DES MALADIES DES OS. XLHII
femme fort grasse, par l'impression de lanse de ce lacq supérieur dans une fracture du col du fémur. M. Foubert , qui a remarqué cet inconvénient, proscrit tous les bandages du traitement de ces sortes de fractures ; il se contente de renouveler chaque jour les extensions pour remettre les os de niveau si les pièces osseuses se sont dérangées. Il ne serait pas difficile d'imaginer un bandage qui n’eût pas l’inconvénient du lacq passé dans le pli de la cuisse pour soutenir le tronc. On m'a dit que M. Arnauld démontrait, dans ses lecons au Jardin-Royal , un bandage particulier pour'la fracture du col du fémur. Il était composé d’une ceinture de buffle qui entourait le corps sur les os des: îles , et deux courroies en sous-cuisse se croïisaient sur un écusson qui contenait le grand trochanter. Il est certain que cette apophyse offre un point d'appui suffisant, auquel la face de Pos des îles peut servir utilement de contre-appui (1).
M. Heister n’a pas toujours aussi bien rencontré dans les choses où il s’est dit d’un avis contraire à celui de M. Petit. On lit dans le Traité des maladies des os que l’on doit procéder à la réupion des fractures faites par un instrument tranchant en réunissant la plaie des parties molles par les moyens ordinaires , tels que sont les su- {ures dans les cas qui les exigeraient, et en contenant les parties osseuses avec le bandäge à dix-huit chefs. M. Heister rejette ce précepte , et il donne l'exemple des plaïes à la tête pour prouver que la réunion et le bandage à dix-huit chefs ne doivent pas être mis indifféremment en pratique suivant la doctrine de M. Petit, et qu’elle ne doit point avoir lieu dans tous les cas. Mais M. Petit a averti, une fois pour toutes , au commencement de son Traité des fractures ; qu'iln’y parlerait point des fractures du crâne. Et en effet celles-ci sont un objet à part qui dépend de la chirurgie des plaies de tête : les fractures qui les compliquent ne sont pas dans le cas d’être traitées suivant les principes qui conviennent à la cure des autres fractures. IL est étonnant que M. Heiïster ait cru trouver le fondement d’une objection raisonnable sur ce point.
L'examen de ce que M. Petit a dit du bandage pour la fracture de la partie supérieure de l’humérus aurait suggéré à M. Heïster une critique aussi juste que celle qu'il a faite à l’occasion du bandage pour la fracture du col du fémur. M. Petit avait bien senti que la bande roulée ne pourrait contenir la fracture du bras à sa partie Supérieure : il recommande le bandage à dix-huit chefs , qui ne peut remplir l'objet qu'on se propose. La structure des darties bien connue exclut également l’un et l’autre de ces bandages. Les attaches des muscles grand pectoral, grand dorsal et grand rond , qui for-
(1) Voyez lé IV° tome des Mém. de l’Acad. royale de chirurgie sur la fracture du col du fémur.