XLIV DISCOURS SUR LE TRAITÉ
ment principalement le creux de lafsselle, s'opposent à l’effet de tout bandage destiné à agir seulement par des circulaires. Il doit donc y avoir , dans leur usage, les mêmes inconvéniens que M. Petit avait remarqués en expliquant la difformité presque nécessaire du cal de la clavicule , parce que cet os, quelque bien réduit qu'il aït été, n’est pas susceptiblé d'être entouré par un bandage capable de contenir exactement le suc nourricier: M. Moscati , chirurgien en chef du grand hôpital de Milan , et:associé étranger de notre: Académie royale de chirurgie , a donnésun mémoire à cette compagnie (1), dans lequel il prouve, par des raisons tirées de l’anatomie, que le bandage convenable à la fracture de la partie supérieure du bras doit être contentif d'une étoupade trempée dans le blanc d'œufs battu, au moyen de laquelle on garnit le creux. de Vaisselle, et l’on encaisse , pour ainsi dire, l'os. du bras , parce que cette étoupade se dessèche, et contient aussi exactement les pièces divisées que le pourrait faire le bandage circulaire à la partie moyenne de cetos.
Les maladies des os or une place assez éténdue dans les Aphorismes de Boerhaave. Le discernement avec lequel M. le baron Van-Swieten a fait usage, dans ses savans Commentaires, de cé que les auteurs de réputation ; tant anciens que modernes , ont dit de plus solide, faisait espérer que M. Petit , à qui la chirurgie a des obligations éssentielles sur celte partie de l'art, ne serait point oublié. Cependant M. Van-Swieten ne fait mention de lui, dans le Traité des fractures et dans celui des luxations, qu'à l’occasion de la boîte pour les fractures, et de la Juxation consécutive de la cuisse, après les coups ou chutes sur le grand trochanter; encore ne rapportet-il ces choses que d’après les Mémoires de l'Académie royale des sciences ; le Traité des maladies des os. n’est point cité. Il est aisé de conjecturer que M. Van-Swicten , qui rappelle plusieurs observations du Traité de chirurgie de M. de Lamotte , n’avait pas alors sous la main celui de M. Petit. Cest peut-être un avantage pour la chirurgie, parce que nous avons, par .ce moyen, dans le travail de M. Van-Svwieten, un excellent précis.de la doctrine des anciens , et principalement d' Hippocrate, de Celse et de Galien , auquel il a joint les meilleures observations modernes , à exception de celles de M. Petit : ceux. qui ont véritablement le désir d'apprendre sont dans la nécessité d’étudier les deux auteurs , el de comparer les préceptes qu’ils donnent.
. Boerhaave examine en particulier les maladies des os qui sont de même nature que celles qui attaquent les autres parties du corps , telles que l’obstruction, linflammation des vaisseaux qui entrent
(4) Imprimé dans Le IV° tome, édit. in-4°.
dans l'organisation des os, le gonflement de leur substance, Fulcération ou carie dont ils sont susceptibles, la putréfaction gangréneuse qui résulté du vice que l’huile médullaire peut contracter, etc. M. Van-Swieten donneles principes les plus lumineux sur la nature de ces maladies, persuadé que la connaissance qu’on en acquerra est très-imporlante, et qu’elle doit nécessairement servir de base aux préceptes à établir sur la vérole,-le rachitis le scorbut. [ci M. Petit est cité fréquemment , et toujours d’une manière honorable ; ses observations sont rapportées avec fruit, et elles ne.perdent rien par le voisinage de celles de Clopton Havers, de Ruysch, de Marc- Aurèle Severin et de plusieurs autres savans auteurs, avec lesquelles elles se trouvent liées ‘en corps de doctrine. La satisfaction la plus flatteuse qu’un auteur puisse goûter, c’est de voir ses ouvrages applaudis et traités avecla plus grande distinction par ceux dont à sutfrage peut être regardé comme une loi.
M. Platner parle aussi très-convenablement de M. Petit aa ses Institutions de chirurgie publiées en 1745. Il observe, à l’occasion de la luxation du fémur qui survient quelque temps après les chutes
sur le grand trochanter , que cette cause de luxation a été connue d'Hippocrate. On lit, à la vérité, dans l’'aphorisme 59 de la 6: section, que la tête du fémur sort de la cavité aux personnes qui souffrent depuis long-temps des douleurs de sciatique, à raison de la quantité de glaires qui s’amassent dans cette partie. Galien explique fort bien, dans son Commentaire sur cet aphorisme ; comment les ligamens qui affermissent naturellement la tête de l'os dans sa cavité sont relâchés par la surabondance d'humeur pituiteuse épanchée dans Varticulation : Inebriata articulationis ligamenta laxiora redduntur (1). Mais M. Petit a reconnu que ce relâchement de ligamens par l'excès de l'humeur synoviale était une suite assez fréquente des coups ou des chutes sur le grand trochanter ; ce qu'Hippocrate ni Galien n’ont point dif.
C’est donc à tort qu’on l’a chicané jusque sur lé titre qu’il a donné aux remarques instructives par la connéissance desquelles le nombre des boiteux ne sera plus dorénavant aussi grand que par le passé. Voici ce titre tel qu’on le lit dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences, année 1722, p. 117 : Observation anatomique et pathologique sur les chutes qui causent une luxation de la cuisse dont les auteurs n’ont point écrit. C'est en effet une luxation d’une espèce particulière , que les coups et les chutes ne produisent point d’abord, mais dont elles sont des causes occasionnelles et éloignées. M. Petit ne l’a connue qu'après y avoir été trompé; aucun auteur n’en avait parlé. Hippocrate , que M. Platner nous oppose, ne parle que d’une
(1) Hippocr., Charter, Tom. IX,