‹ Œuvres complètesChapitre 7 sur 140 · XX | DISCOURS SUR LE TRAITÉ · texte numérisé non relu

XX | DISCOURS SUR LE TRAITÉ

Le but, de l'art, dans la rupture des tendons , est de rapprocher , d'affronter les bouts divisés , et de les maintenir dans cetiétat jusqu’à ce que la nature les ait réunis et consolidés. . QU‘

L'ancien bandage que M. Petit imagina d’abord est fait avec une bande roulée, qui, depuis la plante du pied jusqu’au jarret, assujettit, par des circulaires , une compresse étroite , mais assez longue pour que ses deux bouts renversés , et tirés à conire-sens Jun de l'autre, compriment les muscles gémeaux, el obligent le pied, de s'étendre autant qu’il est nécessaire pour l’exacte réunion; de sorte que , par ces deux efforts opposés, le bout inférieur du sndoh monte , le supérieur descend ; ils se rencontrent et se. touchent l'un, l'autre pal leurs extrémités divisées.

Ce bandage exige de l'habileté pour être appliqué nidlémnols mais M. Petit l’a porté depuis à un point de simplicité et de pérfoction si grand qu’il n’est, pour ainsi dire , pas nécessaire d’être de l'art’ pour en faire une heureuse application. Les chirurgiens les moins expérimentés pourront s'en servir avec une égale sûreté.

La description que nous donnons de ce bandage le fera paraître d’abord composé ; il est. cependant extrêmement simple , eu égard à toutes ses propriétés; et, pour peu qu’ on examine la maniére dont il agit, et les bons etiots qui résultent de son application , il ne restera aucun doute sur la préférence qu'une invention aussi utile mérite sur tous les AHRES moyens qu'on pourrait employer.

Une espèce de genouillère de cuir fort, et couverte d’un. cuir plus pliant, sert de point d'appui à la force mouvante. La jambe étant pliée , on place dans le pli du jarret lemilieu de cette espèce de genouillère. Des deux branches qui la composent, la plus large, garnie en dedans de chamois comme.d’un coussin, entoure le bas de la cuisse au-dessus du genou; elle y est assujettie par deux appendices d’un cuir pliant, qui, comme deux courroies , achèvent.le tourde la cuisse, et vont passer par deux boucles , au moyen desquelles on serre au- {ant qu’il faut , et l’on assujettit cette partie du bandage. L'autre branche, qui est un peu plus éfroite , entoure la jambe au-dessus du mollet : elle.est matelassée à la partie qui porte sur les museles gémeaux. Deux courroies et deux boucles la serrent et l’assujettissent comme la première. Par cette disposition les boucles et les courroies ne peuvent blesser la peau , et les gros vaisseaux sont à l'abri de la compression. Au milieu de la branche qui entoure la cuisse est, pour ainsidiré, enchâssée et cousue une plaque de cuivre , sur le plan de laquelle s 'élèvent perpendiculairement deux:montans ; à travers lesquels passe un treuil, qui se meut sur son axe au moyen d'une elef ou cheville carrée qui sert de manivelle. Sur le treuil est attachée et s'emploie une courroie ;. laquelle est cousue par son autre bout au talon d’une pantoufle qui reçoit le pied. du blessé. La direction de

De

cette courroie, depuis le talon jusqu’au jarret , est donnée et conservée par un passant du même cuir, cousü sur le milieu de la pétite branche de la genouillère , vis-à-vis du treuil , sur jou elle est: employée.

On conçoit bien que, & mesure que, par la cheville ées qui passe dans l'axe du treuil, on le tournera dans lesens qu'il convient s on obligera le pied de s'étendre , et que lon approchera les deux bouts, du tendon cassé. Mais, lorsqu’ ils seront au point d’attouchement nécessaire ; le treuil et par conséquent la courroie doivent être retenus et fixés en ce lieu : c’est ce qui se fait par uné roue à crochet et un mentonnet à ressort qui-engrène dans les dents de cette roue. Par ce moyen on peut étendre ou relâcher plus ou moins la courroie , et fixer l'extension du-pied au degré convenable.

IL est aisé de sentir combien ce nouveau bandage doit être préféré à l’ancien. Il peut être appliqué avec une exactitude et une sûreté parfaites par un simple élève, lorsqu'au contraire l'application de l’autre demandait lamaïn la Cds expérimentée. Voici les principales raisons qui devaient lui assurer la préférence sur l’ancien :

1° Ce bandage ne fait aucune compression extraordinaire ! sur les parties où on lapplique. L'ancien ne peut assujeltir la compresse longitudinale , dont les bouts doivent être renversés en sens contraire . que-par destours de bande qui po fortement les endroits sur lesquels ils sont appliqués:

2° Le degré d’éxtension que l'on donne au pied est pour ainsis dire; immuable; au lieu que la tension des bandes varie, puisqu ‘elles s’accourcissent par les liqueurs dont on Les humecte , ou qw’elles s’alongent/par leur sécheresse.

30 On sait qu'il ne suffit pas que le pied soit étendu , il faut encore que la jambe soit tenue dans la flexion pour relâcher les muscles gémeaux, et faciliter le: rapprochement des bouts du tendon. C’est ce que l’on ne peut faire facilement avec les bandes roulées. Ons'en rapporte à l’attention du malade, qui peut bien se contraindre , et s'occuper , pendant qu'il veille, de la gêne qu’on exige ; mais, pendant le sommeil, il'est: exposé aux mouvemens extraordinaires que peuvent occasionner les rêves, et aux tressaillemens involontaires qui accompagnent souvent ces sortes de blessures. Le bañdage nouveau retient la jambe toujours fléchie ; il s’oppose à tout mouvement MAFAPRS de déranger les PO et d'empêcher la réunion:

4° Quand même le premier bandage don on a parlé aurait tous les avantages qu'on trouve dans celui-ci, il ne conviendrait pas au cas où il serait survenu inflammation dans le lieu ou au voisinage de la rupture du tendon, parce qu’il faudrait relever plusieurs fois l'appareil pour appliquer les‘cataplasmes , les fomentations ou autres | (opiques convenables. On ne pourrait relever et appliquer ce ban-

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