‹ Œuvres complètesChapitre 60 sur 140 · FRACTURE DES COTES · texte numérisé non relu

FRACTURE DES COTES

souliennent-encore. ces os lorsqu'ils sont fracturés, de sorte qu'ils ne peuvent presque s’écarter d'aucun côté ; et, si, ‘dans les autres parties, la contraction des muscles occasione des déplacemens, celle des muscles intercostaux n’en fait craindre aucun pour les côtes, parce qu'ils agissent et résistent également de part et d’autre.

Les signes diagnostics de la fracture des côtes sont : l'inégalité qu’on sent aux lieux fracturés, l’enfoncement à la fracture en dedans , et l'élévation à la fracture ‘en dehors,.la crépitation, la difficulté de respirer et la douleur. Ces deux derniers symptômes sont plus fâcheux aux fractures en dedans qu'à celles qui sont en dehors, parce que , dans celles-ci, les bouts des os ne piquent point la plévre. De plus l'effort doit être moindre pour casser une côte en dehors que pour la casser en. dedans , parce que le coup qui frappe en dehors frappe un corps sphérique, qui résiste d'autant plus que l’appui sur le sternum et les vertèbres amortit une partie de la force. On sent par cela même que la fracture en dedans suppose presque toujours une contusion plus forte. A l'égard de l'inégalité, elle n’est jamais grande, puisque ;. ainsi qu’on vient de le voir, le déplacement des pièces rompues ne saurait être considérable. Pour ce qui. concerne la crépitation, nous avons déjà dit qu'il faut bien ‘prendre garde de la onfondre avec le bruit trompeur qui accompagne toutes les contusions auxquelles il survient emphysème, et telles sont souvent les contusions des côtes. On sait que , dans l’emphysème , il se trouve toujours un bruit sourd provenant de la “collision de l’air qu’on aperçoit par l’attouchement ; mais ce bruit. est bien différent de celui qui est produit par le froissement de deux corps durs, tels que sont les deux bouts d’une côte cassée. Je l'ai déjà avancé plusieurs fois dans ce Traité : on aperçoit la crépitation. - et le:cliquetis par l’attouchement, ce qui pourrait d’abord paraître absurde, puisque l'oreille est l'organe destiné à cette perception. Quoi qu'il en soit, si je tiens deux noix dans la main fermée , j’apercevrai une crépitation ou froissement dont quelqu'un près de moi ne s’apercevra point, et dont je ne m’apercevrais pas moi-même si ces deux noix étaient froissées dans la main d’un autre. Ce n’est point ici le lieu de donner la raïson physique de cet.effet.

-Les signes pronostics de la fracture des côtes se tirent de l’espéce de-la fracture et des accidens qui l’accompagnent. Celle qui se fait en dedans..est- plus fâcheuse que celle qui se fait en dehors; celles qui causent de grandes douleurs avec difficulté. de respirer, celles qui piquent les nerfs intercostaux, ou celles qui ouvrent les vaisseaux sanguins qui les accompagnent, sont les plus ic open

Page 1