‹ Œuvres complètesChapitre 39 sur 140 · LUXATION DU COCCYX · texte numérisé non relu

LUXATION DU COCCYX

Du Pronostic de la Luxation du Coccyx.

La luxation en dehors est bien moins fâcheuse que la luxation en dedans. Le danger de celle-ci vient de ce qu’elle est toujours accompagnée de contusion. La contusion elle-même n’est cependant suivie d’accidens funestes qu lorsqu’ elle a été ER long-temps négligée.

J'ai vu une demoiselle de vingt ans, qui, en tombant sur la glace, s'était fait une contusion très-forte au coccyx. Elle négligea son mal ,.et la pudeur ne lui permit de le montrer que lorsqu'il y eut disposition gang gréneuse. Je la saignai- assez promptement, et ja secourus si à propos par les topiques, le régime et les remèdes généraux, qu'elle en fut quitte pour un”abcès superficiel que j'ouvris, et dont elle fut promptement guérie.

Une autre fut moins heureuse : elle s'était laissée tomber sur une pierre: angulaire, et le COCCyx avait été frappé: près de sa jonction avec l'os sacrum. Cette même pudeur qui fut fâcheuse pour la première le: fut bien plus pour celle-ci. Ses douleurs à la vérité n° étaient pas violentes, mais elle sentait dans le fondement un poids incommode, qui devenait de jour en jour plus considérable. Elle ne consentit, à se laisser toucher que lorsque les excrémens ne purent plus passer par le rectum. L’ayant placée sur le bord de son lit, dans da même situation que l'on fait prendre quand on donneun lavement, j'introduisis fort avant dans l’anus mon doigt indicateur trempé dans l'huile. Je touchai avéc ‘assez de peine une tumeur de la grosseur d’une médiocre pomme de reinette ,.et, avec le doigt'indicateur de l’autre main, que je plaçai au dehors sur la fin de los sacrum et le commencement du coccyx, je découvris une fluctuation qui répondait d’un doigt à l’autre, en les poussant aller nätivement ; ce qui me fit jager qu’il y avait un abcès.' Ayant fait connaître tout le danger qu’il y avait de différer à évacuer le pus amassé, je préparai du linge en lambeaux , en compresses et en bandages pour faivé”! au moment même l'oufver ture de l'abcès: Je remis, pour cet effet, mon doigt-indicateur dans l’anus, avec la même précaution ; et, lPayant enfoncé encore plus ayant, je touchiai un peu mieux, la tumeur; et, la poussant. en dehors autant qu xl fut possible pour approcher le plus du lieu où je le sentais avec l'indicateur de l’autre main, je plongeai la pointe d’un bistouri droit jusqu’au siégé du pus, qui sortit en abondance : ce qui fit disparaître la tumeur intérieure. Je portai le doigt dans la plaie, et je trouvai que la pointe de l’os sacrum et la tête du coccyx étaient entiérement découvertes, dénuées du périoste, et cariées par la matière qui nous iriondait par sa quantité, et nous infectait par son odeur. La tête du Coccyx, étant tout isolée, fut séparée et empor tée peus donner jour, et faciliter les pansemens, qui durèrent long-temps, et qui n’eurent pas un heureux succès. La malade mourut au bout de six mois par la fonte des. graisses du bassin, et, les suppurations extraordinaires, qui furent accompagnées de fièvre lente et du dévoiement jusqu’à la mort,

Une dame, pour s'être assise trop rudement sur les bâtons d’une the au lieu de d'aisèoié sur le coussin, se fit une contusion très-forte sur tout le coccyx, et sentit une si grande dboteur qu'elle s’évanouit. De retour de son évanouissement, :elle appliqua de l’eau-de-vie sur soñ mal, et sé fit saigner. La douleur augmenta considérablement en. trois jours , sans que la malaëlé ” consentit à se laisser visiter par son chirurgien, quelques instances qi'il pât

faire. Il se contenta de faire chaque j jour une saignée, cequi diminua la douleur du coccyx; mais il en survint une autre aux.lèvres de la vulve, près de l'anus , et les deux lèvres se gonflèrent en si peu de temps qu ’en vingt- -quatre heures la droite abcéda. L'abrés s’ouvrit de Jui-même; et, la DER ayant déterminé la malde à se laisser faire les ouvertures convenables, elle guérit sans incommodité. : | ! |

On pourrait citer une infinité 1 cas semblables, qui tous prouveraient que la confusion, pour, peu qu'elle soit négligée rend la luxation du coccyx én dedans très-dangereuse ; mais on conçoit aisément que , si les malades dont on vient de parler se fussent laissé conduire dés les commencemens, on aurait pu prévenir les dépôts par des saignées fréquentes, par l'application des {opiques convenables , et ‘généralement par tout ce que demande un traitement régulier. De pareils exemples doivent apprendre aux personnes du sexe à surmonter, dans ces occasions, des répugnances qui sont si pernicieuses.

Outre la douleur qui vient de À contusion , il en est une autre qui est la suite nécessaire de l'extension violente qu'ont. soufferte les ligamens. Cette douleur est commune aux deux espèces de luxations du coceyx ; mais elle est moins considérable et de moindre durée à la luxation en dehors, parce que l'extension des ligamens a été faite par des degrés insensibles ; et que de plus ilesf facile de maintenir le coccyx de façon à relâcher les ligamens tendus. La douleur qui dépend de l'extension des Jigamens , pour peu qu’on y remédie, n’est jamais assez considérable , même dans la luxation en dedans, pour produire elle seule de Pflammation et des dépôts.

Cette espèce de douleur ne se dissipe qu’à la longue, et subsiste pendant un temps considérable , Sans pour cela augmenter le danger de la Juxation. On peut donc dire en général que la luxation du coccyx , quoique long-temps accompagnée de douleur , n’est cependant point dangereuse en elle-même, à moins qu elle ne soit trop négligée, ou que, arrivant à des sujéts cacochyrnes , la mauvaise qualité des humeurs n’ PREAFIQNe des accidens pue la seule luxation ne > peut produire. .

De la Cure de la Luxatioù du Coccyx. di

Pour réduire le coccyx luxé en ju il ne faut que le pousser en dedans. On le tient dans sa situation avec des compresses graduées et un bandage enT, qu’il faut placer de manière à ce que le malade puisse aller à la selle , et uriner sans lever.lappareil. HP

On couvre les premières compresses d’un défensif. Du reste tous. les médicamens spiritueux. sont :très-convenables.. : L’eau-de-vierdans lfuelle on à fondu un peu d’alun, l'esprit de vin camphré ‘et tant d’autres remèdes peuvent être employés, non-seulement à cette

LUXATION DU COCCYX: at

luxation , mais à toutes les autres, Je ne suis point partisan de l'huile : j'aiobservé tant de fois qu’elle excite la démangeaison et lérysipèle que je érois qu’ôn doit la bannir du pansement des fractures et des luxations. : GT AU ASE Eu Pour réduire le coccyx luxé en dedans on trempe le doigt'indice dans l'huile , et on l'introduit dans l’anus aussi avant qu'il est nécessaire pour passer au-delà du bout du coccyx , et le relever. Il faut, pour éviter la douleur, observer, en introduisant le doigt, de. l'appuyer toujours sur le côté de la marge de l'anus opposé à la pointe du coccyx. CPE TR I Qt On doit, dés le commencement , tout mettre en usage pour calmer la douleur, et prévenir les suites fàcheuses que peut avoir la contusion. On a déjà dit que les saignées fréquentes, les narcotiques , la diète et la boisson abondante étaient alors les vrais remèdes. Les lavemens Peuvent ‘aussi, dans le cas dont il ‘Sagit, procurer plus d'un avantage. Tant qu'il y a douleur vive et inflammation , il faut s’en tenir aux bains et aux cataplasmés anodins , émolliens et résolutifs ; mais par la suite on peut se servir des mêmes topiques qu’on vient d'indiquer pour la luxation en dehors. Le bandage doit être tréslâche , et simplement contentif ; £t il est nécessaire que le malade se tienne au lit sur un bourrelet, ou que, s’il se lève, il soil assis sur une: chaise percée , pour que rien n’appuüie sur le coccyx; ce qui causerail de nouvelles douleurs, qui seraient peut-être à la fin suivies de dépôts. raie | Rp ASE R NT CHAPEER ENT snésaie- 0 mèce AU 90

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