Tant aux hommes qu’aux femmes, les urines peuvent couler involontairement par les ‘ouvertures nalurelles, soit parce que le sphincter de Ja vessie a perdu son ressort, ou qu'il est détruit ou forcé: soit aussi parce que , le col étant due et calleux , les contractions di sphincter ne peuvent le fermer assez exactement pour empécher le passage des urines.
Dans la paralysie, le sphincter ne pouvant s se contracter, et d’ailleurs les forces qui poussent l’uxine étant à peu prés les. mêmes , il doit y avoir écoulement involontaire ; et cette espèce d'écoulement involontaire arrive dans. la paralysie qui suit ef accompagne l'apoplexie, les luxations des vertèbres ou entorses, de lépine , etc. :
Quand le sphincler, est détruit. par quelques ulcères , il n’est pas étonnant que le colde la vessie , qui pe peuf plus se fermer, laisse involontairement sortir. les urines à mesure que les reins les filtrent, etque les uretères les déposent dans la vessie.
Quand le sphincter a été forcé ou déchiré, comme Lo. arrive dans la lithofomie , il ne se rétablit pas toujours, et il reste queiquelois un écoulement involontaire ; il peut aussi être forcé quand un
obstacle ,:subsistant long-temps dans le canal-de l’urèthre , retiendra les urines : celles-ci dilateront et la'vessie et le-col ; le ass de l'un el.de l’autre pourra se perdre, et alors ils’ensuivra rétention d'urine, parce que la vessie ne pourra plus: se contracter ; et écoulement involontaire, parce, que le sphincter aura du sa force; car observez qu’il faut que ,; de temps à autre, l'urine puisse s'écouler , et que, - S'iln’en pouvait point passer du tout, il s’ensuivrait une plus fâcheuse maladie; et la mort'même, comme on l’a pu observer. au €coemmencement de.ce chapitre. Il arrive presque la même chose aux.enfans qui ont le phimosis gaturel : on à pu le remarquer dans quelques observations que j'ai données ci-devant.
L’urine peut sortir involontairement lorsque le él de la vessie est dur et calleux ; car, dans cette disposition, il n’obéit point à la contraction du sphineter. Cette dureté et callosité peut être la suite des ulcères vénériens mal. guéris, ou de l'engorgemerit squirrheux de la prostate dont j'ai déjà parlé. IL se peut aussi que. Vurine sorte
par regorgement quand lurine descend des reins dans la vessie par les uretères ; elle dilate ses parois, la remplit, et l'excite à coniraction si elle en est susceptible ; maïs si au contraire elle est insensible à ces agacemens, ou que quelque obstacle s'oppose à la sortie des urines, et que cet obstacle soit invincible, il y-aura rétention d'urine de l'espèce de celle dont nous avons déjà parlé ; mais, sicet obstacle n’est-pas invincible , et que l'urine continue de eouler des reins, ce qui affluera continuellement augmentera la tension des membranes de la vessie; on, si ce noweau degré de tension suffit pour vaincre la résistance que nous avons dit n'être pas invincible, l'urine alors sortira, et eelfe facon de sortir est ce yo? nous appelons pisser par regorgement.
Voici une-autre disposition prochaine à MO fete ivolontatte des urines : ceux. qui, dans la plus parfaite santé , n’obéissent pas aux premières envies d’uriner y sont sujets ; l'envie d’uriner passe, et, pendant tout Le temps qui s'écouie de cette première envie à la seconde, l’uriné s’accumule, l’ay ertisséthent pour uriner revient, mais bien plus fort; on y résiste, mais pas toujours si complétement qu'il ne. passe . quelques gouttes d'urine ; ; celles-ci font place à d’autres , et successivement on urine malgré soi. IL est dangereux de s'exffoser à de pareilles épreuves’, comme font les paresseux, les joueurs: étpresque tous les gens de cabinet, qui, trop occupés de lear objet’, ne sentent point le besoin d’uriner , ou s’accoutument à y résister : il leur arrivé qu’à la fiñ la segsation est émoussée ; &: le besoin d’uriner , quoique plus grand, ace moins l'organe ;
ils pissent par regorgement, et se sentent ie cuisses mouillées sanss'être aperçus du besoin d’uriner.
On dit des enfans qu'ils pissent au dit ent : j'en ai distingué trois espèces : la première est de ceux qui sont paresseux
de se lever pour pisser aux premiers avertissemens. La seconde espèce est de ceux qui dorment si profondément que la sensation qui précède l'envie d’uriner n’est point assez forte pour les éveiller : il n'ya, pour ainsi dire , que le col de la vessie qui’sente, et qui, accoutumé d’obéir à cetke sensalion, s'ouvre machinalement, et laïsse passer :es urines sans que l'ame en soit avertie. La froisième espèce est celle de ceux qui rêvent pisser dans un pot-de-chambre , contre un mur, ou autres lieux ; ils sentent qu ‘ils ont envie d'uriner, et ils pissent effectivement : ceux-là ne sont pas en grand nombre, ou du moins il ne leur arrive pas souvent de faire de pareils rêves. Quoique -cette espèce de pisseurs ne soit pas nombreuse en individus , j'en ai vu quelques-uns qui, pendant long-temps, y ont été sujets.
L'incommodité de pisser au lit se guérit presque toujours d’ellemême , plus tôt ou plus tard , selon les soins que les gouvernantes et les pères et mères prennent de leurs enfans, soit en évitant de les faire boire le soir, ou en les réveillant à propos la nuit pour les faire pisser. On leur fait honte devant le monde, et surtout devant leurs camarades , devant qui ils sont plus sensibles à l’avanie qu'on.leur fait; on les punit en les privant de certains plaisirs ; on les menacé mêmedu fouet, mais il faut bien se donner de garde de les fouetter , car ils ne sont pas maîtres de faire autrement ; cé n’est point par malädie qu'ils pissent au lit. Cette rooBnisité se guérit ordinairement lorsque les enfans commencent d'être OCCUPÉS, que les’ soins et les inquiétudes rendentMleur sommeil moins tranquille , et qu’ils commencent des ‘inquiéter eux-mêmes de leur état.
J'ai vu un jeune Homme de neuf ans, qui, quoique oecupé de ses éridéé, et chagrin de son indisposition, : ne pouvait paReek une nuit sans- pisser au lit. prés avoir fait tout ce que l’on avait pu, il s’avisa de se lier la verge avec une ficelle; il ne pissa pas au lit cette nuit-là : cependant la douleur léveilla; mais, n’osant se plaindre, il laissa cette ligature jusqu’au soir qu’il fut forcé de se déclarer. On œut recours à moi. Je trouvai que la moitié de la verge, au-dessous du lien, était tombée en gangrène ; je coupai ce lien : les urines eurent d’abord qelque peine à sortir, mais il en coula trois chopines , et ce n’était pas tout, car la vessie, ayant perdu son effort, n'avait pu se rapprocher assez pour évacuer le reste. Après avoir fait déux incisions assez profondes et parallèles, j'en fis une troisième pour*fendre le prépuce; car ce jeune homme avait le phimosis de- naissance : je le pansai convenablement, laissant .à l’appareil un passage pour les urines; la suppuration s’établit, quelques lambeaux de peau se séparèrent, tonte la plaie devint belle; il fat guéf en vingt jours; et -ce qu’il y a de particulier c’est que, dès le prenïier, il'cessa de pisser au lit, et il n’y a'paspissé depuis. $
Les garçons ont un avantage quand ils sont parvenus à âge d'avoir la verge assez longue pour qu’on puisse leur appliquer un petit in- | strument appellé sphincter. Cet instrument retient les urines ; mais
il faut avoir soin d'éveiller ceux à qui on a is pour lâcher le sphincter , les faire pisser , etle rémeéttre : il tranquillise aussi les personnes chargées du soin des enfans ; car , si attentives qu’elles soient, sans cet instrument qui retient les urines , il leur arriverait souvent que , lorsqu’elles vont éveiller les enfans , ils. auraient déjà-uriné.
IL faut être. attentif à lâcher cet instrument à propos , ét ne pas le laisser jusqu’à ce que la plénitude de la vessie éveille Fenfant, parce que les fibres de la vessie «et celles du sphincter se. .trouveraient forcées ;.et , si pareille chose arrivait souvent, il pourrait s’enisuivre école. involontaire d'urine ; car cet instrument ne doit servir qu’au cas où la gouvernante tarderait trop à réveiller l'enfant pour le faire pisser ; et on s’en passerait si on savait précisément l'instant dans lequel l'enfant doit pisser: Ilest trés-utile aux adultes, particuliérement aux vieillards, en un mot, à (08e: ceux qui ont un écoulement d'urine nocturne. -
Pour finir l'écoulement involontaire des urines il me reste À Ke de celui que causent les vices de la première conformation : je ne parlerai point de tous: ceux RE ai oui parler, mais seulement de ceux que j'ai vus.
L'hipospadiase ne cause point par. cri l'écoulement (Not: taire des urines, si proche du col de la vessie qu’il puisse être, pourvu que l'ouverture de l’'urèthre soit en-deçà du sphincter. On sait que, dans cette maladie , le canal de l'uréthre manque toujours depuis le gland jusqu’à F ouver ture par où sortent les urines, et que l’uréthre n’a de longueur que depuis cette ouverture jusqu’au col de la vessie, Or l’uréthre peut manquer entièrement , depuis en-decà du sphineter jusqu'au bout de la verge , sans que les urines se perdent involontairement ; mais, si la portion même que doît occuper le sphincter manquait, alors les urines couleraient involontairement : c’est cé que j’ai vu à un enfant nouveau né, et ce dont la nourrice ne s’était aperçue qu’au bout de huit jours; comme le scrotum était partagé en deux, et qüe les testicules n’étaient point ensore descendus dans les bourses , elle avait pris cet'enfant pour une ‘nié, d'autant mieux que la sage-femme l'avait annoncé comme tel, Au bout de buit jours, la nourrice ; layantexaminé du plus Pres connut bien qu il était mal bohforiné , et n’hésita pas de dire qu’il était hermaphrodite. Je fus appelé pour éclaircir ce fait. Il est bien vrai que le scrotum, partagé en deux parties égales , Funé à droite, et l'autre à gauche , représentait assez bien les deux lèvres de la Wie: mais, en les écartant, on ne trouvait aucun vestige du vagin. A la partie inférieure , prés dé-l’anus , était l'ouverture de l'urèthre ; ou plutôt le méat arinaîre : car l'uréthre manquait en entier et lé sphincter même ; raison pour laquelle il a rendu toute sa vie involontairement. ses urines : à la partie supérieure, la verge, qui était fort petite, élait recourbée en dessous, n’avait presque point de gland ni de
798 TRAITÉADES MALADIES CHIRURGICALES.
prépuce; la regardant comme.un. clitoris, on eût pu croijre.que cet enfant était une fille;manquée; mais, quinze jours après , un testicule parut.dans laine gauche, et-les,cris.continuels de l'enfant firent bientôt paraître. l’autre. Ces. témoins .attestérent. qu'il. était homme, mais n'ôtèrent -pas la première idée; les hAFeRs et bien d’autres -crurent .que ‘cel enfant était hermaphrodite. r
‘J'ai vu üne fille, à l’âge de quatre ans, qui était venue au monde n'ayant ni urêthre, ni nÿmphes , ni clitoris : ellé avait an vagin assez large; "mais, Wayant point d'urèthre | où du moins la partie de ce canal où:se tronve le sphincter manquant ; elle rendait involontairement ‘ses urines; j’en- ai vu une’ autre qüi avait tout lextérieur de la valve, le clitoris, les’ nymphes et les: grandes’ lèvres: bien conformés ; mais.à qui il manquait tout l’urèthre et le;:col de la vessie; elle rendait ses, urines .à l'entrée : du vagin pat, un‘trou assez large pour y mettre le eus doigt: :
On ne à radiée à ces sortes d'é coulémens involontaires que par un bandage compressif, lequel, par le moyen d’une pelote qui y est adaptée, et que l’on applique sur l'ouverture, fait loffice d’obturateur. Je l'ai vu rarement réussir, par la difficulté qu’il y a. d'ajuster cette pelote et de la maintenir en situation. Ce bandage est inutile, et même nuisible » parce que, lorsqu'on en commence l'usage, il estimpossible qu’ il puisse réussir : en effet il faudrait pouvoir Tappliquer dés les premiers jours que l’enfant est au monde ; les urines contenues dans la vessie la dilateraient,, et formeraient sa cavité ; mais il est impossible de s’en servir dans un âge si tendre ; et, quand on arrive au temps de pouvoir s’en servir, la vessie, qui a toujours rendu les urines à mesure qu ‘elle.les recevait, ne s'étant point dilatée, à proprement parler, n'est pas une vessie ; elle n’est qu'un canal dont le diamètre est tout au plus égal à à celui de deux uretères. Cette vessie, ou.plutôt ce canal, s’est nourri , fortifié , et. confirmé, pour ainsi dire, dans ce diamètre ; de manière que, n'étant plus extensible, le bandage. dont il. s'agit ‘devient inutile. Je dis. plus, il peutitre nuisible, parce que, empêchant.les urines de sortir, et celles-ci n’ayant point de vessie pour réceptacle, feront effort pour. dilater les urétères et les. bassinets des reins : ce n’est pas qu elles. ne fassent aussi effort.sur les parois de la vessie devenue canal ; mais celle-ci est en état -de résister, au lieu que les uretères et les bassinels des reins obéissant seront poussés au-delà de leur. ton naturel , ce: qui .causera tous les accidens dont nous avons parlé en traitant de la rétention d'urine.
J'ai vu des écoulemens involontaires d'urine, de naissance , par le nombril , et j'én ai reconnu de deux. espèces. Celui qui m'a paru plus extraordinaire aflligeait une. fille. qui était venue au monde ayant l’uréthre. fermé; elle avait une. tumeur . grosse. comme une cerise. précisément à à l'endroit de la. cicatrice du nombril ; on ne
reconnaïissait le pertuis par où sortaient les urines qu’en relevant cette pétite tumeur : la malade faisait usage d’un bandage à peu près ‘semblable à celui dont on se sert dans lexomphale ; ce bandagé retenait assez bien les urines , mais'elle était obligée de le lächer souvent pour uriner, parce ‘que la vessie n'avait pas une grande capacité. A peine pouvait-élle tenir ‘un demi-verre dans sa plus grande dilatation , et, quand elle était pleine à ce point, la malade souffrait des douleurs dans le ventre, particuliérement à la région de la vessie et. aux reins; d’où je:jugeai que la vessie n’était pas tout-à-fait réduite à n’è être qu'un canal , et; que. les uretères et les reins se rernplissaient ; comme dans les shsrntiess précédentes: . |
Un jeune garçon avait, de naissance | [a même e maladie, excepté que, au lieu de la tumeur qui se trouvait dans fa maladé dont j je viens de parler, il yavait, dans celui-ci, une espèce. de bourrelet, au milieu duquel était le pertuis par où sortaient les urines : il n’avait point l’urèthré bouché, car il rendait volontairement les urines par la verge; et, quand il n'avait point le bandâge ombilical, ilrendait les urines par lune et par l’autre ouverture; mais toutes deux ‘ensemble en rendaient prés d’un verre, parce que sans doute la. vessie, dans celui-ci, avait.conservé plus de gapagiié que les autres aan j'ai parlé dans les obseryations précédentes.
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“ON est quelquefois obligé. ar Ans certains pts nous faisons de pareilles opérations lorsque. les parties sont si affectées qu’on ne saurait les guérir, ni même les conserver pendant quelque temps, sans exposer un malade à perdre. Ja vie; mais il n’est pas toujours aisé de distinguer ces cas: s’il.en est où l'on ne peut se tromper , il y en a aussi de douteux. Nous eroyons qu'il est essentiel de donner, avant de parler du manuel des amputations, quelques remarques: et des observations qui feront connaître quelles sont Jes" occasions ‘qui nous chhgent d'y avoir recours. .
ARTICLE PREMIER