OBSERVATIONS SUR LA DIGESTIGN DU LAIT
Une partie.de cette matière fluide n’était autre chose que du chile formé par le caillot digéré à l'extérieur; elle était, comme j'ai dit, moins blanche que le caillot; un partie avait déjà passé dans les premiers boyaux , et celle-là était jaune parce qu’elle était mêlée avec la bile. Ayant fait ces observations sur quantité d'animaux, j'ai remarqué que quelquefois il passait de l'estomac dans les intestins des portions de caillot non digérées : j’en ai trouvé dans le cæcum, souvent un seul, quelquefois plusieurs ; tous un peu jaunes à l’extérieur, et plus blancs dans l'intérieur, mais beaucoup plus durs que le plus ferme de ceux quise trouvent dans l'estomac; et, quoique le plus gros de’ces caillots trouvés dans les boyaux n’eût que la grosseur d’un pois, j'ai pu le couper, et n’apercevoir que le centre était moins blanc et un peu plus solide que le reste. | :
Tout ce que je viens de dire m’a fait penser que la digestion du lait commençait par le caïllot , lequel, en se digérant, diminue et se fond, pour ainsi dire , deda même manière qu’un morceau de savon qu’on trempe dans l’eau chaude ; ce que je crois d'autant plus que, en quelque temps de la digestion que j'aie ouvert ces animaux vivans, j'ai presque toujours trouvé dans l'estomac un seul caillot plus gros ou plus pétit, selon que la digestion ‘était plus on.moins avancée. Lorsqu'on ouvre l'animal près du temps qu’il vient de téter, le caïllot est de toute l'étendue de l'estomac, parce qu’il est formé par la totalité du lait que lanimal a pris; et il diminue de grosseur à proportion que sa surface se digère , de manière que , quoiqu'il devienne de plus en plus petit, ilse conserve toujours caillot jusqu’à ce qu’il soit entiérement digéré, ou que, étant réduit à un trés-pelit volume, il puisse passer par le pilore conjointement avec le chile : ’ést. dans ce cas qu’il s’en trouve dans le cœcum. ÿ
Bien des gens auraient peine à croire qu’il faille nécessairement que le lait se caille et qu'il s’aigrisse pour être digéré ; mais, si on fait réflexion sur tout ce que je viens de dire, on verra qu'il est impossible que le lait ne se caille en entrant dans l'estomac des enfans, car ils têtent à toute heure, et presque toujours avant que le lait qu’ils ont pris précédemment soit entièrement digéré. Serait-il possible que le lait ou le caillot qu'ils ont encore dans l'estomac, et qui pourrait servir à cailler tout le lait du monde , ne pût servir de présure à celui qu'ils viennent d’avaler ? Il est donc hors de doute que le lait qui reste dans l'estomac ou plutôt le caillot restant sert de présure pour cailler le lait que les enfans tètent ou boivent à tous momens. |
IL est Gonc constant que, dans l’état de santé, le lait se caille dans l’estomac avant d'y être digéré ; mais il y a plusieurs sortes de coagulation du laït : l’une est celle qui forme ce qu'on appelle /e caillé ou fromage à la créme ; c’est la coagulation dont j'ai parlé ; et l'autre est celle qui fait ce qu’on appelle Lait tourné, Dans la première toutes les trois substances du lait se trouvent rassemblées , ef, dans l’autre, là crême est séparée où vicieuse , de manière que la partie caseuse et le petillait ou serum n’ont point de liaison ensemble ;
‘et, s'ils en ont encore un peu, elle ne dure pas iong-temps ; car c’est la partie bütireuse qui fait union dans ce qu’on appelle le bon lait. Je travaille actuellement. à rassembler toutes les observations que j'ai faites sur les effets que produit ou peut produire le lait dans les maladies pour la guérison ER on à coutume
de l'employer. | OR : R 00 væ. - = = = u CHAPITRE XVI.