OBSERVATIONS ANATOMIQUES ET PATHOLOGIQUES SUR , LA
MALADIE DES ENFANS NOUVEAU NÉS. QU’ "ON. APPELLE CARE MN AANRNR DU ANT ALU ET INSEE ES LÉ 10 . pt * 2:
Ps à
Tour le monde n’est pas au fait de. cette indisgositioié cependant tout le monde s’ingère de couper le filet : aussi arrive-t-i], souvent que les pauvres enfans sont la victime de cenx. qui présument trop de leur savoir ou de leur dextérité. Les fautes que L ai: vu commettre à ce sujet m'ont engagé à produire ce mémoire, qui sera peut-être utile à ceux qui exercent cette opération , qui engagera les pères et mères à bien placer leur confiance; et Far par cela seul’, peut être ulile à la société, :
Je donnerai d’abord une “ascrihtios succincte du déve Fret Où ligament de Ja. langue. | &
Je ferai connaître en quoi. consiste: l'indisposition pour tagiréfiét on le coupe ; le cas où on le-doit couper dès les premiers jours dB la. naissante ; ceux où il convient de retarder cette opération plus gu moins de temps , et même jusqu’à ce que l'enfant soit sevré. Je ferai voir , par plusieurs observalions , qu’il. est. renag eux de ne point se presser de faire cette opération.
Je décrirai ensuite la manière d'opérer ; et, à cette occasion , -je parlerai des différens instrumens qui ont été mis enusage pour couper le filet ; je les comparerai avec celui. que: j'ai si para si 00e struire , dont, je donne ici la description...
Enfin, comme, il peut, arriver, en faisant ph PRES que ceux qui 1 pe prennent. pas. les précautions nécessaires coupent les vaisseaux qui accompagnent le filet; qu'il en arrive une hémorrhagie qu’on arrête difficilement, et qui quelquefois est mortelle, je
rapporter ai les moyens dont je me suis servi rar on set pr | à celte fâcheuse. RÉRORHAGIEne +
De la Remiotirei et de PUsage du Filet, ou Ligament de la langue.
“Le frein ou, ligament de la langue est appelé vulgairement filet. Ce ligament, est fort élastique : il:est même musculeux. Son point fixe est aux petites éminences osseuses qui sont dans le: milieu de la partie interne. de ce qu’on appelle symphyse du menton :@8 la il s’ättache au-dessous et dar le.milieu de la partie saillantéet isolée de la langue jusqu'à son extrémité, de manière .quela-volubilité des mouvémens de la Jangue est modérée par ce lien, lequel borne principalement les mouyemens que Ja langue fait en avant et en arrière, c’est-à-dire lorsqu’ élle est tirée hors. de la bouche, ou lorsqu’elle est tirée au fond du gosier: pour faire la déglutition.
Aux deux (côtés du frein ou filet se trouvent lés veines et artères qu'on ‘appele Fanules, avec des nerfs et autres vaisseaux pour les fonctions -de cette. partie ; lé tout est couvert de Ja membrane qui tapisse l’intérieur de la bouche. Cette membrane; qui est fort adhérente au palais, aux joues, ef aux parties supérieures et latérales de la langue, est mobile dans tout le dessous de la langue ; le tissu cellulaire qui la lié en ct endroit est si-extensible qu'il obéit et se prête à tous les mouvemens que fait la langue : .cette membrane-est:1cependant fn peu plus adhérente dans l'endroit où.elle faitLe pli qui . enveloppe le filet. Je n’entre dans ce détail que: pour faire connaître que le repli de celte membrane n’est. pas le filet même, commese le per suadent bien des gens; il n’en est que l'enveloppe: si faut observer aussi qu'on se sert également du mot de filet, pour désigner le.ligament où frein naturel de la langue, comme pour désigner là maladie;
car on dit qu'un enfant a le filet lorsque:ce ligament est {rop court. On pourrait s'étendre davantage sur la description de cette partie :
mais ce que j'en dis suffit pour. mettre au fait .de la maladie dont il
s’agit, et des opérations qui y conviennent: ui
SU | De la Maladie appelée Filet.
. Il y a des enfans qui naissent avec le filet, c’est-à-dire avec le frein trop court ; mais ik y en a beaucoup qu’on dit avoir le filét, et qui . ne l'ont pas. Je puis assurer que » de ceux chez qui j'ai été appelé pour couper le filet, plus de la moitié l'avaient assez long , et que même je ne l'ai pas coupé. à tous ceux à qui je l’ai trouvé trop court : il faut donc savoir connaître si les enfans ont le filet, et, quand ils Font, savoir distinguer les cas où il convient de.le couper ou de ne le pas couper. 1 579. 4 Ha, j
Lorsqu'on passe le doigt sous la langue d'un enfant nouveau né j on sent toujours le filet ou ligament naturel de la langue, et ceux qui ne savent pas que ce frein de ja langue est une chose naturelle et nécessaire croient qu'il faut le couper ; mais ils peuvent se tromper ; car ce qu'ils sentent est quelquefois le filet même tel que tout enfant doit l'avoir, et qu’on ne doit point couper si ce n’est lorsqu'il est mal conformé : encore faut-il que cètte mauvaise con formation nuise aux fonctions de la langue, Mais principalement à celles dont l'enfant a un besoin actuel. C’est donc celte mauvaise conformation qu’il s’agit de connaître pour ne la point confondre avec celle qui est naturelle, et ne point s'exposer à faire une opération inutile ,: nuisible, et quelquefois dangereuse où mortelle.
Quoique le filet soit sujet à plusieurs indispositions, celle qui est la plus ordinaire , et dont il s’agit principalement dans ce mémoire, c'est d'être trop court ; il peut l'être à différens degrés ; tous n’exigent point l'opération : c’est ce que savent distinguer ceux qui sont versés dans la pratique; mais, pour en instruire les autres, voici ce qu'il faut qu’ils observent: Quoiqu’ils sentent le filet avec leur doigt, si l'enfant peut porter sa langue sur le bord de ses lévres » IS ne doivent point le couper ; ikest assez long pour permettre les mouvemens nafurels de la langue dont l’enfant a un besoin actuel : à l'égard des autres mouvemens, quand même ils seraient gênés en quelque chose, il faut différer lopération , parce qu’assez souvent cette gêne ne dure pas; la langue s'y habitue, ou le ligament s’alonge avec le temps., Il ne faut pas non plus faire l'opération si l'enfant peut porter le bout de la langue au palais, ef encore moins s'il suce le doigt, et qu'il le presse comme s’il le tétait.
- Si tout cela ne prouve pas que le filet est dans son état naturel , il prouve au moins qu'il est assez long , et qu’il n’y a point d'opération
à faire, du moins pour le temps présent : au contraire , si on ne peut passer avec facilité le doigt sous la langue de l'enfant ; si, ayant la bouche ouverte , ilne peut porter le bout de la langue sur le bord des lèvres ; s’il ne peut la porter au palais ; s’il ne suce point le doigt, tout cela prouve que le filet est trop court, et qu’il faudra le couper. Il y a cependant encore une dernière épreuve à faire , et celle qui la décide c’est de présenter la mamelle à l'enfant : s’il la prend bien et qu’il tète, il ne faut point couper le filet; mais, si, comme disent les nourrices, l'enfant chiffonne, c’est-à-dire , selon elles , s’il ne saisit point le mamelon, ou que, l'ayant faiblement saisi, il lui échappe en faisant bruit , alors il faut le couper : c’est une marque que sa langue n’est pas assez libre pour embrasser le mamelon ; elle pe peut s'y appliquer exactement; l'air passe entre deux; le mamelon n’est point pressé ; le lait ne coule point dans la bouche ; en un 100f, l'enfant ne tête point.
Quoiqu'il soit facile de connaître si la langue des enfans est gênée, j'en ai vu plusieurs à qui on avait coupé le filet sans nécessité; et cela n'arrive que trop souvent à ceux qui n’examinent pas assez, et qui ne font pas toutes les observations que j'ai faites ci-dessus, soit parce qu'ils les ignorent, ou qu’ils regardent comme des bagatelles la maladie et l'opération , en quoi ils se RES
Quoique la langue paraisse gênée, j'ai pour maxime qu'aux. enfans nouveau nés il ne fäut couper le filet que lorsqu'il est si court qu'il les empêche de téter. On dira peut-être que, si on ne le coupe point, il les empêchera de parler lorsqu'ils seront en âge : cela se peut , mais alors on le coupera sans crainte.
Les raisons que j'ai de différer cette opération, et de ne la point faire d'avance, sont, comme je l'ai déjà dit, que la langue peut s’habituer à cette gêne, et que de plus le filet peut s’alonger avec le temps : c’est ce que j'ai vu plus d’une fois à des enfans à qui je n'ai pas voulu couper le filet, et qui, dans l’âge compétent, ont parlé avec facilité. De plus c’est que quelques-uns même ont parlé librement et plus tôt qu’à l'ordinaire ; au lieu que, quand on le coupe d'avance, c’est-à-dire avant l’âge auquel l'enfant doit parler, on peut en couper trop ou pas assez. J'en ai vu plusieurs à qui a failu le couper une seconde fois , et d’autres à qui on l’avait coupé si près de son attache que la langue était sans frein. Je connais un enfant qui bégaie, et que je crois ne bégayer que parce qu’on lui a coupé le filet dans un temps où il n’était pas encore nécessaire de.le couper. Enfin je ne me presse point de le couper, parce que, en le laissant, il ne peut arriver d'accident à l'enfant, pourvu qu'il tête, et qu’il peut en arriver à ceux à qui on le coupe n’en ayant pas un besoin actuel, Les observations suivantes m'ont fait penser
. ainsi.
« LE
Un enfant à qui on coupa le filet immédiatement après sa naissance étouffa cinq heures après. On crut. que l'opération en était cause. On n'appela pour faire l'ouverture du cadavre. Je portai d'abord mon doigt dans la bouche ; et, n’y trouvant point la langue, maïs seulement une masse charnue qui bouchait le passage de la bouche au gosier, je fendis les deux joues jusqu'aux muscles masseters pour examiner. et voir ce que la langue était devenue: je la trouvai renversée au-delà de ce que j'appelle la valvule du gosier, la pointe tournée vers le pharynx, où elle avait été poussée par les mouvemens de la déglutition. Ce cas me parut extraordinaire, et je cherchais la cause de ce fait lorsque, peu de temps après, je fus appelé pour un enfant de M. Varin, .Sellier du roi, auquel on avait coupé le filet deux heures après sa naissance, et qui, peu après, était tombé dans le. même cas. Mon premier soin fut d'introduire mon doigt jusqu’à la langue, que je ne trouvai pas.encore entièrement renversée dans le gosier. Je la remis dans la bouche; ce qui fit un bruit presque semblable à celui que fait un piston qu’on rêtire avec force du corps d’une seringue ; je retirai mon doigt, et j'observai que l'enfant faisait desa bouche ce que font ceux qui tètent. J’entendais un bruit de déglutition qui dura quatre à cinq minutes, puis tout à coup il retomba dans l’étoaffement. Je portai de nouveau mon doigt dans la bouche; je replaçai la langue une seconde fois, et je la tins dans cette situation quelques minutes, pendant lesquelles l'enfant suçait mor doigt; je lui fis donner le téton, il le-prit goulument, et téta avec avidité. Il est à observer Que, lorsqu'on lui coupa le fillet, il n'avait pas encore pris la mamelle, parce que sa nourrice ne venait que d’arriver de la campagne. Je crus cet enfant sauvé ; mais, une heure après, il retomba dans le même accident. J'étais heureusement dans le quartier, et j’arrivai assez à temps pour le secourir une troisième fois : alors je crus que, pour remédier à cet accident, il fallait que sa langue fût toujours occupée à téter, ou forcée d’être en repos dans la bouche par quelque moyen : celui que j’employai fut une compresse de la longueur de deux pouces , large de quinze lignes, épaisse de demi-pouce , cousue à une bande à quatre chefs, au moyen de la- “quelle bande j’assujettis la langue dans la bouche depuis sa pointe jusque * prés de sa racine; on tait cette compresse chaque fois que l’enfant voulait téter, et on la remettait ensuite pour contenir la langue. Ce imoyen ayant réussi tout le jour ; on envoya l'enfant et la nourrice à la campagne. Le lendemain matin on vint dire au pére que. son enfant-se mourait; il vint me prendre, pour aller à son secours, mais nous arrivâmes trop tard; la nourrice, qui avait cru le bandage inutile, l’avait ôté la nuit, et, comme elle. s'était endormie, elle ne s’aperçnt pas du danger dans lequel était son enfant. Nous le trouvâmes mort dans l’état fâcheux de ceux qu'on à étranglés. J’en fis l'ouverture, je trouvai la langue renversée par-delà la valvule du gosier, comme dans le précédent.
Deux ou trois ans après, je fus appelé pour pareil cas;'et, comme l’enfant était dans mon voisinage, je ne me fai à qui que ce soit. Je me trouvai, pendant deux jours, à toute heure, pour ôter et remettre la compresse, et je réussis : l’enfant est encore vivant.
De ces observations je conclus 1° qu’il ne faut jamais couper le filet quand l’enfant ‘peut téter; 2° que, quand il est nécessaire de faire cette opération , il faut avoir une nourrice présente pour donner à téter à l'enfant l'instant d’après; car ce qui commence le mal c’est
lé sang qui coule du filet coupé ; c’est la sensation qu’occasione-ce fluide qui engage l’énfant à sucer ; et à faire d'autant plus de mouvement que, plus il suce, plus il exprime de sang ; et ce qui achève de déplacer la langue c’est qué la Sourcé ‘qui fournit lé sang diminue
ou tarit, et qu'alors l'enfant, redoublant ses efforts, tire enfin la langue au-delà du gosier, où je l'ai trouyée dans les trois cas que
je viens de rapporter , et elle y est si fort engagée qu’il faut avoir les doigts bien longs et bien forts pour la retirer. On ne s’étonnera pas de ces faits lorsqu'on saura qu’il est assez ordinaire, dans les-Indes ; que les Nègres avalent leur langue , ets’étouffent pour se venger de leurs maîtres lorsqu'ils croient en avoir été châtiés injustement. Ce fait est attesté par quelques historiens , et par des gens dignes de foi, qui m'ont assuré l'avoir vu.
S'il est possible qu’un adulte avale sa langue , à plus forte raison,
un enfant nouveau né pourra-t-il l’avaler, et encore mieux après qu'on lui aura coupé le filet, puisqu alors la langue aura plus de liberté et de facilité à être tirée , et à se-renverser en arrière. Cela arrivera infailliblement si, dans instant qu’on le lui coupe , on n’a pas une nourrice à lui donner, comme pour lui apprendre quelle est la liqueur qu’il doit téter et l'espèce de déglutition qu'il doit faire Enfin cet accident est presque inévitable si malheureusement quelque ignorant coupe le filet sans nécessité, et si l'enfant se trouve dans les autres circonstances fâcheuses dont nous avons parlé, puisque alors la langue, plus libre que dans son état naturel, pourra plus facilement être pliée sur elle-même, et poussée au-delà de la valvule du gosier , où, étant une fois arrivée, elle sera retenue par le cercle
charnu de la valvule , et par les éfforts des organes qui servent àla
déglutition, qui ne Denxepé manquer d'être alors dans une violente contraction.
J'ai déjà dit que, lorsqu'on coupe le filet , il est nécessaire d'avoir
une nourrice toute prête pour donner à téter à l'enfant ;'et je dis plus,
quoiqu'on n'ait point coupé le filet, il faudrait que tous les enfans.
qui naissent eussent une nourrice, et ne pas attendre un jour ou deux quelquefois sans leur donner à téter. Si on avait eu cette précaution pour lenfant dont je, vais parler , l'accident dont il pensa
mourir ne lui serait point arrivé. à On trouvera assez extraordinaire quu un enfant à qui on n’a point
coupé le filet avale sa langue. à |
C’est cependant ce que jai vu à un enfant près duquel on a été trois semaines, jour et nuit, pour ainsi dire, à l'affût, pour l’empêcher: d’avaler sa langue. IL tombait, plusieurs fois en un heure, dans l’étouffement ; il n’y avait que - deux heures qu'il était né lorsqu'il y tomba pour la nr the fois; on ne lai avait pas encore donné la mamelle. Le hasard voulut qu’on lui mît le doigt dans la bouche; dans l’instant il cessa d’étouffer, et se mit à sucer ” le doigt. Quelque témps après ; ik retomba dou Vétoutfenints et, comme l’in-
troduction du doîfgt dans la bouche l’avait tiré du premier. accident, sans savoir pourquoi, on le lui remit. L’étouffement cessa, et la langue fut occupée à sucer le doigt. On le tint long-temps dans cette situation; et, coïume elle est gênante, plusieurs personnes se relayaient pour qu’il y eût toujours un doigt dans la bouche. La nourrice arriva ; elle lui donna la mamelle; il téta abondamment. On cessa l’usage du doigt; l’enfant $’endormit, mais en pré- .sence et sous les yeux de deux ou trois personnes, qui l’observaient, Après deux ou trois heures de sommeil, il s'éveilla en criant, et, peu de temps après, il tomba dans l’étoutfenient: On lui remit le doigt dans la bouche, laccident cessa; on lui redonna:le téton , il téta, se rendormit, et toujours sous les yeux de plusieurs personnes attentives. Ce second sommeil ne fut pas si long que le premier ; l’accident le reprit dans les mêmes circonstances, et il en fut retiré de même. Quelqu’ün, qui l'avait vu dans l'accident, nonima sa “maladie un catarrhe suffoquant ,, et en conséquence ordonna de la saigner s’il était possible : je fus appelé;’ on me raconta tout ce que je viens de dire. Rempli des observations qué j'ai rapportées ci-dessus, je jugeai, sans en rien dire encore, que ce n’était point un catarrhé; que l’étouffement pouvait venir de ce que l'enfant commencait d’avaler sa langue, et qu'il l’avalerait infailliblement si on ne trouvait le moyen de l'accuper dans la bouche, soit ayec le téton, soit avec le doigt. Comme l'enfant dormait, j’attendis son réveil et le moment qu'il nr dans l’étouffement : en s 'éveillant il fit un cri,
mais un cri plaintif, comme font les enfans pressés de la faim, ce qui ne dura que deux outrois secondes; après quoi j’entendis un bruit de déglutition qui me fit soupconner qu’il tombérait dans l’étouffement , Comme eféctivement il y tomba l'instant d’après. Je mis mon doigt dans la bouche assez vite pour surprendre, pour ainsi dire, la langue : je tronvai que sa pointe était déjà engagée dans la valvule du gosier; ‘elle revint dans la bouche comme d’ellemême ; l'enfant suça mon doigt, et, pendant que je.le tenais ainsi, je pensai que le téton ferait mieux que le Don Je conseillai premièrement de garder l’enfant à vue; secondement que, immédiatement à sonréveil, on lui donnât le téton , sans attendre qu’il marquât le désirer par ses cris plaintifs, et que peut-être, par ce moyen, non-seulement on préviendrait Pétouffement ; mais ‘qu’on pourrait le guérir en comprimant la langue dans l'habitude de téter. Effectivement il fut trois jours sans que l’accident survint; mais les sentinelles et la nourrice même, croyant leur faction inutile, s’endormirent , et, en se réveillant, trouvèrent que l’enfant étouffait : elles eurent recours au moyen qui avait toujours réussi, ne dirent mot de ce qui s’était passé, et furent plus exactes. Huit joûrs s'écoulérent encore, mais sans accident, et j'étais près de me relâcher sur leur exactitude lorsque un des complices de la négligence déclara ce qui s'était passé : ils eurent la peine de veiller encore cet enfant pendant neuf-ou dix jours; et, comme il m'était rien arrivé d’approchant, que l'enfant tétait avec moins d ETES qu’il se réveillait sans crier.et sans sucer sa langue, on crut devoir dimiquer la garde, on l’ôta même dout-à-fait, et les choëbet se passèrent bien. |
De la situation étrangère que prend la langue dans tous les cas que nous venons de rapporter il s'ensuit nécessairement que lépiglotte et toute latête du larynx sont violemment tirées sous la racine de la langue , que la glofte est bouchée , et.que l'enfant étouffe faute de respirer : la langue ne peut sortir de cette situation par aucun des mouvemens naturels , ils conspirent tous à la déglutition, et agissent
si fort sur la langue qu’elle ne peut retourner à sa place ; de manière que, en supposant même que la langue fût un morceau séparé, le pharynx ne la pousserait que dans l’œsophage. Il arrive aux gloutons que, si certains morceaux d’aliment trop gros se trouvent en ce lieu, ils ne peuvent le rejeter, ils font des efforts pour l’avaler, et l’avalent souvent ; mais d’autres fois, l’œsophage ne pouvant prêter, le morceau reste, et les étouffe.
C'est ce que j'ai vu deux fois: la première, par un œuf dur qu’un homme avait gagé d’avaler tout entier, lequel resta dans le pharynx, entre la vatvule du gosier et l’æsophage ;. de’ sorte que, cet œuf ne pouvant ni ressortir, ni passer par l’ouverture de l’æsophage, cet homme étouffa dans la minute. Le second fut étouffé, de la même manière, par un morceau d'aloyau qu’il
ne put avaler.