‹ Œuvres complètesChapitre 41 sur 140 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

L’os du bras est articulé avec l’omoplate par genou ; maïs la cavité de l’omoplate est si peu profonde qu’elle ne contient pas la sixième partie de la tête de lhumérus, à laquelle elle ne sert, pour ainsi dire, que d'appui. Le surplus de cette tête est logé dans une espèce de seconde boîte ou retraité formée par la jonction de l’acromion avec le bout de la clavicule, par fapophyse coracoïde, qui la borne du côté interne, et enfin par de forts ligamens, qui, de cette apophyse, vont s'implanter à l’acromion et à la clavicule, dans le lieu de leur jonction. La capsule ligamenteuse qui retient la synovie

et les autres ligamens de la jointure de lhumérus sont lâchés à Proportion de ceux des autres articulations; ce qui, joint au peu d'élévation des borüs de la cavité et au peu de frottement, rend Les mouvemens Gu bras très-libres, très-étendus et Dettes

Il west point de. mouveémens plus combinés que ceux de cette articulation. Neuf muscies servent à les exécuter ; ct, selon l'usage particulier qu'on leur attribue, le brâs est levé par les muscles deltoide et sus-épineux ; il est Sbaisdé par le grand rond et le grand dorsal ; ; il est porté en devant par le pectoral et le eoraco-brachial :

il est tiré en arrière par le petit rond, le sous-épinéux et le sous: scapulaire. Outre ces mouvemens , le bras peut en faire une infinité d’autres par les différentes combinaisons de ses muscles : en effet il peut se mouvoir selon toutes les lignes qui seraient tirées du centre de la cavité de lomoplate à sa circonférence ; et, outre tous ces mouvemens directs, il fait encore un mouvement en rond et un demi-cireulaire sur l’axe. Le mouvement en rond ou mouvement de fronde se fait par la combinaison successive des muscles qui servent aux quatre premiers mouvemens dont on a parlé. Le mouvement demi-circulaire ou mouvement de pivot dépend principalement de l’action des muscles pectoral, sous-scapulaire, grand rond, petit rond et sous-épineux , et peut se faire dans presque tous les points d’élévation, d’abaissement, d’adduction et d’abduction du bras, et pendant le temps même que les autres mouvemens s’exécutent. Lorsque les muscles du bras agissent tous ensemble, ils le tiennent roide et ferme, en quelque point qu'il soit, 4e c’est ce qu’on appelle mouvement tonique.

Outre tous les muscles qu’on vient de nommer, il y en a encore deux qui ‘passent dans l'articulation ; savoir : le long extenseur de lavant-bras, qui prend origine de la partie inférieure du cou de lomoplate, et le biceps, dont l’une des têtes vient de Ja pointe de Fapophyse coracoïde; et autre, qui coule dans une sinuosité particulièére creusée sur le devant du col de l’humérus, a son origine vers le bord supérieur de la cavité de l’omoplate.

Les vaisseaux sanguins, les lymphatiques et les nerfs passent sous le creux de l’aisselle pour se jeter dans la partie interne du bras. Ce creux est rempli de beaucoup de graisse et de quelques glandes conglobées. IL est formé par l’éloignement des muscles pectoraux et "des grand dorsal et grand rond.

Voilà une idée bien générale de l'articulation de l’'humérus, mais cependant qui pourra suffire pour entendre ce qu'on va dire de sa luxation.

Des Espèces différentes de Luxations du Bras.

Le bras peut être luxé directement en bas, sur la côte inférieure de lomoplate ; ouen dehors de cette côte, sous l’épine de lomoplate; ou bien en dedans, et alors la tête de los peut se trouver dans le creux de l’aisselle ; ou bien en devant, sous le grand pectoral, entre lapophyse coracoïde et la clavicule. Il y a donc quatre espèces de luxations du bras; savoir: les luxations en bas , en dehors , en dedans et en devant. Le bras ne peut être luxé directement en haut , parce que le muscle deltoïde , la tête externe du biceps;l'apophyselacromion et la clavicule s'opposent à cette luxation; et il

faudrait, pour qu'elle püt se faire, “ie Al y eüt fracture de l'acromion et de latclavicule.

On voit rarementle bras luxé directement en:bas , {ant parce que ie muscle long extenseur de l'avant-bras s’y 6ppose que parce qu'il est très-difficile que la tête de l'os demeure long-temps sur la côte

inférieure de lomoplate ;. qui ne lui présente point assez de surface,

pour faire un appui fixe. Il arrive-donc que , si la luxation n’est pas réduite sur-le-champ, la tête de lhumérus se jette, au moindre mouvement , ou en dehors ou en dedans de l'omoplate ; mais elle se jette presque toujours. en dedans, parce que les muscles qui tirent de ce côté la tête de l'os sont en plus grand nombre et beaucoup plus, forts que ceux quila pourraient tirer du côté opposé , et que d’ailleurs le creux de l’aisselle n’est rempli que de membranes graisseuses , de glandes et de vaisseaux qui cèdent facilement à la tête de l'os. Pour qu’elle ‘soit portée jusqu’en devant , sous le pectoral , entre l’apophyse coracoïde et la elavicule, il est nécessaire que les causes capables de luxer agissent avec beaucoup de force.

Des Causes de la Luxation du Bras.

‘On doit rappeler ici tout ce qui a été dit des causes dans le général des luxations. Il suffira d'ajouter que lhumérus se luxe plus faciiement que fous les autres os , parce que le bras est la partie qui se présente la: première pour secourir le corps. dans les chutes ; que

c’est lui dont nous nous servons pour soulever les poids , pour vaincre la résistance des corps qui nous environnent, pour nous défendre; qu’il est par conséquent plus exposé aux coups , aux.efforts et aux chutes ; et que d’ailleurs , comme on l'a observé, la cavité de l’omoplate est trés-superficielle, et les lg amens de l'articulation fort lâches.

Ii faut remarquer encore que Je Eu ne se juxe j jamais tant qu'il est appliqué au côté de Ix poitrine, et qu'il esinécessaire , pour. que la luxation se fasse, qu’il en soit écarté, comme il arrive toujours quand on fait quelque mouvement pour se retenir dans les chutes. Pour lors, si la chute est assez grande ; et que le coude porié en arrière appuie , la tête du bras sera portée en devant sous le pectorai. Si le coude est tourné en dehors etun peu élevé , le bras sera Juxé en dedans sous l'aisselle:; et il sera luxé en dehors si le coude. est tourné.en dedans, c’est-à-dire s’ilest porté en devant sur la poitrine. Cette luxation est cependant difficile : je pense même qu’elle: ne-peut guère arriver que l'effort n’agisse selon deux directions différentes, ou même qu'ikn’y ait deux chutes, dont la première porte los sur Ja partie inférieure de l'omoplate , et la seconde, en poussant le coude sur le devant de la poitrine, porte la tête.de l'os en dehors.

Pour que la luxation se fasse directement.en,has ‘sur la côte inférieure de l'omoplate, il fant que le bras soitconsidérablement élevé ; mais la tête de l’humérus ne peut , comme ôn l'a déjà dit, restentong-

lemps sur cette côte, et elle se. jette, ou en dehors , Où. en dedans , ouendevant,;sous le pectoral. Les causes qui peuvent ainsi changer la luxation d’une espèce en une autre sont ou de nouvelles chutes ; ou les contractions différentes des muscles , ou enfin le peu de précaution avec laquelle le malade ou les assistans remuent le bras luxé,, et même les mouvemens mal concertés que l’on fait à dessein de connaître ou de réduire la luxation. :

Des Signes propres a chaque Luxation du. Bras.

Quatre signes font connaître que l’humérus est luxé directement en bas, sur la côte inférieure de l’'omoplate : 1° le bras est plus long , parce que la tête de l'os se trouve au-dessous de la cavité de lomoplate. — 2° Le bras est un peu élevé, etil l’est en conséquence de la résistance qu’opposent les muscles deltoïde et sus-épineux. Ces muscles , plus tendus que les autres par l’éloignement de la tête de l'os , le seraient encore davantage dans toute autre situation du bras. — 3° Le malade sent de la douleur lorsque l’on approche le bras du côté de la poitrine, parce que l’on alonge le deltoïde et le snsépineux , qui sont déjà trop tendus. Au contraire le malade est soulagé si on lève le bras, parce que l’on diminue la tension de ces deux muscles. — 4° On cause de la douleur quand on plie l’avant-bras , parce qu'on augmente la tension du muscle long extenseur. Si. on étend trop l’avant-bras, on cause aussi de la douleur, parce qu’on augmente la tension du biceps. La douleur, quand on fléchit trop, se fait sentir depuis le coude jusqu’à la côte inférieure de l’omoplate ; et, lorsqu'on étend trop, elle se fait sentir intérieurement , depuis le pli du bras jusqu’à l’angle antérieur ou externe de J'omoplate. La raison en est assez claire. | |

Les signes que la läxation est en dehors sont : 1° que le coude est porté en dedans et approché du devant de la poitrine par les muscles coracoïdien et pectoral. — 2° Le malade souffre quand on éloigne le bras de la poitrine, parce que l'on force-le pectoral et le coracoïdien. — 3° Le bras est presque toujours plus long , et rarement plus court. Plus il s'éloigne de la cavité glénoïde de l’omoplate, en déscendant le long de son épine, plus il est long ; mais il n’est pas impossible qu'ilsoit égal, ou même plus court, parce que ; en quelques sujets , los sorti de sa cavité peut être retenu tout auprés sous : Vacromion, dans un pointun peu plus élevé que la cavité glénoïde.

Quand le bras est luxé en dedans sous l’aisselle ; on trouve 1° une cavité au-dessous de l’acromion, et qui. fait paraître cette.apophyse plus saillante. Cette cavité est celle où était os du bras avant que d'être luxé. — 2° On sent sous l’aisselle l’'éminence que fait la tête de l'os qui s’y est jetée. — 3° Le bras estun peu levé par la résistance du déltoïde et du sus-épineux , qui sont tendus , et il est écarté du

devant de la poitrine , c'est-à-dire porté en arrière par les muscles qui tirent le bras de ce côté , et qui sont les plus tendus , étant les plus éloignés de l'appui. On cause de la douleur quand on abaisse le bras , ou quand on l’approché du devant de la poitrine , parce que l'on force les muscles tendus. —Às Le coude se tient fléchi parce qué, la tête de J'humérus étant plus éloignée de Vorigine des deux têtes du biceps , l'insertion de ce muscle serait aussi nécessairement trop éloignée de ses attaches à lomoplate, et par conséquent il serait trop tendu si son origine et son insertion ne se trouvaient rapprochées par la flexion de l’avant-bras. 11 suit de là qu'on ne peut sans douleur étendre l’avant-bras, et qu’au contraire le malade est soulagé quand on le plie, parce que, par le premier de ces mouvemens , on alonge forcément le biceps, et que, par l’autre au con- . traire, on en diminue la tension. — 5° Le bras est ordinairement plus long, quelquefois il est égal , et d’autres fois il est plus court que le sain. S’il est égal ou s’il est plus long , c’est un signe que la tête de l'os n’est pas plus élevée que la cavité de lomoplate, et pour lors tous les signes que nous venons de donner s’y rencontrent ; mais , si le bras est plus court parce qu’il aura été poussé sous le profond de «Vaisselle , l’avant-bras ne change pas de figure ; il est même indiffé-

rent à la flexion ou à l’extension , parce que les muscles fléchisseurs et extenseurs sont à peu près également éloignés de l'appui.

Les signes qui montrent que la tête de l’humérus s’est jetée en : devant, et setrouve placée sous le grand pectoral et sur le grand dentelé, dans l’espace qui est entre lapophyse coracoïde et la clavicule , sont : 1° qu’on sent avec les doigts, dans cet endroit , l'éminence que fait la tête de los, et qu’on ne peut apercevoir, même dans les sujets maigres, l'apophyse coracoïde, parce que la tête de l'os qui est au-dessus la dérobe au toucher. — 2° L’enfoncement de dessous l’acromion est moins sensible ‘que dans les luxations en dessous, parce qué la tête de l’humérus fait une grande saillie, et soutient le deltoïde presque dans sa-rondeur ordinaire ; et, par la même raison, l’acromion paraît moins saillant. — 3° Le bras est un peu plus court qué dans l'état naturel, parce que la tête de Phumérus en ce lieu est environ d’un travers de doigt plus élevée que là cavité glénoïde. — 4° L'avant-bras n’est qu'un peu fléchi, parce que la tête de lhumérus n’est point éloignée considérablement de l’attache des. têtes du biceps. — 5° Le coude est plus écarté du devant de la poitrine que dans la luxation en dessous, parce que la portion externe du deltoïde, qui est alors fort éloignée de l'appui de los, résiste,..et tient le bras en arriére. On ne peu le porter en devant sans forcer la portion externe du delloïde , et par conséquent sans causer de la douleur. je

Du Éro hoc üe la Luxation du. Bras.

Cêllé luxation, qui- est une des plus faciles, est aussi. une des moins dangereuses. Une Iuxatiog incomplète de l'humérus serait encore moins fàcheuse : elle $e réduirait trés-aisément; et, dans ce cas, on pourrait ajouter foi aux discours. de certaines gens, qui se vantent de réduire les luxations du bras avec facilité ét sans aide par un seul tour de main, qu'ils n ont garde de décrire. A les entendre , les os obéissent à vis doigts, et aucun n’est rebelle à rentrer dans son lieu sitôt qu'ils lui ont apposé leurs mains magiques. :

On réussit difficilement quand l'os est en devant sous le muscle pectoral ; au contraire on réduit avec assez de facilité la luxation en dehors. Celle qui est directement en bas est la plus facile, de toutes à réduire, pourvu qu'on la reconnaisse d’abord, et qu'on ne fasse aucun mouvement qui puisse déterminer la tête de Pos à se jeter en dehors ou en dedans. Lorsque la tête de l’humérus est luxée sous l’aisselle, et que le bras est plus long, ou qu'il est dans

sa longueur naturelle , Ia réduction est facile ; mais elle est difficile si le bras est plus court : dé sorte que, tot la tête de l’'humérus est enfoncée dans le profond de Faisselle, on a beaucoup de peine à la réduire. Cette luxation est d'ailleurs très-dangereuse lorsque la tête de los est sï enfoncée que les vaisseaux sanguins , les Iymphatiques et les nerfs en sont comprimés , parce ai arrive alors engourdissement, gonflement, et dépôt.

Aux personnes grasses la réduction est difficile, parce que, si lon veut se servir des mains , on n’empoigne | le bras qu'avec peine ; et que, lors même qu’on se sert de lacgs , la graisse empêche d’embrasser los d'assez près, et le dérobe en prrtie aux efforts de l’extension. Aux personnes très-charnues la réduction est difficite, parce qu il faut vaincre la résistance des muscles.

On peut tirer le pronostic de bien d’autres choses ; mais on trouvera dans le pronostic général ce qui manque dans le particulier.

De la Cure de la Luxation du Bras.

On s’est servi, pour Hatts la luxation de lhumérus 4 dun grand nombre de moyens différens ; mais, parmi les diverses méthodes qu’on à pu mettre en pratique je ne décrirai que celles qui ont été le plus suivies , ou qui sont encore en usage. J’examinerai en même temps ce que éhacuhé de ces méthodes a de bon et de mauvais pour venir à en établir une que je crois sujette à moins d’inconvéniens.

Première méthode. Quoique l'échelle et la porte soient des plus anciens moyens qu’on ait mis en usage pour réduire le bras luxé ,

on s’en sert encore aujourd’hui. Quandon veut réduire le bras avec le bâton d’une échelle:ou le dessus d'une-porte, on le garnit d’un drap plié en douze où quinze doubles; dont on laisse pendre les

bouts de chaque côté. On fait monter le malade sur une chaise ou sur un tabouret qui l'élève assez pour que son aisselle soit à la hauteur de la porte ou de l'échelon garni du drap. Alors le Chirurgien passe de l'autre côté de la porte ou de l'échelle; et, pour être à portée de se servir utilement de ses mains, ïl monte sur quelque chose de stable, et qui soit plus élevé que le tabourét sur lequel est monté le malade. Il fait passer le bras luxé par-dessus la porte ou l'échelle, qu'il place précisément sous le creux de l’aisselle. I fait ensuite prendre le bras du malade au-des$us du poignet par quelqu'un de fort, qui le tire en lapprochant de la porte, et, lui, il met ses mains sur la partie luxée pour observer ce qui $y passe, et favoriser, autant qu’il lui est possible, la réduction. I fait en même temps retirer lé tabouret de dessous les pieds du malade, et le corps, abandonné à son propre poids, fait la contre-extension pendant que ceux qui tirent le bras de Fautre côté de la pra font l'extension.

Ceux qui suivent cette méthode disent que la réduction est faite lorsque le bras , la porte et le corps sont en lignes paralièles ; il est ” cependant certain que, dans le plus grand nombre des cas, lon pourra appliquer le bras contre la porte sans que pour cela la tête de l'os soit réduite ;. mais la porte ou l'échelle n’est pas seulement un moyen insuffisant pour la plupart des luxations ; elle est de plus un moyen très-pernicieux , même dans les cas où on est assez heureux pour faire la réduction.

Un défaut très-considérable dans lusage de l'échelle ou de la porte c'est que, le chirurgien n’étant point maître de graduer les forces, il y en a toujours trop ou trop peu, ou que du moins , lorsque le degré convenable sy trouve , c’est un pur hasard. En effet, si un homme maigre a une luxation où la tête de l'os se trouve logée dans le profond de l’aisselle , le poids du corps , qui , dans cette Tnéthode est la principale force mouvante, ne sera pas suffisant, et les teñsions seront imparfaites. Si au contraire un homme trés-gras aune luxation où la tête de l’humérus ne soit point encore enfoncée dans le creux de l’aisselle , le poids de son corps sera de beaucoup supérieur à la résistance des muscles ; et l'excès de cette force causera des désordres funestes, peut-être même irréparables, comme rupture des musclés , des tendons et des ligamens.

L’échelle et La porte font souvent des contusions profondes sur les côtes , sous l’aïsselle et dans l'intérieur du bras, Je long des vais- SEAUX ; et ces contusions ont été plus d’une fois suivies d'abcés trèsfinédies! J'ai vu un jour , par cette manœuvre, le tronc de l'artère brachiale ouverté causer une FUtnenE aMÉvVrIShIAlE trés-grosse, qui

fit périr le malade. Une autre fois j’ai été témoin que lhumérus fai fracturé près de son col par les efforts violens qu’on fit à dessein de: réduire une luxation avec l'échelle. Ces efforts font souvent que ;: après la réduction, la jointure s ’enflamme , , qu'il y arrive ankylose ,. dépôt purulent, CRE, hydropisie. dans l'articulation , et autres: symptômes. J'ai vu plusieurs fois que les membres sont devenus paralytiques au point que les eaux minérales chaudes, pendant plu-

sieurs saisons , n’ont pu y remédier qu'avec beaucoup de difficulté.

Enfin , après que les luxations ont été réduites par cette méthode, los est quelquefois sujet à se déplacer, et lon ne peut guérir le

malade qu'avec beaucoup de peine par fous lès remèdes et les. moyens proposés dans laæure générale des luxations.

Le danger de cette Méthode vient non-seulement de la ivlence des moyens qu'on emploie, mais encore d’un.autre défaut très essentiel, dont je ferai mention en parlant de l’ambi. J'espère que ce que je viens de dire suffira pour faire bannir de l'arsenal de chi- rurgie des instrumens qui sont autant capables de faire horreur que leur usage est pernicieux.

Deuxième méthode. Les anciens ont encore proposé plusieurs autres moyens à peu près de même genre. Îls font, par exemple, mettre un bâton sur les épaules de deux hommes également forts , de même hauteur , et plus grands quele malade. Ils placent ce bâton sous l’aisselle du bras luxé , et font, pour cet effet, baisser un peu ceux qui le portent, lesquels, en se relevant ensuite subitement , enlèvent le malade avec le bâton pendant que, d’un côté, on retient le bras ; et que, de l’autre , on laisse agir le poids du corps...

Troisième méthode. I y en a qui font prendre le bras du, malade par quelqu'un plus grand que lui, qui place la pointe de son épaule sous Vaisselle du bras luxé , et qui , se redressant tout à coup, laisse pendre le corps du malade sur son dos pendant que , avee ses mains. il retient le bras devant lui.

Quatrième méthode. Xl y en a qui font la réduction avec le talon. Ils font , pour cet effet, coucher le malade par terre, de façon qu il soit étendu sur le dos. Us se déchaussent , etse couchént eux-mêmes auprès de lui, les pieds tournés du côté de sa tête. S'il faut réduire le bras gauche, ils appliquent la plante du pied gauche sous l’aisselle , ils empoignent Pavant-bras au-dessus du poignet, et, poussant leur pied contre Paisselle, pendant qu'ils tirent le bras avec force, leurs mains font extension , leur pire fait la contre-extension , et quelquefois los se réduit.

Cette méthode à particulièrement deux défauts, dont cependant les méthodes précédentes participent aussi plus ou moins. Le premier défaut est que le bras n’est point dans une situation convenable à la tension des muscles ; le second est que les forces qui fonf les.

extensions ne sont point appliquées à los même qu' on veut éloï-gner ({).. Lia

Cinquième méthode. Etant à l'armée, un ehirurgien-major, qui me vit faire une réduction du bras , me dit qu’il avait réussi plusieurs fois en faisant asseoir le malade sur une chaise ,.et s’asseyant à côté de lui sur un siège dégale hauteur , la face. tournée du côté opposé à celle du malade. Si le bras gauche était luxé , il passait la paume de sa main gauche sous l'aissellé , le plus avant qu'il le pouvait,.comme pour empoigner l'articulation. Ensuite il appuyaïit son coude sur la cuisse, ef prenait, avec sa main droite , la partie inférieure du bras | du malade, puis , le baissant avec force et promptitude pendant que son bras gauche, appuyé sur sa cuisse , arc-boutaif contre. l’aisselle du malade , il faisait faire la culbute AVos , et le réduisait. Cette méthode a le défaut de l'ambi, dont on va parler, et n’en a point les avantages.

Sixième méthode. L'instrument appelé ambi, inventé par Hippocrate pour réduire le bras, est composé de deux pièces de: bois jointes ensemble par une charnière, L’une de ces pièces est parallle au corps, et est par son pied fixée perpendiculairement à à l’horizon. L'autre ‘pièce est parallèle au bras, qui y est attaché par plusieurs lacqs , et elle fait avec la premiére pièce un angle droit. Cet angle se trouve placé précisément sous Vaisselle, Quand on veut faire la réduction , on appuie avec force sur l'extrémité de la branche ou levier qui soutient le bras, Le bras étant fermement attaché au levier , si lon rapproche son extrémité du point fixé au Sol, ce mouvement suffira pour faire en même temps l'extension, la contreextension et la réduction de Fos.

L'ambi a plusieurs perfections : 1e le bras peut être placé de façon que les muscles soient relàächés. — 2° Cette machine a une force suf fisante ;.et-on pourrait lui en donner davantage en alongeant le bout de son levier. — 3° L'extension et la contre-extension sont également fortes ; parce que la même cause les produit en mêmetemps, ce qui est une chose essentielle dans toutes les machines dont on se sert pour réduire les luxations. |

Ces avantages sont considérables ; mais lambi. a. un défaut qui peuf ayoir de dangereuses conséquences. Ce défaut consiste en ce que la tête de l'os est poussée vers sa cavité avant que les extensions soient. suffisantes... Il résulte de là, comme on l’a déjà fait observer dans le premier chapitre, 1° que, si l'os se réduit , pour ainsi dire ;

(1) L'aroiosen ss AE à la partie inférieure de l'os du bras comprime des muscles dont on veut faire l'extension : leur contraction s’opposera donc at

mouvement qui doit les alonger. (Foyez le Discours préliminaire , page XXX et surv. )

de lui-même lorsqu'on a suffisamment alongé le membre , ‘et mis Ia

tèle au niveau de sa cavité, la réduction est au contraire trèés-diffi-

cile quand los, avant de prendre sa route, n’ a pas été. assez écarté du - liew contre nature où il appuyaïit ; 2 qu’on ne peut alors bien con-

‘duire los par le chemin qu’il a pris en se luxant; 3° qu'on risque de

renverser en dedans ou le rebord cartilagineux ou la capsule liga- : ménteuse. Ces inconvéniens sont également à craindre lorsqu'on se sert de l’ambi avec l'échelle ou avec la porte, comme Lies uns l'ont pratiqué.

Ce défaut n’est point propre à Pénibhe ; û se trouve également dans l'usage de l'échelle ou de la porte, et dans les aütres méthodes dont on a ‘parlé jusqu'ici. D'ailleurs il semble que ceux quiont proposé ces méthodes n’ont admis d’autres luxations que celles qüûi se font en-dessous ; nous avons cependant fait connaître que le bras peut se luxer en dehors et en devant. Cette dernière luxation arrive même fréquemment , étje Vai vue trois fois dans un même mois. Il faut donc, s’il se peut, une méthôde qui puisse également convenir

à toutes les espèces de luxations,

Septième méthode. Pour faire l'extension et la contre-extension où se-sert d’aides-chirurgiens, qui tirent, avec les mains, le bras au-dessus des deux condyles de Phamérus pendant que d'autres retiennent le corps pour résister à l'effort de ceux qui tirent le bras. Le chirurgien se place en dehors du bras, äyant à son cou une serviette nouée , dans l’anse de laquelle il passe le bras du malade. Il met le milieu de la serviette le plus prés de l’aïsselle qu’il est possible de le faire sans nuire au reste ; car le chirurgien doit avoir ses deux mains appliquées à la partie supérieure du bras; près de l'épaule, de manière que les doigts soient en dessous, et les deux pouces en dessus. Dans cet état il fait commencer les extensions ; et est attentif à en observer le produit. Lorsqu'il les croit suffisantes , il manœuvre dé ses mains et dela serviette, qu'il reléve avec son cou en se redressant de façon à conduire la tête de los os dans sa cavité. UE

Cette méthode est une » des meilleures ; mais la force ! n’est pas toujours suffisante, à moins que ce ne soit dans le cas de jeunes gens ou dé sujets faibles et débiles. D'ailleurs, dans les’ mouvemens forcés, nous ne sommes pas les maitres de ménager si bien les efforts qu’ils aïllent toujours en augmentant par des degrés insensibles, proportionnellement au surcroît de résistance, ce qui pourtant est nécessaire pour la perfection d’une méthode.

Huitiéme méthode. I y a des praticiens qui assujettissent le corps à un point fixe, passent le bras luxé entre leurs jambes ou leurs cuisses, et le serrent ainsi pour faire eux-mêmes l’extensionfsi elle n'est pas difficile , ou bien ils font tirer le bras par quelqu un de fort.

Quand l'extension est suffisante, ils manœuvrent des mains et de la serviette pour faire la réduction.

Le corps attaché à un point fixe peut être un avantage dans cette méthode ; mais elle a du reste les défauts de la précédente , et même un .de plus, puisque, le bras étant baissé pour passer entre les: jambes, les muscles releveurs sont trop tendus.

-Si lon rappelle ce qui a été dit dans le général des luxations, et qu’on réfléchisse à ce qu’on vient de faire observer dans les différentes méthodes qu’on a décrites, on conviendra sans peine que , si quelque méthode est préférable, c’est celle qui réunit les propriétés ou les conditions suivantes : 1° que les forces soient suffisantes ; 2° qu’elles puissent toujours être graduées proportionnellement à : la résistance; 3° qu’elles agissent sur les parties mêmes qui sont luxées , et non sur leurs voisines ; 4° qu’elles soient également partagées à l'extension et à la robe bitinéion 5° que la conduite de l’os-ne se. fassé pas en même temps que les extensions, ou avant qu’elles soient suffisantes ; 6° que les moyens employés pour tirer n’empêchent pas de conduire los luxé par le même chemin qu'il a suivi pour sortir de sa cavité. Ces conditions, qui sont si nécessaires que lomission d’une seule peut rendre les autres inutiles, se trouvent rassemblées däns la méthode suivante (1).

Neuvième méthode: Personne n’ignore ce que c’est que la moufle, et combien elle peut servir utilement pour vaincre toutes sortes de résistances. On sait aussi que la force de cette machine vient de ce qu'elle ménage à la puissance motrice le moyen de décrire un long espace, lorsqu’au contraire la puissance qui résiste en décrit un très-pelit. La moufle équivaut donc ainsi à un levier trés-long ou à des leviers multipliés, et peut être employée avec succès dans la réduction des membres.

Pour s’en servir utilement aux luxations da bras on assujettit lomoplate et la clavicule avec des lacqs qui embrassent aussi le corps, et qui ont leur point fixe à un mur ou à un poteau bien solide. On applique un lacq à la partie inférieure du bras, au-dessus des condyles. On prend ensuite un autre point fixe pour attacher la moufle dormante à une hauteur et une distance convenables , et enfin on arrête la moufle mobile au lacq qui est attaché au bras. On donne alors la corde à quelqu'un, qui la tire autant qu’on le désire, pendant.qu’on tient les déux mains.sur l'articulation pour observer ce qui S'y, passe , et être attentif au moment qu'il faut agir pour replacer los. Ce moment est celui auquel les extensions sont suffi-

(1) Cette méthode a été le sujet de beaucoup de difficultés : elles font un

article intéressant du Discours préliminaire, Dors Ja page xxvir jusqu’à la page xXxXII.

sanies, ce qui se connaît par les signes ps nous avons donnés dans le général.

Quand les muscles sont suffisamment ttes par lés extensions , le chirurgien doit agir, mais différemment selon les différentes espèces de luxations.

Si l'os est luxé en dessous, il émpoignera le bras le plus prés de l'aisselle qu’il lui sera possible , et de façon que les quatre doigts de chaque maïn ne décrivent point le cercle autour du bras, mais soient appliqués un peu obliquement, leurs bouts tournés du côté de l’aisselle, dans la partie intérieure du bras. Les paumes des mains seront appuyées, l’une sur les muscles fléchisseurs, et l’autre sur les exlenseurs de Pavant-bras; les deux pouces ; parallèles entre eux , seront placés sur la partie externe du bras du malade, et enfin les poignets et les coudes seront aussi un peu approchés l’un de l'autre. Cette attitude du chirurgien lui donnera la facilité de relever la partie supérieure du bras avec ses doigts, et de baisser en même temps la partie inférieure avec ses coudes. Par ce double mouvement il fera faire une espèce de bascule à la tête de’ sage ei ce Pil “re duira ainsi avec facilité dans sa cavité.

Si la tête de l’humérus est en dehors , sous la racine de Facromion etl’apophyse épineuse de lomoplate , les extensions étant suffisamment faites par le moyen des moufles, le chirurgien placé en dehors du bras appuiera le dedans de l’une de ses mains sur la partie interne.et inférieure du bras, et l’autre main sur la partie supérieure etexterne du bras, près de l'épaule. Alors, poussant fortement de ses deux mains, il jettera la partie inférieure de lhumérus en dehors , et la supérieure en dedans ou en devant, ce qui fera rentrer la tête de l’os dans sa boîte.

Quand la tête de l’humérus:est luxée en Ds sous le grand pectoral , entre l'apophyse coracoïde et la clavicule , on fait de même les extensions avec les moufles ; et, lorsqu'elles sont suffisantes , le chirurgien conduit la tête de l'os dans la cavité de l’omoplate en poussant, avec l’une de ses deux mains, la partie inférieure de J’humérus de dehors en dedans ; et, avec laure. la partie supérieure de l’humérus de devant ou de dedans en dehors.

Cette manière de réduire l'humérus avec les moufles est simple et préférable à toutes les autres méthodes ;. mais on sent que lon pourrait se servir encore plus avantageusement des moufles en les faisant entrer dans la composition d’une machine qui porterait le point fixe pour l'extension et la contre-extension. Ce n’est pas d'aujourd'hui que, pour la réduction des os, l’on a inventé de sem blables machines : nous avons surtout le banc d'Hippocrate, dont on s’est servi pendant plusieurs siècles, et que beaucoup de chirurde se sont appliqués à perfectionner,

Pai travaillé avec quelque succès, en 1702, à corriger le bane

d’Hippocrate; mais, malgré cette correction, j'y reconnus tant de défauts dans les épreuves que j'en fis que je me déterminai à construire une machine toute nouvelle. Je la donnai au public, en 1705, dans la première édition de ce Traïté; mais les réflexions que m’a fournies depuis une ‘pratique continuelle m'ont donné lieu de faire , en différens temps, des corrections et des changemens £onsidéra- . bles à cette machine. Je la crois aujourd'hui, telle que je vais la décrire, à son degré de perfection, m'en servant, depuis plus de douze ans (1723), avec toute la satisfaction et tout le succès possible.

Cette machine n’a point les défauts du banc d'Hippocrate. Elle est portative, et le banc d'Hippocrate fait la charge de deux hommes. Elle n’a rien d’effrayant, lorsqu'au contraire le bruit des ferrailles qui entrent dans la construction du banc d'Hippocrate est capable d’épouvanter les malades les moins timides. Notre machine est de plus facile à manœuvrer. L'on se rend maître de sa force par une roue dentelée en rocher qui mesure les degrés d'extension. Cette force agit également tant pour tirer l'os démis que pour retenir ou repousser la cavité de laquelle l'os est sorti. Enfin toutes les conditions dont nous avons plus d’une fois fait sentir la nécessité se trouvent rassemblées dans-la machine que nous proposons. Elle peut non-seulement servir à {outes sortes de luxations, à celles dans lesquelles les membres sont alongés, comme à celles dans lesquelles ils sont raccourcis, mais encore, en posant différemment lès lacqgs , elle peut être très-utile, dans certaines fractures, pour faire les extensions.

Description d'une nouvelle Machine pour réduire les Os.

La machine dont il s’agit est composée de deux parties : l’une que j'appelle le corps, et l’autre que je nomme les branches.

Le corps est composé de deux jumelles de bois de chêne, droites et parallèles entre elles, de deux pieds onze pouces de longueur et de deux pouces de largeur sur dix-huit lignes d'épaisseur.

Ces jumelles sont éloignées l’une de l’autre de seize lignes. IL y a deux traversés qui les entretiennent, et y sont jointes par tenons, mortaises et chevilles. L'une de ces traverses , placée à l’une des extrémités (extrémité libre du corps), est à fleur des jumelles. Au contraire en dessous il s’en faut quatre-lignes que la traverse soit à fleur des jumelles ; et cela pour le passage d'une pelite planche , qui, Comme on le dira dans la suite, y entre en coulisse. L'autre traverse, éloignée de la première de deux pieds cinq pouces, est à fleur des’ jumelles par-dessous, et par- -dessus il s’en faut quatre lignés qu’elle n'ÿ soit. Eile est même de ce côté échancrée en cintre pour le passage d'un cordon de soie dont on parlera ci-après ; elle se joint comme l’autre dans l'épaisseur des "LEE A

A chaque jumelle, du côté qu'elles se regardent, depuis la traverse d'en bas jusqu’à celle d’en haut, on a pratiqué deux coulisses ou rainures. L'une est dans le milieu de l'épaisseur, et.sert à loger de part et d'autre les languettes d’une moufle de bois, dont on fera la description. L'autre rainure ou coulisse est, advux. lignes près, à fleur du dessous des jumelles, et donne pee aux Januslies de la petite planche dont on a parlé. |

Cette planche a seize lignes de largeur, non conipris ses deu | languettes, quatre lignes d'épaisseur et deux pieds cinq pouces de longueur ; de manière que, étant en place, elle bouche en dessous deux pieds cinq pouces dujour ou de l’espace qui est entre les deux jumelles. Elle passe sous la première traverse, et vase joindre à fleur du dessous de la seconde. Le surplus du jour qui se trouverait entre les jumelles , au-dessus de la seconde traverse ; est bouché par une petite planche de cinq pouces de long ,; de même épaisseur et largeur que la première, et qui est jointe à demeure ; au lieu que la première entre en coulisse pour qu'on puisse la tirer afin d’avoir la liberté d'ajuster les moufles et les cordes, de les ôter et de les raccommoder selon le besoin.

Ces moufles sont. deux : l’une est dormante, et a un tenon qui entre dans une mortaise pratiquée dans l'épaisseur de la traverse de l'extrémité libre du corps, où elle est retenue fixement par une cheville de fer qui, passant dans la traverse, en pénètre la mortaise et le tenon de la moufle. L'autre moufle est mobile, et a deux languettes qui entrent dans les coulisses des deux jumelles, et qui Jui donnent la liberté d'aller et de venir. A sa tête se trouvent des trous, par lesquels passent des cordes en anses, qui servent à attacher par le milieu un lacq de soie de six lignes de largeur, d’une aune de longueur, et d’une tresse ou d'un tissu triple. Les deux moitiés ou les bouts de ce lacq sont roués d’un même nœud d'espace en espace, et de facon que les nœuds sont seulement éloignés les uns des autres d'environ deux pouces. Le nœud qui est à l'extrémité sert de bouton, et les espaces que les autres laissent entre eux font des boutonnières dans lesquelles on engage le premier nœud. On forme ainsi avec.ce lacq une anse plus ou moins grande, dans laquelle on arrête celle d’un lacq qui, comme on.le dira, s'attache au membre que l’on veut remettre,

La chape des deux mouîles est de boïs carré , et chacune d’elles a six poulies en deux rangées. Les trois de la prémière rangée ont un pouce de diamétre > celles de la seconde ont dix lignes , et foutes ont trois Tignes d'épaisseur. Un cordon de soie où de lin, d’une ligne et demie de diamètre et de vingt-sept ou de vingt-huit pieds de longueur , est arrêté, d’un bout, à la chape de la moufle dormante, audessous de la rangée des petifes poulies, passe ensuite avec ordre par toutes les poulies tant de l'une que dé l'autre moufle ; et enfin

est arrêté, par son autre bout, à l'anneau d'un piton qui traverse le treuil dont on va parler.

A deux pieds du bout de chaque jumelle, : sur leur épaisseur , s’élèvent en murailles deux montans de bois de vingt-huit lignes de hauteur et de huit d'épaisseur. Ils sont à fleur du dehors des jumelles, auxquelles ils sont joints par tenons. Ils sont arrondis par leur sommet, et sont percés d’un essieu de fer de quatre lignes de diamètre , dont les deux bouts , qui sont carrés , excèdent les montans d’un pouce de rayon. Cet essieu porte entre les montans un treuil de bois tourné en bobine et d'un pouce de diamètre. Ce treuil est traversé par un petit piton de fer , qui ‘est rivé d’un côté, et qui, de l’autre , a un anneau dans lequel ; comme on la dit, s'engage un des bouts de la corde,

A la surface extérieure de l’un des tai hs est creusée, dans quatre lignes de son épaisseur , une enchâssure de seize lignes de diamètre, dans laquelle est placéé une roue de fer , traversée de l’essieu , et qui a quinze lignes, de diamètre sur deux lignes d’épaisseur. Ses dents, qui sont en rocher, sengrènent ou sont arrêtées avec le bec d’un ressort de trente lignes de longueur , de quatre lignes de largeur , d’une demi-ligne d'épaisseur , et contourné en «. L’extrémité de la plus grande courbure du ressort est arrêtée par deux vis en bois sur le rebord de l'épaisseur de la jumelle ; et, au. bout de la petite courbure , que j'appelle bec, et qui engrène avec les dents de la roue, il y a, sur sa convexité, un petitmentonnet qui, en letirant, sert à dégager le ressort d'avec les dents de la roue lorsqu'il est nécessaire de relâcher les moufles. Ce ressort est soutenu et arc-bouté contre une petite cheville de fer, d’une ligne de diamètre sur quatre de saillie , qui entre en wvis dans une entaille faite au montant pour loger la partie du ressort ph va joindre les dents de la roue.

Les branches de cette machine sont aussi composées de jumelles de bois ; mais elles ne sont ni droites ni parallèles entre elles. Elles sont par-devant cintrées en arc dont la flèche porte environ dix-huit lignes. Leur longueur est de deux pieds trois pouces, y compris des tenons carrés dé quatre pouces neuf lignes de longueur sur huit lignes de diamètre. Ces tenons sortent de chaque côté du bout de la partie la plus forte , et qui est comme la base ou la racine des branches. Cette base est carrée , de la même largeur et épaisseur que le bout des jumelles du corps ‘de la machine ,. sur lequel elle appuie en bois debout.

Chaque tenon, dequatre pouces neuf lignes, entre pes une des juelles du corps de la machine, et touche, par trois de ses surfaces, trois surfaces d’une espèce de mortaise creusée proportionnellement dans le bout supérieur: de chaque jumelle du. corps de la machine ; demanière que le bout des tènons appuie sur. la traverse qui est au-

dessus du treuil. Pour que cés tenons soient retenus ayec force , et pour que la base des jumelles des branches appuie solidement sur le bout des jumelles du corps de la machine, celles-ci sont maintenues parun collet de fer qui les embrasse et les recouvre en entier, excepté les côtés par lesquels elle se regardent : ce qui laisse le passage du lacq de soie. Ce collet a un pouce de largeur et une ligne d'épaisseur. H est retenu par trois vis en bois, dont lune entre dans la pétite planche dormante , et les deux autres pénètrent dans la partie antérieure de chaque jumelle.

Les tenons des branches sont parallèles ; mais le reste des jumelles me l'est pas. A leur base elles ne sont distantes que de seize lignes , et sont entretenues par deux traverses. La première de ces traverses est à un pouce de la base des jumelles : elle a dix-huit lignes de largeur , un pouce d'épaisseur , et de longueur, entre les jumelles , seize lignes du‘côté de la base , et dix-huit du côté de l’extrémité des jumelles , qui déjà se sont sensiblément éloignées du parallélisme. La seconde traverse, qui n’est éloignée de la première que de quatorze lignes , a de longueur , entre les jumelles, vingt lignes du côté de lapremière traverse et deux pouces du côté du bout des jumelles, lesquelles , continuant ainsi à s'éloigner , se trouvent, à leur bout distantes lune de l’autre de sept pouces et demi.

Les traverses sont plates par-dessus, arrondies par-dessous, et jointes aux jumelles par mortaises et chevilles à joints recouverts. Les jumelles ou branches ne conservent point la figure carrée qu’elles ont à leur base , et par laquelle elles s’ajustent avec les jumelles du corps de la machine. Elles sont octogones dans le reste de. leur étendue , et vont ,en diminuant, de maniéré qu’elles ont un pouce de diamètre à Fendroit de la première traverse , et n’ont que huit lignes à leur extrémité ; où: elles sont mousses et arrondies pour se loger facilement dans deux gaines qui sont aux extrémités d’une espèce de lacq que j'appelle Farc-boutant.

Pour faire usage de la machine il faut avoir deux autres pièces ; june servant à retenir le corps, et l'autre à tirer le membre luxé. La première pièce est l'arc-boutant dont je viens Ge parler. Il est

| composé d’un morceau de coutil de la longueur d’un pied, de trois pouces de largeur , fendu en boutonnière par le milieu, selon sa longueur. Cette fente ou boutonnière a neuf pouces , et le Sarpius du

coutil, qui n’est point fendu , borne également les deux extrémités, au-dessous de: chaëune desquelles est pratiquée une poche ou gaine que nous avons dit servir à loger les extrémités des branches de la machine. Toute celte ‘pièce de coutil est revêtue de chamoïis pour ne point blesser le corps nf le HOMDTE qui doit Li pa la fente -ou boutonnière.

La pièce ou le lacq qui sut à tirer 1e “En luxé est composé d'un morceau de chamois doubié et cousu, ‘ayant quatorze pouces

de long et deux et demi de large. Sur le milieu, dans sa longueur,

est un cordon de soie, à double tresse, de la longueur de trois

quarts d’aune , large de dix lignes, passé-dans: les deux anses d’un dacq de tire-botte revêtu de chamois.: Le cordon de soie est cousu

à la pièce de chamois, sur le milieu et près des «extrémités, de

mianiére que cette couture n'empêche point qu'on éloigne ou qu’on

rapproche lune de l’autre les: anses du lacq' de ‘tire-botte revêtu de- chamoïs, afin qu'il puisse convenir aux différentes grosseurs des pEmbrés auxquels on l'attache, Ce: lacq , qui a dix-huit pouces de longueur ét un de large, fait une. anse de neuf pouces. La pièce de chamois fait le tour du membre, et est 'mise à la place de la compresse circulaire dont on a coutume de se servir

pour éviter que les lacqs ne blessent. Je préfère le chamoiïs parce qu'il est bien plus. douillet que le linge. Le cordon: de soie fait deux tours sur le chamois en passant une seconde fois dans les anses du lacq. On serre plus ou moins de pardon de soie, et on ” lie d'un simple nœud et d'une rose. :

Quand on a posé V'are-boutant etle lacq, on place la ETS tot montée au-dessous du membre. On engage les bouts des branches dans. les deux poches. ou gaînes de larc-boutant. On passe le lacq dela moufle mobile dans l’anse du lacq qui est attaché au membre, et on arrête.ce lacq en passant, comme il a été dit, le nœud de son extrémité dans lune de ses boutonnières. On met alors à l’essieu du treuil la manivelle désignée plus haut , et on tourne autant qu’il est nécessaire pour alonger et réduire le méribre démis.

Cette machine était d’abord plus longue, plus large, plus matérielle et d’une seule pièce. Celle-ei se démonte en deux pièces, est beaucoup plus portative et plus facile à manœuvrer. opérateur peut d'une main régir la manivelle, et de l’autre la ‘partie démise. Les branches cintrées. en arc laissent entre elles et lé membre un intervalle qui permet de. passer la main tant pour reconnaître les progrès des extensions que pour pousser l’os:où il-convient :-avaatage qu’on ne trouvait. point dans la première machine , dont les branches étaient droites. Le nouveau lacq qui sert à faire Fextension est bien plus doux , plus fort et d’une plus facile-application. Enfin l’'arc-boutant, n'étant point percé, ne retenait pin aussi exactement l'épaule.

Je ne puis m'empêcher de. relever i ici un ‘défaut. qu ont totites les méthodes rapportées ci-dessus, et-dans lesquelles. on ne prend’ aucune précaution pour retenir l’omoplate et la clavicule. On se conteñte de‘retenir « ou de repousser le corps, ce qui fait que l'épaule suit le bras quand on le tire, et que l'extension est en partie infructueuse : en effet, pour élbigner suffisamment les os luxés, et. pour remettre la tête que l’on veut replacer au niveau de la cay ité de laguelle elle est sortie , il est évident , comme on l’a déjà dit plus d’une fois , qu’il

faut queles extensions et contre-extensions se fassent sur les os mêmes

luxés , et non sur les os voisins. Il est certain du moins que, toutes les fois qu'on a réussi à réduire le bras sans prendre la précaution de retenir l'épaule, les.extensions ont été faites aux dépens des muscles

trapèze, petit pectoral et rhomboïde, qui ont eu alors la: force de retenir l'omoplate : force qu'ils n'ont point toujours ; à laquelle par conséquent on ne doit pas se fier , et qu'il est Sa ds ti de mettre

à l'épreuve.

On ne doit point craindre de répéter ni d'entrer dans de op grands détails lorsqu'il s agit de décrire des opérations manuelles. Supposant donc le bras démis, je vais faire , en faveur des jeunes chirurgiens , une espèce de récapitulation, daûs laquelle ils trouveront PRE ordre tout ce qu'il faut faire avant, pendant et après la réduction. :

Avant de tenter la réduction il faut bien situer le malade, éxaminer avec soin l'espèce de luxation , avoir la machine et LE ‘tout prêts , enfin appliquer les lacqs et la machine.

A l'égard de la situation, on fera asseoir le malade sur un siêge d'environ deux pieds de haut. Le côté sain sera appuyé au dossier du siége , qui ne doit avoir qu'un pied et demi de hauteur s’il est possible, et le côté luxé sera libré et dégagé de toutes les choses qui pouriaient embarrasser dans l’opération.

Pour ce qui est de l'examen du bras luxé, on reconnaitra facilement le lieu que Fosoccupé pourvu qu'on ait bien compris tous lés signes rapportés ci-dessus ré distinguer les rer etes espéces' de luxations.

L'appareil qu’on doit préparer consiste en. une compresse pliée en huit doubles , longue d'environ deux pieds sur quatre pouces de large ; en une autre compresse pliée en huit doubles , de la ‘longueur et largeur de neuf ou dix pouces , et coupée en demi-croix de Malte ; en une troisième compresse , large de six à sept pouces , longue d’un pied et demi , de quatre doubles , et coupée à quatre chefs ou fendue à chaque extrémité ; en une quatrième compresse , qui, mollement roulée , fasse un cylindre d'un pouce et demi .de diamètre sur cinq ou six pouces de longueur ; en deux bandes , l’une de six aunes de longueur et de deux pouces de largeur, Pautre de deux aunes de long et de deux pouces de large; enfin en une écharpe et en une pelote pour remplir le creux de la main.

Tout l’'äpprêt de la machine consiste à joindre ses deux parties ensemble , et à éloigner, autant qu'elle peut l'être, la mouflé mobile de la moufle dormante. On prend. encore garde que les qrdes:n ne soient point mêlées.

Lorsque la machine est en-état, on doit, avant de la placer , appliquer le lacq en observant les’ précautions suivantes: Il faut 1° qu'un aide tire, avec ses deux mains, la peau du bras, autant qu'il sera possible, vers le haut, et qu’il la tienne ainsi relevée

pendant l'application du lacq, sans quoi il arriverait que, dans l'effort de lexterision, la peau pourrait être trop cofsidérablement tirée en bas, et que, le tissu cellulaire. qui la joint : aux muscles étant trop alongé , il s’y férait ruplure de QRARREE petits % vaisseaux ; ce qui produirait une ecchymose. | j

90 Ji faut appliquer immédiatement du dessus des Gnaviés de l'humérus la pièce de chamois, ef, avec le cordon de soie, faire deux fois le tour du bras, observant, au secdd tour, de passer encore par les anses du lacq de tire-botte legcordon de soie, qu'il faut ensuite serrer trés-fortement , et même en déux temps, surtout à ceux qui Sont d’un embonpoint considérable ; autrement le Jacq, n approéhant et ne serrant pas assez intimement l'os du bras, pourrail glisser , ou du moins les forces agiraient sur la graisse, ét P'Hmérus ne serait point suffisamment éloigné pour la réduction.

39 I! faut que les deux parties du lacq qui attachent FPanse soient placées lune au-devant du condyle externe, et l’autre derrière le condyle interne. Il est nécessaire d'observer cette situation parce que, si ces parlies du lacq étaient sur les condyles , ellés les meurtriraient et que, si la portion qu’on dit qu’ii faut placer derrière le condyle interne était placée devant, elle meurtrirait les vaisseaux.

Le lacq étant. attaché , on place l'are-boutant en faisant passer le bras dans la Hontonnière, On POr te l’arc-boutant le plus prés de l'épaule qu'il est possible ; de manière qu un des côtés-de la boutonnière arç-boute contre la ciavicule etl’acromion , et l'autre côté, contre la-côte inférieure de l’'omopiate. Les deux extrémités de Ja boutonnière doivent -être tournées ; l'une, du côté du sternum, et l'autre , du côté de la face externe de l'omoplate, les deux gaines étant en-dessus.

* Lorsque l'arc-boutant. est appliqué , on place les uit pi branches de la machine dans les deux gaines de}’arc-boutant. On passe le cordon: dans l'anse du lacq , et on arrête ce corden en engageant lun de.ses nœuds dans lune de ses boutonnières, On place le bras sur les branches de la machine, de facon que les muscles, qui sont déjà tendus en conséquence du déplacerhent de Pos,. et surtout le deltoïde: et. le sus-épineux , né soient point dans:un état forcé. Ordinairement ces muscles sont dans un relàâckement convenable lorsque le bout: inférieur de la machine est appuyé par terre, parce que, vu:la longueur de la:machine , lés branches sont alors dans une inclinaison telle que le bras est suffisamment éloigné du corps: Cependant, s’il arrivait dans quelque cas que les muscles ne fussent point assez reiâchés par Ja*situation qu’on vient &e prescrire, on ferait asseoir le malade un peu plus bas, ou l'on appuierait lextrémité inférieure de la machine sur quelque chose d'un peu élevé. De même on porterait plus oumoins en devant ou en arrière l’extré-

mité de la machine , selon les muscles qui seraient tendus , ou dans la luxation en Devant. ou dans la luxation en dehors.

La machine placée de façon qu'aucun muscle ne soit forcé , et que-les. extensions puissent à peu près agir également sur tout, on commence l'opération. On met la manivelle au treuil, et on se place de manière que, sil s’agit de réduire le bras gauche, on met la main droite à cette manivelle, et la gauche sur l'épaule du malade. On ferait lg contraire. si-la luxation était au bras droit. On-tourne ensuite la manivelle, et la corde des moufles s'emploie autour. du treuil, ce qui ARCS la: moufle mobile de la moufle dormante, et tire le bras vers le bout inférieur dé 14 machine , pendant que l'épaule est tenue fixe par l’arc-boutant qui est au bout des branches. De cette manière, à mesure qu’on tourne la. manivelle, on éloigne la tête. de l'humérus du lieu contre nature qu’elle occupait, et elle s'approche de la cavité de lomoplate , dans laquelle elle se place quelquefois sans autre opération. D’autres fois aussi il faut opérer avec les mains pour l'y conduire; et c’est ce que l’on ne doit faire que lorsque l'extension est reconnue suffisante par le chemin que la moufle a fait, et par l'alongement des muscles, et surtout du deltoïde.

On reconnaît que l'os s’est placé comme de lui-même par le bruit qu'il a fait en rentrant, et par une rondeur que lon aperçoit à l'endroit de l’acromion où il paraissait Fr une enfonçure plus ou moins marquée.

On facilite la réduction de l'os luxé en denis en faisant tourner le bout inférieur de la machine en dehors pour que la tête de l'os se jette en dedans. Au contraire, si la tête est placée en devant sous le pectoral , on pousse le bout inférieur de la machire en devant pour porter la tête de los du côté opposé. Enfin, si los du bras est luxé en dessous, on passe les deux maiïns entre les branches et le bras ; on rassemble ses doigts sous l’aisselle; on relève la tête. de l’humérus ; on fait baisser le bout inférieur de la machine, ou on élève l'épaule en faisant pencher le malade du côté opposé à la luxation , et la: réduction se-fait.

Aprés la réduction on détache le cordon de la machine qui est passé par l’anse du lacq: on fait. tenir Je lacq à quelqu’ un, qui le tire par son anse; on Ôte la machine et V'arc-boutant ; on appuie une main sur lacromion!, cet, avec l’autre, placée sous le coude, on approche le bras du corps du malade , et dans cette situation on. applique l'appareil.

On: applique d’abord une compresse dont le milieu doit être placé sous l’aisselle , et dont les deu* bouts, croisés sur lacromion, doivent enyelopper l'épaule. On applique ensuite une seconde compresse , qui recouvre le tout; “puis une troisième compresse, qui garnit le dessous de l'atsselle, On fait, avec une bande; le spica

autour de l’épaulé ; ‘enfin , avec une quatrième compresse , on enveloppe le bras etle coude au Jieu où était attaché le lacq, et on retient cette comprésse avec une bande dont on fait des circulaires autour du bras, et un 8 de chiffre passant du bras à l’avant-bras, et de l'ayant-bras au bras. Tout cet. appareü doit être trempé dans de l’eau-de-vie alumineuse, On mét du reste dans la main du malade une pelote, et on enveloppe et on soutient la main, l’avant-bras et le bras ayec une écharpe.

Pour bien faire cette écharpe on prendra une pit fine, qui aura au moins deux tiers d’aune en carré, On la pliera d’un angle à à l'autre par une diagonale, qui laissera à*cette serviette la figure d'un triangle. On passera cette serviette, ainsi pliée, entre le bras et la poitrine du malade de manière que l'angle droit se trouve sous le coude, et le grand côté du triangle sous la main. Des deux angles aigus rs sera passé sur l'épaule saine, et l’autre, en remontant et recouvrant l’avant-bras et épaule malade, passera derrière le cou pour venir joindre l’autre.angle de écharpe sur l'épaule du côté opposé, où cés deux angles seront cousus ensemble, et arrêtés à une hauteur convenable pour tenir. l'ayant-bras plié presque en angle droit. On prendra ensuite à l'endroit- du*coude les deux angles droits de la serviette ; on les séparera en tirant l’angle externe en devant, sousla main, et en tirant l'angle interne en arrière, au-delà du coude, de façon que le gros de lavant-bras se trouve presque au centre de la serviette. Alors on repliera ces deux angles, savoir : l'angle qui est.en devant, par-dessous la main, et FPangle qui est derrière, par-dessous le bras ; on les approchera, et on les attachera ensemble et avec le PARÈE de l’écharpe pis le. moyen d’une forte épingle.

Cette espèce d’écharpe est lé toutes la plus convenable. Casa bras et le coude sont exactement soutenus : tout le membre se trouve enveloppé , depuis l'épaule jusqu’au bout des doigts; et par là on ne risque point que le malade agisse imprudemment, ou qu’il dérange son appareil, comme il-n’arrive que trop souvent lorsqu'on ne prend point cette précaution.

Onsaigne-une, deux ou trois fois le malade, selon le besoin; on lui fait observer un bon régime , et du reste on le conduit à une parfaite guérison en suivant ce qui a été prescrit dans le général au ‘sujet des .accidens et symptômes # précèdent , accompagnent ou suivent la réduction.

Ce chapitre-et celui du général des luxations demandent uüné attention particulière. Je. me suis à dessein fort étendu dans lun et dans l'autre, et ils renferment presque tout ce qu’il y à d’essentiel pour la théorie et la pratique des dislocations. Quiconque possédera bien ces deux chapitres n’aura plus que peu de chose à désirer pour être en état de remédier à toutes sortes de luxations.

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