DES MALADIES DES OS. XXXVIT
lion qui peut servir de supplément à ce qu on lit à ce sujet dans le
« J'ai trouvé plusieurs fois la méthode que donne M. Petit pour » réduire la mâchoire luxée inefficacesaprès qu'ilétait survenu un » gonflement aux muscles à l’occasion des efforts, mal entendus » qu'on.a faits auparavant pour tenter la réduction, et je n'ai réussi » qu’en ajoutant quelque chose à cette eæcéllente méthode, qui est » de m’envelopper les deux pouces avec assez de linge pour pouvoir » à peine les introduire entre les dents molaires postérieures ; alors , » saisissant la base de la mâchoire avec les doigts, et appliquant les » deux paumes des mains sous le menton, je presse en en bas, et » tire en devant la partie postérieure de la mâchoire avec les doigts » et l'extrémité des pouces, en. quoi consiste toute Ia méthode de » M. Petit; eten même temps je pousse en en haut , avec les paumes » des mains, la partie antérieure de la mâchoire ; de sorte que, » celle-ci faisant la fonction d’un levier auquel les extrémités de mes » pouces servent d'appui, j'acquiers une force considérable , à la- » quelle les muscles sont obligés*de céder; et les condyles sont , par » ce moyen, entiérement dégagés des : apophyses zygomatiques et » abaïissés ; après quoi ils lisent en arrière jau moindre effort, et la ». réduction est parfaite ».
L'inspection anatomique fait connaître que le canal osseux de l'oreille et la racine de l'apophyse styloïde sont un obstacle naturel à la luxation de la mâchoire en arrière. Ambroise Paré et Fabrice d'Aquapendente l’ont remarqué avant M. Petit, et après Celse et Galien. On nous annonce cependant des faits tout récens opposés à la raison, à l'expérience et à l'autorité de ces grands maîtres. Le Journal étranger du mois de nov. 1756, page 12, fait mention d’un recueil d'observations publié par M. Zacharie Vogel, ,. docteur en médecine à Rostock, dont la douzième est sur la luxation de la màchoire inférieure en arrière, accident que l’on. assure n'être point impossible, comme on l'avait cru jusqu'ici. L'auteur prétend avoir vu le fait sur trois sujets différens, à qui l’on avait dérangé la mûchoire pour leur raccommoder la luette. Un homme, ajoute-t-on , a-t-il la luette déplacée, on.lui fait serrer-les dents en lui disant d’avaler trois fois à vide (c’est-à-dire en faisant trois fois les mouvemens nécessaires pour la déglutition , quoiqu’on n’ait rien à avaler), tandis qu’on le tire en même temps par un toupet de cheveux c’est ainsi que la mâchoire peut se déboîter ; suivant l'opinion de M. Vogel. Le journaliste dit que cet auteur enseigne. à la réduire par une méthode qu’il a employée avec succès , mais qu’elle esf trop longue à rapporter dans un précis.
Ce qu'on allègue pour la cause de cette luxation et lx connaissance de la structure des parties montre également l'impossibilité du fait. Fabrice d'Aquapendente dit expressément que c’est par ignorance de .