KXXVI DISCOURS SUR LE TRAITÉ
Il faut être en grande disette de raisons pour se livrer à des plaisattteries aussi plates et d’un aussi mauvais ton. M. Winslow , àpprobateur de cet ouvrage ; dit qu’il est vraiment digne d'être imprimé, et que le seul nom de l'auteur. qui l'a composé le recommande suffisamment. Ce jugement n’a pas été adopté de tout le monde. M. de Haller à apprécié cel ouvrage dans son Studiwm medicum, T. IT, p. 764 : il trouve que M. Petit a été harcelé par cette censure sur des minuties : Minutié adversarium exagitat Andryus. On ‘y reconnaît l'esprit de M. Andry : il aimait à vétillér, et en avaitle talent.
Le peu d'impression que ce livre fit sur les esprits détermina M. Andry à redonner, trois mois après , üne seconde édition de la Lettre sur la luxation du bras, munie d’une nouvelle approbation, assez injurieuse au Corps entier de la chirurgie, et donnée par M. Afforti, ancien doyen de la faculté de médecine.
M. Petit ne répliqua point à toutes ces attaques : il aurait été fort blämable de perdre un temps qu'il employait si bien à réfuter de semblables productions, Quand un honnête homme est forcé de se défendre, et qu’il l'a fait d’une manière convenable, il doit mépriser lesnouvelles querelles : elles tournent communément au désavantage de ceux qui les cherchent. Ce fut le sort d’un ouvrage publié, encore contre M. Petit, au commencement de l’année 1726 , sous ce titre : Dissertation, en forme de lettres, au sujet des ouvrages de l’auteur du livre sur les maladies des os, où l’on examine plusieurs points de chirurgie et d'anatomie , à l’occasion du livre des maladies des os et des mémoires que le même auieur a donnés à l'Académie royale dés sciences.
Les deux premiéres lettres ont pour objet la luxation de la mâchoire inférieure. M. Petit n'ayant parlé que sommairement de larticulation de cette partie, et autant qu’il suffisait pour son objet, on l'accuse d'ignorer les détails dans lesquels'il n’a pas jugé à propos d'entrer. L'on prend de là l’occasion de disserter sur la structure de l'articulation , d'exposer les particularités qui s’y trouvent, d’exami-. ner les divers mouvemens qu’elle exécute, et de marquer la part que les différens muscles y ont. Tout cela, mêlé deréflexions satiriques et alongé par des digressions, a pour objet de dire que M. Petit a commis les fautes les plus grossières. C’estun refrain qu’on voit plusieurs fois à chaque page : on les cherche ces fautes, et lon esttout étonné de voir. qu'on donne presque toujours cette qualification à l’omission des choses que l’auteur n’a pas cru devoir dire. M.Monro, à qui l’on est redevable de quantité d’excellens mémoires sur l’ana— tomie et la chirurgie, a donné, depuis cette dispute, dans. le premier volume des Essais de la Société d'Edimbourg, des remarques trés-utiles sur l'articulation , les muscles et laluxation de la mâchoire inférieure. Il y rend justice à M. Petit, et nous fournit une observa-