LUXATION DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE
sur le front. L'aide, en embrassant, serrant el retenant ainsi la tête, fait la contre-extension. Le chirurgien, après avoir garni de linge ses deux pouces pour ne se point blesser contre les dents , les introduit dans la bouche , l’un à droite, et l’autre à gauche, et lb appuie sur les dernières dents molaires, le plus proche qu'il est possible de l'articulation de la mâchoire. Il pousse alors en bas et en arriére ; en bas pour .alonger les muscles, et en arrière pour placer les condyles. Ilrelève enfin le devant de la mâchoire en même temps qu’il jetteses pouces dans les joues, le plus promptement qu’il est possible pour n'être point mordu ; ce qui arriverait par la prompte contraction® des muscles, qui pour lors ferment subitement la mâchoire.
Il y a des chirurgiens qui veulent faire cette réduction à grands coups de poing sous le menton. Il y en a d’autres qui se servent d’un bâton. ou d’un levier , qu’ils appuient sur le devant de la mâchoire supérieure pendant qu’ils font effort sur les dernières dents molaires dela mâchoire inférieure pour la pousser en bas , et la réduire. Je rejette cette méthode , dans laquelle on risque de rompre les dents incisives, de causer beaucoup de douleur, etmême de blesser le fond du gosier si le bout du levier échappait.
Ilyen a qui mettent une espèce de bâilion sous les dents, et qui frappent le menton par-dessous, comme les premiers; mais ce moyen est lout-à-fait contraire. On ne pourrait le mettre en usage avec succès qu’au cas où le bâillon serait placé sous les dernières dents molaires, sans toucher les autres. Algrs, en appuyant ou en frappant sous le menton, comme pour approcher la mâchoire d'en bas de celle d'en haut, pendant que le bâillon resterait au point que nous avons dit , peut-être pourrait-on faire ainsi. la réduction ; parce que les coups de poing (1} ou les efforts des mains et la résistance du bâillon feraient alonger les muscles, et qu'on pourrait alors sans crainte repousser les condyles dans leurs cavités ; mais, comme il est impossible d’assujettir un bâillon sous les seules derniéres dents molaires, je tiens ce moyen trés-difficile à pratiquer , mais cependant moins dangereux que le précédent,
Si ceux qui se servent du bâillon le font appuyer sur les autres denis que les molaires, ils ne peuvent jamais réussir , parce que la force mouvante, s’exerçant alors sur le bâillon : -qui fait le point d'appui, ne peut être d'aucun effet : on casserait les dents ef la màchoire même plutôt que de la réduire ainsi.
J'ai vu des mâchoires qui se sont réduites d’un seul coup de poing sans bâillon,; mais la luxation était incomplète, c'est-à-dire que les
condyles n 'Éient pas fort écartés de leur ation et certaine- } eL. | CELA > | d6+ - / s
mn Ces coups de poing ne sont pas méthodiques: Voyez la méniite de réduire cette luxation, par Devigo. (Discours préliminaire, pag. xxxvar:)
ment ils n'avaient point été portés assez en avant pour passer au-del4 de la ligne de direction des muscles ; car , dans cette situation, les ren s’épposant de toute leur färée à la réduction; il etit été impossible de la faire par les coups de poing. La situation du masseter et du ptérigoïdien interne , dans les luxations de la: mâchoire , autorise sui ffisamment cette pensée. À l'égard sa crotaphite, il est si alongé qu'il ne peut agir. —
Lorsque la luxation n’est que d’un côté on ne fait l'extension et les autres mouvemens que du côté luxé. Cette luxation est plus difficile à réduire que la complète des deux condyles pour deux raisons : {1° parce que les muscies, n’étant. pas. si fort étendus, se contractent avec plus de force, el font nécessairement plus de résistance ; 2° parce que, la chaire étant moins ouverte, on ne peut porter le pouce aussi près de l'articulation, ni par conséquent vaincre la résistance des muscles avec autant dé facilité que dans Ja luxation des. deux côtés.
Tout l'appareil consiste en un tro défensif et une compresse en forme de fronde, dont on croise de chaque côté les chefs en les attachant au bonnet. Le régime et les remèdes généraux ne $ont pas d’un-grand usage, à moins qu'il n’y ait complication.
Je ne.puis m'empêcher de dire ici.en passant que cette maladie, qui paraît être distincte et facile à connaitre par les signes quiJui sont propres, fut pourtant prise un jour pour accident d’apoplexie ; mais, ayant été mandé, je ne trouvai pour tout symptôme, qu’une difficulté de parler, causée, non par l’apoplexie, maïs par la luxationd’un des condyles de la mâchoire. J'en fis la réduction, et surle-champ le malade parla avec la même facilité qu "auparavant.