‹ Œuvres complètesChapitre 132 sur 140 · LA L · texte numérisé non relu

LA L

J'ai observé plusieurs, fois qu'un anévrisme par dilatation peut paraître et même devenir anévrisme par épanchement, et qu'un anévrisme par épanchement peut paraître anévrisme .par dijatation. On sait que, tantque la portion d’une artère affaiblie ne faitque se

.dilater sans se rompre , la tumeur qu’elle forme ne peut être qu'un anévrisme par dilatation, et qu’on la recohnaît presque toujours aux signes que nous avons attribués à cette espèce d'anévrisme ; mais, quand la poche ou sac anévrismal, à force de se dilater, vient à s’ouvrir, le sang s'épanche hors du sac, et la tumeur qu’il forme grossit à proportion de Ja quantité de sang qui sortde cette poche. Ce sang épanché se coagule ; et dès Lors on ne trouve plus cette tumeur molle

- qu'uné légère compression faisait rentrer et disparaître ; la pulsation semble être plus faible, le bruissement diminue ou s’eflace même entiérement ,.et cet anévrisme , qui, dans le commencement , était un anévrismè par dilatation, et en avait tous les symptômes, devient anévrisme par épanchement, et-on y aperçoit la plupart des signes de Funet de l’autre anévrisme , parce qu’alors cette maladie est un composé des deux, A A so gt pui Nr

D'un autre côté , lorsqu'une artère a été ouverte par un instrument pointu , tel qu'une lancette, le sang, qu'on à arrêté par un bandage convenable appliqué sur Fouverture de la peau , S’épanche dans le tissu cellulaire qui entoure le vaisseau, S'y. coagule, et forme un caillot assez solide pour s'opposer à la sortie du sang par l'ouverture de la saignée ; mais, si ce caillot ne bouche pas en même temps l'ouverture faite à l'artère , le sang qui en sort $’amasse insensiblement entre le vaisseau et le caillot du tissu cellulaire, et forme une tumeur qui augmente par degré lorsqu'on. a cessé l'usage du bandagé compressif,. et qui imite l’anévrisme par dilatation , parce que lésang, qui conserve sa fluidité pendant quelque temps dans l’espace qu'il occupe, peut rentrer ‘dans le vaisseau lorsqu'on. comprime la tuméur avec les doigts. C’est ce qui est arrivé dans l anévrisme faux dont j'ai parlé; et que-plusieurs médecins et chirurgiens avaient pris pour ur anévrisme vrai, Je donnerai ci-après l'histoire plus détaillée

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de: cette maladie lorsque j'aurai examine de. uelle manière le sang - s'arrête lorsqü'une artère est simplement ouverte.

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De là Maniére dont le ta s ‘arrèle jo Prière, est simplement grd, ouverte. ,

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D'après ce que j'ai dit dans le chapitre de’ Pt on a dû considérer le caillot qui se formé à l'extrémité des artères coupées comme un cylindré de sang coagulé, qui à ä quelquefois cinq où six lignes de longueur’; et qui est deverur , k ‘dans {oute son étenduë , ‘ad hérent à la surface intérieure du vaisseau qui lui a seryi de moule : on conçoit donc qu'un tel caïllot, soutenu d’un bandage compressif, est capable d'arrêter V'hémorrhagie : mais peut-on concevoir avec la” même facilité qu’en caillot puissé arrêter aussi solidement le sang d’une artère sfnplement ouverte, comme dans l’anévrisme faux?

Le doute qu’on pourrait avoir lä-déssus par ait d’abord fondé sur Ce que ,.dans l'artère qui est totalement coupée, le CaiHlot remplit exactemént la totalité du canal, et s s'oppose par là efficacement à la sortie du sang ; au lieu que le 'catltôt qui se forme à l'ouverturé simple d'une artèré n’est qu'une espèce de bouchon qui ne déborde pas la partie intérieure du vaisseau , et n “empêche point le sang de poursuivre son cours dans la: continuité. du même vaisseau. il semblerait donc que ce bouchon ne devrait opposer qu’une faible résistance | à la Sortie du gang; mais, comme celui qui s’ést épanché d'abord à l'extérieur du vaisseau y a formé un prémier caillot , le bouchon se trouve alors soutenu par cette espèce de couvercle, ‘lequel, aidé de la plus légére compression, résiste ‘à: l'impulsion du sang. Il y ‘a done cette diffé rence entre le caillot des artères coupées et celui des artères simplement ouvertes que, dans le premier Cas, le bouchon est plus con-

sidérable que le couvercle ; et que, dans le second , le couver cle est plus considérable que le bouton : dans. l’artére coupée en effet tout le sang arrêté dans Ja cavité du vaisseauest employé à former le bouchon. Ce que j'avance est non-seulement évident, mais c'est une suite nécessaire de l’état'des choses : l’artére étant coupée, tout’ 7 sang coagulé dans la cavité du vaisseau est employé à former le bouchon, sans que rien ne soit capable d'en retrancher la moindre parlie : le cylindre de sang quis né. forme à, ‘comme où Pa dit, toute l'éteñdue de la cavité du vaisseau dépuis l'endroit bouché jusqu’à à la branche collatérale dans laquelle le sang circule; au lieu que, dans l'artère simplement ouverte, le bouchon ne. peut avoir détendue que de l'épaisseur des membranes de artère , puisque, si était possible qu ‘il s'étendiît plus avant dans là cavité ‘du vaisseau , il serait > pour ainsi dire ; rogné et raccourci à chaque instant ip le sang qui y passe continuellement et avec rapidité.

A l'égard du couvercle , on conçoit bien qu il ne peut être. considérable à l’artére coupée , parce que la compression qu'on est obligé de faire pour boucher le vaisseau est si forte qu’elle éloigne et dis-

LOTO ANÉVRISME: : à: 853.

perse uné partie du sang qui pourraitle former; mais, aux artères qui ne sont qu’ouvertes , le couvercle doit être beaucoup plus fort, parce que la compréssion qu’on ÿ fait éfant beaucoup plus faible, êlé écarte et disperse moins le sang extravasé : d’ailleurs , comme cette compression n’intercepte point la circulation dans l'artère , les gouttes de sang qui peuvents’échapper fortifient le couvercléd’instant à autre jusqu’à ce que le bouchon, entièrement formé , puisse boucher exactement l'ouverture. Cette espèc. de. compensation de la faiblesse du: bouchon par la force du couvercle , et de la faiblesse du couvercle: par la force du bouchon , fait que , toutes choses égales d’ailleurs , il ne doit pas yavoir plus .de difficulté d'arrêter le sang d’une artère simplement ouverte. que AANETIeR celui d’une artère. oHpenent coupée.

Il est même un-cas. dans Fe le couvérèle: -du caillot de tartare est si solidement placé qu'il suffirait seul pour arrêter lhémorrhagie : c’est lorsque le sang-s’est logé dans le tissu: cellulaire qui enveloppe l'artère ; il est-même ordinaire que cela arrive ainsi toutes les fois

-que l'artère a. été ouverte par une lancette, parce qu’elle fait une plus grande ouverture aux membranes de lartère qui ont quelque solidité qu'au tissu cellulaire ; qui élude le tranchant de l'instrument par sa à flexibilité, etpar son peu d’adhérence à lamembrane externe de l'artère : or ; si l'ouverture. de l'artèrerest plus grande. que celle: du tissu. cellulaire) il est clair que le sang, venant. à sortir avec impétuosité »: se logera dans ce tissu, el'que, s'y coagulant, il formera un couvercle d'autant. plus. propre à retenir le bouchon qu'il sera lui-même retenu par les membranes de toutes les cellules dans lesquelles il s’est engagé , ce in n'arrive peus aux artères entièrement coupées.

De ce qui vient d’être dit on peut du AU que Phémoïsbate de Partère simplement ouverte est arrêtée par un caillot comme celle de l'artère entièrement coupée; et que, si,on arrête plus diffcilement l'hémorrhagie de l'artère simplement ouverte que celle de l'artère coupée, c’est seulement lorsque l'ouverture de l'artère est considérable , ou que la partie du caillot qui forme le couverclé n’est passiluée aussi avantageusement que dans le eas- dont j ai parlé.

Après toutes les observations ‘que j'ai faites sur. la manière dont ’hémorrhagfie s'arrête, j'ai cru devoir considérer le caillof comme un corps formé de l'assemblage des parties du sang qui sont.destinées à fa nourriture et à la réparation des parties, c’est-à-dire.de cette substance qui s’épanche dans les plaies, et qui les réunit en quatre ou ein heures si on a eu soin d'en rapprocher les bords : ce qu’il y à de cerlain c’est que nous trouvons ce, caillot aussi fortement attaché au bord de l'ouverture de l'artère que les chairs qui forment les cicatrices le Sont aux lèvres des plaies ; et il est encore certain que ce caillot, Ou cette portion de suc nourricier épaissie , étant

une fois intimement unie à. l'ouverture de l'artère, non-seulement empêche, lesang de sortir. pendant la cure de la maladie, mais encore qu’elle reste après la guérison , ét qu'elie ne diminue que comme les cicatrices diminuent, c’est-à-dire à mesure qu elles s’affermissent." Ce que je n’avais d’abord conçu que par analogie, je l'ai démontré depuis à l'Académie royale des sciences le mercredi 3 dé- cembre 1733 et le mercredi ‘suivant. Je fis voir à la compagnie l'artère du bras d’un homme qui était mort subitement deux : mois aprés avoir été parfaitement guéri de l'ouverture de cette artère: (t): je montrai que les lévres de la plaie de Fartère n’étaient point réunies lune à lPautre, mais que. le sang avait été arrêté par un: caillot qui bouchait l'ouverture, et qui était adhérent à toute sa circonférence. J'ai fait dessiner celte piéce suivant les MHHSRenR côtés par. lesquels elle fut examinée: sn

La première figure représente le. tronc: de l'artère bracliialeh ét avait été blessée dans son:tronc six lignes au-dessus de sa bifureation. On apercoit la partie externe du caillot: que j'appelle té couvercle , et qui excède la surface extérieure de lartëre. On peut voir cette: figure et les suivantes dans les Mémoires de: ut dou tons sciences, année 1736, page 24#..

La secondé figure représente cette même artére, ‘queiÿ ai orebtedans sa longueur pour voir le caillot du côté de la cavité de l'artère. On aperçoit la partie du caillot que j appelle bouchon , laquelle ne surpasse point la surface interne de l'artère ; on remarquê seulement que, autour du caïllot, la cavité de l'artère y est un peu élargie.

Lä troisième figure représente le bouchon et le couvercle qu’on avait poussé du dehors de l'artère dans sa cavité, de sorte que le couverclé ne paraissait plus au DA Ee : c'est. ce pe shine: Ja quatrième figure. |

Enfin j'ai fait quelques exspér iences sur les cafllots pour couté: ou détruire les idées que j'avais sur leur nature et leur solidité: j'ai fait tremper une artère qui avait été ouverte, et dont l'ouverjure était bouchée par un: caillot ; j'ai fait , dis-je , tremper cette artère däns l’eau pendant deux. mois, ‘changeant d’eau deux ou trois fois par jour : au bout de. ce terips je trouvai le caillot aussi ferme et aussi adhérent à l'ouverture de l'artère que ‘le: premier jour. J’aï mis le même caillot dans l’eau-de-vie, et, depuis près de trois ans.

(D Cette observation est. lai même que la cinquième, NC. | ‘que M. Foubert. rapporte dans son Mémoire sur l’anévrisme faux, (Mém. de V’Acad.. de chirurgie , tome, IL. ) Il est surprenant que, dans ce mémoire, où M. Foubert prouve qu’ un anévrisme. faux peut imiter l’anévrisme vrai, ln ait point cité M. Petit , Qui. avait présenté la même opinion à l'Académie royale des sciences, qui Va publiée bien longtemps avant que M; Foubert: \ût son Mémoire à notre Académie. ! | -

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qu'il trempe dans cette liqueur , il n’a rien perdu de sa consistance ,

ni de son adhérence à l'ouverture de l'artère : d’où l’on peut conclure

que de:caillot est d'une consistance analogue à celle des cicatrices. nt se SA

* De l'Anévrisme faux ou par épanchement.

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| Toutes les artéres qui ont.été ouvertes ne se guérissent pas de

même ,-parce que le caillot qui s’y forme n’est pas oujours assez solide , ni par conséquent assez durable ; il manque quelquefois de: solidité ; parce qu'il ne'se forme pas toujours dans les mêmes circonstantes : c’est ce qui m'a engagé à faire quelques recherches pour découvrir quelles sont les circonstances favorables à ‘la formation d'un caillot solide, et à chercher les moyens «d'y suppléer lorsqu'elles ne s’y rencontrent pas, ce qui n’arrive que trop souvent, soil dela part de la maladie , soit dela part du malade, et quelquefois même de celle du chirurgien. Cette matière est fort-étendue ; elle comprend ‘une infinité de faits qui méritent d’être examinés en partieulier et à fond ; je commence par l'observation dont j'ai parlé dans le premier paragraphe ; je la crois plus propre à me conduire par dégré dans l'examen des autres circonstances qui accompagnent la même maladie: rt A fe! | |

L’anévrisme dont il était question était ‘causé par l'ouverture de. l'artère à l'occasion d’une saignée. Je vis lé malade pour la première fois cinq semaines après cette’ fatale saignée ; l'ouvérturé exlérieure était parfaitement réunie dés le premier jour ; la tumieur n'excédait pas la grosseur d’un petit œuf de poile ; la pulsation n’y était pas plus manifeste qu’elle l’est ordinairement dans cétte‘espèce, et de plus, en comptimant, On faisait rentrer une, grande partie de la tumeur, et on la réduisait à un très-petit volume. Ces circônstancés, qui ne se rencontrent ordinairemggt que dans l’anévrisme par dilatation, en avaient imposé à plusieurs, qui ne pouvaient, croire que cetle Lumeurt fût un anévrisme par épanchement; mais , quoiqu'il ne soit pas ordinaire que l'anévrisme par épanchément disparaisse en lé comprimant, ni que la pulsation y soit si manifeste qu’elle l'était dans celui-ci, cela ne suffisait pas au médecin et an ‘chirurgien pour les déterminer à croire que cette tumeur était unanévrisme par dilatation; il fallait:qu'ils se rappelassent les autres circonstances contradictoires dont j'ai fait ci-déssns l’'énumération, et ils ne se seraient pas trompés. Ti ne fallait même que le récit fait par le malade de tout ce qui lui était'arrivé. ve, DR NAT RTE

Per les questions qui lui furent faites iknous apprit que , dans l'instant de la saignée, le sang avait dardé par secousses; que le chirurgien avait eu beaucoup de peine à l'arrêter, qu'il avait doublé et triplé les compresses et les bandages; qu'il lui avait recomnrandé le repos, surtout celui du bras; qu'il lui fit plusieurs saignées en conséquence, et lui préscrivit un régime 1rès-sé- Vère. Tant de précautions font'croire que le chirurgien p'ignorait pas 16 malheur qui lui était arrivé : aussi Bt-il cé qu'il put pour y remédier, et il ent l'avantage de réussir. L’artére et la plaie extéricure se fermérent, le malade

était en voie ‘de guérison, el serait guéri, selon tonte apparence, sil avait continué les mêmes moyens; mais, au bonf de douze jours ; il quitta son bandage, Deux ou trois jours après l'avoir quitté il #aperçut d’une. ‘petite * grosseur molle et accompagnée de pulsation, mais qui rentrait en Ja préssant : ayant fait un effort huit ou, dix jours après, il sentit de la douleur à son bras : Sur-le- -champ. la petite” tumeur devint beaucoup plus grosse. Son chirurgien y appliqüa un nouveau bandange compressif , et‘lui ordonna la saignée, le repos, el les autres choses qu’il lui avail ci-devant ordonnées, et qui ÉVarébe si bien réussi. — Sur le rapport de toutes ces choses ; on ne devait pas douter du caractère de eette maladie, d’autant plus que-la tumeur

n’était pas régulière, comme l'est toujours Vanévrisme’ par dilatation ; Je fourmillement ne S'y apercevait point: du tout; la couleur, de la peau était changée ; la mollesse, la pülsation et la diminution de la tumeur lorsqu'on la. comprimait, tout y était moins marqué que dans l'anéyrisme par dilatation.

Voilà quelle était la maladie, et voici quelles en ont été les suites. Onscôntmua le’bandage commpressif pendant quelque temps; mais, malgré Ja compression ; qui sans doute h’était pas exacte, on a vu la tumeur augmeñter ‘de jour à autré; ce qui détermina le malade. à quitter sa résidence, et il vint à Paris pour se faire faire l'opération. — Lorsque la-peau fut suffisamment .ouverte, je trouyvai beaucoup de sang, très- noir, mais encore un peu fluide Parce que, quoiqu'il parût le plus “éloigné du vaisseau, il était, comme on, dira ciaprès, le dernier qui fût sorti par l'ouverture de l'artère. Ce sang entourait une masse de la grosseur d’un œuf d’oie, couverte de sang nn peu caillé, et moins noir que le premier : , celui-ci env AE une troisième substance encore moins noire, mais si ferme et si solide que ceux qui n’ont point fait ou yu' faire l'opération de cette espèce d’anévrisme auraient pu, prendre, cet amas de caillots pour de la chair s'ils ne s’en fussent rapportés x à sa couleur et sa consistance, | | à 5 ot

Je passai m0n doigt autour. de cette. masse de caillots ; j je: Ja détachei en tiérement et avec facilité, exceplé à à l'endr oit placé sur. l'ouverture, de. Par ière, à laquelle. elle était fort adhérente : ‘Ce. fut alors que le cor ps de l'artére par ut à découvert de la longueur d’un mt: dans le milieu de cette étendue « élait l'ouverture ou l'incision qu’avaif faite la Jancette : cette AESIQRLe >. ŒUL était oblique, avait au moins la longueur de trois lignes, FAT "

Après avoir fait opération, dont les. sites furent. très- heureuses , je: Jamassal (tous les caillots, que je représentai à l’Académie des sciences, et que je séparai les uns des autres en sa présence. (F'oyez les ligures qui en sont représentées dans les Mémoir es de l’Académie. royale des Sciences, année LL pag.-244,)

… Dans la premiére et la seconde figure on voil.le tronc de artère pie avec ses trois branches ; on voit aussi la tumeur, qui ne parut aussi distincte qu apr ès l’écoulement du sang.le plus fluide, Ce sang, comme j ’ai dit, était sorti le dernier, et n avait pas eu le temps de se coaguler; la surface extérienre de cette tumeut'était couverte d’un sang noir et caillé, et moins dur que les caillots qui formaient l’intérieur , et qu'on: peut : voir dans a figure troisième et dans la quatrième , qui représentent. la tumeur coupée verticalement; les caillots qui forment, l’intérieur de la tumeur sont (bit à de par couches, depuis l’onverture de. l'artère jusqu’à l'extérieur. j

‘ Je séparai ces caillots les uns des autres avec facilité, et je. fis obser ver qu ils n'étaient pas tous au même degré de solidité. Le plus dur éouvrait immédia-

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tement l'ouverture de un. le: sang continuellement poussé contre ce caillot lorsqu il était encore {trop mou pour lui résisLer , en avait formé une espèce de-poche où appendice dans Jaquelle le sang ’enträi} ,et de laquelle, à chaque pulsation, il en sortait en partie, et rentrait dans lar tère, de la même maniere que le Sang entré et sort de la poche ‘qui forme Pan tren par dilatation: Cette appendice ‘était aussi grande’ que Ja coquille d’ane grosse noisette, ét elle était fort adhéreite au bord de l'ouverture et à la partie . extérieure de l'artère: même. Sa surface mtérieure était lisse et polie comme l'intérieur de tous les vaisseaux sanguins, Sa surface externe était adhérente avec le second caillot; celui-ci, placé sur l'extérieur du premier, en avait Ja figure, mais il était plus grand , moins solide, ét moins adhér ent au, troisième qu'au premier ; le troisième, et tous les autres successivement jusqu’ au plus extérieur, toujours placés les uns sur les autres, ‘avaient. RO: détendue et moins de sotidité.

La grandeur, PT RESTE et ja position différentes de tous les caillots m'ont fait penser qué non-seulement leur for mation était successive, mais que chacun d’eux était Le produit d’une hémorrbagie. En etfet le sang n’a été arrêté d’abord que parce-qu’il s’est formé un caillot qui.a bouché l'ouverture de l'artère. Ge bouchon naturel, réussit toujours, pourvu qu’on ait soin de le soutenir par le bandage ; 3. que le malade ‘observe lé régime, et qu’il garde le repos convenable jusqu’ à ce que ce caillot ou bouchon soit suffisamment adhérent aux bords dé l’ouvérture } ét même à l'extérieur de l'artère, et qu’il s’y soit durci assez pour résister à l'impulsion du sang autant GE AT cet ‘endroit même.de l'artère avant sa blessure.

Le caillot dun malade dont ils'agit avait déjà dé fortes adhérences avec Les bords et le voisinage de l'ouverture. Il avait assez de solidité pour résister aux impulsions du sang, et il y à résisté tant qu’elles ont été modérées, et que le caillot a été soutenu par le bandage. On peut donc faisonnableméent croire que, si le malade eût conservé assez long-temps le bandage, et qu'il se fût modéré dans ses mouveméens, il aurait pu guérir parfaitement sans l'opération; mais, ne l'ayant pas fait: ce caillot, éncore trop faible, n'étant plus soutenu, a été forcé d’obéir à l'impulsion du sang, qui l’à étendu peu à peu.

+ En faisant l'opération j'ai tronvé cette poche ou caillot encore adhérente à toute la circonférence de l’ouverture de l'artère, excepté à. -un point duquel il n'avait été détaché que par l'effort considérable que fit le malade douze j jours après avoir quitté son bandage.

C’est par ce point de séparation que sortit le sang és fra le second caillot, et c’est par cette ouverture boùchée par ce second caillot, mais renouvelée.à sept où huit différentes réprises , éloignées de plusieurs jours les unes des autres, qu'est sorti le sang qui à formé les doi ou rs caillots qui coiyosajent la tumeur. s; : PAR RSR

. Ce dci ici le lieu dé faire remarquer que , pendant la formation successive de tous les caillots, la tumeur a pu en imposer, parce qu’elle a dû paraître alternativement, tantôt sous la forme de l’anéyrisme par/dilatation ; tantôt: sous.celle de l'anévrisme par épanchement; maisjen ‘entreraipointdans ce détail, je me borne seulement à dire. queces caillots ne sont ainsi distingués les uns des autres par leurs différentes grandeurs et leurs différens degrés de couleur et de consistance que quand le premier caillot n'est point entièrement

détaché par le sang'qui fait la seconde hémorrhagie ; et j'ai observé que , dans ce:cas seulement , les’caîllots doivent être ainsi distincts , parcé que, le premier caillot conservant présque toutes ses adhérences à l'ouverture de l'artère , le sang'dé la seconde hémorrhagie ne le détache point ; il résiste, et conserve sa place près de l’ouverture de l'artère , ce qui oblige le sang qui sort à passer par-dessus; celui-ci recouvre ce premier caillot , se-coagule à son tour ;tet forme le second caillot. S'il survient une troisième hémorrhagie , le sang , sortant toujours par lamême ouverture, passera par-dessus lé second caillot , et formera le troisième , et ainsi de suite : de sorte que , tant qu’il surviendra de nouvelles hémorrhagies ; et que les premiers caillots consérveront leurs adhérences, les hduSoRE caillots seront toujours placés au-dessus des: précédens , et ils seront toujours Fe plus grands en plus grarids.. : |. rare, Ali

A l'égard de leur consistance, elle est et doit être proportionnée , }

ainsi que leur couleur , au temps qui se sera écoulé entre chaque hémorrhagie , et par conséquent entré la formation d’un éaillot ‘et celle de l'autre. Le premier sera toujours le plus ferme ;.parce qu’il “y aura pius long-temps que lé sang qui l’a formé aura été extravasé ; la lymphe: aura eu plus de temps pour se, séparer et pour se durcir.

Par la même raison le second, le troisième et les autres, jusqu’ au dernier formé , auront moins de consistance , et toujours à proportion du temps qui se-sera suis va la formation Te Fur et'celle de l'autre. M tata

Il y a encore une rfi à faire sur Ja facilité: avec laquelle

on sépare les caillots les-uns dés autres :’elle ne vient pas seulement de ce qu’ils n’ont point le même degré de consistance, mais'encore de ce qu'il se trouve entre eux une espèce de diploé, .c’ est die une portion de caïllot plus molle que Pautre. Cette substance est plus rouge que la portion solide des caillots ; elle est moins lymphatique , etje la regarde comme la partie rouge du sang qui s’est séparée de la Iymphe après chaque hémorrhagie; car, comme je l'ai déjà dit, lorsque le sang ésten repos, la pañtie blanche se sépare ; elle s ’élève au-dessus de la rouge, etse coagule séparément : el c’est ce qui fait la partie £ solide du caillot. A l'égard de la Don rouge , elle reste fluide, ou ne se coagule que faiblement, mais toujours à pr oportion de ce qu’elle a retenu de lymphe.

Suivant cette observation, la partie du caillot la plus extérieure doit être la plus solide , parce qu’elle contient presque toute la Tymphe ; et l'intérieure doit être la plus. molle, parce qu’elle contient presque toute la partie rouge : tuent la substance molle où le diploé, qui est entre le premier caillot et le second, appartient toute au second caillot; celle qui se trouve au-dessus de celui-ci appartient au troisième caillot, et ainsi des autres : à l'égard de la partie rouge, “qui aurait dû appartenir au premier caillot, comme elle ‘a dû se

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