XLVI DISCOURS SUR LE TRAITÉ
luxation qui survient par le relàchement des ligamens à la suite des longues douleurs de sciatique ; cause occasionnelle bien différente de celle que M. Petit a observée, et sur laquelle il était très-impor- . {ant que l’attention füt particulièrement fixée, puisque, faute d’être prévenu de la possibilité de cette luxation, ‘elle n’est reconnue que lorsqu'il n’est plus temps d'y remédier.
On voit par l'exposé que nous avons fait que toutes ps tracasseries que M. Petit a essuyées ont tourné à sa gloire, et il a eu l'avantage d’en jouir. Personne n’a plus contribué que lui à la renaissance de la chirurgie : elle lui doit une partie des progrès qu’elle a faits sous le règne du prince de qui elle à reçu les plus grandes marques de pro-
tection. M. Petit a vu ses principes enseignés dans les écoles, et adoptés dans les meilleurs ouvrages. Il s’est vu estimé généralement de ses confrères , considéré des étrangers , honoré de tous les honnêtes gens ; et il n’a trouvé ‘personne quin’ait applaudi aux quatre vers qu'un de nos plus grands poètes a faits pour être mis au bas de son portrait :
Il ajoutait à l’art, aidait à la nature:
L'un et l’autre pour lui n’avaient rien de caché. Que sa mémoire passe à la race future:
Il a cherché le pauvre, et lés rois l'ont cherché. À . Pro.
La chirurgie a perdu avec de justes regrets ce grand homme, le 20 du mois d'avril 1750, au commencement de sa soixante-dixseptième année.
L'année suivante il parut un nouveau Traité des maladies des os ; sous le nom de M. Duverney, de l'Académie royale des sciences, mort le 10 septembre 1730. Cet ouvrage a été trouvé dans les papiers et écrit de la main de M: Duverney lenevew, de l'Académie royale de chirurgie , et démonstrateur d'anatomie et de chirurgie au Jardin-Royal, mort le 15 octobre 1748. Cest un livre doublement posthume : si le fond est de M. Duverney le médecin, on y reconnaît beaucoup d'observations qui sont en propre au chirurgien : on les a regardées comme la partie la plus recommandable de louyrage. C'est le nombre des cas particuliers qui le rend un peu plus ample que le Traité de M. Petit. Nous ferons remarquer, contre l'opinion de l'éditeur du livre de M. Duverney, qu’on juge mal du mérite respectif de deux ouvrages par leur masse; que c’est la partie dogmatique qu’il faut considérer ; M. Petit. ne perdra rien. à cette comparaison. Sa grande pratique lui aurait facilement fourni de quoi augmenter les volumes par le récit d’un grand nombre de cures ; mais ces exemples multipliés sans aucune raison particulière sont rarement utiles : ils sont peut-être nuisibles dans un livre élémentaire, parce que les jeunes gens ; plus distraits qu'instruits par la