FRACTURE DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE
il Sérait nécessaire de remplir les vides avec des compresses pour former un appui égal.
* La réduction faite, on appliquera sur a partie fraclturée une compresse trempée dans l’eau-de-vie aromatique, puis une compresse fort épaisse soutenue par une bande, avec laquelle on fera le bandage appelé chevestre, où bien on soutiendra la mâchoire avec une fronde ou mentonnière. On empêchera le malade.de parler; on ne lui permetira que le bouillon , les consommés et autres alnens liquides qui ne Pobligent point à mouvoir la mâchoire. On emploiera selon le besoin, les saignées , potions ef autres remèdes généraux.
La fracture compliquée de la mâchoire inférieure ne demande point d'autre appareil , et on peut le lever tous les jours sans craindre que les os se déplacent, parce que , une fois réduits, ils se maintiennent d'eux-mêmes , n’ y ayant point de muscles qui agissent pour les éloigner. J'ai pansé un grand nombre de plaies d'arquebuse où la mâchoire était non-seulement cassée , mais même avait perdu deux travers de doigt de longueur, sans que j'aie employé le bandage à dix-huit chefs, ni de bande fenestrée, comme quelques auteurs le proposent dans la crainte d’un nouveau déplacement. Ces sortes de blessures se guérissent très-facilement si l’on a soin d’abord de faire de grandes saignées pour prévenir les accidens, et si, lorsque la plaie pénètre dans la bouche, on évite l’'épanchement de la salive dans la plaie extérieure pendant tout le temps de la pourriture et de la puanteur qui accompagnent cette maladie ; car, lorsque la plaie a parfaitement suppuré, qu'elle est modifiée, et que la salive n’a aucune . mauvaise qualité, lépanchement de cette liqueur n’est plus nuisible.
Quand les os fracturés sont découverts, on doit rapprocher les chaïrs, et en-tenter la réunion. J'ai vu plusieurs fois les. os se recouvrir, le cal se former , la plaie se cicatriser, sans qu il soit arrivé aucune exfoliation.
Un dites recat: un coup de pied de have ferré à neuf; le bord du fer coupa les chairs qui couvrent la mâchoire près du trou mentonnier, et, glissant depuis ce trou jusque vers l'angle de la mâchoire, il découvrit los dans toute son étendue, le cassa entre la der nière dent Aolnieé et l'apophyse coronoïde ; ce qui, selon toute apparence, ne sérait point arrivé si le pied du cheval, qui jusque la n’avait fait que glisser sur l'os, n’eût été arr êlé par cette apophyse. Je fis la réduction , je recouvris l'os avec le: lambeaü de chair, et je rapprochai si exactement les lèvres de la plaie par les compresses et le bandage que, le onzième jour, la réunion de la Pi fut faite :.le cal fut parfait peu de temps après. . . 21: